| Apocalypse Expliquée 652. Et leurs corps, sur la place de la ville grande, signifie leur extinction d'après les maux et les faux de la doctrine : on le voit par la signification des corps, en ce que c'est que le bien de l'amour et le vrai de la doctrine, qui sont signifiés par les deux témoins, ont été éteints; car être tué signifie être éteint, ici spirituellement, parce que c'est chez ceux qui les ont entièrement détruits chez eux ; il est pareillement dit du Seigneur, qu'il fut tué et mourut, ce qui signifie que le Divin procédant de Lui, qui est le Divin Bien et le Divin Vrai, a été rejeté, ainsi le Seigneur est tué et mort chez ceux par lesquels ce Divin procédant est rejeté; voir ci-dessus, N° 83 ; et par la signification de la place de la ville grande, en ce que c'est le vrai et le bien de la doctrine, et dans le sens opposé le faux et le mal de la doctrine; car par la place est signifié le vrai qui conduit et dans le sens opposé le faux qui conduit, ainsi qu'il va être montré, et par la ville est signifiée la doctrine; voir ci-dessus, N° 223; il est dit la ville grande,-parce que grand se dit du bien, et dans le sens opposé il se dit du mal, et beaucoup se dit du vrai, et dans le sens opposé il se dit du faux; voir ci-dessus, N° 223; maintenant, d'après cela, il est évident que, par les corps des deux témoins sur la place de la ville grande, il est signifié l'extinction du bien de l'amour et de la charité et du vrai de la doctrine et de la foi par les faux et les maux de la doctrine; comme les maux et les faux de la doctrine «ont signifiés, il est dit ensuite que la ville grande est appelée spirituellement Sodome et Egypte, et par Sodome sont signifiés les maux de l'amour et par Egypte les faux qui en proviennent, appartenant les uns et les autres à la doctrine, et détruisant l'Église à sa fin ; il en sera parlé dans les Articles qui suivent. Si la Place signifie le vrai de la doctrine, et dans le sens opposé le faux de la doctrine, c'est parce que par le chemin, dans le sens spirituel, il est signifié le vrai qui conduit au bien, et dans le sens opposé le faux qui conduit au mal; voir ci-dessus, No 97; et les places sont des chemins dans une ville; et comme par la ville il est signifié la doctrine, c'est pour cela que par la place il est signifié le vrai et le faux de la doctrine : dans le Monde spirituel, il y a aussi des villes, et dans ces villes des places comme dans les villes dans le Monde, et chacun est connu tel qu'il est quant à l'affection du vrai, et par suite quant à l'intelligence, seulement d'après les lieux où il y habite, et aussi d'après les places où il se promène; ceux qui sont dans une claire perception du vrai habitent dans la plage méridionale de la ville, et ils s'y promènent aussi ; ceux qui sont dans une claire affection du bien de l'amour habitent dans la plage orientale, et c'est aussi là qu'ils se promènent ; ceux qui sont dans une obscure affection du bien de l'amour habitent dans la plage occidentale, et ils s'y promènent aussi; et ceux qui sont dans une obscure perception du vrai habitent dans la plage septentrionale, et c'est aussi là qu'ils se promènent; mais, vice versa, dans les villes où demeurent ceux qui sont dans la persuasion du faux d'après le mal : d'après ces explications, on peut voir d'où vient que la place signifie le vrai ou le faux qui conduit. Que les places aient de telles significations, on peut le voir par les passages suivants; dans Jérémie : « Courez par les places de Jérusalem, et voyez, je vous prie, et connaissez, et cherchez dans ses quartiers, si vous trouverez- un homme, qui fasse le jugement, qui cherche la vérité; alors je lui pardonnerai.» — V. 1 — comme par les places de Jérusalem et par ses quartiers, il est signifié les vrais de la doctrine selon