| Apocalypse Expliquée 741. 741. Qui séduit tout le globe, signifie qui pervertissent toutes les choses de l'Eglise : on le voit par la signification de tout le globe, en ce que c'est toutes les choses de l'Église, ainsi qu'il va être montré ; et comme toutes les choses de l'Église sont signifiées par tout le globe, par le séduire il est signifié les pervertir; car toutes les choses de l'Église sont perverties, quand le bien de la charité, qui est le bien de la vie, est séparé de la foi et éloigné comme ne contribuant en rien au salut et ne faisant rien pour le salut, par là sont falsifiées toutes les choses de la Parole, et par suite toutes celles de l'Église; en effet, il est dit par le Seigneur que la Loi et les Prophètes dépendent de deux commandements, qui sont : Aimer Dieu par dessus toutes choses, et aimer le prochain comme soi-même; ces deux commandements signifient vivre et faire selon les préceptes de la Parole; car aimer, c'est vouloir et faire, puisque ce que l'homme aime intérieurement il le veut, et ce qu'il veut il le fait; par la Loi et les Prophètes sont signifiées toutes les choses de la Parole. Il y a deux principes du mal et du faux, dans lesquels tombe successivement l'Église, à savoir, dans domination sur toutes les choses de l'Église et du Ciel, domination qui est entendue dans la Parole par Babel ou la Babylonie, dans ce principe tombe l'Église d'après le mal; l'autre principe est la séparation de la foi d'avec la charité, séparation par laquelle périt tout bien de la vie, ce principe est entendu dans la Parole par la Philisthée, et est signifié par le bouc dans Daniel, et par le dragon dans l'Apocalypse dans ce principe tombe l'Église d'après le faux. Mais comme dans ce Chapitre il s'agit du dragon, par lequel est principalement signifiée la religion de la foi séparée d'avec la Charité, je vais rapporter quelques passages, au moyen desquels les défenseurs de la foi séparée séduisent le globe : Ils séduisent principalement en ce qu'ils enseignent que personne ne pouvant faire par soi-même le bien qui en soi est le bien sans y placer le mérite, les bonnes œuvres ne peuvent contribuer en rien au salut, mais que néanmoins il faut faire de bonnes œuvres pour les usages de la chose publique, et que ce sont ces bonnes œuvres qui sont entendues dans la Parole, et par suite dans les prédications et dans quelques prières de l'Église ; mais combien ils se trompent, c’est ce qui sera dit maintenant : L'homme fait le bien, non par lui-même mais d'après le Seigneur, quand il fait le bien d'après la Parole, c'est-à-dire, parce qu'il a été commandé par le Seigneur dans la Parole, car le Seigneur est la Parole, Jean, I. 1, 14,—et le Seigneur est dans les choses qui d'après la Parole sont chez l'homme, comme le Seigneur l'enseigne aussi dans Jean : « Celui qui garde ma Parole, vers lui je viendrai, et demeure chez lui je ferai.» — XIV. 23;—de là vient que le Seigneur commande si souvent de faire ses paroles et ses préceptes, et dit que ceux qui les feront auront la vie éternelle; puis aussi, que chacun sera jugé selon ses œuvres; il s'ensuit donc que ceux qui font le bien d'après la Parole font le bien d'après le Seigneur, et le bien d'après le Seigneur est véritablement le bien, et autant il vient du Seigneur, autant en lui il n'y a point le mérite. Que le bien d’après la Parole, ainsi d'après le Seigneur, soit véritablement le bien, on le voit même par ces paroles dans l'Apocalypse : « Je me tiens à la porte, et je heurte ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, et je souperai avec lui et lui avec Moi. » —III. 20 ; — de là, il est évident que le Seigneur est perpétuellement et continuellement présent; et donne l'effort de faire le bien, mais que l'homme doit ouvrir la