| Apocalypse Expliquée 825. Tellement que même du feu elle fait descendre du Ciel en la terre devant les hommes, signifie l'amour du faux d'après le mal, ayant pour origine le faste de la propre intelligence, comme si c'était l'amour du vrai d'après le bien qui procède des deux dans l'Église : on le voit par la signification du feu, en ce que c'est l'amour dans l'un et dans l'autre sens, à savoir, l'amour envers le Seigneur et l'amour envers le prochain, et dans le sens opposé l'amour de soi et l'amour du monde, comme ci- dessus, Nos 504, 539, et par suite l'amour du bien et du vrai, et l'amour du mal et du faux, car tous les biens et par suite tous les vrais découlent de l'amour envers le Seigneur et de l'amour à l'égard du prochain, et vice versâ tous les maux et par suite tous les faux découlent de l'amour de soi et de l'amour du monde; de là vient que ceux qui sont dans l'amour de soi et du monde sont dans l'amour de tous les maux qui en dérivent, et dans l'amour des faux d'après ces maux ; sur ces amours et sur les maux et les faux qui en dérivent, voir dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, les Nos 65 à 80; par la signification de le faire descendre du Ciel, à savoir, ce feu ; il est dit ainsi, parce qu'une telle chose se fait dans le Monde spirituel par ceux qui sont dans la foi séparée au moyen d'artifices qui y sont connus ; que ce soit une apparence comme si l'amour du faux d'après le mal était l'amour du vrai d'après le bien, c'est d'après la confirmation de la foi séparée d'avec la vie au moyen du sens de la lettre de la Parole, car ce qui est confirmé d'après la Parole est confirmé d'après le Ciel; mais le faux, quand il est confirmé d'après la Parole, ne l'est pas d'après le Ciel, mais seulement il apparaît comme s'il était confirmé d'après le Ciel ; et par la signification de devant les hommes, en ce que c'est principalement devant ceux qui sont dans le faste de la propre intelligence, et qui par des écrits et des prédications confirment chez eux ce dogme hérétique; de ceux-là il est parvenu aux simples qui ne sont pas dans le faste de la propre intelligence; toutefois ceux-ci ne le confirment pas chez eux, mais ils s'imaginent que cela est ainsi, parce que cela a été dit et affirmé par un homme d'érudition et par conséquent d'autorité; néanmoins eux le tiennent seulement dans la mémoire, tandis que ceux-là l'implantent dans leur vie, surtout s'ils ont vécu selon ce dogme, et ce qui est implanté dans la vie, cela s'attache à éternité, mais non ce qui est seulement dans la mémoire. Le faste de la propre intelligence est chez tous ceux qui confirment les faux jusqu'à destruction du Divin Vrai dans lequel sont les Anges du Ciel : en effet, dans ce faste sont ceux qui dans leurs écrits et leurs prédications se considèrent seulement, c'est-à-dire, qui ne considèrent que leur réputation; car ils sont dans l'amour d'eux-mêmes, et quiconque est dans l'amour de soi, quand il écrit et prêche, est dans le faste, et le faste tire tout du propre de l'homme, de là vient qu'il est appelé faste de la propre intelligence ; l'amour de soi réside dans la volonté, et le faste de la propre intelligence réside dans la pensée qui procède de la volonté; eux donc, lorsqu'ils pensent quelque chose d'après eux-mêmes, ne peuvent que penser des faux, car le propre, qui appartient à la volonté, par conséquent à l'amour, domine; et, considéré en lui-même, il n'est absolument que mal : il en est autrement de ceux qui sont dans l'amour des usages, et par suite dans l'amour du vrai pour le vrai. Comme ceux qui sont dans le faste de la propre intelligence éloignent de la foi les œuvres, et à cause de cela ne savent pas ce que c'est que les œuvres, ni même ce que c'est que la charité et ce que c'est que le prochain, et même, après qu'ils se sont confirmés, ne veulent pas le savoir, il va en conséquence être dit ici ce que c'est que les bonnes œuvres : Les bonnes œuvres sont toutes les choses que l'homme fait, écrit, prêche, et même dit, non de lui-même, mais d'après le Seigneur, et il fait, écrit, prêche et dit d'après le Seigneur, quand il vit selon les lois de sa religion; les lois de notre religion sont, qu'un seul Dieu doit être