| Apocalypse Expliquée 776. Et dix cornes, signifie beaucoup de puissance : on le voit d'après les explications qui ont été données ci-dessus, N° 716, où il est parlé du dragon, qui aussi avait dix cornes. La grande puissance, qui est attribuée au dragon et à cette bête, et qui est représentée dans le Monde spirituel par des cornes, et a été par suite montrée d'une manière représentative à Jean sur la bête du dragon, est la puissance des raisonnements venant de l'homme naturel d'après des illusions, ainsi d'après des faux, lesquels, il est vrai, n'ont en eux-mêmes aucune puissance, car toute puissance appartient aux vrais, mais néanmoins il y a beaucoup, de puissance dans les faux qu’ils proviennent des illusions des sens, par conséquent dans les raisonnements d'après ces faux, chez les hommes de la terre, avant qu'ils soient dans les vrais d'après le bien, c'est-à-dire, avant qu'ils aient été régénérés par le Seigneur; en effet, par naissance l'homme est dans les maux, et par suite aussi, dans les faux, car les faux jaillissent des maux comme des eaux impures jaillissent d'une source impure; et, ces faux, confirmés par les raisonnements d'après les illusions des sens, apparaissent comme des vrais; et puisque l'homme par naissance est dans les faux d'après les maux, c'est pour cela qu'il les saisit, les reconnaît et les croit facilement, car, ils concordent avec sa première lueur naturelle, et avec la chaleur de cette lueur, qui, vient du feu de l’amour de soi ou de l'amour du monde; et comme l'homme est porté facilement et presque spontanément à croire de telles choses, et est ainsi séduit, c'est pour cela qu'ici il est attribué beaucoup de puissance à cette bête, et ci-dessus au Dragon; mais contre l'homme qui est dans les vrais d'après le bien, ou contre celui qui, a été régénéré par le Seigneur, ils n'ont point de puissance, et toujours, à mesure que les vrais sont multipliés chez lui, leur puissance devient moindre, et enfin nulle; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il ya toute puissance dans les vrais d'après le bien, et par conséquent il n'y en a aucune dans les faux d'après le mal. .Cela peut être confirmé d'après les choses vues et perçues dans le Monde spirituel ; là dans certains lieux, il y a de continuels combats de ceux qui sont dans les faux contre ceux qui leur sont semblables et contre ceux qui ne leur sont pas semblables, et il a été vu que les méchants par les faux sont vainqueurs, et en attirent un grand nombre dans leur parti; comme j'en étais étonné, il a été dit et perçu que les faux ont de la force contre ceux qui sont dans les faux, car il a été découvert que ceux qui avaient été vaincus et attirés dans leur parti avaient été également dans les faux; et, vice versa, que les faux n'ont point de force contre ceux qui sont dans les vrais : de plus, il a aussi été vu que ceux qui étaient dans les faux combattaient contre ceux qui étaient dans les vrais, et que même ils en étaient vainqueurs; toutefois, il a été perçu que ceux-ci n'étaient pas dans les vrais d'après le bien, mais étaient dans les vrais sans le bien : mais lorsque ceux qui sont dans les faux combattent contre ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, ils sont absolument sans force, ils sont comme des pailles dans l'air, qui sont dispersées et dissipées de tout côté au souffle de l'homme sans puissance de résister. D'après ces considérations, on peut voir d'ou vient que dans la Parole il est dit plusieurs fois, au sujet des méchants, qu'ils sont forts et Impuissants. Maintenant donc est évidente la cause pour laquelle dix cornes furent vues sur la tête du dragon et sur la tête de cette bête, et pareillement plus loin sur la tête de la bête écarlate, — Apoc. XVII. 3.
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