porte, c'est-à-dire, recevoir le Seigneur, et il Le reçoit alors qu'il fait le bien d'après sa Parole : quoiqu'il semble à l'homme que cela soit fait comme par lui-même, toujours est-il, cependant, que cela appartient, non à l'homme, mais au Seigneur chez l'homme : s'il semble ainsi à l'homme, c'est parce qu'il ne sent pas autrement, sinon qu'il pense d’après lui-même et fait d'après lui-même, lorsque cependant quand il pense et fait d'après la Parole, c'est comme par lui-même, c'est pourquoi aussi il croit alors que c'est d'après le Seigneur. D'après ces considérations, on peut voir que le bien que l'homme fait d'après la Parole est le bien spirituel, et que ce bien conjoint l'homme au Seigneur et au Ciel; mais le bien que l'homme fait pour le monde et pour les sociétés dans le monde, bien qui est appelé bien civil et bien moral, le conjoint au monde et non au Ciel : et en outre la conjonction du vrai de la foi est avec le bien spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du prochain; et cela, parce que la foi en elle-même est spirituelle, et que le spirituel ne peut être conjoint avec un autre bien que celui qui est également spirituel; mais le bien civil et moral, séparé du bien spirituel, n'est pas le bien en lui-même, parce qu'il vient de l'homme, et même autant il y a de l'homme et du monde de caché en lui, autant il est le mal; c'est pourquoi ce bien ne peut être conjoint avec la foi, et même s'il était conjoint, il dissiperait la foi: Si séduire tout le globe signifie pervertir toutes les choses de l'Église, c'est parce que par le globe en général est signifiée l'Église quant à tout ce qui lui appartient, tant les biens que les vrais, mais en particulier il est signifié l'Église quant au bien, et cela est signifié par le globe, quand aussi il est dit la terre; que par la terre dans la Parole il soit signifié l'Église, cela a été montré ci-dessus, Nos 304, 697; mais quand en même temps il est dit le globe, par la terre il est signifié l'Église quant au vrai : en effet, il y’a deux choses qui constituent l'Église, à savoir, le vrai et le bien, ces deux choses sont signifiées par la terre et par le globe dans les passages suivants; dans Ésaïe : « De mon âme je T'ai désiré dans lu nuit, même de mon esprit au milieu de moi je T'ai attendu le matin; car lorsque tes jugements à la terre tu enseignes, ta justice ils apprennent, les habitants du globe. » — XXVI. 9 ; — par la nuit est signifié l'état quand il n'y a point la lumière du vrai, et par le matin est signifié l'état quand il y a la lumière du vrai; cet état-ci existe d'après l'amour, mais l'autre quand il n'y a pas encore l'amour; c'est pourquoi par l'âme, avec laquelle il désirait Jéhovah la nuit, il est signifié la vie qui n'est pas encore dans la lumière du vrai, et par l'esprit au milieu de lui, avec lequel il attendait Jéhovah le matin, il est signifié la vie qui est dans la lumière du vrai; de là suivent ces paroles, « car lors que tes jugements à la terre tu enseignas, la justice ils apprennent, les habitants du globe, » par lesquelles il est signifié que l'Église est par le Seigneur dans les vrais, et par les vrais dans le bien ; la terre signifie l'Église quant aux vrais, et le globe l'Église quant au bien, car le jugement dans la Parole se dit du vrai, et la justice se dit du bien, et aussi les habitants signifient les hommes de l'Eglise qui sont dans les biens de la doctrine et par suite dans les biens de la vie; que le jugement dans la Parole se dise du vrai, et que la justice se dise du bien, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 2235, 9857; et qu'habiter signifie vivre, et que les habitants signifient ceux qui sont dans le bien de la doctrine et par suite dans le bien de la vie, on le voit