les. états de l'affection et de la perception de ceux qui sont de l'Église, et par Jérusalem l'Église quant à la doctrine, c'est pour cela qu'il est dit « courez par les places de Jérusalem, et voyez, je vous prie, et connaissez, et cherchez dans ses quartiers;» et comme le jugement se dit des vrais, car tout jugement se fait d'après les lois et les préceptes, qui sont des vrais, et que par la vérité il est signifié le vrai de la doctrine et de la foi, c'est pour cela qu'il est dit « si vous trouvez un homme, qui fasse le jugement, qui cherche la vérité ; » par les quartiers sont spécialement signifiés les angles de la ville, ainsi les plages où l'on habite, et comme chacun, dans le Monde spirituel, habite dans les villes selon l'affection du bien et la perception du vrai, claire ou obscure, c'est pour cela que par les quartiers sont signifiés les vrais et les biens selon l'affection et la perception de chacun. Dans Ésaïe : « En arrière a été rejeté le jugement, et la justice au loin s'est tenue, car dans la place a bronché la vérité, et la droiture ne peut arriver. » — LIX. 14; — par le jugement et la justice, dans la Parole, il est signifié le vrai et le bien ; par « en arrière a été rejeté le jugement, et la justice au loin s'est tenue, » il est signifié qu'il n'y a ni le vrai ni le bien ; par « dans la place a bronché la vérité, et la droiture ne peut arriver, » il est signifié qu'on s'est écarté des vrais de la doctrine, et que par suite le vrai dans la vie, qui est le bien de la vie, n'existe point ; en effet, tout bien de la vie est acquis par les vrais de la doctrine, car l'homme d'après ces vrais apprend comment il doit vivre : comme la place signifie où est le vrai qui conduit, voilà pourquoi il est dit « dans la place a bronché la vérité. » Dans Nahum : « Dans les places s'agitaient les chars, ils couraient ça et là dans les quartiers. » — II. 5; — puisque par les chars sont signifiés les doctrinaux du vrai, et que par les places et les quartiers il est signifié selon l'affection et la perception de chacun, comme ci-dessus, voilà pourquoi il est dit « dans les places s'agitaient les chars, ils couraient ça et là dans les quartiers; » par s'agiter, il est signifié dire que les faux sont des vrais; et par courir ça et là, il est signifié se fourvoyer. Dans le Livre des Juges : « Aux jours de, Jaël avaient cessé les chemins ; ceux qui allaient par les sentiers allèrent par des chemins tortueux; il n'y avait plus de quartiers en Israël, il n'y en avait plus. » —V. 6, 7 ; — ceci se trouve dans le Cantique de Déborah et de Barach, où il s'agit de la désolation du vrai dans l'Église, et ensuite du rétablissement du vrai ; la désolation est décrite par « avaient cessé les chemins; ceux qui allaient par les sentiers allèrent par des chemins tortueux; il n'y avait plus de quartiers en Israël; » par les chemins et les sentiers sont signifiées les mêmes choses que par les places et les quartiers, à savoir, les vrais de la doctrine qui conduisent, et par aller par des chemins tortueux , il est signifié s'écarter des vrais. Dans Ésaïe : « Brisée sera la ville vide, fermée sera toute maison, en sorte que personne n'entre; clameur au sujet du vin dans les places, mêlée sera toute joie, exilée sera l'allégresse de la terre. » — XXIV. 10, 11 ; — par la ville vide est signifiée la doctrine dans laquelle il y a le faux et non le vrai ; par la maison, il est signifié le bien de la volonté et par suite le bien de la vie; de là, on voit clairement ce qui est signifié par « brisée sera la ville
