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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 617. 

Et il me dit : Prends, et dévore-le, signifie afin de lire, de percevoir et d'examiner la Parole, quelle elle est en dedans, et quelle elle est en dehors : on le voit par la signification de il me dit : Prends le petit livre, eu ce que c'est la faculté donnée de percevoir quelle est la Parole, c'est-à-dire, quel est l'entendement de la Parole maintenant dans l'Église, ainsi qu'il vient d'être montré dans l'Article précédent, N° 616; et par la signification de dévorer, ou de manger, en ce que c'est se conjoindre et s'approprier, et comme la Parole est conjointe à l'homme par la lecture et par la perception, c'est pour cela qu'ici par dévorer, ou manger, il est signifié lire et percevoir; que dévorer signifie aussi ici examiner, c'est parce qu'il est dit ensuite que le petit livre a rendu le ventre amer, et que dans la bouche il a été senti doux comme du miel, ce par quoi il a été examiné quelle est la Parole quant à l'entendement en dedans, et quelle elle est en dehors ; en dedans est signifié par le ventre et par son amertume, et en dehors par la bouche dans laquelle il a été senti doux comme du miel; d'après cela, on peut voir que par « il me dit : Prends et dévore le petit livre, » il est signifié afin de lire, de percevoir et d'examiner la Parole, quelle elle est en dedans, et quelle elle est en dehors. Dans la Parole, il est très-souvent dit manger et boire, et celui qui ne connaît rien du sens spirituel ne peut savoir autre chose, sinon que par ces expressions il est signifié manger et boire naturellement, lorsque cependant par elles il est signifié se nourrir spirituellement, par conséquent s'approprier le bien et le vrai, par manger s'approprier le bien, et par boire s'approprier le vrai : quiconque croit que la Parole aussi est spirituelle, peut savoir que la nourriture spirituelle est entendue par manger et boire, de môme que par le pain, l'aliment, le vin et le breuvage; si cela n'était pas entendu, la Parole serait purement naturelle, et non en même temps spirituelle, ainsi elle serait seulement pour l'homme naturel, et non pour l'homme spirituel, ni à plus forte raison pour les Anges : que par le pain, l'aliment, le vin et le breuvage, il soit entendu dans le sens spirituel la nutrition du mental, -c'est ce qui a été souvent montré ci-dessus ; et aussi que la Parole est partout spirituelle, quoique dans le sens de la lettre elle soit naturelle; être nourri spirituellement, c'est être instruit et imbu, par conséquent savoir, comprendre et devenir sage ; si l'homme ne jouit pas de cette nourriture en même temps que de la nourriture du corps, ce n'est pas un homme, mais c'est une bête; c'est pour cela que ceux qui placent tout plaisir dans les banquets et les festins, et s'abandonnent chaque jour à l'intempérance, sont obèses quant aux spirituels, quoiqu'ils puissent raisonner sur les choses du monde et du corps, d'où il résulte qu'après la mort ils mènent une vie plutôt bestiale qu'humaine, car au lieu de l'intelligence et de la sagesse ils ont la sottise et la folie; ceci a été dit, afin qu'on sache qu'ici par dévorer ou manger le petit livre il est signifié lire, percevoir et examiner la Parole, car par le petit livre, qui était dans la main de l'Ange descendant du Ciel, il est entendu la Parole, comme il a été dit ci-dessus : en outre, personne ne peut manger ou dévorer naturellement aucun livre, ni pareillement la Parole, d'où l'on peut encore voir clairement qu'ici par manger il est signifié être spirituellement nourri. Que dans la Parole par manger et boire il soit signifié aussi manger et boire spirituellement, ce