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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 746. 

746. Parce que précipité a été l'accusateur de nos frères, signifie après qu'ont été séparés du Ciel et condamnés à l'enfer ceux qui avaient improuvé la vie de la foi, qui est la charité : on le voit par la signification d'avoir été précipité, quand il s'agit du dragon, en ce que c'est que ceux qui sont entendus par le dragon ont été séparés du Ciel et condamnés à l'enfer, comme ci-dessus, Nos 739, 742; par la signification de l'accusateur de nos frères, en ce que ce sont ceux qui ont improuvé la vie de la foi, qui est la charité; en effet, par l'accusateur, il est signifié celui qui improuve, qui réprimande, qui blâme, car celui qui accuse improuve, réprimande et blâme; ce même mot dans la Langue originale signifie l'adversaire et celui qui blâme; et, ce qui est étonnant, ceux qui sont des dragons, quoiqu'ils regardent comme rien la vie, accusent néanmoins les fidèles dans le Monde spirituel, s'ils remarquent quelque mal d'ignorance, car ils s'enquièrent de leur vie, afin de déshonorer et de condamner, de là ils sont appelés accusateurs ; mais par les frères, qu'ils accusent, sont entendus tous ceux qui sont dans les Cieux, puis aussi tous ceux qui dans les terres sont dans le bien de la charité; s'ils sont appelés frères, c'est parce que pour eux tous il y a un seul Père, à savoir, le Seigneur, et que ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur, et dans le bien de la charité à l'égard du prochain, sont ses fils, et aussi sont appelés fils de Dieu, fils du royaume, et héritiers, d'où il suit que, comme ils sont fils d'un même Père, ils sont aussi frères ; et même le principal commandement du Seigneur leur Père, c'est qu'ils s'aiment mutuellement, c'est donc d'après l'amour qu'ils sont frères; l'amour aussi est la conjonction spirituelle : de là il est advenu que chez les Anciens, dans les Églises dans lesquelles la charité était l'essentiel, tous étaient appelés frères; pareillement dans notre Église Chrétienne à son commencement; c'est donc de là que frère dans le sens spirituel signifie la charité. Que tous ceux qui autrefois étaient d'une même Église se soient appelés frères, et que le Seigneur nomme frères ceux qui sont dans l'amour envers Lui et dans la charité à l'égard du prochain, on peut le voir par beaucoup de passages dans la Parole; mais pour qu'il soit perçu distinctement ce que signifie le frère, cela va être illustré d'après la Parole : I. Tous ceux qui étaient de l'Eglise Israélite se sont appelés frères : on le voit par les passages suivants ; dans Ésaïe : « Alors on amènera tous vos frères, d'entre toutes les nations, en offrande à Jéhovah. » — LXVI. 20. — Dans Jérémie : « Que qui que ce soit ne ferait servir un Juif son frère. » - XXXIV. 9. — Dans Ezéchiel : « Fils de L'homme, tes frères, tes frères, les fils de ta parenté, et toute la maison d'Israël. » — XI. 15. — Dans Michée : « Jusqu'à ce que le reste, de ses frères retourne aux fils d'Israël. » — V. 2. — Dans Moïse: « Moïse sortit vers ses frères, et il vit leurs fardeaux. » — Exode, II. 11. — « Moïse dit à Jéthro son beau-père : Je retournerai vers mes frères qui (sont) en Egypte. » — Exode, IV. 18. — « Quand sera devenu pauvre ton frère. » — Lévit. XXV. 25, 35, 47. — « Quant à vos frères, les fils d'Israël, l'homme sur son frère ne dominera pas avec cruauté. » — Lévit. XXV. 46. — « Puissions-nous avoir expiré, quand expirèrent nos frères devant Jéhovah! » — Nomb. XX. 3. — « Voici, un homme des fils d'Israël vint, et amena à ses frères une Midianite. » — Nomb. XXV. 6, — « Tu ouvriras ta main à ton frère; quand te sera vendu ton frère, Hébreu ou Hébreuse, il te servira six ans. » — Deutér. XV. 11, 12. — « Si quelqu'un a volé une âme d'entre ses frères, et qu'il en ait tiré profit. » — Deutér. XXIV, 7. — « Quarante fois il le frappera, et il n'ajoutera point, de peur que vil ne devienne ton frère à tes yeux. » — Deutér. -XXV. 3 ; — et ailleurs; par ces passages on peut voir que tous les fils d'Israël entre eux se sont appelés frères; s'ils se sont ainsi appelés il y eut pour cause