ci-dessus, Nos 133, 479, 662. Dans les Lamentations : « Ils n'ont point cru, les rois de la terre, tous les habitants du globe, que viendraient l'adversaire et l'ennemi dans les portes de Jérusalem, » — IV. 12 ; — par les rois de la terre sont signifiés les hommes de l'Église qui sont dans les vrais, et par les habitants du globe les hommes de l'Église qui sont dans le bien; que les rois signifient ceux qui sont dans les vrais, on le voit ci-dessus, Nos 31, 408, 625; et que les habitants signifient ceux qui sont dans le bien, on vient de le voir; de là, il est évident que la terre signifie l'Église quant aux vrais, et le globe l'Église quant au bien; et comme par les faux et les maux ont été détruites toutes les choses de la doctrine de l'Église, il est dit qu'ils n'ont point cru que l'adversaire et l'ennemi viendraient dans les portes de Jérusalem, l'adversaire signifie les faux qui ont détruit les vrais de l'Église, lesquels sont entendus par les rois de la terre, et l'ennemi signifie les maux qui ont
détruit les biens de l'Église, lesquels sont entendus par les habitants du globe; Jérusalem est l'Église quant à la doctrine. Dans David : « Qu'ils craignent Jéhovah, toute la terre! que de Lui aient crainte, tous les habitants du globe! » —Ps.XXXIII 8 ; — ici aussi, par la terre, il est signifié ceux qui sont dans les vrais de l'Église, et par les habitants du globe ceux qui sont dans les biens de l'Église. Dans le Même : « A Jéhovah la terre et sa plénitude, le globe et ceux qui y habitent; Lui, sur les mers l'a fondé, et sur les fleuves l'a établi. » — ps. XXIV. 1, 2;- par la terre, encore ici, est signifiée l'Église quant au vrai, sa plénitude signifie tous les vrais dans le complexe; et par le globe est signifiée l'Église quant au bien, les habitants signifient les biens dans le complexe; ce qui est signifié par le fonder sur les mers et l'établir sur les fleuves, on le voit ci-dessus, Nos 275, 518. Dans Ésaïe : « Nous avons conçu, nous avons été en travail, nous avons quasi enfanté du vent; de saints nous n'avons pas fait pour la terre, et ils sont tombés, les habitants du globe. » —XXVI, 18; ici aussi la terre, c'est l'Église quant aux vrais, et le globe l'Église quant aux biens; le reste a été expliqué ci-dessus, N° 721. Dans le Même : « Approchez, nations, pour entendre; et (vous), peuples, écoutez; qu'ils entendent, la terre et sa plénitude, le globe et tous ses enfants! » — XXXIV. 1; —que par les nations il soit entendu ceux qui sont dans les biens, et par les peuples ceux qui sont dans les vrais, on le voit ci-dessus, Nos 175, 331, 625; c'est aussi pourquoi il est dit « qu'ils entendent, la terre et sa plénitude, le globe et tous ses enfants! » car par la terre et sa plénitude il est signifié l'Église quant à tous les vrais, et par le globe et tous ses enfants l'Église quant à tous les biens. Dans le Même : « (Vous) tous, habitants du globe, et (vous) qui demeurez en la terre, quand sera élevé l'étendard des montagnes, regardez; et quand sonnera la trompette, écoutez. »- XVIII. 3 ; — par les habitants du globe et ceux qui demeurent en la terre, il est signifié tous ceux qui, dans l'Église, sont dans les biens et dans les vrais, comme ci-dessus; l'avènement du Seigneur est signifié par « quand sera élevé l'étendard des montagnes, regardez, et quand sonnera la trompette, écoutez ; » l'étendard sur les montagnes signifie la convocation à l'Église, pareillement la trompette dont on sonnait. Dans David : « Devant Jéhovah, parce qu'il vient, parce qu'il vient pour juger la terre; il jugera le globe en justice et les peuples en sa vérité. »— ps. XCVI. 13. ps. XCVIII. 