vide, fermée sera toute maison, en sorte que personne n'entre; » par « clameur au sujet du vin dans les places, » il est signifié lamentation à cause du manque de vrai et du mélange du vrai avec le faux ; le vin signifie le vrai de l'Église d'après la Parole, c'est pour cela qu'il est dit dans les places, parce que la place signifie aussi ce vrai, et c'est là qui il est cherché; il est dit la joie et l'allégresse, parce que la joie se dit du plaisir provenant de l'affection du bien, et l'allégresse du plaisir provenant de l'affection du vrai; par «mêlée sera toute joie, exilée sera l'allégresse de la terre, » il est signifié que ces plaisirs cesseront; la terre signifie l'Église. Dans Jérémie: « Comment a-t-elle été laissée, la ville de gloire, la ville de ma joie! c'est pourquoi tomberont les jeunes gens dans ses places, et tous les hommes de guerre seront retranchés. » — XLIX. 25, 26. L. 30; — par la ville de gloire est signifiée la doctrine du Divin Vrai, par la ville de joie est signifié le plaisir provenant de l'affection du bien et du vrai qui sont dans la doctrine, par les jeunes gens sont signifiés ceux qui sont devenus intelligents par les vrais ; par « tomberont les jeunes gens dans ses places, » il est signifié que l'intelligence du vrai périra; par les hommes de guerre sont signifiés les vrais qui combattent contre les faux ; par « tous les hommes de guerre seront retranchés, » il est signifié que la défense du vrai contre les faux sera nulle.' Dans Ézéchiel : « Vous avez multiplié vos transpercés dans cette ville, et vous en avez rempli les places avec le transpercé. » — XI. 6 ; —par les transpercés, dans la Parole, sont entendus ceux qui périssent par les faux, car l'épée dont ils sont transpercés signifie le faux qui détruit le vrai; par la ville est signifiée, ici comme ci-dessus, la doctrine du vrai, d'où l'on voit clairement ce qui est signifié par les transpercés dans la ville; par en remplir les places avec le transpercé est signifiée la dévastation du vrai par les faux. Dans les Lamentations : « Ceux qui mangeaient des mets délicats ont été dévastés dans les places; et ceux qui avaient été élevés sur la pourpre ont embrassé du fumier. Obscure est devenue par la noirceur la forme des Naziréens; ils ne sont point connus dans les places. Ils ont erré aveugles dans les places, ils ont été souillés par le sang. Ils ont épié nos pas, au point qu'on ne peut aller dans les places.» —IV. 5, 8, 14,18 — ici aussi, par les places sont signifiés les vrais de la doctrine qui conduisent au bien de la vie, ou les vrais selon lesquels il faut vivre; là, il s'agit de l'Église, où est la Parole, Église dévastée quant aux vrais; c'est pourquoi, par «ceux qui mangeaient des mets délicats ont été dévastés dans les places, » il est signifié que ceux qui puisaient les vrais réels dans la Parole n'ont plus aucun vrai, les. mets délicats sont les vrais réels tirés de la Parole; par » ceux qui avaient été élevés sur la pourpre ont embrassé du fumier, » il est signifié que ceux qui puisaient les biens réels dans la Parole n'ont que des faux du mal ; la pourpre signifie le bien réel de la Parole, spécialement l'amour céleste du vrai, et le fumier signifie les faux du mal ; par « obscure est devenue par la noirceur la forme des Naziréens; ils ne sont point connus dans les places, » il est signifié que le Divin Vrai est tellement dans l'obscur, qu'il ne se manifeste à qui que ce soit ; par les Naziréens a été représenté le Seigneur quant au Divin Vrai ; de là, par eux est signifié le Divin Vrai procédant du Seigneur ; par« ils ont erré aveugles dans les places, ils ont été souillés par .le sang,» il est signifié que les vrais de la Parole ne sont plus vus parce qu'ils ont été falsifiés; par les aveugles sont signifiés ceux qui ne voient point les vrais ;'par « ils ont épié nos pas, au point qu'on ne peut aller dans les places, » il est signifié la séduction au point qu'on ne sait comment on doit vivre; par épier les pas, il est signifié séduire par des faux; et par aller, il