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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 750. 

750. Et ils n'ont point aimé leur âme jusqu'à la mort, signifie les fidèles qui, à cause de ces vrais, ont supporté les tentations, et ont considéré comme rien la vie du monde en comparaison de la vie du Ciel : on le voit par la signification de ne point aimer son âme, en ce que c'est considérer comme rien la vie du monde en comparaison de la vie du Ciel, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de jusqu'à la mort, en ce que c'est supporter les tentations, car ceux qui sont dans les combats des tentations considèrent comme rien la vie du monde en comparaison de la vie du Ciel, par conséquent considèrent comme rien la mort du corps en comparaison de la vie de leur âme, comme on peut le voir par les martyrs; la raison de cela, c'est qu'ils savent que la vie dans le Monde, qui est de quelques années, n'est rien respectivement à la vie dans le Ciel, qui est la vie éternelle, et que même il n'existe aucun rapport entre les temps de la vie des hommes dans le Monde et la vie dans le Ciel, qui dure éternellement; que celui qui le peut pense s'il existe quelque rapport entre cent mille années et l'éternité, et il découvrira qu'il n'en existe point; de telles réflexions avec beaucoup d'autres influent du Ciel chez ceux qui souffrent les tentations spirituelles, c'est pourquoi ils n'aiment point jusqu'à la mort leur âme, c'est-à-dire, la vie dans le monde. Ce qui est entendu par l'Ame, cela est peu connu dans le Monde, par cette raison que les Érudits ont donné plusieurs hypothèses sur le siège de l'Ame dans le corps, puis sur son essence, et aussi sur son influx et son opération dans le corps, et, d'après les idées qu'ils en ont tirées, sur son immortalité; il a découlé de là qu'on croit que l'âme est quelque chose de cogitatif, éthéré dans son essence, et que, séparée du corps, elle n'a ni les organes des mouvements ni ceux des sens, tels qu'ils sont dans le monde, avant d'être de nouveau conjointe au corps, ce qui doit arriver, dit-on, au temps du Jugement Dernier : comme par suite, dans le Monde savant, on a conçu de l'âme de l'homme une idée impropre, il est important d'illustrer d'après la Parole ce qui est entendu par l'Ame. En général par l'Ame il est entendu l'homme et spécialement la vie de l'homme, et comme dans chaque homme il y a trois degrés de la vie, il y a aussi par conséquent autant de degrés de l'âme. Mais comme toute la vie de l'homme réside dans ses deux facultés, qui sont appelées la volonté et l'entendement, c'est pour cela que dans la Parole il est dit quelquefois les vies au pluriel; et comme par l'âme il est entendu la vie, il s'ensuit qu'il y a l'âme de la volonté et l'âme de l'entendement, et que l'âme de la volonté est l'affection qui appartient à l'amour, et l'âme de l'entendement la pensée qui en provient. Mais proprement par l'âme, dans la Parole, il est entendu la vie de l'entendement de l'homme, qui est la pensée, et par le cœur la vie de la volonté qui est l'affection. Et comme la Respiration des poumons correspond à la vie de l'entendement qui est la pensée, et que le pouls du cœur correspond à la vie de la volonté qui est l'affection, c'est pour cela que par l'âme dans le sens naturel dernier il est entendu la vie de la respiration; de là vient que l'on dit des mourants qu'ils rendent leur âme ou leur esprit; puis aussi, qu'ils ne sont plus animés, ou qu'aucun souffle (spiritus) n'est senti de leur bouche. Que de telles choses soient entendues par l'Ame dans la Parole, on peut le voir par les passages où elle y est nommée. I. L'Ame en général signifie l'homme : on le voit par les passages suivants; dans Moïse : « Abram prit toute âme qu'ils s'étaient procurée dans Charan, et ils s'en allèrent dans la terre de Canaan. » — Gen. XII. 5. — « Le roi de Sodome dit à Abram : Donne-moi les âmes, prends pour toi la substance. » - Gen. XIV. 21. — « Toutes les âmes des fils et des filles de Léah, trente-trois. » — Gen. XLVI. 15. — « Les fils de Joseph, deux âmes; toutes les âmes de la maison de Jacob, qui vinrent en Egypte, soixante-dix. » — Gen.  XLVI. 27. — « Toute âme, qui aura mangé cadavre ou déchiré, impure sera jusqu'au soir. » —Lévit. XVII. 15. — « Des villes de ces peuples tu ne laisseras vivre aucune âme. » — Deutér. XX. 16. — « Si quelqu'un a volé une âme d'entre ses frères, et qu'il en ait tiré profit. » — Deutér. XXIV. 7. — « L'âme qui mange de la graisse et du sang sera retranchée. » — Lévit. VIL 25, 27. — « L'âme qui ne sera point circoncise sera retranchée de ses peuples. » — Gen. XVII. 14, — et ailleurs dans ces passages, il est dit l'âme au lieu de l'homme. II. L'Ame spécialement signifie la vie du corps : on le voit par ces passages ; dans Luc : « Le riche pensait en lui-même : Je dirai à mon âme : Ame, tu as beaucoup de biens en réserve pour beaucoup d'années, repose-toi, mange, bois, réjouis-toi.  