adoré, qu'il faut fuir les adultères, les vols, les meurtres, les faux témoignages, par conséquent aussi les fraudes, les gains illicites, les haines, les vengeances, les mensonges, les blasphèmes, et plusieurs autres choses qui, non-seulement dans le Décalogue mais encore partout ailleurs dans la Parole, sont dites péchés contre Dieu, et aussi abominations; quand l'homme fuit ces choses, parce qu'elles sont contre la Parole et par suite contre Dieu, et parce qu'elles sont de l'enfer, alors l'homme vit selon les lois de sa religion, et autant il vit selon la religion, autant il est conduit par le Seigneur, et autant il est conduit par le Seigneur, autant ses œuvres sont bonnes; en effet, il est conduit à faire les biens et à dire les vrais, pour les biens et pour les vrais, et non pour lui-même et pour le monde; les usages sont pour lui des plaisirs, et les vrais sont pour lui des délices; chaque jour aussi le Seigneur lui enseigne ce qu'il faut faire et ce qu'il faut dire, puis aussi ce qu'il faut prêcher ou ce qu'il faut écrire, car les maux étant éloignés, il est continuellement sous l'auspice du Seigneur et dans l'illustration : toutefois, il est conduit et enseigné, non pas immédiatement par quelque dictamen ou par quelque inspiration perceptible, mais par un influx dans son plaisir spirituel; de là il se fait chez lui une perception selon les vrais dont est formé son entendement; quand d'après cela il agit, il lui semble qu'il agit par lui-même, cependant il reconnaît de cœur que c'est par le Seigneur : tous les Anges sont dans un tel état, et tous les petits enfants dans le Ciel sont conduits au Ciel par ce chemin. Mais il en est autrement pour l'homme, quand il s'abstient des maux et les fuit à cause des lois civiles, et afin que sa réputation ne soit point lésée; celui-là les suit, non pas par quelque origine spirituelle, mais par une origine naturelle; par suite, il est vrai, il fait des œuvres qui extérieurement paraissent comme bonnes, mais néanmoins elles sont intérieurement mauvaises; elles sont comme des peintures composées de fange mais couvertes de couleurs belles à la vue, ou comme des prostituées d'une forme gracieuse, et parées de vêtements blancs, avec des diadèmes sur le front et des pierreries aux oreilles, tandis qu'à l'intérieur elles sont remplies d'impuretés : considère maintenant quel est aujourd'hui le Monde Chrétien ; combien y en a-t-il aujourd'hui qui fuient les adultères, les fraudes, les gains illicites, les haines, les vengeances, les mensonges et les blasphèmes, parce qu'ils sont contre la Parole, et ainsi contre Dieu? mais on les fuit parce qu'ils sont contre les lois civiles, et à cause de la réputation, et par crainte de perdre l'honneur et le lucre dans le Monde : mais recherche intérieurement la cause, et tu percevras que cela vient de ce qu'on ne croit pas qu'il y un Ciel et un enfer, et qu'on ne croit pas à la vie après la mort. D'après ces considérations, il est évident que tout ce que l'homme fait, soit peu ou beaucoup, lorsqu'il le fait d'après la religion, et dans l'Église d'après la Parole, depuis qu'il déteste les maux parce qu'ils sont des péchés et infernaux en eux-mêmes, est une bonne œuvre; et que, vice versâ, tout ce que l'homme fait, soit peu ou beaucoup, lorsqu'il ne le fait pas d'après la religion, et chez nous d'après la Parole, est une œuvre mauvaise : sur ce sujet, voir plusieurs détails ci-dessus, N° 803. Toutefois, il faut qu'on sache que celui qui fuit les maux, parce qu'ils sont contre les lois divines dans la Parole, les fuit aussi parce qu'ils sont contre les lois civiles et morales dans le Monde, car l'homme pense d'après ces lois-ci quand il est dans l'état naturel, mais d'après ces lois-là quand il est dans l'état spirituel; il suit de là, que fuir les maux et faire les biens pour sa réputation et pour son honneur n'est pas non plus dangereux, pourvu que la Parole et par suite la religion tiennent la place supérieure et fassent la tête, et que l'homme lui-même et le Monde tiennent la place inférieure et fassent les pieds; s'il en est autrement, par les pieds la religion est foulée, et par la tête le monde est adoré.
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