est signifié vivre; de là, par aller dans les places, il est signifié vivre selon les vrais. Dans Séphanie : «/e retrancherai les nations, et dévastes seront leurs angles; je désolerai leurs places, au point que personne n'y passe ; dévastées seront leurs villes, au point qu'il n'y ait ni homme ni habitant. » — III. 6; — par les nations, qui seront retranchées, sont signifiés les biens de l'Église; par les angles, qui seront dévastés, sont signifiés ses vrais et ses biens dans tout le complexe; que ce soit là ce.qui est signifié par les angles, on le voit ci-dessus, N° 417 ; par les places qui seront désolées, au point que personne n'y passe, sont signifiés les vrais de la doctrine, car par les villes qui seront dévastées, au point qu'il n'y ait ni homme ni habitant, sont signifiés les doctrinaux ; par l'homme et les habitants, dans le sens spirituel de la Parole, sont entendus tous ceux qui sont dans les vrais et dans les biens, ainsi abstractivement les vrais et les biens. Dans Zacharie : Je Me retourner ai vers Sion, et j'habiterai au milieu de Jérusalem; de là sera appelée Jérusalem la ville de vérité. Encore habiteront des vieillards, hommes et femmes, dans les places de Jérusalem; et seront remplies les places de la ville de jeunes garçons et déjeunes filles jouant dans ses places. » — VIII. 3. , 4, 5 ; — ces choses ont été dites de l'avènement du Seigneur, et de la Nouvelle Église qui devait être instaurée par Lui; par Sion est entendue l'Église quant au bien de l'amour, et par Jérusalem l'Eglise quant aux vrais de la doctrine, c'est pourquoi Jérusalem est appelée la ville de vérité; par les vieillards, hommes et femmes, qui habiteront dans les places de Jérusalem, sont entendus ceux qui sont intelligents et sages par les vrais de la doctrine ; par les jeunes gens et les jeunes filles jouant dans les places, desquels seront remplies les places de la ville, sont signifiées les affections du vrai et du bien, et les jucondités de ces affections, dont abonderont ceux qui vivent dans les vrais de la doctrine. Dans Jérémie : « Selon le nombre de tes villes ont été tes dieux, Jehudah; et selon le nombre des places de Jérusalem vous avez dressé des autels à l'infamie, des autels pour faire des parfums à Baal. »—XI. 13; — «selon le nombre de tes villes ont été tes dieux, Jehudah, » signifie qu'il y a autant de faux que de doctrinaux, par les villes sont signifiés les doctrinaux, et par les dieux les faux de la religion; « selon le nombre des places de Jérusalem vous avez dressé des autels à l'infamie,» signifie autant de cultes que de faux de la doctrine ; par les places, ici, sont signifiés les faux de la doctrine, et par les autels les cultes; que ce soit le culte d'après les faux qui est entendu, c'est parce que par les autels sont entendus des autels pour le parfum, car il est dit « des autels pour faire des parfums à Baal; » en effet, par le parfum est signifié le bien spirituel, qui dans son essence est le vrai d'après le bien, et dans le sens opposé le faux d'après le mal ; que le parfum et son autel aient ces significations, on le voit ci-dessus, N°" 324, £91, 492, 567. Dans le Même: « Ne vois-tu pas ce que ceux-là font dans les villes de Jehudah et dans les places de Jérusalem ? Les fils amassent des bois, et les pères allument le feu, les femmes pétrissent de la pâte pour faire des gâteaux à la reine des deux, et pour faire des libations à d'autres dieux : je ferai cesser dans les villes de Jehudah et dans les places de Jérusalem la voix de joie et la voix d'allégresse. » — VII. 17, 18, 34; — ce qui est signifié dans le sens spirituel par ces paroles a été pleinement expliqué ci-dessus ; voir N° 555 ; et il y a été montré que par les villes de Jehudah sont signifiés les doctrinaux de l'Église, et par les places de Jérusalem les vrais de la doctrine de l'Église. Dans le Même: «Avez-vous oublié les maux qu'ils ont faits dans la terre de Jehudah et dans les places de Jérusalem?'»