Mais Dieu lui dit : Insensé, cette nuit ton âme on te redemandera. »—XII. 19, 20. — Dans Moïse : « Comme sortait l'âme de Rachel, elle appela son nom Bénoni. » — Gen. XXXV. 18. . — « Ils sont morts, tous les hommes qui cherchaient ton âme. » — Exod. IV. 19. — « Par la main de ceux qui cherchent leur âme. » — Jérém. XIX. 7, 8. XXXIV. 21. — « Celui qui se rendra aux Chaldéens, vivra; et son âme lui sera en butin. » — Jérém. XXI. 9. — « Je te donnerai ton âme en butin. » — Jérém. XLV. 5. — « Sera-ce là le jeûne que je choisirai, le jour où l'homme affligera son âme? » —Ésaïe, LVII1. 5. — « Ruben dit de Joseph à ses frères : Ne le frappons pas, lui, âme, » — Gen. XXXVII. 21. — « Ame pour âme, œil pour œil, dent pour dent. » — Deutér. XIX. 21. — « En gage tu ne prendras point le moulin ni la meule de dessus, car l'âme celui-là prend en gage. » — Deutér. XXIV. 6. — « Schimson dit : Que meure mon âme avec les Philis­tins. » — Jug. XVI. 30. — « Izabel dit à Élie que le lendemain elle mettrait son âme comme l'âme de l'un d'eux; et, Elie s'en alla à cause de son âme. » — 1 Rois, XIX. 2, 3. — « Pierre dit : Mon âme pour Toi je déposerai; Jésus répondit : Ton âme pour Moi tu déposeras ! en vérité, je te dis : Le coq ne chantera point, que tu ne M'aies renié trois fois. » — Jean, XIII. 37, 38. — Dans ces passages il est dit l'âme au lieu de la vie du corps : pareillement le Seigneur dit de la vie de son corps, dans les Évangélistes : « De même que le Fils de l'homme est venu non pour être servi, mais pour servir, et pour donner son âme en rachat pour un grand nombre. » — Matth. XX. 28. Marc, X. 45. — « Voici, Moi, je T'aime; c'est pourquoi je donnerai homme au lieu de toi, et des peuples pour ton âme. » — Ésaïe, XLIII. 4. — « Jésus dit : Personne n'a un amour plus grand que celui-ci : Quand quelqu'un dépose son âme pour ses amis. » — Jean, XV. 13 — « Jésus dit : Moi, je suis le bon Berger; le bon Berger dépose son âme pour les brebis. Moi, je dépose mon âme afin que de nouveau je la reprenne; personne ne me la ravit, mais Moi je la dépose de Moi-Même; pouvoir j'ai de la déposer, et pouvoir j'ai de la reprendre de nouveau. » — Jean, X. 11, 12, 15, 17, 18. — III. L'Ame signifie la vie de l'esprit de l'homme, qui est appelée sa vie spirituelle : on le voit par ces passages; dans les Evangélistes : « Jésus dit : N'ayez point de crainte de ceux qui peuvent tuer le corps, mais ne peuvent tuer l'âme; craignez plu­tôt Celui qui peut perdre et l'âme et le corps dans la géhenne. » — Matth. X. 28. Luc, XII. 4, 5, — « Qui veut trouver son âme, la perdra; et qui aura perdu son âme à cause de Jésus, la trouvera. » — Matth. X. 39. Luc, XVII. 33.— « Qui aime son âme, la perdra; mais qui hait son âme dans ce monde, pour la vie éternelle la conservera. » —Jean, XII; 25. — « Jésus dit : Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il renonce à soi-même, et qu'il porte sa croix, et Me suive : quiconque voudra sauver son âme, la perdra; mais quiconque perdra son âme à cause de Moi, la trouvera. Que servirait-il à un homme, s'il gagnait le monde entier, mais qu'il fit la perte de son âme? ou que donnera un homme en échange de son âme?» —Matth. XVI. 24, 25, 26. Marc, VIII. 35, 36, 37. Luc, IX. 24, 25. — « Jésus dit : Je suis venu, non pour perdre des âmes d'hommes, mais pour sauver. » — Luc, IX. 56.- « Marie dit à Elisabeth : Mon âme magnifie le Seigneur. »- Luc, I. 46. — « Siméon dit de l'enfant Jésus à Marie : Une épée aussi le transpercera l'âme, afin que soient dévoilées les pensées de beaucoup de cœurs. » — Luc, II. 35. —« Jésus dit des derniers temps : Dans votre patience possédez vos âmes. » — Luc, XXI. 19. — « Ses fondements seront sapés, tous ceux qui font salaire d'étangs de l'âme. » — Esaïe, XIX. 9, 10. — « Au péril de nos âmes nous nous procurons notre pain à cause de l'épée du désert. » — Lament. V. 9. — « Ils ont creusé une fosse pour mon âme. » — Jérém. XVIII. 20. — « Leur âme deviendra comme un jardin arrosé.»— Jérém. XXXI. 12. — « J'arroserai toute âme fatiguée; et toute âme, qui souffre, je remplirai. » — Jérém. XXXI. 25. — « Malheur à celles qui cousent des coussins sur toutes les jointures de mes mains, et qui font des voiles sur la tête à chacun selon sa taille, pour chasser aux âmes ! Vous chassez aux âmes de mon peuple, afin de vivifier pour vous les âmes. Vous m'avez profané chez mon peuple, pour  tuer des âmes qui ne doivent point mourir, et pour vivifier des âmes qui ne doivent point vivre. » —Ézéch. XIII. 18, 19. — « Voici, toutes les âmes sont à moi; de même que l'âme du père, de même l'âme du fils, elles sont à moi; l'âme qui aura péché, celle-là mourra. » —Ézéch. XVIII. 