qui est s'instruire, et par l'instruction et la vie mettre en soi et s'approprier le bien et le vrai, par conséquent l'intelligence et la sagesse, on peut le voir par les passages suivants ; dans Jérémie : « Que soient trouvées tes paroles, afin que je les mange, et que ta Parole me soit pour joie et pour allégresse de mon cœur. » —XV. 16 ; — ici, manger, c'est évidemment manger spirituellement, c'est-à-dire, savoir, percevoir et s'approprier, car il est dit « afin que je mange tes paroles, et que ta Parole me soit pour joie et pour allégresse de mon cœur; » les paroles de Dieu signifient les préceptes ou les Divins Vrais. Cela est semblable à ce que le Seigneur a dit au tentateur, « que, non de pain seulement vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » —Matth. IV. 3, 4. Luc, IV. 4. Deutér, VIII. 3. —«Travaillez, non pas à la nourriture qui périt, mais à la nourriture qui demeure pour la. vie éternelle. »—Jean, VI. 27 : —semblable aussi aux paroles du Seigneur à ses disciples : « Les disciples disaient : Maître, mange; mais Lui leur dit : Moi, j'ai à manger une nourriture que vous, vous ne connaissez point. Les disciples se disaient l'un à l'autre : Quelqu'un Lui a-t-il apporté à manger? Jésus leur dit : Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui M'a envoyé, et d'accomplir son œuvre. » — Jean, IV. 31 à 34; — d'après ces passages, il est encore évident que dans le sens spirituel manger signifie recevoir par la volonté et faire; de là, la conjonction ; car par cela que le Seigneur a fait la Divine Volonté, il a conjoint le Divin qui était en Lui avec son Humain, et a ainsi approprié le Divin à son Humain. Ceci aussi peut être rapporté, « que le Seigneur a nourri cinq mille hommes, outre les femmes et les enfants, avec cinq pains et deux poissons, et qu'après qu'ils eurent mangé et eurent été rassasiés, on remporta douze paniers de morceaux. »—Matth. XIV. 15 à 22. Jean, VI. 5, 13, 23 : — et « qu'il a nourri quatre mille hommes avec sept pains et quelques petits poissons. » —Matth. XV. 32 et suiv. ;—ce miracle a été fait, parce que le Seigneur les avait auparavant enseignés, et parce qu'ils avaient reçu sa doctrine et se l'étaient appropriée, c'est-à-dire qu'ils avaient mangé spirituellement ; de là, le manger naturel suivait, c'est-à-dire, influait du Ciel chez eux, comme la manne chez les fils d'Israël, à leur insu: car, lorsque le Seigneur le veut, la nourriture spirituelle, qui est aussi une nourriture réelle mais seulement pour les esprits et pour les anges, est changée en nourriture naturelle, de même qu'elle le fut en manne chaque matin. La même chose est signifiée par manger le pain dans le Royaume de Dieu, dans Luc : « Je dispose pour vous le Royaume, afin que vous mangiez et que vous buviez sur ma table dans mon Royaume. »—XXII. 27, 29, 30; —là aussi, par manger et boire il est signifié manger et boire spirituellement; c'est pourquoi, là, par manger il est signifié recevoir du Seigneur, percevoir et s'approprier le bien du Ciel, et par boire il est signifié recevoir, percevoir et s'approprier le vrai de ce bien; car manger se dit du bien, parce que le pain signifie le bien de l'amour, et boire se dit du vrai, parce que.l'eau et le vin signifient le vrai de ce bien. La même chose est signifiée ailleurs, dans Luc : « Heureux celui qui mange du pain dans le Royaume de Dieu ! » —XIV. 15 ; — c'est pourquoi, là, le Seigneur a comparé « le Royaume de Dieu à un grand souper, auquel les invités ne vinrent pas, et où furent seulement introduits ceux qui avaient été trouvés dans les rues. »— Vers. 16 à 24. — Le manger spirituel, par lequel l'âme est nourrie, est signifié aussi par manger, dans les passages suivants; dans Ësaïe ; « Si vous voulez et écoutez, du bon vous mangerez. » — I. 19; — ici, par manger du bon il est signifié le bien spirituel, c'est pourquoi il est dit « si vous voulez et écoutez, » c'est-à-dire, si vous faites, car le bien spirituel est donné, est conjoint et est approprié à l'homme, par cela que l'homme veut et que par suite il fait. Dans David : « Heureux quiconque craint Jéhovah, et marche dans ses chemins ! Le travail de tes mains tu mangeras; heureux, toi! et bien à toi, » — Ps. CXXVIII. 