— XLIV. 9; —par la terre de Jehudah, » il est signifié l'Église quant au bien, ici quant au mal; et par les places de Jérusalem les vrais de la doctrine, ici les faux de sa doctrine. Dans Ézéchiel : a Par les sabots de ses chevaux, Nébuchadnessar, Roi de Babel, foulera toutes tes places; ton peuple par l'épée il tuera, et les statues de la force à terre il fera descendre, ils pilleront tes richesses. » — XXVI. 11,12 ; — par Nébuchadnessar, roi de Babel, il est signifié la profanation du vrai et par suite sa destruction ; « par les sabots de ses chevaux, il foulera toutes tes places, » signifie que par les illusions de l'homme sensuel il détruira tous les vrais de l'Église ; « ton peuple par l'épée il tuera, » signifie qu'il détruira les vrais par les faux ; « les statues de ta force à terre il fera descendre, » signifie qu'ainsi il détruira même tout culte provenant des vrais ; Car les statues signifient le culte saint qui provient des vrais, et comme toute puissance appartient au vrai d'après le bien, elles sont appelées statues de la force; « ils pilleront tes richesses, » signifie qu'il détruira aussi les connaissances du vrai ; que les richesses et l'opulence soient les connaissances du vrai, on le voit, N° 236. Dans le Même : « Tu t'es bâti un (lieu) élevé, et tu t'es fait un haut lieu dans chaque place ; à chaque tête de chemin tu t'es fait ton (lieu) élevé, et abominable tu as rendu ta beauté. » —XVI. 24, 25, 31; — chez les Anciens, par les lieux élevés et aussi par le haut lieu était signifié le Ciel; de là, la coutume de sacrifier sur les hautes montagnes, et à leur défaut sur des élévations bâties en haut lieu; c'est pourquoi, le culte qui provient des maux et des faux de la doctrine est signifié par faire un lieu élevé et un haut lieu dans chaque place et à chaque tête de chemin ; et comme ce culte devint idolâ7 trique, c'est pour cela qu'il est dit qu'ils ont rendu abominable leur beauté; par la beauté, il est entendu le vrai et par suite l'intelligence, car dans le Monde spirituel chacun est beau selon les vrais d'après le bien et par suite selon l'intelligence. Dans Amos: « Dans toutes les places, deuil; et dans tous les quartiers on dira : Ah ! ah ! et on appellera le laboureur au deuil. » — V. 16 ; — « dans toutes les places, deuil; et dans tous les quartiers on dira: Ah ! ah ! » signifie la douleur à cause du vrai et du bien dévastés de tout côté ; « on appellera le laboureur au deuil, » signifie la douleur des hommes de l'Église à cause de cela ; le laboureur signifie l'Homme de l'Église, parce que le champ signifie l'Église quant à l'implantation du vrai. Dans David : « Nos greniers (sont) pleins, fournissant provision sur provision; nos troupeaux produisent par milliers, par myriades dans nos places; nos bœufs sont chargés; point d'échappée, point de fuite, et point de cri dans nos quartiers. » — Ps. CXLIV. 13, 14; — par les greniers qui sont pleins de provision, il est "signifié les doctrinaux d'après la Parole, ainsi la Parole où sont tous les vrais de la doctrine, d'après lesquels il y a instruction et nutrition spirituelles; les troupeaux par milliers et par myriades dans les places, signifient les biens et les vrais spirituels ; les troupeaux par milliers, les biens, et les troupeaux par myriades, les vrais ; par les bœufs chargés, il est signifié les biens naturels et les affections de ces biens ; par «point d'échappée, » il est signifié leur cohérence; par « point de fuite, » aucune perte ; par « point de cri dans nos quartiers, » nulle part lamentation sur le manque de ces choses. Dans Job : « Dieu qui donne la pluie sur les faces de la