4, 20. — « Je m'en irai à cause de l'amertume de mon âme.»—Esaïe, XXXVIII. 15. — « Les eaux m'avaient enveloppé jusqu'à l'âme. » — Jon. II. 6. — « Des eaux me sont venues jusqu'à l'âme; j'ai été submergé dans un limon profond. » — ps. LXIX. 2. — « Ils froissèrent dans des entraves son pied, dans le fer vint son âme. » — ps. CV. 18. — « Tire de prison mon âme. » — ps. CXLII. 8. — « Tu as délivré mon âme de la mort. » — ps. LVI. 14. — « Pour arracher de la mort leur âme, et pour les vivifier pendant la famine. » — ps. XXXIII. 19. — « Ne me livre point à l'âme de mes ennemis. » — ps. XXVII. 12. ps. XLI. 3. -7 « J'ai affligé de faim mon âme; qu'ils ne disent point dans leur cœur : Ah! notre âme!» — ps. XXXV. 13, 25. - « Tu ne laisseras point mon âme dans l'enfer, et tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption. » — ps. XVI. 10. — « L'homme qui craint Jéhovah; il lui enseignera le chemin qu'il doit choisir; son âme dans le bien permutera. » — ps. XXV. 12, 13. — « Celui qui est net de mains et pur de cœur, qui ne porte point à la vanité son âme. » — ps. XXIV. 4. — « Les âmes des indigents il sauvera de la fraude et de la violence il ra­chètera leur âme. » — ps. LXXI1. 13, 14. -- « Bénis, ô mon âme, Jéhovah! » — ps. CIII 1, 22. — « Que toute âme loue Jah! » —ps. CL. 6. — « Ils demanderont de la nour­riture pour leur âme. » —ps. LXXVIII. 18 — « Jéhovah souffla dans les narines de l'homme un souffle de vies, et fut fait l'homme en âme vivante. » — Gen. II. 7; -- dans ces passages, il est dit l'âme au lieu de la vie de l'esprit de l'homme, qui est appelée sa vie spirituelle. IV. Comme l'homme a deux facultés de la vie, à savoir, la faculté de comprendre et la faculté de vouloir, et que l'une et l'autre faculté constitue la vie spirituelle de l'homme, on peut voir par certains passages ci-dessus rapportés, et par les suivants, que l'âme signifie cette faculté qui est appelée la vie de l'entendement de l'homme; par exemple, dans Moïse : « Tu aimeras Jéhovah ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces. » — Deutér. VI. 5. X. 12. XI.       13. XXVI. 16; — et dans les Évangélistes : « Jésus dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton mental.» — Matth. XXII. 35. Marc, XII.  30, 33. Luc, X. 27;—par aimer Jéhovah Dieu de tout cœur et de toute âme, il est entendu de toute volonté et de tout entendement, et aussi de tout amour et de toute foi, car le cœur signifie l'amour et la volonté, et l'âme signifie la foi et l'entendement; si le cœur signifie ces deux choses, à savoir, l'amour et la volonté, c'est parce que l'amour de l'homme appartient à sa volonté; si l'âme aussi signifie ces deux choses, à savoir, la foi et l'entendement, c'est parce que la foi appartient à l'entendement; si le cœur et l'âme ont ces significations, c'est parce que le cœur de l'homme correspond au bien de l'amour qui appartient à sa volonté, et que l'âme, ou la respiration des poumons, correspond au vrai de la foi qui appartient à l'entendement de l'homme; de toutes tes forces et de tout ton mental signifie par dessus toutes choses. Dans Ézéchiel : « Leur argent et leur or ne pourront les délivrer au jour de la colère de Jéhovah; leur âme ils ne rassasieront point, et leurs entrailles ils ne rempliront point. » — VII. 19; — ici aussi l'âme est au lieu de l'entendement du vrai; elle est dite ne point être rassasiée, quand il n'y a point le vrai dans l'Église ; et les entrailles sont au lieu de la volonté du bien; elles sont dites ne point être remplies, quand il n'y a point le bien dans l'Église : comme l'argent d'après la correspondance signifie le vrai, et dans le sens opposé le faux, et que l'or signifie le bien, et dans le sens opposé le mal, c'est pour cela qu'il est dit « leur argent et leur or ne pourront les délivrer au jour de la colère de Jéhovah ; » l'argent et l'or, c'est le non vrai et le non bien, et aussi le faux et le mal; le jour de la colère est le jour du jugement. Dans Ésaïe : « La lumière d'Israël sera en feu, et son Saint en flamme, qui embrasera et dévorera la gloire de sa forêt et son Carmel; depuis l'âme jusqu'à la chair il consumera. » —X. 17, 18; — ; par la Lumière d'Israël et par son Saint, qui seront en feu et en flamme, il est entendu le Seigneur quant au Jugement dernier; par le feu et la flamme il est signifié la ruine de ceux qui sont dans les faux du mal; par la gloire de la forêt et par le Carmel, que le feu et la flamme dévoreront et consumeront, il est signifié le vrai et le bien du vrai de l'Église, qui, parce qu'ils ont été changés en faux et en maux du faux, seront détruits; depuis l'âme jusqu'à la chair signifie à partir de son entendement et jusqu'à sa volonté, l'âme est l'entendement du vrai et la chair est la volonté du bien. Dans le Même : « L'insensé prononce la folie pour épuiser l'âme de l'affamé, et celle de l'altéré de boisson il fera défaillir. » — XXXII. 