1, 2; — par manger le travail de ses mains il est signifié le bien céleste, que l'homme reçoit du Seigneur par la vie selon les Divins Vrais, et qu'il s'acquiert comme par son travail et par son étude; c'est pourquoi il est dit que celui-là mangera, qui craint Jéhovah et marche dans ses chemins; et ensuite « heureux, toi! et bien à toi. » Dans Ésaïe : « Dites au juste que bien (lui arrivera), car le fruit de leurs œuvres ils mangeront. » — III. 10; —par manger le fruit de leurs œuvres il est signifié la même chose que par manger le travail de ses mains, dont il vient d'être parlé ci-dessus. Dans Ézéchiel : « Fine farine, miel et huile tu mangeais; par là, belle tu devins extrêmement, et tu prospéras jusqu'à régner. » — XVI. 13 ; —cela a été dit de Jérusalem, par laquelle est signifiée l'Église, ici l'Église Ancienne, qui était dans les vrais et dans le bien spirituel et en même temps naturel; par la fine farine est signifié le vrai, par le miel le bien naturel ou de l'homme externe, et par l'huile le bien spirituel ou de l'homme interne; la réception, la perception et l'appropriation de ces vrais et de ces biens sont signifiées par manger de la fine farine, du miel et de l'huile; « par là, belle tu devins extrêmement, » signifie que par ces vrais et par ces biens elle était devenue intelligente, la beauté signifie l'intelligence; « tu prospéras jusqu'à régner, » signifie que par suite d'après ces vrais et ces biens elle est devenue Église, le royaume signifie l'Église. Dans Ésaïe : « Voici, la vierge concevra et enfantera un Fils, et elle appellera son nom Dieu avec nous; du beurre et du miel il mangera, pour qu'il sache rejeter le mauvais et choisir le bon; car avant que l'enfant sache rejeter le mauvais et choisir le bon, abandonnée sera la terre, de laquelle, toi, tu as .dégoût devant ses deux rois. » —VII. 14, 15,16; — le Fils que la vierge concevra et enfantera, et dont le nom sera appelé Dieu avec nous, c'est le Seigneur quant à l'Humain, cela est évident; l'appropriation du Divin Bien spirituel et naturel, quant à l'Humain, est entendue par« du beurre et du miel il mangera, »le Divin Bien spirituel par le beurre, et le Divin Bien naturel par le miel, et l'appropriation par manger; et comme autant on sait rejeter le mauvais et choisir le bon, autant est approprié le Divin Bien spirituel et naturel, c'est pour cela qu'il est dit « pour qu'il sache rejeter le mauvais et choisir le bon ; » par « abandonnée sera la terre, de laquelle, toi, tu as dégoût devant ses deux rois, » il est signifié que l'Église sera abandonnée et dévastée quant à tout bien et à tout vrai par les scientifiques faussement appliqués et par les raisonnements qui en proviennent, la terre signifie l'Église, l'abandon et la dévastation sont entendus en ce qu'elle sera abandonnée et dédaignée, et les deux rois, qui sont le roi d'Egypte et le roi d'Assyrie, signifient les scientifiques faussement appliqués et les raisonnements qui en proviennent, le roi d'Egypte ces scientifiques, et le roi d'Assyrie les raisonnements qui en proviennent ; que ce soient ces rois qui sont entendus, on le voit clairement dans les Versets suivants, 17 et 18, où l'Egypte et