9 ; — ces choses concernent l'avènement du Seigneur, et le Jugement dernier alors; comme par le globe il est signifié ceux de l'Église qui sont dans le bien, et par les peuples ceux qui sont dans les vrais, c'est pour cela qu'il est dit qu'il jugera le globe en justice, et les peuples en sa vérité; la justice, de même que le globe, se dit du bien. Dans le Même : « Avant que les montagnes fussent nées, et qu'ait été formée la terre, et le globe d'éternité et jusqu'à éternité, Toi, (tu es) Dieu. » — ps. XC. 2; — par les montagnes sont signifiés ceux qui habitent sur des montagnes dans les Cieux, ce sont ceux qui sont dans le bien céleste, mais par la terre et le globe est signifiée l'Église composée de ceux qui sont dans les vrais et dans les biens. Dans le Même : « Jéhovah règne, de majesté il est revêtu; Jéhovah s'est revêtu de force, il s'en est ceint; aussi stable sera rendu le globe, et il ne sera point ébranlé; affermi a été ton trône dès lors; de toute éternité, Toi. » — ps. XCIII. 1, 2; — ces choses concernent le Seigneur qui devait venir dans le Monde ; et comme il a eu la gloire et le pouvoir d'après l'Humain qu'il a uni à son Divin, il est dit qu'il est revêtu de majesté et de force, et qu'il s'en est ceint; en effet, le Seigneur a pris l'Humain pour avoir le pouvoir de subjuguer les enfers; l'Église, qu'il devait instaurer et défendre à éternité, est signifiée par le globe qui sera rendu stable et ne sera pas ébranlé, et par son trône qui sera affermi ; car par le globe il est signifié le Ciel et l'Église quant à la réception du Divin Bien, et par le trône le Ciel et l'Église quant à la réception du Divin Vrai. Dans le Même : « Dites parmi les nations : Jéhovah règne; aussi le globe sera affermi et ne sera point ébranlé; il jugera les peuples avec droiture, dans l'allégresse seront les Cieux, et dans la joie sera la terre. » —ps. XCVI. 10, 11; — ces choses aussi sont dites du Seigneur qui devait venir, et de l'Église qu'il devait instaurer et défendre à éternité; l'Église est signifiée par le globe qui sera affermi et ne sera point ébranlé, comme ci-dessus; et comme, par le globe est signifiée l'Église quant au bien, c'est pour cela qu'il est aussi dit des peuples, qu'il les jugera avec droiture, car par les peuples il est signifié ceux qui sont dans les vrais de l'Église, de même que par la terre; c'est pourquoi il est dit les peuples de la terre et les habitants du globe, et la droiture signifie les vrais; la joie de ceux qui sont dans l'Église dans les Cieux et dans l'Église dans les terres, est signifiée par « dans l'allégresse seront les Cieux, et dans la joie sera la terre. » Dans le Même : « Jéhovah jugera le globe avec justice, il jugera les peuples avec droiture. » — ps. IX. 9; — comme par le globe il est entendu l'Église quant au bien, et que la justice se dit du bien, c'est pour cela qu'il est dit que Jéhovah jugera le globe avec justice; et comme sont appelés peuples ceux qui sont dans les vrais, et que la droiture ce sont les vrais, comme ci-dessus, c'est pour cela qu'il est dit qu'il jugera les peuples avec droiture. Dans Jérémie : « Jéhovah fait la terre par sa vertu, et dispose le globe par sa sagesse, et par son intelligence il étend les Cieux. » — X. 12. LI. 15; — « Jéhovah fait la terre par sa vertu, » signifie que le Seigneur établit l'Église par la puissance du Divin Vrai; « il dispose le globe par sa sagesse, » signifie que d'après le Divin Bien par le Divin Vrai il forme l'Eglise qui est dans le bien; « par son intelligence il étend les Cieux, » signifie qu'ainsi il agrandit les Cieux. Dans David : « A Toi les Cieux, et à Toi la terre; le globe et sa plénitude, Toi, tu les as fondés.» — Ps.LXXXlX.12;—par les Cieux et la terre, il est signifié l'Église dans les Cieux et l'Église dans les terres, l'une et l'autre quant aux vrais; et par le globe et sa plénitude, il est signifié l'Église dans les Cieux et l'Église dans les terres, de part et d'autre quant aux biens ; la plénitude, ce sont les biens et les vrais dans tout le complexe. Dans le Même : « Si j'avais faim, je ne te le dirais pas, car à Moi le globe et sa plénitude.»