6 ; — ici aussi par l'âme est signifié l'homme quant à l'entendement du bien et du vrai, par l'âme de l'affamé l'entendement du bien, et par l'âme de l'altéré de boisson l'entente, dément du vrai; par « l'insensé prononce la folie pour épuiser et pour faire défaillir l'âme, » il est signifié que l'homme, qui est dans les faux du mal, s'efforce de priver de cet entendement l'homme qui est dans le vrai d'après le bien. Dans le Même : « Il arrivera de même que quand songe l'affamé comme s'il mangeait, mais quand il se réveille, à jeun est son âme, et quand songe l'altéré comme s'il buvait, mais quand il se réveille, voici, (il est) fatigué, et son âme est avide; ainsi sera la multitude de toutes les nations qui combattent contre la montagne de Sion. » — XXIX. 8; — ces choses ont été dites de ceux qui sont dans les faux d'après le mal, et qui s'imaginent néanmoins que ce sont des vrais d'après le bien; les faux du mal qui combattent contre les biens de l'Église sont signifiés par la multitude de toutes les nations qui combattent contre la montagne de Sion, la multitude se dit des vrais, les nations signifient les maux, et la montagne de Sion signifie l'Église quant au bien de l'amour; les maux qu'on croit être des biens, quand cependant ce sont des maux du faux, sont signifiés par « il arrivera de même que quand songe l'affamé comme s'il mangeait, mais quand il se réveille, à jeun est son âme; » par l'affamé qui songe comme s'il mangeait, il est signifié l'opinion et la foi erronée concernant le bien, songer signifie l'opinion et la foi erronée, affamé et comme s'il mangeait signifie une sorte de désir pour le bien dont on doit se nourrir; « quand il se réveille, » signifie quand il est découvert ce que c'est que le bien; « à jeun est son âme, » signifie le non entendement du bien : il est dit du vrai de semblables choses, qui sont signifiées par « quand songe l'altéré comme s'il buvait, mais quand il se réveille, voici, il est fatigué, et son âme est avide;» par l'altéré et comme s'il buvait quand il songe, il est signifié l'opinion et la foi comme du vrai; « mais quand il se réveille, voici, il est fatigué, et son âme est avide, » signifie que néanmoins ce n'est point le vrai, mais c'est le faux ; là, par l'âme est signifiée la foi du faux d'après le vrai non compris, car le mal et le faux, de même que le bien et le vrai, appartiennent à la foi et à l'entendement quand ils appartiennent à la pensée seule; car l'homme peut penser, comme il peut comprendre et par suite croire, que le mal est le bien, et que le faux est le vrai ; tels sont tous ceux qui sont dans les faux de la doctrine et ont seulement foi aux maîtres et aux livres, et qui ne pensent pas si ce sont des faux et des maux, croyant que ce sont des vrais et des biens parce qu'ils peuvent être confirmés, ne sachant pas que le faux et le mal peuvent être également confirmés comme le vrai et le bien. Dans le Même : « Si tu déploies devant l'affamé ton âme, et que l'âme affligée tu rassasies, se lèvera dans les ténèbres ta lumière, et ton obscurité (sera) comme le midi. » — LVIII. 10;:— déployer devant , l'affamé son âme, et rassasier l'âme affligée, signifie enseigner ce que c'est que le bien, et ce que c'est que le vrai à celui qui désire; par l'affamé est signifié celui qui désire le bien, et par l'affligé celui qui désire le vrai, et par déployer l'âme, il est signifié enseigner le bien et le vrai, ainsi d'après l'entendement, la doctrine et la foi; par « se lèvera dans les ténèbres ta lumière, et ton obscurité sera comme le midi,» il est signifié qu'à ceux qui sont dans l'ignorance, mais cependant dans le désir, il sera donné l'entendement du vrai et du bien; les ténèbres et l'obscurité sont l'ignorance du vrai et du bien, la lumière et midi sont l'entendement du vrai et du bien. Dans les Lamentations : « Tout le peuple, ils gémissent, cherchant du pain; ils ont donné leurs choses désirables pour de la nourriture, afin de restaurer leur âme. Il est loin de moi, celui qui console, celui qui restaure mon âme; mes fils sont désolés, parce quel’ennemi