l'Assyrie sont nommées; ce sont aussi ces choses qui dévastent principalement l'Eglise : quelle Seigneur soit venu dans le Monde, quand il n'y avait plus dans l'Église ni vrai ni bien, ainsi quand il ne restait plus rien de l'Église, c'est ce qui a été dit quelquefois ci-dessus. Dans le Même : « Il arrivera qu'en raison de la multitude de lait qui se fera chacun mangera du beurre, car du beurre et du miel mangera quiconque sera de reste dans la terre. » — VII. 22; — cela a été dit de la nouvelle Église que le Seigneur devait instaurer; et par le beurre et le miel il est signifié le bien spirituel et le bien naturel, et par en manger il est signifié se les approprier, comme ci-dessus ; par le lait est signifié le spirituel d'après le céleste, d'où proviennent ces biens. Dans le Même : « O! quiconque a soif, allez aux eaux; et quiconque n'a point d'argent, allez, achetez et mangez; et allez, et achetez sans argent et sans prix du vin et du lait. Pourquoi dépensez-vous de l'argent, pour ce qui n'est pas du pain, et votre travail pour ce qui ne rassasie point ? Écoutant écoutez-moi, et mangez du bon, afin que se délecte dans la graisse votre urne. » — LV. 1, 2;— qu'ici manger signifie s'approprier d'après le Seigneur, cela est bien évident, car il est dit « quiconque a soif, allez "aux eaux; et quiconque n'a point d'argent, allez, achetez et mangez, » ce qui signifie que celui qui désire le vrai, et qui-auparavant n'avait pas le vrai, l'acquerra et se l'appropriera d'après le Seigneur; celui qui a soif-signifie celui qui désire, l'eau est le vrai, l'argent est le vrai du bien, là pour celui qui n'a point le vrai du bien; aller, c'est vers le Seigneur, acheter signifie s'acquérir, et manger s'approprier ;« allez, achetez sans argent et sans prix du vin et du lait, » signifie afin d'acquérir sans la propre intelligence le Divin Vrai spirituel et le Divin Vrai naturel, le vin signifie le Divin Vrai spirituel, et le lait le Divin Vrai spirituel-naturel; « pourquoi dépensez-vous de l'argent pour ce qui n'est pas du pain, et votre travail pour ce qui ne rassasie point? » signifie que vainement on cherche à s'acquérir d'après le propre le bien de l'amour, et d'après le propre ce qui nourrit l'âme; ici, par l'argent il est signifié le vrai d'après le propre ou la propre intelligence, pareillement par le travail ; par le pain le bien de l'amour, par ce qui rassasie ce qui nourrit l'âme, ici ce qui ne nourrit point; « écoutant écoutez-moi, » signifie que ces choses viennent seulement du Seigneur ; et « mangez du bon, afin que se délecte dans la graisse votre âme, » signifie afin qu'ils s'approprient le bien céleste, d'où procède tout plaisir de la vie; se délecter dans la graisse signifie être réjoui par le bien, et l'âme signifie la vie. Dans le Même : « Pour ceux qui habitent devant Jéhovah sera le trafic de Tyr, pour manger à satiété, et pour celui qui se couvre à l'antique. »— XXIII. 18; — par le trafic de Tyr sont signifiées les connaissances du bien et du vrai en tout genre; habiter devant Jéhovah signifie vivre par le Seigneur; manger à satiété signifie recevoir les connaissances du bien, les percevoir et se les approprier, autant qu'il suffit pour la nourriture de l'âme; se couvrir à l'antique signifie se pénétrer des connaissances du vrai réel, car couvrir se dit des vrais, parce que les vêtements signifient les vrais qui revêtent le bien, et l'antique se dit du réel, parce que les vrais réels étaient chez les Anciens. La môme chose est signifiée dans Moïse : « Vous mangerez à satiété, et vous mangerez du vieux. » — Lévit. XXVI. 5, 10. — Dans lé Même : « Tu mangeras et seras rassasié dans cette terre bonne. » — Deutér. XI. 15. — Puis : « Qu'ils