| Apocalypse Expliquée 83. Et j'ai été mort, signifie qu'il a été rejeté : on peut le voir en ce que le Seigneur est dit mort, quand la foi et l'amour envers Lui n'existent plus ; car le Seigneur vit chez ceux qui sont dans l'amour et la foi envers Lui, mais il ne vit point chez ceux qui ne sont ni dans l'amour ni dans la foi ; chez ceux-ci le Seigneur est dit mort, parce qu'il a été rejeté; voilà ce qui est entendu ici dans le sens interne par j'ai été mort; mais dans le sens de la lettre il est entendu qu'il a été crucifié : la même chose est aussi signifiée dans le sens interne lorsqu'il est dit que le Seigneur a été crucifié, à savoir, qu'il a été rejeté et ainsi traité par les Juifs ; car le Seigneur, lorsqu'il fut dans le monde, était le Divin Vrai même; et comme le Divin Vrai a été entièrement rejeté par les Juifs, c'est aussi pour cela que le Seigneur, qui était ce Vrai, s'est laissé crucifier ; de telles choses sont signifiées par toutes les particularités qui sont rapportées dans les Évangélistes sur la Passion du Seigneur ; chacune de ces particularités, jusqu'aux plus petites, enveloppe cela; c'est pourquoi, quand le Seigneur parle de sa Passion, il Se nomme le Fils de l'homme, c'est-à-dire, le Divin Vrai; voir ci-dessus, N° 63 : que le Divin Vrai ait été entièrement rejeté par les Juifs, cela est notoire ; car ils n'ont reconnu rien de ce qui a été dit par Lui, et n'ont pas même reconnu qu'il était le Fils de Dieu ; d'après cela, on peut savoir comment doivent aussi être entendues les paroles que le Seigneur a dites à ses disciples au sujet de ce qu'il serait rejeté par les Juifs ; par exemple, dans Luc : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, et qu'il soit rejeté par les anciens et par les princes des prêtres et par les scribes. » — IX. 22 : — dans le Même : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, et qu'il soit rejeté par cette génération. » - XVII. 25. — Dans Marc : « N'a-t-il pas été écrit du Fils de l'homme qu'il souffrira beaucoup, et sera tenu pour rien?» — IX. 12. — Dans Luc : « Jésus, ayant pris à part les douze, leur dit : Voici, nous montons à Jérusalem, et seront accomplies toutes les choses qui ont été prédites par les Prophètes touchant le Fils de l'homme ; car il sera livré aux nations, et il sera raillé, et il sera outragé, et on crachera contre lui; et après qu'ils l'auront fouetté, ils le tueront, mais le troisième jour il ressuscitera. » — XVIII. 31, 32, 33 ; — ces particularités signifient comment ils ont traité le Divin Vrai, qui venait de la Parole; là, Jérusalem est l'Église Juive; être livré aux nations, être injurié, outragé, cracher contre lui, être flagellé et tué, signifie les manières abominables dont ils ont traité le Divin Vrai ; et parce que le Seigneur était le Divin Vrai Même, puisqu'il était la Parole, — Jean, I. 14, — et parce qu'il avait été prédit par les Prophètes que ce vrai serait ainsi traité à la fin de l'Église, voilà pourquoi il est dit, « afin que toutes les choses qui ont été prédites par les Prophètes touchant le Fils de l'homme soient accomplies : » pareillement ailleurs, dans le Même : « Ce sont là les paroles que je vous ai prononcées, quand j'étais encore avec vous, qu'il fallait que fussent accomplies toutes les choses qui ont été écrites dans la Loi de Moïse, et dans les Prophètes, et dans les Psaumes, à Mon égard. » — XXIV. 44. — Que toutes ces choses eussent été accomplies, quand Jésus eut été crucifié, c'est ce qu'il a dit Lui-Même lorsqu'il était sur la croix : « Comme Jésus savait que tout était consommé, afin que l'Écriture fût accomplie, il dit : J'ai soif. » — Jean, XIX. 28 ;—s'il a dit alors, j'ai soif, c'était parce qu'il désirait une nouvelle Église qui Le reconnût; que, dans le sens spirituel, avoir soif signifie désirer, et que cela se dise des vrais de l'Église, on le voit, Nos 4958, 4976, 8568. Ce sont aussi là les choses qui ont été prédites par Daniel touchant la vastation et la désolation : « Après les soixante-deux semaines le Messie sera retranché, mais non point pour Soi; ensuite le peuple d'un prince qui viendra, détruira la Ville et le Sanctuaire, de sorte que sa fin (aura lieu) avec inondation : enfin sur l'oiseau des abominations (sera) la désolation, et jusqu'à la consommation et à la décision elle fondra sur la dévastation. » — IX. 26, 27 ; — la désolation et la dévastation signifient la réprobation et le rejet du Divin Vrai par ceux qui sont de l'Église ; voir Nos 5360, 5376. Que le Divin Vrai, qui est la Parole, ait été ainsi réprouvé par les Juifs, c'est aussi ce qui est entendu par ces paroles, dans Matthieu : « Je vous dis qu'Élie est déjà venu, et ils ne l'ont point reconnu, mais ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu ; de même aussi le Fils de l'homme va souffrir de leur part. » — XVII. 12 ; —la Parole est signifiée par Élie, voir la Préface du Chap. XVII de la Genèse, et N°s 2762, 5247 ; et aussi par Jean-Baptiste, c'est pour cela que celui-ci a été appelé Élie, Nos 7643, 9372 ; par là, on voit clairement ce qui est signifié par ces paroles : « Elie est déjà venu et ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu ; de même aussi le Fils de l'homme va souffrir de leur part ; » comment les Juifs ont expliqué la Parole, et par conséquent l'ont rejetée, c'est ce qu'on voit par plusieurs passages dans les Évangélistes, où le Seigneur le montre clairement : d'après ce qui vient d'être dit, on peut donc voir que par j'ai été mort, il est signifié qu'il a été rejeté. Qu'en outre, par la Passion de la croix le Seigneur ait glorifié son Humain, c'est-à-dire, l'ait fait Divin, on le voit dans LA DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 294, 295, 302, 305.
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