a été le plus fort. Mes prêtres et mes anciens dans la ville ont expiré, car ils ont cherché de la nourriture pour; eux, afin de restaurer leur âme. » — I. 11, 16, 19; — ces choses ont été dites de l'Église dans laquelle il n'y a plus ni le vrai ni le bien de la doctrine; par suite les hommes qui les désirent sont défaillants; le manque de bien et de vrai dans la doctrine, et le désir de ce bien et de ce vrai pour nourrir la vie de la foi et de l'entendement, sont signifiés par « tout le peuple, ils gémissent, cherchant du pain; ils ont donné leurs choses désirables pour de la nourriture, afin de restaurer leur âme; » le manque est signifié par ils gémissent ; le désir du bien, par cherchant du pain; le désir du vrai, par donner les choses désirables pour la nourriture; la nutrition de la foi et de l'entendement, par pour restaurer l'âme; par « il est loin de moi, celui qui console, celui qui restaure mon âme ; mes fils sont désolés, parce que l'ennemi a été le plus fort, » il est signifié qu'il n'y a aucune nutrition de la foi et de l'entendement, parce qu'il n'y a plus de vrais à cause des maux de la vie; les fils désolés signifient qu'il n'y a plus de vrais, l'ennemi qui a été le plus fort signifie le mal provenant de l'enfer, ainsi le mal de la vie; par « mes prêtres et mes anciens dans la ville ont expiré, » il est signifié qu'il n'y a plus personne qui enseigne le bien et le vrai, les prêtres signifient ceux qui enseignent le bien, les anciens ceux qui enseignent le vrai, la ville signifie la doctrine, et expirer signifie qu'il n'y en a plus; par « car ils ont cherché de la nourriture pour eux, afin de restaurer leur âme, » il est signifié qu'il n'y a plus pour eux aucune nutrition spirituelle. Dans les Lamentations : « A leurs mères ils disent : Où y a-t-il du blé et du vin, quand ils tombent en défaillance comme un transpercé dans la place de la ville, quand ils rendent leur âme sur le sein de leurs mères? » — II. 12; — par ces paroles sont signifiées les mêmes choses que ci-dessus, à savoir, que par le manque de bien et de vrai dans la doctrine il y a une telle désolation de l'Église, que la vie spirituelle y tombe en défaillance et périt; par les mères sont signifiés les vrais de l'Église; « ils leur disent : Où y a-t-il du blé et du vin? » signifie où est maintenant le bien de la doctrine et son vrai? « sur le sein de leurs mères ils rendent leur âme, » signifie qu'à cause de la désolation par le manque de vérités la vie spirituelle est en défaillance et périt; comme par l'âme il est entendu la vie de la foi et de l'entendement du bien et du vrai, laquelle est la vie spirituelle de l'homme, il est dit qu'ils tombent en défaillance comme un transpercé dans la place de la ville; par le transpercé est signifié celui qui périt par les faux, et par la place de la ville est signifié le vrai de la doctrine. Dans Jonas : « Quand défaillait sur moi mon âme. » — II 8 ; — là, il s'agit des tentations, et par son âme qui défaillait sur lui, il est signifié que le vrai par la foi et par l'entendement manquait. Dans David : « En langueur sont tombés à cause de l'indignité mon œil, mon âme et mon ventre, » — ps. XXXI. 10. — Dans le Même : « Courbée jusqu'à la poussière a été mon âme, attaché à la terre a été notre ventre, » — ps. XLIV. 26; — l'état des tentations est aussi décrit par ces paroles; par l'œil il est signifié l'entendement, par l'âme la foi et l'entendement du vrai, par le ventre la foi et l'entendement du bien; si cela est signifié par le ventre, c'est parce que le ventre reçoit la nourriture, et que par la nourriture et le pain il est signifié le bien qui nourrit, ici l'entendement et la foi ; le manque de ces choses dans la tentation est signifié par tomber en langueur à cause de l'indignité, et par être courbé jusqu'à la poussière et être attaché à la terre. Dans Moïse : « Ils ont dit : Maintenant notre, âme est desséchée; rien que de la manne à nos yeux. » — Nomb. XI. 6; — comme la manne signifie la nutrition spirituelle, elle signifie aussi la foi et l'entendement ou l'intelligence de l'homme, qui sont nourris spirituellement; et comme les fils d'Israël n'avaient pas la nourriture naturelle, que cependant ils désiraient, c'est pour cela qu'ils ont dit « notre âme est desséchée, rien que de la manne à nos yeux; « par l'âme desséchée est signifiée la vie de la foi et de l'entendement qui est défaillante, quand il n'y a pas en même temps la nutrition naturelle; par « rien que de la manne à nos yeux, » il est signifié qu'il y a seulement une nutrition spirituelle: et, parce qu'ils la dédaignaient, il leur fut donné de la chair de cailles, ou de