— ps. L. 12;—ces choses ont été dites des sacrifices, en ce que le Seigneur ne s'en délecte pas, mais prend son plaisir dans la confession et dans les œuvres, car il est dit à la suite : « Mangerai-je la chair des robustes, ou le sang des boucs boirai-je? Sacrifie à Dieu la confession, et rends au Très-Haut tes vœux, » (Vers. 13,14;) c'est pourquoi par « si j'avais faim, » il est signifié si je désirais des sacrifices ; mais comme le Seigneur veut un culte d'après les biens et les vrais, il est dit « car à Moi le globe et sa plénitude; » la plénitude signifie les biens et les vrais dans tout le complexe, comme ci-dessus; cela, il est vrai, est dit des bêtes qui devaient être sacrifiées, mais par elles, dans le sens spirituel, sont signifiés les divers genres du bien et du vrai. Dans Matthieu : « Cette bonne nouvelle du Royaume sera prêchée dans tout le globe, en témoignage à toutes les nations; et alors viendra la fin. », XXIV. 14 ; — comme par le globe, est signifiée l'Église quant au bien, c'est pour cela qu'il est dit que cette bonne nouvelle sera prêchée à toutes les nations, car par les nations qui devaient entendre et recevoir sont signifiés tous ceux qui sont dans le bien; puis aussi, par les nations sont signifiés tous ceux qui sont dans les maux, et qui aussi entendraient ; mais alors par le globe est signifiée toute l'Église déjà depuis longtemps dans les maux ; par suite aussi il est dit « alors viendra la fin. » Dans le Livre I de Samuel : « Jéhovah élève de la poussière le chétif, du fumier il relève l'indigent, pour les faire asseoir avec les principaux, et un trône de gloire il leur fera hériter, car à Jéhovah les bases de la terre, et il a disposé sur elles le globe. » — II. 8; — c'est le prophétique de Channah, mère de Samuel, et par élever de la poussière le chétif, et du fumier l'indigent, il est signifié l'instruction des nations, et l'illustration dans les vrais intérieurs qui seraient révélés par le Seigneur, par conséquent aussi l'éloignement des maux et des faux ; par les bases de la terre sont signifiés les vrais extérieurs, tels que sont les vrais du sens de la lettre de la Parole, car sur eux sont fondés les vrais intérieurs ; c'est pourquoi par le globe, qu'il a disposé sur elles, il est signifié l'Église quant à tous ses biens et à tous ses vrais; mais sur ce sujet, voir ci-dessus, Nos 253, 304. Dans Ésaïe : « A ceux qui viendront fera prendre racine Jacob; il s'épanouira et fleurira, Israël, en sorte que soient remplies les faces du globe de produit. » — XXVII. 6 ; — par Jacob, il est entendu l'Église externe, et par Israël l'Église interne; et comme l'interne de l'Église est fondé sur les externes, et que les internes par suite sont multipliés et sont fructifies, il est dit que Jacob fera prendre racine à ceux qui viendront, et qu'Israël s'épanouira et fleurira ; la fructification de l'Eglise par suite est signifiée par « en sorte que soient remplies les faces du globe de produit. » Dans le Même : « Est-ce là cet homme qui ébranlait la terre, qui faisait trembler les royaumes, qui a réduit le globe en désert, et en a détruit les villes? Préparez pour ses fils la tuerie à cause de l'iniquité de leur pères; que point ils ne se relèvent, et ne possèdent la terre, et que soient remplies les faces du globe de villes. » — XIV. 16, 17, 21 ;— ces choses ont été dite de Lucifer, par qui il est entendu Babel, c'est-à-dire, l'amour de dominer sur le Ciel et sur la terre ; c'est pourquoi, par ébranler la terre, faire trembler les