| Apocalypse Expliquée 864. Ce sont ceux qui suivent l'Agneau, quelque part qu'il aille, signifie qui ont été conjoints au Seigneur par la reconnaissance de son Divin Humain, et par la vie selon ses préceptes : on le voit par la signification de l'Agneau, en ce que c'est le Seigneur quant au Divin Humain, comme ci-dessus, N° 314; par la signification de Le suivre, quelque part qu'il aille, en ce que c'est reconnaître son Divin, et faire ses préceptes; par suivre le Seigneur il est signifié la même chose que par aller et marcher après Lui; qu'aller et marcher après le Seigneur signifie reconnaître, obéir, faire et vivre par Lui et avec Lui, on le voit ci-dessus, N°787; si c'est cela qui est signifié par suivre le Seigneur, c'est parce que personne ne peut suivre le Seigneur d'après soi, mais que c'est d'après le Seigneur Lui-Même; en effet, le Seigneur tire après Soi l'homme qui veut librement Le suivre, mais ne peut tirer quelqu'un qui ne veut pas Le suivre; car le Seigneur effectue cela chez cet homme, comme si l'homme Le suivait de lui-même ; ainsi il influe dans son libre, et il fait cela pour la réception et l'implantation du vrai et du bien chez lui, et par suite pour la réformation et la régénération, car s'il ne semblait pas à l'homme qu'il suit le Seigneur comme par lui-même, c'est-à-dire, qu'il reconnaît son Divin et fait ses préceptes comme par lui-même, il n'y aurait aucune appropriation ni aucune conjonction, et par suite aucune réformation ni aucune régénération, car dans l'homme entre et devient comme lui appartenant tout ce qu'il reçoit d'après le libre, c'est-à-dire, comme par lui-même, soit qu'il pense et parle, soit qu'il veuille et fasse ; mais cependant l'homme doit toujours croire, ainsi que la chose est en elle-même, qu'il fait cela non par lui-même, mais d'après le Seigneur; c'est pourquoi il n'est pas dit qu'il doit faire par lui-même, mais comme par lui-même : s'il en est ainsi, c'est aussi parce que l'homme ne perçoit pas l'opération du Seigneur dans sa volonté et par suite dans sa pensée, car l'homme ne sait rien de sa conjonction avec les Anges ; c'est pourquoi il s'imagine que tout ce qu'il veut et pense, il le veut et le pense par lui-même; il ne peut donc savoir autrement, sinon que comme si la était fait par lui-même, lorsque cependant tout bien influe, tant le bien qu’il pense que celui qu'il veut et que par suite il fait ; et comme il sait cela d'après la doctrine de l'Église, à savoir, que tout bien vient de Dieu, c'est pour cela qu'il doit croire qu'il ne fait pas le bien par lui-même, quoiqu'il le fasse comme par lui-même; ainsi est entendu ce que le Seigneur a enseigné dans Marc : « Il en est du Royaume de Dieu comme si un homme jette la semence sur la terre; qu'il dorme ensuite, et qu'il se lève, de nuit et de jour; la semence cependant germe et croît sans qu'il sache comment. » — IV. 26, 27 ; — et dans Jean : « Un homme ne peut rien recevoir, à moins qu'il ne lui ait été donné du Ciel, » — III. 27; — et dans le Même : « Celui- qui demeure en Moi, et Moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit, car sans Moi, vous ne pouvez faire rien. » — XV. 5. — Si reconnaître le Divin Humain du Seigneur et faire ses préceptes, c'est le suivre, c'est parce qu'on ne peut pas être conjoint au Seigneur autrement : que chacun soit conjoint au Seigneur selon la reconnaissance et la confession du Seigneur d'après le cœur et selon la vie, on peut le voir en ce que tous les Anges du Ciel ne reconnaissent d'autre Divin que le Divin du Seigneur, et de ce que tous les Anges des Cieux vivent selon les lois de l'ordre, qui sont ses préceptes, c'est-à-dire, vivent dans le Divin qui procède du Seigneur et qui est appelé Divin Vrai : comme ils vivent ainsi, ils vivent dans l'aure céleste ou dans l'éther céleste, dans lequel ne peut être admis que quiconque est dans la vie procédant du Seigneur; si un autre entrait