| Apocalypse Expliquée 806. 806. Desquels n'ont point été écrits les noms dans le Livre de vie de l'Agneau, signifie par tous ceux qui ne sont point devenus spirituels au moyen de la régénération par le Seigneur : on le voit par la signification des noms, en ce que c'est quels ils sont, car par le Nom dans la Parole il est signifié la qualité de la chose et de l'état, et cela, parce que dans le Monde spirituel les personnes n'ont pas de noms comme dans le Monde naturel, mais chacun y est nommé selon sa qualité; sur ce sujet, voir ci-dessus, No 676 ; et par la signification d'être écrit dans le Livre de vie de l'Agneau, en ce que c'est être dans l'amour et dans la foi envers le Seigneur, comme ci-dessus, Nos 199, 222, 299, par conséquent aussi devenir spirituel au moyen de la régénération par le Seigneur; car ceux qui sont dans l'amour et dans la foi envers le Seigneur par le Seigneur deviennent spirituels; en effet, leur amour et leur foi sont spirituels, et ce sont aussi eux qui sont appelés les régénérés, et qui sont entendus par ceux dont les noms ont été écrits dans le Livre de vie de l'Agneau. De là on peut voir que par les noms écrits dans le Livre de vie de l'Agneau, il est entendu, non pas que leurs noms y sont, mais que leur qualité est ainsi, à savoir, qu'ils sont devenus spirituels au moyen de la régénération par le Seigneur. Dans l'Article précédent il a été montré que la foi, qui a été généralement reçue dans l'Église, consiste à croire que Dieu le Père a envoyé son Fils, afin que par Lui il y ait Propitiation, Miséricorde, Rédemption et Salvation; puis aussi, que le Fils de Dieu a porté nos iniquités, qu'il intercède pour nous, et que son mérite est attribué à ceux qui supplient avec assurance et confiance; que toutes ces choses soient de vains mots, dans lesquels il n'y a rien du vrai, quand elles sont considérées selon l'opinion des érudits, et par conséquent rien du salut, cela a été exposé dans l'Article précédent. Que ces choses soient de vains mots dans lesquels il n'y a rien du vrai, on peut aussi le voir par ce qui est dit dans la Parole sur la cause de l'avènement du Seigneur dans le Monde, et pourquoi il y a souffert, à savoir, que le Seigneur est venu dans le Monde pour sauver le genre humain, qui autrement aurait péri de mort éternelle, et qu'il l'a sauvé par cela qu'il a subjugué les Enfers qui infestaient tout homme venant dans le monde et sortant du monde, et en même temps par cela qu'il a glorifié son Humain, car ainsi il peut tenir les Enfers subjugués à éternité. La subjugation des Enfers, et en même temps la glorification de son Humain, ont été faites par les Tentations admises dans l'Humain qu'il tenait d'une mère, et alors par de continuelles victoires; sa Passion en Gethsémané et sur la croix a été la dernière Tentation et Sa complète Victoire. Que le Seigneur soit venu dans le Monde pour ces deux causes, et qu'il ait ainsi sauvé le genre humain d'une mort éternelle, on peut le voir en ce que les Enfers avant l'avènement du Seigneur n'étaient pas dans l'ordre; c'est pourquoi, il n'y avait pas non plus équilibre entre l'Enfer et le Ciel, mais l'Enfer prévalait d'une part sur le Ciel, et cependant l'homme a été placé au milieu entre le Ciel et l'Enfer; tout ce donc qui influait du Ciel chez l'homme, avant l'avènement du Seigneur, était enlevé par l'Enfer en raison de sa puissance supérieure; afin donc que l'équilibre entièrement détruit fût rétabli, il a plu au Seigneur de venir dans le Monde, et alors de faire un Jugement Dernier, et de subjuguer les Enfers; par ce fait le Seigneur s'est acquis la puissance de sauver les hommes qui ont par Lui la foi et l'amour envers Lui; ces choses n'ont pu être fixées dans un effet, sans que le Seigneur prît l'Humain, et cela, parce que Dieu produit de tels effets d'après les premiers par les derniers, car agir d'après les premiers par les derniers, c'est agir dans le plein; la force même de la Divine puissance consiste dans les derniers, ainsi la force du pouvoir du Seigneur est dans son Humain, parce que l'Humain est dans le dernier : ce fut là la première raison pour laquelle le Seigneur est venu dans le Monde; la