selav, chair par laquelle est signifiée la nutrition naturelle. Dans le Livre I de Samuel ; « Channah dit à Eli : j'ai répandu mon âme devant Jéhovah. » — I. 15; — par répandre l'âme devant Jéhovah, il est signifié déclarer les pensées de son mental (animus) et de son cœur. Dans les Évangélistes : « Ne soyez pas en souci pour votre âme sur ce que vous mangerez, et sur ce que vous boirez; ni pour votre corps, sur ce dont vous serez vêtus. L'âme n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? »—Matth. VI. 25. Luc-, XII. 22, 23;—quoique ces paroles aient été dites de la vie du corps, elles signifient néanmoins des choses qui appartiennent à la vie de l'esprit, car toutes les choses du sens de la lettre de la Parole, qui est naturel, contiennent en elles un sens interne qui est spirituel; dans ce sens par manger, boire, et par la nourriture, il est signifié la nutrition spirituelle, qui est la nutrition de la foi et avec elle la nutrition de l'entendement, d'où procède l'intelligence dans les choses spirituelles ; de là il est dit « ne soyez pas en souci pour votre âme sur ce que vous mangerez, et sur ce que vous boirez; l'âme n'est-elle pas plus que la nourriture? » manger, c'est percevoir le bien intellectuellement, ainsi spirituellement; boire, c'est percevoir le vrai intellectuellement, ainsi spirituellement; et la nourriture est le bien et le vrai d'après lesquels il y a nutrition ; par vêtir le corps et par le vêtement il est signifié le vrai qui revêt le bien de l'amour et de la volonté, par le vêtement est signifié ce vrai, et par le corps est signifié le bien de l'amour qui est le bien de la volonté. Dans David: « Par mon âme au milieu de lions je couche, enflammés sont les fils de l'homme. »—ps. LVII. 5; — ici aussi, par l'âme est signifiée la vie spirituelle, qui est la vie de la foi, par conséquent aussi la vie de l'entendement, car l'entendement est formé de vrais et en est composé, comme aussi la foi ; comme ces choses sont signifiées par l'âme, et que là il s'agit de la vastation du vrai, c'est pour cela qu'il est dit « au milieu de lions je couche; » par les lions sont signifiés les faux qui détruisent les vrais de l'Église ; il est dit aussi « enflammés sont les fils de l'homme; » par les fils de l'homme sont signifiés les vrais de la doctrine et de l'Église, qui sont dits être enflammés, lorsque l'amour corporel s'en est emparé, et qu'ainsi ils périssent. Dans Moïse : « Abraham parla avec les fils de Cheth : S'il est selon votre âme que j'ensevelisse mon mort. » — Gen. XXIII. 8; — dans ce passage, l'âme signifie la pensée d'après le vrai; mais ce passage a été expliqué dans les ARCANES CELESTES, N° 2930. Dans Jérémie : « En horreur  t'auront les amants, ton âme ils chercheront. »— IV. 30; — par les amants sont entendus ceux qui sont dans l'amour du mal; par chercher l'âme il est signifié vouloir détruire la foi et l'entendement du vrai par les faux du mal. Dans Ezéchiel : « Javan et Thubal avec âme d'homme et vases d'airain ils ont fourni ton commerce. »— XXVII. 13; — ceci concerne Tyr, par laquelle est signifiée l'Eglise quant aux connaissances du vrai et du bien ; par le commerce il est signifié l'acquisition et la communication de ces connaissances, par Javan et Thubal est signifié le culte externe représentatif, par l'âme d'homme est signifiée la science du vrai dans l'homme naturel, et par les vases d'airain la science du bien dans l'homme natu­rel : la science du vrai naturel est aussi signifiée par âmes d'hom­mes,—Apoc. XVIII. 13 ; — par âmes d'hommes sont proprement entendus les esclaves ou serfs, par lesquels aussi dans le sens spirituel sont signifiés les vrais scientifiques de l'homme naturel servant à l'homme spirituel. V. Comme la vie de la foi et aussi la vie de l'entendement de l'homme viennent du Divin Vrai, c'est pour cela que le Divin Vrai est aussi signifié par l'Ame, comme on peut le voir par les passages suivants; dans Jérémie : « Je les planterai dans cette terre, en vérité, en tout mon cœur, et en toute mon âme. » — XXXII. 