prochaine, qu'ils descendaient tous de Jacob, qui était leur père commun, et pour cause éloignée, que le frère signifie le bien de la charité, lequel bien, étant l'essentiel de l'Église, conjoint spirituellement tous les hommes, et qu'en outre Israël dans le sens suprême signifie le Seigneur, et que par suite les fils d'Israël signifient l'Église. II. Ils se sont dits homme et frère, puis aussi compagnon et frère, comme dans les passages suivants ; dans Ésaïe : « Obscurcie a été la terre, et est devenu le peuple comme un aliment du feu; l'homme son frère, ils n'épargneront point; l'homme la chair de son bras, ils mangeront; Ménascheh Éphraïm, et Éphraïm Ménascheh. » — IX. 18, 20;—par l'homme et son frère, il est signifié le vrai et le bien, et dans le sens opposé le faux et le mal ; c'est aussi pour cela qu'il est dit : Ménascheh mangera Éphraïm, et Éphraïm mangera Mé­nascheh; car par Ménascheh il est signifié le bien volontaire, et par Éphraïm le vrai intellectuel, l'un et l'autre de l'Église externe, et dans le sens opposé le mal et le faux ; mais ces paroles ont été expliquées ci-dessus; voir N°s 386, 440, 600,  617. Dans le Même : « Je mettrai aux prises l'Egypte avec l'Egypte, en sorte qu'ils combattent, l'homme contre son frère, et l'homme contre son compagnon, ville contre ville, et royaume contre royaume.» — XIX. 2; — ici, par l'Egypte est signifié l'homme naturel séparé de l'homme spirituel; et comme cet homme n'est dans aucune lumière du vrai, il conteste continuellement sur le bien et le mal, et sur le vrai et le faux ; cette contestation est signifiée par « je mettrai aux prises l'Egypte avec l'Egypte, en sorte qu'ils combattent, l'homme contre son frère, et l'homme contre son compagnon; » par le frère et le compagnon il est signifié le bien d'où procède le vrai, et le vrai d'après le bien, et dans le sens opposé le mal d'où procède légaux, et le faux d'après le mal; c'est aussi pour cela qu'il est dit « ville contre ville, et royaume contre royaume; » par la ville est signifiée la doctrine, et par le royaume l'Église d'après la doctrine, lesquelles pareillement doivent combattre. Dans le Même : « L'homme son compagnon ils aident, et à son frère il dit : Fortifie-toi. » — XLI. 6; — ici, par le Compagnon et le frère sont signifiées les mêmes choses que ci-dessus. Dans Jérémie ; « L'homme de son compagnon gardez-vous, et à aucun frère ne vous fiez; car tout frère supplante, et tout compagnon calomnie. » — IX. 3. — Dans le Même : « Je les disperserai, l'homme avec son frère. » — XIII. 14. — Dans le Même : « Vous direz ainsi, l'homme à son compagnon, et l'homme à son frère : Qu'a répondu Jéhovah? » -XXIII. 35. — Dans le Même : « Vous ne M'avez point obéi, pour proclamer la liberté, l'homme à son frère, et l'homme à son compagnon. » — XXXIV. 9, 17. — Dans Ezéchiel : « Épée de l'homme contre son frère il y aura. » —XXXVIII. 21. — Dans Joël : « L'homme son frère, ils ne presseront point. » — II. 8. — Dans Michée : « Tous de sangs tendent des pièges; l'homme son frère, ils chassent au filet. » —VII. 2. — Dans Zacbarie : « Exercez la bonté et la miséricorde, l'homme avec son frère. » — VII. 9. — Dans Malachie : « Pourquoi perfidement agissons-nous, l'homme contre son frère? » — II. 10. — Dans Moïse : « II y eut une obscurité épaisse dans toute la terre d'Egypte, et ils ne virent point, l'homme son frère. » — Exod. X. 22, 23. — Dans le Même : « A la fin des sept années, tout créancier relâchera sa main, quand il aura prêté quelque chose à son compagnon; et qu'il ne presse point son compagnon, ni son frère. » — Deuter. XV. 1, 2; — et ailleurs; dans le sens le plus proche, par l'homme il est entendu chacun, par le frère celui qui est de la même tribu, parce qu'il est dans la parenté, et par le compagnon celui qui est d'une autre tribu, parce qu'il est seulement dans l'affinité; mais, dans le sens spirituel, par l'homme il est signifié quiconque est dans les vrais, puis aussi quiconque est dans les faux, par le frère quiconque est dans le bien de la charité, et abstractivement ce bien lui-même, et par le compagnon quiconque est dans le vrai d'après ce bien, et abstractivement ce vrai