seconde raison, ce fut afin de glorifier son Humain, c'est-à-dire, afin de le faire Divin, car ainsi et non autrement il peut tenir les Enfers subjugués à éternité, parce qu'ainsi il agit d'après les premiers par les derniers, par conséquent dans le plein, à éternité; en effet, sa Divine opération s'étend ainsi jusque vers les derniers dans le Monde, mais autrement elle va seulement vers les premiers dans le Ciel, et médiatement par eux, et par les suivants, vers les derniers, qui sont les hommes; c'est pourquoi, si ceux-ci s'écartaient, comme il arriva immédiatement avant l'avènement du Seigneur, l'opération Divine chez les hommes cesserait, et par suite il n'y aurait plus pour eux aucun moyen de salvation; l'opération Divine du Seigneur par l'Humain pris dans le Monde est appelée influx immédiat du Seigneur jusque vers les derniers. Par ces deux actes il y a pour l'homme la salvation, qui est appelée Rédemption : si elle est appelée Rédemption par le sang du Seigneur, c'est parce que la subjugation des Enfers, et en même temps la glorification de l'Humain du Seigneur, n'ont pu être faites autrement que par des Tentations de la part des enfers, tentations admises en Lui, et dont la dernière fut la Passion de la croix. Maintenant, d'après ces explications, on peut voir que le Seigneur n'est point venu dans le Monde pour rendre propice le Père, et le porter à la miséricorde, ni pour se charger de nos iniquités et ainsi les ôter, ni pour que nous fussions sauvés par imputation de son mérite, ou par intercession, ou par miséricorde immédiate, ni par conséquent par la foi de ces choses, ni à plus forte raison par l'assurance de cette foi, parce que l'assurance confirme ces choses qui ne sont point des vrais, ainsi qui ne doivent point appartenir à la foi. Celui qui sait pourquoi le Seigneur est venu dans le Monde, et que par Lui et en même temps par le Père en Lui, et non par le Père séparé de Lui, sont sauvés tous ceux qui croient et font les choses qu'il a enseignées, celui-là peut voir que plusieurs des choses que les chefs de l'Église enseignent sur la Rédemption doivent être entendues autrement que selon l'explication qu'ils en donnent. Que le Seigneur ait subjugué les Enfers, Lui-Même l'enseigne, lorsque la Passion de la croix était proche, dans Jean : « Maintenant il y a jugement de ce monde, maintenant le chef de ce monde sera jeté dehors. » — XII. 27, 28, 31. — Dans le Même : «Ayez confiance; Moi, j'ai vaincu le monde — XVI. 33. — Dans Luc : « Jésus dit : J'ai vu satan, comme un éclair, tombant du Ciel. » — X. 18. — Dans Ésaïe : « Qui (est) celui-ci qui vient d'Edom, s'avançant dans la multitude de sa force, grand pour sauver? Salut M'a procuré mon bras; ainsi il est devenu pour eux un Sauveur. » — LXIII. 1, 5, 8; — comme le Seigneur avait subjugué les Enfers, c'est pour cela qu'il a donné aux soixante-dix disciples « pouvoir sur les démons,» — Luc, X. 17,19. — Que le Seigneur ait glorifié son Humain, et que la Passion de la croix ait été la dernière Tentation et la pleine victoire par laquelle il l'a glorifié, il l'enseigne Lui-Même, dans Jean : « Quand Judas fut sorti, Jésus dit : Maintenant est glorifié le Fils de l'homme, et Dieu le glorifiera en Soi-Même, et à l'instant il le glorifiera. » — XIII. 31, 32. — Dans le Même : « Père, l'heure est venue, glorifie ton Fils, afin qu'aussi ton Fils Te glorifie. » — XVII. 1,5. — Dans le Même : « Maintenant, mon âme est troublée. Père! glorifie ton Nom! alors il vint du Ciel une voix : Et je (l’) ai glorifié, et de nouveau je (le) glorifierai. » — XII. 27, 28. — Et dans Luc : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et entrât dans sa gloire? » — XXIV. 26; — ces choses ont été dites de sa Passion ; glorifier c'est faire Divin. De là, maintenant, on voit que si le Seigneur ne fût pas venu dans le Monde, et n'eût pas été fait Homme, et par ce moyen n'eût pas délivré de l'Enfer tous ceux qui croient en Lui et l'aiment, aucun mortel n'aurait pu être sauvé; c'est ainsi qu'il est entendu que sans le Seigneur il n'y a point de salut. C'est donc là le mystère de l'incarnation du Seigneur.
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