| Apocalypse Expliquée 939. Seigneur Dieu Tout-Puissant, signifie parce que le Divin Bien, c'est Lui : on le voit par la signification de la Toute-puissance, en ce que c'est être, exister, pouvoir et vivre d'après Soi-Même, N°s 43, 689; et comme tous les biens et tous les vrais sont de Lui, parce qu'ils sont en Lui, il est dit Seigneur Dieu, car Seigneur se dit du Divin Bien, et Dieu se dit du Divin Vrai ; et comme la toute-puissance est à Lui d'après le Divin Bien par le Divin Vrai, il est dit Seigneur Dieu Tout-Puissant. Que le Seigneur soit dit Seigneur dans la Parole d'après le Divin Bien, on le voit, N°685; et qu'il soit dit Dieu d'après le Divin Vrai, on le voit N°s 24, 220, 688. — Continuation : Il est notoire que l'Intérieur de l'homme doit être purifié, avant que le bien que l'homme fait soit le bien ; car le Seigneur a dit : « Pharisien aveugle! Nettoie premièrement l'intérieur de la coupe et du plat, afin qu'aussi l'extérieur devienne net. » — Matth. XXIII. 26.— L'Intérieur de l'homme n'est purifié que quand il renonce, selon les préceptes du Décalogue, à faire les maux ; tant qu'il ne renonce pas à faire ces maux, qu'il ne les fuit pas et ne les a pas en aversion comme péchés, ils constituent son intérieur et sont comme un voile ou une couverture interposée, et cela apparaît dans le Ciel comme une Éclipse qui obscurcit le soleil et intercepte la lumière; c'est aussi comme une source de bitume ou d'eau noire, d'où il ne découle rien que d'impur; ce qui découle d'un tel homme, et paraît être le bien devant le Monde, n'est cependant pas le bien, parce que cela a été souillé de maux par l'intérieur; c'est, en effet, un bien pharisaïque et hypocrite; ce bien est le bien qui vient de l'homme, et c’est aussi le bien méritoire : il en est autrement quand les maux ont été éloignés par une vie conforme aux préceptes du Décalogue. Maintenant, comme les maux doivent d'abord être éloignés, avant que les biens deviennent des biens, c'est pour cela que les dix préceptes ont été le commencement de la Parole; car ils ont été promulgués sur la montagne du Sinaï, avant que la Parole eût été écrite par Moïse et par les Prophètes; et dans ces préceptes sont contenus, non les biens qu'on doit faire, mais les maux qu'on doit fuir : c'est aussi pour cela que ces préceptes sont avant tout enseignés dans les Églises, car ils sont enseignés aux jeunes garçons et aux jeunes filles, à savoir, pour que l'homme commence par eux sa vie Chrétienne, et nullement pour qu'il les oublie lorsqu'il est devenu grand, comme cela arrive cependant. Pareilles choses sont entendues par ces paroles, dans Ésaïe : « Que m'importe la multitude de vos sacrifices? Votre Minchah, votre parfum, vos nouvelles lunes et vos fêtes solennelles, mon âme les déteste : si même vous multipliez la prière, Moi, je n'écoute point. Lavez-vous, purifiez-vous, éloignez de devant mes yeux la malice de vos œuvres, cessez de faire le mal : alors, quand vos péchés seraient comme l'écarlate, comme la neige ils deviendront blancs; quand rouges ils seraient comme la pourpre, comme la laine ils seront. » — I. 11 à 19; — par les sacrifices, la minchah, les parfums, les nouvelles lunes et les fêtes, puis aussi par la prière, sont entendues toutes les choses du culte; par « lavez-vous; purifiez-vous, éloignez la malice de vos œuvres et cessez de faire le mal, » il est entendu que les choses du culte sont absolument mauvaises, et même abominables, si l'Intérieur n'a pas été purifié des maux; que toutes ces choses soient bonnes après cette purification, c'est ce qui est entendu par les paroles qui suivent.
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