| Apocalypse Expliquée 653. 653. Qui est appelée spirituellement Sodome et Egypte, signifie par les maux de l'amour de soi et par les faux qui en proviennent : on le voit par la signification de Sodome, en ce que c'est l'amour de soi et par suite les maux de tout genre, ainsi qu'il va être montré ; et par la signification de l'Egypte, en ce que c'est l'homme naturel séparé de l'homme spirituel, et par suite le faux du mal de tout genre, comme il va aussi être montré : que par Sodome et Egypte il soit entendu Jérusalem, par conséquent l'Église, dans laquelle les biens qui appartiennent à l'amour ont été adultérés, et les vrais qui appartiennent à la doctrine ont été falsifiés, cela est évident, car il est dit ensuite « où aussi, notre Seigneur a été crucifié; » en effet, ce sont les maux de l'amour de soi et les faux de la doctrine qui crucifient le Seigneur; c'est pourquoi, il a été crucifié par les Juifs parce que ceux ci étaient dans ces maux et dans ces faux ; mais il sera question de ce sujet dans ce qui suit : ici, il sera d'abord montré que, dans la Parole, par Sodome il est signifié l'amour de soi et par suite tout mal; car les maux de tout genre jaillissent de l'amour de soi ; en effet, celui qui s'aime seul aime son propre, et par suite il plonge dans le propre toutes les choses de sa volonté et de son entendement, au point qu'il ne peut être élevé du propre vers le Ciel ni vers le Seigneur; c'est de là qu'il ne voit rien d'après la lumière du Ciel, mais qu'il voit seulement d'après la lumière du monde, lumière qui, séparée de la lumière du Ciel, n'est qu'obscurité profonde dans les spirituels qui appartiennent au Ciel et à l'Église; c'est aussi pour cela que plus l'homme s'aime lui-même, plus il méprise les spirituels et les nie même; de là aussi, le mental interne spirituel, par lequel l'homme est dans la lumière du Ciel, est fermé, d'où il résulte que l'homme devient entièrement naturel, et l'homme entièrement naturel favorise les maux de tout genre, car les maux dans lesquels l'homme naît résident dans l'homme naturel ; ils n'en s'ont éloignés qu'autant que son mental intérieur, qui reçoit la lumière du Ciel, est ouvert; le propre de l'homme réside aussi dans l'homme naturel, et le propre de l'homme n'est absolument que mal. Que Sodome donc signifie l'amour de soi et par suite les maux de tout genre, on peut le voir dans la Parole par les passages où Sodome est nommée ; par exemple, dans les suivants ; dans Ézéchiel : « Ta sœur aînée Samarie, elle et ses filles, habitant à ta gauche; et ta sœur plus jeune que toi, habitant à ta droite, Sodome et ses filles; lu t'es corrompue plus qu'elles dans tous tes chemins : elle n'a point fait, Sodome ta sœur, elle et ses filles, comme tu as fait, toi et tes filles : voici, ce fut là l'iniquité de Sodome : Orgueil, satiété de pain et tranquillité de repos étaient à elle et à ses filles, et la main du malheureux et de l'indigent elle n'a point soutenu; de là elles se sont enorgueillies, et elles ont fait l'abomination devant Moi. »—XVI. 46, 47, 48, 49, 50; — là, il s'agit des abominations de Jérusalem, qui ont principalement consisté, en ce qu'ils adultéraient les biens et les vrais de la Parole et de l'Église; par Samarie, où étaient les Israélites, est signifiée l'Église spirituelle, dans laquelle le bien spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du prochain, est l'essentiel ; mais par Jérusalem, où étaient les Juifs, est signifiée l'Église céleste, dans laquelle le bien céleste, qui est le bien de l'amour envers le Seigneur, est l'essentiel; en effet, il y a deux Royaumes, en lesquels a été distingué le Ciel, et par suite l'Église, le Royaume spirituel et le Royaume céleste; sur ces royaumes, voir le Traité du ciel et de l'enfer, Nos 20 à 28; ces Royaumes ont été représentés par les Israélites, dont la métropole était Samarie, et par les Juifs, dont la métropole était Jérusalem; au bien spirituel, qui est le bien de .la charité à l'égard du prochain, est opposé le mal infernal, qui est le mal de l'amour du monde; et au bien céleste est opposé le mal diabolique, qui est le mal de l'amour de soi; de l'amour de soi jaillissent des maux de tous genres, et bien plus mauvais que ceux qui jaillissent de l'amour du monde; voir la nouvelle Jérusalem, Nos 65 à 83 ; c'est de là qu'il est rapporté