terre, et qui 'envoie des eaux sur les faces des places. » —V. 10 ; — donner la pluie sur les faces de la terre signifie l'influx du Divin Vrai dans toutes choses chez ceux qui sont de l'Église, et envoyer des eaux sur les faces des places signifie l'influx Divin dans tes vrais de la doctrine pour rendre par eux l'homme spirituel. Dans Ésaïe : « Dans ses places ils ont ceint le sac; sur ses toits et dans ses places il gémira, descendant en pleurs. » — XV. 3 ; — ceci a été dit de la Ville d'Ar, dans la terre de Moab, par laquelle est signifiée la doctrine de ceux qui sont dans les vrais d'après l'homme naturel; la douleur sur les faux de leur doctrine depuis les premiers jusqu'aux derniers est signifiée par « ils ont ceint le sac, sur ses toits et dans ses places il gémira ; » les toits sont les intérieurs, et les places sont les extérieurs chez eux. Dans Jérémie : « Sur tous les toits de Moab, et dans ses places, deuil complet. » — XLVIII. 38; — par ces paroles sont signifiées les mêmes choses que ci-dessus. Dans Daniel : « Sache et perçois que depuis l'issue de la Parole, jusqu'à ce que soit rétablie et bâtie Jérusalem, jusqu'au Messie prince, sept semaines ; puis en soixante-deux semaines seront rétablis et bâtis la place et le fossé, mais dans l'angoisse des temps. » — IX. 25 ; — celui qui ne connaît pas le sens spirituel de la Parole peut s'imaginer que par Jérusalem,, ici, il est signifié Jérusalem, et que cette ville sera rétablie et bâtie; et aussi, que par la place et le fossé, dont il est même dit qu'ils seront rétablis et bâtis, il est signifié la place de cette ville et son fossé ; mais par Jérusalem il est entendu l'Église qui sera instaurée par le Seigneur, et par la places et le fossé il est entendu le vrai de la doctrine, par la place le vrai et par le fossé la doctrine ; ce qui est signifié dans ce passage par les nombres de semaines, ce n'est pas ici le lieu de l'expliquer. Maintenant, d'après ces explications, on voit clairement que par la place de la nouvelle Jérusalem il est signifié la même chose dans les passages qui suivent, dans l'Apocalypse: «Les douze porte, les douze perles ; et la place de la ville, or pur comme du verre transparent. » — XXI. 21 : — et plus loin : « Il me montra un pur fleuve d’eau de la vie, resplendissant comme du cristal, sortant du trône de Dieu et de l'Agneau: dans le milieu de sa place et du fleuve, deçà et delà, arbre de vie, faisant douze fruits. » — XXII. 1,2: — mais il sera question de ces passages dans la suite. Dans Ésaïe : « Tes fils ont défailli et sont gisants à la tête de toutes les places comme un buffle dans un filet. » — LI. 20 ; — ces choses aussi ont été dites de Jérusalem, c'est-à-dire, de l'Église dévastée quant à la doctrine ; par les fils sont entendus ceux qui sont dans les vrais de la doctrine; défaillir et être gisant à la tête de toutes les places, signifie être privé de tout vrai, la tête ou le commencement des places signifie l'entrée vers le vrai, ainsi tout vrai. Dans les Lamentations : « Le petit enfant et celui qui tette sont défaillants dans les places de la ville ; élève vers le Seigneur tes mains sur les âmes de tes petits enfants qui ont dé failli par la faim à la tête de toutes les places. » —II. 11, 19 ; — par le petit enfant et celui qui tette, il est signifié l'innocence, et aussi les biens et les vrais qui d'abord naissent par les connaissances d'après la Parole et sont vivifiés chez les hommes qui sont régénérés, et comme ces choses sont les premières, elles sont aussi innocentes et inoffensives ; le manque absolu de ces choses est signifié par « ils sont défaillants dans les places de la ville, et à la tête de toutes les places ; » il est dit par la faim, parce que la faim signifie la privation, le manque, l'ignorance et en même temps