lui-même; et dans le sens opposé le mal opposé au bien de la charité, et le faux opposé au vrai d'après ce bien : s'il est dit le frère et le compagnon, c'est parce qu'il y a deux choses qui font l'Église, à savoir, la charité et la foi, comme il y en deux qui font la vie de l'homme, la volonté et l'entendement ; par suite aussi il y a deux choses qui agissent comme une seule, par exemple, deux yeux, deux oreilles, deux narines, deux mains, deux pieds, deux lobes de poumons, deux chambres du cœur, deux hémisphères du cerveau, et ainsi du reste, dont l'une se réfère au bien d'où procède le vrai, et l'autre au vrai d'après le bien; c'est de là qu'il est dit le frère et le compagnon, et que le frère signifie le bien, et le compagnon le vrai de ce bien. III. Le Seigneur nomme frères ceux de son Église qui sont dans le bien de la charité : on le voit par ces passages dans les Évangélistes : «Jésus, étendant sa main sur ses disciples, dit: Voici ma mère et mes frères ; quiconque fera la volonté de mon Père, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. » — Matth. XII. 49, 50. Marc, III. 33, 34, 35; — par les disciples, sur lesquels le Seigneur étendit la main, sont signifiés tous ceux qui sont de son Église; par ses frères sont signifiés ceux qui sont dans le bien de la charité d'après Lui; par ses sœurs ceux qui sont dans les vrais d'après ce bien ; et par  sa mère est signifiée l'Église d'après ce bien et ces vrais. Dans Matthieu : « Jésus dit à Marie la magdaléenne et à l'autre Marie : Ne craignez point; allez, annoncez à mes-frères qu'ils s'en aillent dans la Galilée, et là ils Me verront. » — XXVIII. 10; — ici aussi, par les frères sont entendus les disciples, par lesquels sont signifiés tous ceux de l'Église qui sont dans le bien de la charité. Dans Jean : « Jésus dit à Marie : Va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père. » —XX. 17;—pareillement ici les disciples sont appelés frères, parce que par les disciples, de même que par les frères, sont signifiés tous ceux de son Église qui sont dans le bien de la charité. Dans Matthieu : « Répondant, le Roi leur dira : « Je vous dis : En tant que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, à Moi vous l'avez fait. » XXV. 40; — que ceux qui ont fait les biens de la charité soient appelés ici frères par le Seigneur, on le voit d'après ce qui précède ce passage; mais il est à remarquer que le Seigneur, quoi­qu'il soit leur Père, les nomme néanmoins frères; mais il est leur Père d'après le Divin Amour, et il est leur frère d'après le Divin qui procède de Lui ; et cela parce que tous dans les Cieux sont les réceptions du Divin qui procède de Lui; et que le Divin qui procède du Seigneur, dont ils sont les réceptions, est le Seigneur dans le Ciel, et aussi dans l'Église, et ce Divin appartient, non à l'ange ni à l'homme, mais au Seigneur chez eux; c'est pourquoi le Seigneur appelle frère le bien même de la charité chez eux, lequel est le sien, par conséquent aussi les anges et les hommes, parce qu'ils sont les sujets récipients de ce bien : en un mot, le Divin procédant, qui est le Divin du Seigneur dans les Cieux, est le Divin né du Seigneur dans le Ciel; c'est pourquoi, d'après ce Divin, les Anges qui en sont les récipients sont appelés fils de Dieu, et parce que ceux-ci, d'après ce Divin reçu chez eux, sont frères, c'est le Seigneur en eux qui est appelé frère, car c'est d'après le Seigneur et non d'après eux-mêmes que parlent les Anges, quand c'est d'après le bien de la charité; de là vient donc que le Seigneur dit « en tant que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, à Moi vous l'avez fait; » ce sont donc les biens de la charité, énumérés dans les Versets précédents, qui dans le sens spirituel sont les frères du Seigneur, et qui pour le motif précédemment donné sont appelés frères par le Seigneur : par le Roi aussi, qui les appelle ainsi, est signifié le Divin procédant qui d'un mot est appelé Divin Vrai ou Divin spirituel, lequel dans son essence est le bien de la charité. Il faut donc tenir pour certain que le Seigneur ne les a pas appelés frères par cette raison que Lui-Même a été Homme comme