mangeraient et ne seraient point rassasiés. — Lévit. XXVI. 26. — Dans Ésaïe : « Ils bâtiront des maisons et les habiteront, et ils planteront des vignes et en mangeront le fruit; ils ne bâtiront point pour qu'un autre habite, ils ne planteront point pour qu'un autre mange. » — LXV. 21, 22; — chacun sait ce qui est signifié dans le sens de la lettre par ces paroles, mais comme la Parole est spirituelle dans son sein, par elles il est aussi entendu des spirituels, c'est-à-dire, des choses qui appartiennent au Ciel et à l'Église, car ces choses sont des spirituels ; par bâtir des maisons et les habiter, il est signifié remplir les intérieurs du mental du bien du Ciel et de l'Église, et par là jouir de la vie céleste, les maisons signifient les intérieurs du mental, et habiter signifie la vie céleste qui en provient; par planter des vignes et en manger le fruit, il est signifié s'enrichir de vrais spirituels, et s'approprier les biens qui en proviennent, les vignes sont les vrais spirituels, les fruits sont les biens qui en proviennent, et manger est recevoir, percevoir et s'approprier, car tout bien est approprié à l'homme par les vrais, à savoir, par la vie selon les vrais : d'après ce qui vient d'être dit, on voit donc clairement ce qui est signifié par « ils ne bâtiront point pour qu'un autre habite, ils ne planteront point pour qu'un autre mange; » un autre signifie le faux et le mal détruisant le vrai et le bien, car lorsque les vrais et les biens périssent chez l'homme, les faux et les maux entrent. Dans Jérémie : « Bâtissez des maisons, et habitez-les; et plantez des jardins, et mangez-en les fruits. » —XXIX. 5,28;—ces paroles doivent être entendues de même que celles qui viennent d'être expliquées. Dans Moïse : « Dans cette terre te seront données des villes grandes et bonnes que tu n'as point bâties, des maisons pleines de tout bien que tu n'as point remplies, des citernes creusées que tu n'as point creusées, des vignes et des olivaies que tu n'as point plantées; tu mangeras à satiété. — Deutér. VI. 11 ; — l'homme naturel n'entend ces choses que selon le sens de la lettre; mais s'il n'y avait pas en elles un sens spirituel, la Parole serait purement naturelle et non pas spirituelle, et ainsi l'on croirait que ce seraient seulement l'opulence et l'abondance mondaines qui sont promises à ceux qui vivent selon les préceptes Divins; mais que servirait à l'homme 9e gagner tout le monde s'il perdait son âme, c'est à savoir, que servirait à l'homme de recevoir en don des maisons pleines de tout bien, pareillement des citernes, et de recevoir en don des vignes et des olivaies, et d'en manger à satiété? Mais ces richesses énumérées sont des richesses mondaines, par lesquelles il est entendu des richesses spirituelles qui procurent à l'homme la vie éternelle ; par les villes grandes et bonnes qui seront données, sont signifiés les doctrinaux d'après les biens et les vrais réels; par les maisons pleines de tout bien sont signifiés les intérieurs du mental pleins d'amour et de sagesse; par les citernes creusées sont signifiés les intérieurs du mental naturel pleins de connaissances du bien et du vrai ; par les vignes et les olivaies sont signifiées toutes les choses de l'Église, tant ses vrais que ses biens; la vigne est l'Église quant aux vrais, et l'olivaie l'Église quant au bien, car le vin signifie le vrai, et l'huile le bien ; manger à satiété signifie la réception, la perception, et l'appropriation plénière. Dans Ésaïe : « Tu te délecteras en Jéhovah; et chevaucher je te ferai sur les hauts lieux de la terre, et je te nourrirai de l'héritage do Jacob. » —LVIII. là ; — par faire chevaucher sur les hauts lieux de la terre, il est