sur Jérusalem des choses plus atroces et plus abominables que sur Samarie, et c'est de là que Jérusalem est non-seulement appelée Sodome, mais qu'en outre il est dit qu'elle a fait pire que Sodome, car il est dit « Sodome n'a point fait comme tu as fait, toi et tes filles; » que le mal' de l'amour de soi ait été le mal de Sodome, cela est décrit ainsi : « Ce fut là l'iniquité de Sodome : Orgueil, satiété de pain et tranquillité de repos, et la main du malheureux et de l'indigent elle n'a point soutenu; »par orgueil, il est entendu l'amour de soi; par satiété de pain, le mépris de tout bien et de tout vrai du Ciel et de l'Église, et le dégoût pour eux ; par tranquillité de repos, la sécurité et nulle anxiété pour aucun mal; et par le non-soutien de la main du malheureux et de l'indigent, il est signifié sans pitié; comme l'amour de soi était l'amour de Sodome, voilà pourquoi il est dit que « ses filles se sont enorgueillies, et ont fait l'abomination devant Jéhovah ; » par les filles, qui se sont enorgueillies, sont signifiées les cupidités qui appartiennent à cet amour, et par l'abomination devant Jéhovah est signifié tout mal contre le Divin lui-même. Comme par les Chaldéens il est signifié la profanation et l'adultération du vrai de la doctrine d'après la Parole, et par les habitants de Babel la profanation et l'adultération du bien de l'amour, c'est pour cela que leur destruction est comparée à la destruction de Sodome et de Gomorrhe, dans Jérémie : « Épée ! contre les Chaldéens, et contre les habitants de Babel, comme la subversion de Dieu, Sodome et Gomorrhe, et leurs voisines; il n'y habitera point d'homme, et il n'y- demeurera point de fils de l'homme. » — L. 35, 40. — Et dans Ésaïe : « Ainsi sera Babel, ornement des royaumes, honneur de la magnificence des Chaldéens, comme la subversion de Dieu, Sodome et Gomorrhe. »—XIII. 19;—par Sodome est signifié le mal de l'amour de soi, et par Gomorrhe le faux de cet amour; et comme l'amour de soi ne reconnaît aucun vrai de l'Église, il est dit « il n'y habitera point d'homme, et il n'y demeurera point de fils de l'homme ; » par l'homme il est signifié l'intelligence, et par le fils de l'homme le vrai de l'Église. Comme par Édom est signifié l'homme naturel qui est dans les faux d'après l'amour de soi, et qui par suite adultère les biens de l'Église, c'est aussi pour cela que sa vastation est comparée à la subversion de Sodome et de Gomorrhe, dans Jérémie : « Edom sera en désolation, comme la subversion de Sodome et de Gomorrhe; il n'y habitera point d'homme, et il n'y demeurera point de fils de l'homme. » — XLIX. 17, 18. — Et dans Séphanie : « Moab comme Sodome deviendra, et les fils d'Ammon comme Gomorrhe, lieu abandonné à l'ortie, et fosse de sel, désolation à éternité. »—II. 9; — par Moab, ainsi qu'il a été dit, il est entendu l'homme naturel qui d'après l'amour de soi adultère les biens de l'Église, et par les fils d'Ammon sont entendus ceux qui en falsifient les vrais ; et comme de là provient la dévastation de tout bien et de tout vrai, c'est pour cela qu'il est dit « lieu abandonné à l'ortie, et fosse de sel, désolation à éternité; » la dévastation de tout bien est signifiée par le lieu de l'ortie, et la dévastation de tout vrai par la fosse de sel; des choses semblables sont signifiées par Sodome et Gomorrhe. Comme par Jehudah' il est signifié l'amour céleste, qui est l'amour envers le Seigneur, d'où procède tout bien, et dans le sens opposé l'amour diabolique, qui est l'amour de soi, d'où provient tout mal, c'est pour cela que la dévastation de l'Église, qui est signifiée par Jehudah et par Jérusalem, est aussi comparée à la subversion de Sodome et de Gomorrhe, dans Ésaïe : « Jérusalem a trébuché, et Jehudnh est tombé; l'opiniâtreté de leurs faces répond contre eux, et leur péché (est) comme (celui) de Sodome. » —III. 8, 9. — Et dans le Même : « Écoutez la parole de Jéhovah, princes de Sodome! prêtez l'oreille à la loi de notre Dieu, peuples de Gomorrhe!»