royaumes, réduire le globe en désert, et en détruire les villes, il est signifié détruire toutes les choses de l'Église; la terre est l'Eglise quant au vrai, les royaumes sont les Églises distinguées selon les vrais, le globe est l'Église quant au bien, et les villes sont les doctrinaux ; par préparer pour les fils la tuerie à cause de l'iniquité de leurs pères, il est signifié la destruction des faux qui ont leur origine dans leurs maux; « que point ils ne possèdent la terre, et que soient remplies les faces du globe de villes, » signifie que les faux et les maux, et les doctrinaux qui en proviennent, ne s'emparent pas de toute l'Église. Dans le Même : « Elle sera dans le deuil, et elle sera confondue, la terre; il languira, et il sera confondu, le globe; ils languiront, la hauteur du peuple de la terre, et la terre elle-même sera profanée sous ses habitants. » — XXIV. 4, 5; — la désolation de l'Église quant à ses vrais et à ses biens, à cause du faste de la propre intelligence, et la profanation des vérités qui proviennent du bien, sont ainsi décrites; la désolation est décrite par être dans le deuil, être confondu et languir; l'Église quant aux vrais et quant aux biens est signifiée par la terre et par le globe; le faste de la propre intelligence, par la hauteur du peuple de la terre; et la profanation des vérités qui proviennent du bien, par « la terre sera profanée sous ses habitants. » Dans Nahum : « Les montagnes trembleront devant Lui, et les collines se fondront ; brûlée sera la terre devant Lui, et le globe et tous ceux qui y habitent, » — I. 5 ; — ce qui est signifié par les montagnes qui trembleront, et par les collines qui se fondront, on le voit ci-dessus, Nos 400, 405 ; par la terre, et par le globe et ceux qui y habitent, qui seront brûlés, il est signifié que l'Église quant à tous ses vrais et à tous ses biens périra par l'amour infernal. Dans David : « Alors apparurent les lits des eaux, et furent découverts les fondements du globe, à cause de ta menace, Jéhovah; à cause du souffle de l'esprit de ton nez. » — ps. XVIII. 16. II Sam. XXII. 16; — par « alors apparurent les lits des eaux, et furent découverts les fondements du globe, » il est signifié que toutes les choses de l'Église quant à ses vrais et quant à ses biens ont été entièrement renversées; les lits des eaux sont ses vrais, et les fondements du globe sont ses biens apparaître et être découvert signifie être entièrement renversé ; par « à cause de ta menace, Jéhovah, à cause du souffle de l'esprit de ton nez, » il est signifié que cette destruction vient de la haine et de la fureur des méchants contre les Divins; par la menace et l'esprit du nez de Jéhovah, il est signifié la même chose que par sa colère et son emportement, ailleurs, dans la Parole; mais comme le Seigneur n'a aucune colère ni aucun emportement comme les méchants, mais que les méchants en ont contre le Seigneur, et qu'il leur semble que le Seigneur en a contre eux quand ils périssent, c'est pour cela qu'il est dit ainsi selon l'apparence; par le souffle de l'esprit du nez de Jéhovah il est aussi, entendu le vent oriental qui détruit en desséchant, et qui renverse en pénétrant. Dans le Même : « La voix de ton tonnerre sur le globe ; des éclairs ont illuminé le globe; elle a été ébranlée, et elle a tremblé, la terre. » — ps. LXXVII. 19. — « Ses éclairs illumineront le globe; elle verra, et elle tremblera, la terre; les montagnes comme la cire se fondront devant Jéhovah, devant le Seigneur de toute la ferre. » — ps. XCVII. 