dans cet éther, il serait comme des rats mis sous une machine pneumatique d'où l'air est extrait. D'après ces considérations, on peut voir ce qui est signifié dans le sens spirituel par suivre le Seigneur, quelque part qu'il aille : il est signifié la même chose par Le suivre dans les passages suivants; dans Jean : « Jésus dit : Moi, je suis la lumière du monde; celui qui Me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » — VIII. 12; — « Moi, je suis la lumière du monde, » signifie qu'il est le Divin Vrai Même; « celui qui Me suit, » signifie celui qui reconnaît son Divin, et fait ses préceptes; « ne marchera point dans les ténèbres, » signifie qu'il ne sera point dans les faux; « mais il aura la lumière de la vie, » signifie qu'il sera dans les Divins Vrais, qui enseignent à l'homme la vie éternelle, et conduisent au Ciel; que dans ce passage, par suivre le Seigneur, il soit entendu, non pas Le suivre, mais reconnaître son Divin et Lui obéir, cela est évident. Dans le Même : « Le berger des brebis, quand il a fait sortir ses propres brebis, marche devant elles, et ses brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix; or, un étranger elles ne suivront point, mais elles le fuiront, parce qu'elles ne connaissent point des étrangers la voix. Mes brebis, ma voix entendent, et Moi je les connais, et elles Me suivent. » — X. 4. 5, 27 ; par suivre le Seigneur, il est entendu reconnaître son Divin et Lui obéir, car il est dit qu'il marche devant ses propres brebis, et que ses brebis Le suivent, et connaissent et entendent sa voix ; connaître et entendre la voix du Seigneur signifie faire ses préceptes. Dans les Évangélistes : « Quiconque veut venir après Moi, qu'il renonce à soi-même, et qu'il Me suive. » — Matth. XVI. 24. Marc, VIII. 34. Luc, IX. 23;— qu'aller après le Seigneur et le suivre, ce soit renoncer à soi-même, cela est évident; et renoncer à soi-même, c'est être conduit non par soi mais par le Seigneur, et il renonce à lui-même, celui qui fuit et a en aversion les maux parce qu'ils sont des péchés; quand l'homme les a en aversion, il est conduit par le Seigneur, car il fait les préceptes du Seigneur, non par lui-même, mais d'après le Seigneur. De semblables choses sont aussi signifiées ailleurs par suivre le Seigneur; par exemple,- Matth. XIX. 21, 28. Marc, II. 14,15. III. 7, 8. X. 21, 28, 29. Luc, XVIII. 22, 28. Jean, XII. 26. XIII. 36, 37. XXI. 19 à 22. — D'après ces considérations, on peut voir que suivre le Seigneur, c'est être conduit par Lui et non par soi-même, et nul autre ne peut être conduit par le Seigneur, que celui qui n'est pas conduit par lui-même; et par soi-même est conduit quiconque ne fuit pas les maux parce qu'ils sont contre la Parole, et ainsi contre Dieu, par conséquent parce qu'ils sont des péchés et viennent de l'enfer; quiconque ne fuit pas ainsi les maux, et ne les a pas ainsi en aversion, est conduit par soi-même; la raison de cela, c'est que le mal, que l'homme tient de l'héréditaire, fait sa vie, parce que ce mal est son propre, et que l'homme, avant que les maux aient été éloignés, fait tout d'après eux, ainsi d'après lui-même mais il en est autrement quand les maux ont été éloignés, ce qui arrive quand il les fuit parce qu'ils sont infernaux; alors le Seigneur entre avec les vrais et les biens du Ciel, et il le conduit : la principale raison, est que chaque homme est son amour, et que l'homme, quant à son esprit, qui vit après la mort, n'est que l'affection qui appartient à son amour, et tout mal vient de son amour, ainsi appartient à son amour; de là il suit que l'amour ou l'affection de l'homme ne peut être réformé que par la fuite et l'aversion spirituelle des maux, lesquelles sont la fuite et l'aversion des choses qui sont infernales. D'après cela, on peut maintenant voir ce que c'est que suivre le Seigneur, quelque part qu'il aille.
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