le désir des connaissances; voir ci-dessus, N° 386. Dans Nahum : « Ses petits enfants ont été écrasés à la tête de toutes les places, et sur ses hommes honorés ils ont jeté le sort, et tous ses grands ont été liés de chaînes.» — III. -10 ; — ici aussi, par les petits enfants sont entendus les vrais d'abord naissants et vivifiés, et par être écrasé à la tête de toutes les places, il est signifié être dispersé et périr"; par les hommes honorés sont signifiés les biens de l'amour ; par jeter le sort sur eux, il est signifié être dissipé; par les grands sont signifiés les vrais du bien ; et par être lié de chaînes, il est signifié être attaché par les faux au point que les vrais ne puissent pas se produire; ces choses ont été dites de la ville de sangs, par laquelle est signifiée la doctrine où les vrais de la Parole ont été falsifiés. Dans Jérémie: « La mort est montée par nos fenêtres, elle est venue dans nos palais, pour retrancher le petit enfant de la place, les jeunes gens des quartiers. » — IX. 20; — ici, par la mort est entendue la mort spirituelle, qui existe quand on croit que le faux est le vrai et que le vrai est le faux, et quand on vit selon cette croyance; par les fenêtres sont signifiées les pensées d'après l'entendement, par les palais sont signifiés les intérieurs et par suite les choses plus sublimes du mental humain ; d'après cela, on voit clairement ce qui est signifié par « la mort est montée par nos fenêtres, elle est venue dans nos palais ; » par le petit enfant sont signifiés, ici comme ci-dessus, les vrais d'abord naissants au moyen des connaissances d'après la Parole ; par les jeunes gens, les vrais acquis dont provient l'intelligence ; et par les places et les quartiers, les vrais de la doctrine et les vrais de la vie, qui conduisent à l'intelligence et à la sagesse, d'où l'on voit clairement ce qui est signifié par retrancher le petit enfant de la place, les jeunes gens des quartiers. Dans le Même: «De colère de Jéhovah je suis rempli, je suis las de la contenir; répands-la sur le petit enfant dans la place, et sur l'assemblée des jeunes gens, parce que même le mari avec la femme sera pris, le vieillard avec celui qui est plein de jours. » — VI. 14 ;—ici, par le petit enfant dans la place et par les jeunes gens, il est signifié les mêmes choses que ci-dessus ; par le mari et la femme, il est signifié le vrai conjoint au bien et par suite l'intelligence; et par le vieillard et celui qui est plein de jours, il est signifié la sagesse. Comme la place signifie le vrai de la doctrine qui conduit, et dans le sens opposé le faux, c'est pour cela que par la boue, la fange et le fumier des places, il est signifié le faux de l'amour du mal, dans les passages suivants ; dans Ésaïe : « Leur cadavre est devenu le fumier des places. » — V. 25. — Dans le Même : « Il le rendra foulé comme la boue des places. » —X. 6. — Dans Michée : « Elle sera foulée comme la boue des places. » — VII. 10. — Dans David : « Je les briserai comme la poussière devant les faces du vent, comme la boue des places je les foulerai. » — Ps. XVIII. 43 ; — ceci existe aussi d'après les apparences dans le monde spirituel ; là, dans les villes où règnent les faux d'après le mal, les places apparaissent pleines de fumier, de fange et de boue. D'après cela, on" peut voir ce qui est signifié par cet ordre que le Seigneur a donné aux soixante-dix qu'il envoya pour prêcher l'Évangile: « Dans quelque ville que vous entriez, et qu'on ne vous reçoive point, sortant dans ses places, dites : Même la poussière qui s'est attachée à nous, de votre ville, nous la secouons contre vous. » —- Luc, X. 10,11. — Comme par les places de la ville sont signifiés les vrais de la doctrine, selon lesquels on doit vivre, c'est pour cela qu'on avait coutume d'enseigner et