eux, selon l'opinion reçue dans le Monde chrétien; il suit de là qu'il n'est permis pour cela à aucun homme d'appeler le Seigneur frère, car il est Dieu aussi quant à l'Humain, et Dieu n'est point notre frère, mais il est notre Père : si le Seigneur est appelé frère dans les Églises dans les terres, c'est parce que de son Humain on n'a pas saisi d'autre idée que celle de l'Humain d'un autre homme, lorsque cependant l'Humain du Seigneur est Divin. Comme autrefois les Rois représentaient le Seigneur quant au Divin Vrai, et comme le Divin Vrai reçu par les Anges dans le Royaume spirituel du Seigneur est le même que le Divin Bien spirituel, et que le Bien spirituel est le Bien de la charité, c'est aussi pour cela que les Rois mis sur les fils d'Israël appelaient leurs sujets frères, quoiqu'il ne fût pas réciproquement permis aux sujets d'appeler frère leur Roi, à plus forte raison le Seigneur, qui est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs; par exemple, dans David : « Je dirai ton Nom à mes frères, au milieu de l'assemblée je Te louerai. » - ps. XXII. 23. — Dans le Même : « Étranger je suis devenu à mes frères, et de dehors aux fils de ma mère. » -ps, LXIX.9. —Dans le Même : « A cause de mes frères, et de mes compagnons, je proclamerai la paix en Toi. » —ps. CXXII. 8; — David a prononcé ces paroles comme de lui-même, mais néanmoins par David, là, dans le sens représentatif spirituel, il est entendu le Seigneur. Dans Moïse : « Du milieu de tes frères tu mettras sur toi un Roi; tu ne pourras pas mettre sur toi un homme étranger, qui ne soit pas ton frère : mais que ne s'élève point son cœur au-dessus de ses frères. » —Deutér. XVII 15, 20; — par les frères, du milieu desquels serait mis le Roi, sont signifiés tous ceux qui sont de l'Église, car il est dit « tu ne pourras pas mettre sur toi un homme étranger; » par un homme étranger et par l'étranger il est signifié celui qui n'est pas de l’Église. Dans le Même : « Un Prophète du milieu de toi, d'entre mes frères, comme moi, te suscitera Jéhovah ton Dieu; vous Lui obéirez. » — Deutér. XVIII. 15, 18 ; — c'est une prophétie sur le Seigneur, qui est entendu par le Prophète, que Jéhovah Dieu suscitera d'entre les frères, qui sont appelés tes frères, ainsi les frères de Moïse, en raison de ce que par Moïse dans le sens représentatif  il est entendu le Seigneur quant à la Parole, et par le Prophète celui qui enseigne la Parole, par conséquent aussi la Pa­role et la doctrine d'après la Parole; c'est de là qu'il est dit « un Prophète comme moi il te suscitera. » Que Moïse ait représenté le Seigneur quant à la Loi, ainsi quant à la Parole, on le voit dans les ARCANES CELESTES, N°s 4859, f. , 5922, 6723, 6752, 6771, 6827, 7010, 7014, 7089, 7382, 9372, 10234. IV. Sont appelés frères par le Seigneur tous ceux qui Le reconnaissent et qui sont dans le bien de la charité d'après Lui : c'est une suite de ce que le Seigneur est le Père de tous, et le Docteur de tous, et que de Lui comme Père vient tout Bien de la charité, et de Lui comme Docteur tout Vrai de ce bien; c'est pourquoi le Seigneur dit dans Matthieu : « Vous  ne soyez point appelés docteur, car un seul est votre Docteur, le Christ; mais tous, vous, frères vous êtes; et votre père n'appelez qui que ce soit sur la terre, car un seul est votre Père, Celui qui est dans les Cieux. » — XXIII. 8, 9;— d'après cela, il est bien évident que les paroles du Seigneur doivent être entendues spirituellement; car est-ce que celui qui est docteur ne peut pas être appelé docteur? et est-ce que celui qui est père ne peut pas être appelé père? mais comme par le père il est signifié le bien, et par le Père dans les Cieux le Divin Bien, et que par docteur, ou rabbi, il est signifié le vrai, et par Docteur Christ, le Divin Vrai, c'est pour cela qu'en vue du sens spirituel, dans toutes les choses de la Parole, il est dit de n'appeler père qui que ce soit sur la terre, ni personne docteur, à savoir, dans le sens spirituel, mais non dans le sens naturel ; dans le sens naturel ils peuvent être appelés docteurs et pères, mais représentativement, c'est-à-dire, que les docteurs du monde doivent enseigner le vrai, mais