—1.10;—par la parole de Jéhovah est entendu le Divin Bien, et par la loi de Dieu le Divin Vrai, car lorsqu'il s'agit du bien, il est dit Jéhovah, et lorsqu'il s'agit du vrai, il est dit Dieu; et comme le Divin Bien chez ceux qui sont dans l'amour de soi est le mal, il est dit « leur péché est comme celui de Sodome, » et aussi « écoutez la parole de Jéhovah, princes de Sodome ! » et comme le Divin Vrai pour ceux qui sont dans le mal de l'amour de soi est le faux, il est dit «prêtez l'oreille à la loi de Dieu, peuples de Gomorrhe! » Dans Moïse : « Du cep de Sodome, leur cep, et des champs de Gomorrhe; leurs raisins, raisins de fiel, grappes d'amertumes pour eux. » — Deutér. XXXII. 32 ; — ces choses ont été dites des faux atroces jaillissant, chez les descendants de Jacob, des maux de l'amour de soi; mais ce passage a été expliqué ci-dessus; voir N° 519. Dans les Lamentations : « Ceux qui mangeaient des mets délicats ont été dévastés dans les places, ceux qui avaient été élevés sur la pourpre ont embrassé du fumier; grande est devenue l'iniquité de mon peuple plus que le péché de Sodome, qui a été renversée comme en un moment. » — IV. 5, (5; — ces choses ont été dites de ceux qui sont du Royaume et de l'Église célestes du Seigneur, quand ils ont été changés dans l'opposé, car c'est l'amour céleste qui est changé en amour de soi, lequel est l'amour diabolique; ces paroles ont été dites d'eux ; ce qui est signifié par manger des mets délicats, par être élevé sur la pourpre, par être dévasté dans les places, et par embrasser du fumier, a été expliqué dans l'Article précédent, 652; s'il est dit de leur iniquité, qu'elle est devenue grande plus que le péché de Sodome, c'est parce qu'ils avaient la Parole, d'après laquelle ils pouvaient savoir les vrais et les biens du Ciel et de l'Église, ou de la doctrine et de la vie, et qu'ils les avaient adultérés, ce que n'avaient pu faire les habitants de Sodome, car celui qui sait la volonté du Seigneur et ne la fait pas, pèche davantage que celui qui ne la sait pas ; et même tous ceux chez qui règne l'amour de soi méprisent les choses saintes du Ciel et de l'Église et nient le Divin da Seigneur, et pour confirmer les maux qui profluent de cet amour, ou ils adultèrent la Parole, ou ils la rejettent comme un écrit n'ayant de sainteté que parce qu'il a été reçu; de là vient que ceux qui agissent ainsi d'après l'amour de soi sont comparés à Sodome et à Gomorrhe. Que ceux qui sont instruits du Seigneur sur les vrais et les biens de l'Église, et qui cependant les rejettent et les nient, fassent pire que ceux de Sodome, cela est évident d'après les paroles du Seigneur sur Capernaûm, dans Matthieu : « Toi, Capernaûm, qui jusqu'au Ciel as été élevée, jusqu'à l'enfer tu seras abaissée, parce que si dans Sodome avaient été faits les actes de puissance qui ont été faits en toi, elle serait restée jusqu'à aujourd'hui. C'est pourquoi, je te dis que pour une terre de Sodome il sera plus supportable en jour de jugement que pour toi. » — XI. 23, 24; — en effet, après que le Seigneur eut quitté Nazareth, il habita dans Capernaûm, — Matth. IV. 13, — et il y fit des miracles, — Matth. VIII. 5 à 14. Jean, IV. 46 à 54. — Le Seigneur a dit la même chose des Villes dans lesquelles ses disciples prêcheraient son avènement ou l'Evangile, mais ne seraient pas reçus; il l'a dit ainsi, Jans le Même : « Quiconque ne vous recevra pas et n'écoutera pas vos paroles, en sortant de cette maison ou de cette ville, secouez la poussière de vos pieds; en vérité, je vous dis : II sera plus supportable pour une terre de Sodome et de Gomorrhe en jour du jugement que pour cette ville-là. » — X. 14, 15. Marc, VI. 11. Luc, X. 10, 11, 12; — en effet, personne ne rejette les choses saintes de l'Église, et ne nie le Divin du Seigneur intérieurement, que ceux qui sont dans l'amour de soi ; ceux qui sont dans l'amour du monde et par suite dans les maux peuvent aussi rejeter les choses saintes de l'Église, mais toutefois non intérieurement, c'est-à-dire, non d'après la confirmation du cœur. Il est dit la même chose des prophètes et du peuple, qui adultèrent les vrais et les biens de la Parole pour confirmer les maux et les faux, dans Jérémie : « Dans les Prophètes de Jérusalem j'ai vu une obstination horrible à commettre adultère et à aller dans le mensonge, ils ont fortifié les mains des méchants, au point que ne se détournait pas l'homme de sa malice; ils sont devenus pour Moi comme Sodome, et ses habitants comme Gomorrhe. » —XXIII. 