de prier dans les places, ainsi qu'on le voit dans le Livre II de Samuel ; « N'annoncez point dans Gath, n'évangélisez point 'dans les places d'Askalon, de peur que ne se réjouissent les filles des Philistins. » —I. 20. —Dans Matthieu : « Quand tu feras une aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites font dans les synagogues et dans les rues, pour être honorés des hommes. Et si tu pries, tu ne seras pas comme les hypocrites, car ils aiment dans tes synagogues et dans les angles des places se tenant debout prier, afin d'être vus des hommes. » — VI. 2, 5. —Et dans Luc : « Alors vous commencerez à dire: Nous avons mangé devant Toi, et nous avons bu, et dans nos places tu as enseigné ; mais il dira : Je vous dis : Je ne sais d'où vous êtes. » — XIII. 26, 27. — D'après la signification de la place, en ce que c'est le vrai de la doctrine, on voit encore clairement pourquoi le Seigneur, dans une Parabole, a dit que « le Père de famille ordonna à ses serviteurs d'aller promptement dans les places et dans les quartiers de la ville, et d'introduire les pauvres, les manchots, les boiteux et les aveugles. » — Luc, XIV. 21 ; — par les pauvres, les manchots, les boiteux et les aveugles, sont entendus, non pas ceux qui étaient tels dans le sens naturel, mais ceux qui étaient tels dans le sens spirituel, à Bavoir, ceux qui, parce qu'ils n'avaient pas la Parole, étaient dans l'ignorance du vrai et par suite dans le manque de bien, mais qui néanmoins désiraient les vrais par lesquels ils auraient le bien : telles étaient les Nations par lesquelles l'Église du Seigneur a ensuite été instaurée. Comme par la place de la ville il était signifié tant le vrai que le faux qui enseigne et conduit, c'est pour cela que « les Anges gui vinrent à Sodome dirent qu'ils voulaient passer ta nuit dans la place. » — Gen. XIX. 2. — Et c'est aussi pour cela qu'il fut statué que « si les fils d'Israël découvraient que dans quelque ville on servit d'autres dieux, ils frapperaient les habitants de la ville par l'épée, en dévouant la ville, et qu'ils transporteraient tout son butin dans le milieu de la place, et brûleraient la ville et tout le butin -au feu. » — Deutér. XIII. 14, 16, 17 ; — par d'autres dieux sont signifiés les faux du culte; par l'épée, il est signifié la destruction du fau5 par les vrais, par le butin la falsification du vrai, et par le feu la peine de l'amour du mal et la destruction de cet amour. D'après ces passages, tirés de la Parole, on peut voir ce qui est signifié en ce que les corps des deux témoins furent jetés sur la place de la ville grande, qui est appelée spirituellement Sodome et Egypte; et ensuite, en ce qu'on ne permit point qu'ils fussent mis dans des monuments ; en effet, c'était une coutume chez la nation Juive et Israélite de jeter dans les chemins et dans les places les ennemis qu'ils avaient tués, et de ne pas les ensevelir, comme signe qu'ils avaient pour eux une telle haine ; mais néanmoins il était représenté par là que c'étaient les maux et les faux infernaux, qui ne pourraient être ressuscites pour la vie, c'est-à-dire, ceux qui étaient dans les maux et dans les faux infernaux, comme cela est encore évident, dans Jérémie: « Les prophètes qui prophétisent en mon Nom, disant : Épée ni famine il n'y aura point dans cette terre ; par l'épée et par ta famine seront consumés ces prophètes-là, et le peuple, auquel eux prophétisent; ils seront jetés dans les places de Jérusalem, et personne pour ensevelir. » —XIV. 15, 46 ; — par le prophète est entendue la doctrine du vrai, ici la doctrine du faux, car ils prophétisaient des faux ; et comme les places signifiaient où sont les faux, c'est pour cela qu'il est dit qu'ils seront jetés dans les places de Jérusalem.
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