d'après le Seigneur et non d'après eux-mêmes, et que les pères du monde doivent être bons et conduire les enfants au bien, mais d'après le Seigneur et non d'après eux-mêmes; d'où il suit que, quoiqu'ils soient appelés docteurs et pères, cependant eux ne sont ni docteurs ni pères, mais le Seigneur» seulement; appeler et appeler par le nom quelqu'un signifie aussi, dans la Parole, reconnaître la qualité de quelqu'un : comme tous, dans le Ciel et dans l'Église, sont disciples et fils du Seigneur comme Docteur et comme Père, c'est pour cela que le Seigneur dit « tous, vous, frères vous êtes; » car tous, dans le Ciel et dans l'Église, le Seigneur les appelle fils et héritiers, d'après la consociation par l'amour procédant de Lui et par suite par l'amour mutuel qui est la charité; de là vient qu'ils ont été appelés frères par le Seigneur; ainsi doit être entendu ce qui est ordinairement dit, que tous sont frères dans le Seigneur. D'après ces considérations, on peut encore voir qui sont ceux qui sont entendus par frères par le Seigneur, à savoir, tous ceux qui Le reconnaissent et sont dans le bien de la charité d'après Lui, par conséquent qui sont de son Église. Ceux-ci aussi sont entendus par frères par le Seigneur dans les passages suivants; dans Luc : « Jésus dit à Pierre : Toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. » — XXII. 32;—par les frères, ici, ne sont pas entendus les Juifs, mais il est entendu tous ceux qui reconnaissent le Seigneur et sont dans le bien d'après la charité et la foi, ainsi tous ceux qui par Pierre recevront l'Évangile, tant les Juifs que les gentils; car par Pierre, dans la Parole des Evangélistes, il est entendu le vrai d'après le bien, par conséquent aussi la foi d'après la charité; mais là par Pierre il est entendu la foi séparée d'avec la charité, car peu auparavant il est dit de lui : « Simon, voici, satan vous a demandés pour vous cribler comme le blé, mais Moi j'ai prié pour toi, afin que ne défaille point ta foi; » et ensuite il lui est dit : « Je te dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd'hui, qu'auparavant trois fois tu n'aies renié de me connaître; » telle est aussi la foi sans la charité : mais par Pierre converti il est signifié le vrai d'après le bien qui procède du Seigneur, ou la foi d'après la charité qui procède du Seigneur; c'est pourquoi il est dit « toi donc, quand tu seras converti, affermis tes frères. » Dans Matthieu : « Pierre dit : Seigneur, combien de fois péchera contre moi mon frère, et lui pardonnerai-je?» — XVIII. 21. —Dans le Même : « De même aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez, cha­cun à son frère, du fond de vos cœurs ses fautes. » — XVIII. 35. — Dans le Même : « Si contre toi a péché ton frère, va et reprends-le entre toi et lui seul; s'il t'écoute, tu as gagné ton frère. » — XVIII. 15; — ici, par le frère, il est entendu en général le prochain, ainsi tout homme, mais en particulier celui qui est dans le bien de la charité et par suite dans la foi d'après le Seigneur, quel qu'il soit; en effet, dans ces passages, il s'agit du bien de la charité, car pardonner à quelqu'un qui pèche contre lui, cela est de la charité ; puis il est dit « s'il t'écoute, tu as gagné ton frère,» ce qui signifie s'il reconnaît ses fautes et se convertit. Dans le Même : « Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, tandis que de cette poutre qui est dans ton œil tu ne t'aperçois pas? ou comment diras-tu à ton frère : Laisse, que j'ôte la paille de ton œil, quand cependant la poutre est dans ton œil? Hypocrite! ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu aviseras à ôter la paille de l'œil de ton frère. » — VII. 3, 4,5; — ici aussi, parce qu'il s'agit de la charité, il est dit le frère, car par ôter la paille de l'œil du frère, il est signifié donner des informations sur le faux et le mal, et réformer : s'il est dit par le Seigneur « la paille de l'œil de ton frère, et la poutre dans ton œil, » c'est à cause du sens spirituel dans chacune des choses que le Seigneur a prononcées, car sans ce sens qu'est-ce que ce serait de voir une paille dans l'œil d'un autre et de ne pas s'apercevoir de la poutre dans son œil; puis, d'ôter la poutre de son œil avant d'ôter la paille de l'œil de l'autre? car par la paille il est signifié un faible faux du mal, et par la poutre un gros faux du mal, et par, l'œil il est signifié l'entendement et aussi la foi; si par la paille et par la poutre il est signifié le faux du mal, c'est parce que par le bois il est signifié le bien, et par suite par la poutre le vrai du bien, et dans le sens opposé le faux du mal, et par l'œil l'entendement et la foi, de là se manifeste clairement ce qui est signifié par voir la paille et la poutre et les ôter de l'œil; que le bois signifie le bien, et dans le sens opposé le mal, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 643, 3720, 4943, 8354, 8740; puis aussi, que l'œil signifie l'entendement et la foi, N°s 2701, 4403 à 4421, 4523 à 4534, 9051, 10569, et aussi ci-dessus, N°s 37, 152 : la poutre est nommée aussi dans quelques autres passages, et par elle est signifié le faux du mal, par exemple, — Gen. XIX. 8. II Rois, VI. 2, 5,6. Habak. II 11. Cant. I. 17. - Dans le Même : « Quiconque fait et enseigne, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des Cieux; je vous dis : Si votre justice ne surpasse celle des Scribes et des Pharisiens, vous n'entrerez point dans le Royaume des Cieux. Vous avez entendu qu'il a été dit par les anciens : Tu ne tueras point, mais celui qui tuera sera sujet au jugement; mais Moi je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère témérairement sera sujet au jugement; et celui qui aura dit à son frère : Raka, sera sujet au conseil; et celui qui lui aura dit : Fou, sera sujet à la géhenne du feu. Si tu présentes ton offrande, sur l'Autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'Autel, et va-t'en; réconcilie-toi premièrement avec ton frère, et alors viens, présente ton offrande. » — V. 19 à 24 ; — dans tout ce Chapitre, il s'agit de la vie intérieure de l'homme, laquelle appartient à son âme, par conséquent à sa volonté et par suite à sa pensée, ainsi il s'agit de la vie de la charité, qui est la vie spirituelle-morale; cette vie, les fils de Jacob ne la connaissaient nullement, et cela, parce qu'ils avaient été des hommes externes à partir de leurs pères; c'est même pour cela qu'ils étaient tenus de vivre dans le culte externe selon les statuts qui étaient les externes représentant les internes du culte et de l’Église; mais dans ce Chapitre le Seigneur enseigne que, non-seulement les intérieurs de l'Église devaient être représentés par des actes externes, mais qu'ils devaient aussi être aimés et faits d'âme et de cœur; c'est pourquoi par « quiconque fait et enseigne, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des Cieux, » il est signifié que sera sauvé celui qui d'après la vie intérieure fait et enseigne les externes de l'Église; par « si votre justice ne surpasse celle des Scri­bes et des Pharisiens, vous n'entrerez point dans le Royaume des Cieux,» il est signifié que s'il n'y a pas vie interne et par suite vie externe, le Ciel n'est pas dans l'homme, et que par suite l'homme n'est pas reçu dans le Ciel; par la justice est signifié le bien de la vie d'après le bien de la charité, et par surpasser celle des Scribes et des Pharisiens, il est signifié qu'il doit y avoir une vie interne, et non une vie externe sans la vie interne; les Scribes et les Pha­risiens étaient seulement dans les externes représentatifs et non dans les internes; la vie externe d'après la vie interne est enseignée dans le Précepte du Décalogue « tu ne tueras point ; » mais ils ignoraient que vouloir tuer un homme, c'est le tuer ; c'est pourquoi, il est d'abord dit « vous avez entendu qu'il a été dit par les anciens : Tu ne tueras point, mais celui qui tuera sera sujet au jugement; » car chez les Juifs dès le temps ancien prévalait l'opinion, qu'il leur était permis de tuer pour des injures qui leur avaient été faites, spécialement les gentils, et que pour cela on était puni ou légèrement ou grièvement selon les circonstances quant aux inimitiés, par conséquent seulement quant au corps, et non quant à l’âme; cela est entendu par il « sera sujet au jugement » par « quiconque se met en colère contre son frère témérairement sera sujet au jugement, » il est signifié que celui qui sans cause consciencieuse pense mal du prochain, et se détourne du bien de la charité, sera puni légèrement quant à l'âme; se mettre en colère signifie mal penser, car cela est distingué de dire raka et de dire fou, le frère est le prochain et aussi le bien de la charité, et soumis au jugement, c'est être recherché et puni selon les circonstances; par « celui qui aura dit à son frère : Raka, sera sujet au conseil, » il est signifié que celui qui, d'après une pensée perverse, outrage le prochain, ainsi qui méprise comme vil le bien de la charité, sera plus grièvement puni; par dire raka, il est signifié outrager le prochain d'après une pensée perverse, ainsi tenir pour vil le bien de la charité, car dire raka signifie tenir pour vide, ainsi pour vil, et le frère est le bien de la charité; par « celui qui lui aura dit : Fou, sera sujet à la géhenne du feu, » il est signifié que celui qui a de la haine contre le prochain, ainsi celui qui a absolument en aversion le bien de la charité, est condamné à l'enfer; dire fou, c'est avoir absolument en aversion, le frère est le bien de la charité, et la géhenne du feu est l'enfer, où sont ceux qui ont de la haine contre ce bien, et par suite contre le prochain : trois degrés de haine sont décrits par ces trois choses; le premier appartient à la pensée perverse, c'est se mettre en colère; le second à l'intention perverse qui en résulte, c'est dire raka; et le troisième à la volonté perverse, c'est dire fou; tous ces degrés sont les degrés de la haine contre le bien de la charité, car la haine est opposée au bien de la charité ; et les trois degrés de punition sont signifiés par le jugement, le conseil et la géhenne du feu; les punitions pour les maux légers sont signifiées par le jugement; les punitions pour les maux plus graves, par le conseil; et les punitions pour les maux très-graves, par la géhenne du feu. Comme le Ciel tout entier est dans le bien de la charité à l'égard du prochain, et l'enfer tout entier dans la colère, l'inimitié et la haine contre le prochain, et que par suite ces choses sont opposées à ce bien, et comme le culte du Seigneur est le culte d'après le Ciel, culte qui est interne, et qu'il n'y a point de culte si quelque chose du culte vient de l'enfer, et cependant de l'enfer vient le culte externe sans le culte interne, c'est pour cela qu'il est dit « si tu présentes ton offrande sur l'Autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, va-t'en; réconcilie-toi premièrement avec ton frère, et alors viens, présente ton offrande; » par l'offrande sur l'autel, il est signifié le culte du Seigneur d'après l'amour et la charité; par le frère, il est entendu le prochain, et abstractivement il est signifié le bien de la charité; par avoir quelque chose contre toi, il est signifié la colère, l'inimitié ou la haine; et par se réconcilier, il est signifié leur dissipation, et par suite la conjonction par l'amour. D'après ces explications, on peut voir que par le frère, il est entendu par le Seigneur la même chose que par le prochain, et par le prochain, dans le sens spirituel, il est signifié le bien dans tout le complexe, et le bien dans tout le complexe est le bien de la charité. La même chose est entendue dans le sens spirituel par le frère dans l'Ancien Testament en beaucoup d'endroits, par exemple, dans Moïse : « Tu ne haïras point ton frère en ton cœur. » — Lévit. XIX. 17. -Dans David : « Voici, qu'il est bon et qu'il est agréable d'habiter, les frères, ensemble! » — ps. CXXXIII. 1.—Dans ce sens aussi « Loth appela frères les habitants de Sodome, » — Gen. XIX. 7,—et cela aussi est entendu par l'alliance de frères entre les fils d'Israël et Édom, » — Amos, I. 9; — et par « la fraternité entre Jehudah et Israël, »— Zach. XI. 14 ; — car par les fils d'Israël et Édom, et par Jehudah et Israël, dans le sens spirituel, ce ne sont pas eux qui sont entendus, mais ce sont les biens et les vrais du Ciel et de l'Église, qui tous ont été conjoints entre eux.



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