41 ; — comme il y a deux choses qui procèdent du Seigneur, le Divin Bien et le Divin Vrai, et que, re­çues par les Anges du Ciel et par les hommes de l'Église, elles font la vie céleste chez eux, on peut voir par là ce qui est signifié par les planter en tout cœur et en toute âme, à savoir, que c'est dans son Divin Bien et dans son Divin Vrai, car le cœur signifie le Divin Bien du Divin Amour, et l'âme le Divin Vrai. Dans le Même : « Jéhovah a juré par son âme. » — LI. 44. Amos, VI. 8; — Jéhovah est dit jurer par son âme, quand il confirme par son Divin Vrai, car jurer signifie confirmer, et l'âme de Jéhovah signifie le Divin Vrai. Dans David : « Jéhovah sonde le juste, son âme hait l'impie et celui qui aime la violence. » —ps. XL 5; — ici aussi, par l'âme de Jéhovah il est signifié le Divin Vrai, car par le violent dans la Parole il est signifié celui qui fait violence au Divin Vrai; comme cette violence est faite par le faux du mal, voilà pourquoi cela est signifié par l'impie et celui qui aime la vio­lence. Dans Ésaïe : « Mon Élu, en qui se complaît mon âme; j'ai mis mon esprit sur Lui. »— XLII. 1 ; — ces choses ont été dites du Seigneur, qui est entendu par l'Élu de Jéhovah ; et comme par l'esprit de Jéhovah, qui a été mis sur Lui, il est signifié le Divin procédant, c'est pour cela que par l'âme de Jéhovah qui se complaît en Lui, il est signifié le Divin Vrai, car le Seigneur quant à son Humain dans le Monde était dans ce Divin. Dans Jérémie : « Jéhovah dit: Quand se tiendraient Moïse et Samuel devant Moi, mon âme ne serait point pour ce peuple. » — XV. 1 ; - par Moïse et Samuel dans le sens représentatif est signifiée la Parole; et comme la Parole est le Divin Vrai, et que là par le peuple sont entendus les fils d'Israël, chez lesquels il n'y avait aucun Divin Vrai qui ne fût falsifié et adultéré, il est dit « mon âme ne serait point pour ce peuple. » Dans le Même : « Est-ce que ne se vengera point mon âme? » —V. 9, 29; — ici aussi, par l'âme de Jéhovah est entendu le Divin Vrai; quand le Seigneur fait le jugeraient, il est dit de ce vrai que l'âme du Seigneur se vengera. Semblable chose est signifiée par le Fils de l'homme qui doit faire le jugement; le Fils de l'homme est aussi le Seigneur quant au Divin Vrai. Dans le Même : « Endure la correction, Jérusalem, de peur que ne se détache mon âme de toi, et que je ne te réduise en dévastation. »—VI. 8;—par Jérusalem est signifiée l'Église quant à la doctrine; par endurer la correction il est signifié recevoir l'instruction; par « de peur que ne se détache mon âme de toi, » il est signifié de peur que le Divin Vrai ne se retire d'eux; et par réduire en dévastation, il est signifié de peur que l'Église ne soit désolée quant à tout vrai. Dans Ésaïe : « Jéhovah qui donne une âme au peuple sur la terre, et un esprit à ceux qui y marchent. » — XLII. 5 ; — par l'âme, que Jéhovah donne au peuple sur la terre, est signifié le Divin Vrai par le Seigneur pour ceux qui seront de son Église; par l'esprit, que Jéhovah donnera à ceux qui marchent sur la terre, est signifiée la vie selon le Divin Vrai; marcher signifie vivre. VI. Comme par l'Ame, lorsqu'il s'agit du Seigneur, il est signifié le Divin Vrai, il en résulte que par l'Ame aussi il est signifié la Vie spirituelle d'après le Vrai; dans Moïse : « L'âme de toute chair, son sang, lui. » — Lévit. XVII. 14; — comme la vie dernière de l'homme, c'est-à-dire, la vie de son corps, consiste dans le sang, c'est pour cela qu'il est dit que l'âme de toute chair, c'est-à-dire, sa vie, est son sang; mais comme dans chacune des choses de la Parole il y a un sens spirituel, et que dans ce sens par le sang est signifié le vrai de la doctrine d'après la Parole, c'est pour cela que ce vrai aussi est signifié par l'âme de la chair : que le sang signifie le vrai de la doctrine d'après la Parole, qui est le Divin Vrai, on le voit ci-dessus, Nos 328, 329, 476 : comme le sang signifiait ce vrai, voilà pourquoi il fut défendu aux fils d'Israël de manger du sang, et pourquoi aussi le sang des holocaustes et des sacrifices était répandu autour de l'Autel, et c'est pour cela que par le sang se faisaient les sanctifications et aussi les inaugurations, et que par le sang était contractée l'alliance du Dieu d'Israël, c'est-à-dire, du Seigneur, avec le peuple, et qu'aussi a été contractée par le Seigneur la nouvelle alliance avec l'Église d'aujourd'hui ; c'est pourquoi le sang du Seigneur a été appelé le sang de l'alliance, c'est-à-dire, de la conjonction avec le Seigneur, et cela, parce que le Divin Vrai procédant du Seigneur conjoint : d'après ces considérations, on voit clairement pourquoi le sang est appelé âme : c'est à cause de cette signification du sang, que dans le temps très-ancien il avait été défendu de manger du sang, comme on peut le voir dans Moïse : « Tout ce qui rampe (et) qui est vivant vous sera pour nourriture; cependant la chair avec son âme, son sang, vous ne mangerez point. » — Gen. IX. 3, 4; — ici aussi il est dit que le sang est l'âme de la chair, qu'il était défendu de manger, parce que par l'action de manger du sang il était signifié la profanation du vrai. Dans, le Même : « Quiconque mangera quelque sang; je mettrai mes faces contre l’âme qui mangera le sang, afin