4, 5; — par, ces paroles est décrit l'état des impies à la présence du Seigneur dans son Divin Vrai, état qui est semblable à celui des fils l'd'Israël, quand le Seigneur leur apparut sur la Montagne de Sinaï ; qu'alors ils aient entendu des tonnerres, vu des éclairs, que la montagne leur ait apparu dans un feu qui consumait comme celui d'une fournaise, et qu'ils aient tremblé, on le sait d'après la Parole, et cela parce que de cœur ils étaient méchants, car le Seigneur apparaît à chacun selon la qualité de chacun, aux bons comme un feu réjouissant, et aux méchants comme un feu consumant; d'après cela, on voit clairement ce qui est signifié par « la voix de ton tonnerre sur le globe; des éclairs ont illuminé le globe; elle a été ébranlée, et elle a tremblé, la terre, » et par « les montagnes se fondront devant Jéhovah le Seigneur de toute la terre; » par le globe sont entendus, tous ceux de l'Église qui sont dans les biens, là tous ceux qui sont dans les maux, et par la terre tous ceux de l'Église qui sont dans les vrais, là tous ceux qui sont dans les faux. Dans Ésaïe : « Je visiterai sur le globe la malice, et sur les impies leur iniquité. » —XIII. 11; — ici aussi, par le globe sont entendus ceux de l'Église qui sont dans les maux, et par les impies ceux qui sont dans les faux ; c'est pourquoi il est dit « je visiterai sur le globe la malice, et sur les impies leur iniquité; » la malice est le mal, et l'iniquité se dit des faux. Dans Job : « On le chassera de la lumière dans les ténèbres, et du globe on l'exterminera. » — XVIII. 18; — comme par la lumière il est signifié le vrai, et par le globe le bien de l'Église, et que l'impie, quand il se jette du vrai dans le faux, se jette aussi du bien dans le mal, c'est pour cela qu'il est dit « on le chassera de la lumière dans les ténèbres, et du globe on l'exterminera; » les ténèbres sont les faux, et exterminer du globe, c'est chasser hors du bien de l'Église. Dans Luc : « Des hommes expirant de crainte et d'attente des choses qui arriveront sur le globe, car les puissances des Cieux seront ébranlées; et alors on verra le Fils de l'homme venant dans une nuée des Cieux avec puissance et beaucoup de gloire. » — XXI. 26, 27; — ces choses ont été dites de la consommation du siècle, qui est le dernier temps de l'Église, quand il n'y a plus aucun vrai, parce qu'il n'y a pas le bien ; l'état du Ciel alors est décrit par ces paroles, à savoir, que des hommes expireront de crainte et d'attente des choses qui arriveront sur le globe; par elles est décrite la crainte de ceux qui sont dans les Cieux, de ce que doit périr le tout de l'Église quant à son bien et par suite quant à ses vrais, et est décrite aussi l'attente du secours de la part du Seigneur; par l'ébranlement des puissances des Cieux, il est signifié que la puissance du Divin Vrai a été ébranlée; les puissances des Cieux sont les Divins Vrais quant à la puissance; par « alors on verra le Fils de l'homme venant dans une nuée des Cieux avec puissance et beaucoup de gloire, » il est signifié qu'alors le Seigneur doit manifester le Divin Vrai, qui aura la puissance, et d'où procédera l'intelligence. Des choses semblables sont signifiées par la terre et par le globe dans les passages suivants, dans l'Apocalypse : « Ce sont des esprits de démons, qui font des signes pour s'en aller vers les rois de la terre et de tout le globe, afin de les assembler pour la guerre, » XVI. 14 ; — il est dit vers les rois de la terre et de tout le globe, parce que autre chose de l'Église est signifiée par la terre, et autre chose par le globe. Comme par le globe il est signifié l'Église quant au bien, c'est pour cela que par lui sont signifiées toutes les choses de l'Église, car l'essentiel de l'Église est le bien; c'est pourquoi où est le bien, là aussi est le vrai, car tout bien désire le vrai, et veut être conjoint au vrai, et en être spirituellement nourri, par conséquent aussi réciproquement.
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