14; — là, par les prophètes sont entendus ceux qui enseignent les vrais et les biens de la doctrine, et dans le sens abstrait, qui est le sens réel spirituel, est entendue la doctrine d'après la Parole, par conséquent aussi la Parole quant à la doctrine; c'est pourquoi, par une obstination horrible est signifiée la confirmation du cœur contre les vrais et les biens de la Parole; par commettre adultère et aller dans le mensonge, il est signifié pervertir les biens et les vrais de la Parole, par commettre adultère pervertir les biens de la Parole par les maux et les faux, le mensonge est le faux, et aller dans le mensonge, c'est vivre dans les faux ; par fortifier les mains des méchants, il est signifié confirmer les maux et par suite leur puissance sur les biens; et par l'homme ne se détournant pas de sa malice, il est signifié persister dans les maux et dans les faux de la doctrine; de là, il est dit qu'ils sont devenus comme Sodome, et ses habitants comme Gomorrhe; comme Sodome signifie dans les maux qui jaillissent de l'amour de soi, et« ses habitants comme Gomorrhe, » signifie la vie mauvaise d'après les faux de la doctrine. Le mal qui a perdu Sodome et Gomorrhe est décrit par ces paroles, dans Moïse : « Ils voulurent faire violence aux Anges, et ils furent pour cela frappés de cécité, de sorte qu'ils ne purent trouver la porte où étaient les Anges; et Jéhovah fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, et il détruisit ces villes, et toute la plaine, et tous les habitants des villes, et le germe de la terre. » — Gen. XIX ; — vouloir faire violence aux Anges, signifiait au Divin Bien et au Divin Vrai, car ce bien et ce vrai sont signifiés par les Anges; par la cécité dont ils furent frappés, de sorte qu'ils ne pouvaient pas trouver la porte, étaient signifiés le rejet absolu et la négation du Divin et des choses saintes du Ciel et de l'Église, en sorte qu'ils ne pouvaient voir ni reconnaître aucune chose du Ciel et de l'Église, ce qui est signifié par ne pas trouver la porte où étaient les Anges; par le soufre est signifiée la convoitise de détruire les biens et les vrais de l'Église par les faux, et par le feu il est signifié l'amour de soi et tout mal qui détruit, ici la ruine de ceux-là. Que par Sodome et Gomorrhe soient entendus tous les maux et tous les faux profluant de l'amour de soi, c'est ce qui m'a été dit du Ciel, car lorsque périssent ceux qui sont dans les maux d'après cet amour, ainsi qu'il est arrivé au jour du Jugement Dernier, il apparaît comme du soufre et du feu tombant du Ciel; c'est aussi ce que j'ai vu: qu'une telle chose dût arriver au jour du Jugement dernier, cela est aussi prédit par le Seigneur, dans Luc : « Pareillement sera fait comme il a. été fait dans les jours de Loth; le jour qu'il sortit de Sodome, il plut du feu et du soufre du Ciel, et il les détruisit tous; de même il en sera au jour que le Fils de l'homme sera révélé, » — XVII. 28, 29, 30. — Comme ceux qui d'après l'amour de soi se confirment dans les maux par les faux contre les vrais et les biens du Ciel et de l'Église, déracinent entièrement chez eux tout vrai de la doctrine et de la Parole, et tout bien de l'amour spirituel et céleste, c'est pour cela que la vastation chez eux devient totale; elle est ainsi décrite dans Moïse : « Soufre et sel, combustion toute sa terre, elle ne sera point semée, et elle ne fer a point germer, et Une s'élèvera en elle aucune herbe, comme en la subversion de Sodome et de Gomorrhe, d'Admah et de Séboïm. » — Deutér. XXIX. 22; — par le soufre est signifiée la vastation de tout bien par les convoitises provenant des maux ; par le sel est signifiée la vastation de tout vrai par les faux provenant de ces convoitises; par « combustion toute sa terre, » il est signifié la dévastation de l'Église par l'amour de soi; par « elle ne sera point semée, et elle ne fera point germer, et il ne s'élèvera en elle aucune herbe, » il est signifié qu'il n'y aura absolument aucune faculté de recevoir le vrai de l'Église, l'herbe signifie le vrai de l'Église naissant; et comme telle est la dévastation du bien et du vrai d'après l'amour de soi, voilà pourquoi il est dit « comme en la subversion de Sodome et de Gomorrhe, d'Admah et de Séboïm, » par Admah et Séboïm sont signifiées les connaissances du mal et du faux; que de telles choses dussent arriver au jour1 du Jugement Dernier, cela est signifié par « le jour que le Fils de l'homme sera révélé. »
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