que je la retranche du milieu de son peuple; car l'âme de la chair; dans le sang, elle; c'est pourquoi je l'ai mis sur l'autel afin qu'il fasse expiation pour vos âmes, parce que le sang, lui, pour l'âme fera expiation. » — Lévit. XVII. 10, 11;—comme l'âme, de même que le sang, signifie le vrai d'après le Parole, qui est le Divin Vrai procédant du Seigneur, et comme tout culte du Seigneur se fait par le Divin Vrai, c'est pour cela qu'il est dit « car l'âme de la chair est dans le sang; c'est pourquoi je l'ai mis sur l'autel;» mettre le sang sur l'autel signifie le culte d'après le Divin Vrai ; et puisque toute délivrance des maux et des faux, qui est l'expiation, se fait par le Divin Vrai et par la vie selon ce vrai, c'est pour cela qu'il est dit « afin qu'il fasse expiation pour vos âmes, parce que le sang, lui, pour l'âme fera expiation, ». Dans le Même : « Principalement votre sang à vos âmes je demanderai; de la main de tout animal je le demanderai, surtout de la main de l'homme; de la main de l'homme son frère je demanderai l'âme de l'homme. »— Gen. IX. 5;—qu'ici par le sang et aussi par l'âme il soit entendu la vie spirituelle de l'homme, laquelle est la vie selon le Divin Vrai, on peut le voir en ce que ce­ lui qui éteint cette vie périt de la mort éternelle, car nul autre n'éteint cette vie, que celui qui est dans le mal et le faux infernal ; voir ces choses expliquées dans les ARCANES CELESTES. VII. Par l'Ame vivante, il est signifié la vie dans le commun : on peut le voir par les passages où les bêtes, les oiseaux, les reptiles et les poissons sont appelés âmes vivantes, comme dans les suivants : « Dieu dit : Que fassent ramper les eaux reptile, âme vivante. Dieu créa  les grandes baleines, et toute âme vivante qui rampe, que firent ramper les eaux. »— Gen. I. 20, 21.— « Dieu dit : Que produise la terre âme vivante, selon-son espèce, bête et animal. » .— Gen. I. 24. — « Jéhovah amena à l'homme toute
bête du champ, et tout oiseau des cieux pour qu'il vit comment il l'appellerait, et selon que l'homme appelait une âme vivante, cela (était) son nom. » — Gen. II. 19. — « Toute âme vivante qui nage, partout où seront venus les torrents, vivra, et le poisson deviendra nombreux. » — Ézéch. XLVII.
9. — « Toute âme vivante mourut dans la mer. » — Apoc. XVI. 3;—par tous les animaux, dans le sens spirituel, sont signifiées des choses qui appartiennent à l'homme naturel et à sa vie; et comme par la vie de l'homme naturel, qui est la vie dans les derniers, est signifiée la vie dans tout le complexe, de là vient qu'ils sont appelés âmes vivantes. Maintenant, d'après ces explications, on peut voir ce qui est signifié dans la Parole par l'Ame, à savoir, que c'est la vie de l'homme, tant sa vie naturelle que sa vie spirituelle, ainsi tant la vie de son corps que la vie de son esprit; par là on peut remarquer combien est corrompue l'idée que se sont faite d'abord les érudits, et par suite le vulgaire, sur l'Ame de l'homme, à savoir, que c'est quelque être (ens) indivisible, résidant dans quelque lieu du corps, soit dans le cerveau, soit dans le cœur, soit ailleurs, et qui est séparé de l'homme par la mort; qu'elle est sans un corps, et sans des organes de sens et de mouvement tels qu'il y en a pour le corps, et que ces choses lui seront données comme accessoires au jour du Jugement Dernier; que jusqu’a ce jour-là elle est une sorte d'être voltigeant dans l'éther, ou résidant dans un On ne sait où, attendant son accessoire, qui est le corps : c'est là maintenant l'idée du Monde sur l'Ame de l'homme, et cependant par l'Ame dans la Parole il n'est entendu rien de tel, mais il est entendu la vie de l'homme, laquelle n'existe jamais séparée d'un corps, mais est dans un corps, car le corps est la forme externe de cette vie qui est appelée l'âme, exécutant ses décisions et ses caprices dans l'un et dans, l’autre Monde, tant dans le Monde naturel où vivent les hommes que dans le Monde spirituel où vivent les Esprits et les Anges : et comme le Divin procédant du Seigneur fait la vie de tous, c'est pour cela que dans le sens céleste ce vrai, est signifié par l'âme. Puisque le Divin Procédant, partout où il vient, forme une image du Seigneur, ainsi forme des Anges et des Esprits, pour qu'ils soient des formes humaines selon la réception, il suit donc de là que par l'âme vivante après la mort il faut entendre l'esprit de l'homme, qui est un homme tant avec une âme qu'avec un corps, avec une âme par laquelle il domine sur le corps, et avec un corps par lequel l'âme exécute ses décisions dans le Monde où elle est.

 

 



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