signifié donner l'entendement des vérités supérieures ou intérieures sur les choses du Ciel et de l'Église ; et par nourrir de l'héritage de Jacob, il est signifié être gratifié de toutes les choses du Ciel et de l'Église; par l'héritage de Jacob est entendue la terre de Canaan, et par la terre de Canaan est signifiée l'Église, et dans le sens supérieur le Ciel. Puisque manger signifie s'approprier, on peut voir ce qui est signifié par « manger de l'arbre de vie qui est au milieu du Paradis, » — Apoc. II. 7,— à savoir, que c'est s'approprier la vie céleste : puis, ce qui est signifié par manger de l'arbre de la science, dans la Genèse : « Et commanda Jéhovah Dieu à l'homme, en disant : De tout arbre du jardin mangeant tu mangeras, mais de l'arbre de la science du bien et du mal tu n'en mangeras point, parce qu'au jour que tu en mangeras, mourant tu mourras. »—II. 16,17; — par l'arbre de la science du bien et dû mal est signifiée la science des choses naturelles, par laquelle il n'est pas permis d'entrer dans les spirituels et dans les célestes qui appartiennent "au Ciel et à l'Église, par conséquent par l'homme naturel dans l'homme spirituel; ce chemin est l'inverse et ainsi ne conduit point à la sagesse, mais il la détruit; par Adam et par son épouse est entendue l'Église Très-Ancienne, qui était une Église céleste; les hommes de cette Église, parce qu'ils étaient dans l'amour envers le Seigneur,-avaient les Divins vrais inscrits en eux, et par suite d'après l'influx ils connaissaient dans l'homme naturel les correspondants, qui sont appelés scientifiques; en un mot, il y avait chez eux l'influx spirituel, ainsi influx par le mental spirituel dans le mental naturel, et par conséquent dans les choses qui y sont, qu'ils voyaient telles qu'elles étaient comme dans un miroir d'après la correspondance; les spirituels chez eux étaient entièrement distincts des naturels, les spirituels résidaient dans leur mental spirituel, et les naturels dans leur mental naturel, et par suite ils ne plongeaient rien de spirituel dans le mental naturel, comme font ordinairement les hommes spirituels-naturels; c'est pourquoi, s'ils eussent livré les spirituels à la mémoire naturelle, et se les fussent appropriés de cette manière, l'insite qui était chez eux eût péri, et ils auraient commencé à raisonner d'après l'homme naturel sur les spirituels, et à les conclure de là, ce qu'ils ne font jamais; cela aussi aurait été vouloir être sage d'après la propre intelligence, et non d'après la Divine intelligence, comme il a été dit ci-dessus, et par là ils auraient éteint toute leur vie céleste, let pris des idées naturelles*,' même au1 sujet des spirituels ; c'est donc là ce qui est signifié en ce qu'ils ne devaient point manger de l'arbre de la science du bien et du mal, et que s'ils eu mangeaient, mourant ils mourraient : il arrivait à ces Très-Anciens, qui sont entendus par Adam, la même chose qu'à ceux qui sont dans le Royaume Céleste du Seigneur ; si ceux-ci remplissent l'homme naturel et sa mémoire de connaissances du vrai et du bien spirituels, et veulent être sages d'après ces connaissances, ils deviennent stupides, quoique cependant ils soient les plus sages de tous dans le Ciel ; mais, sur ce sujet, voir de plus grands détails dans le Traité du ciel et de l'enfer, N°s 20 à 28, où il a été question des deux- Royaumes, le céleste et le spirituel, dans lesquels le Ciel dans le commun a été distingué. Dans David : « Celui qui mangeait mon pain a levé sur Maison talon. » — ps. XLI, 10 ; — ceci a été dit des Juifs, chez qui étaient les Divins Vrais, parce qu'ils avaient la Parole, comme on peut le voir dans Jean, — X11I. 18,— où ces paroles ont été appliquées aux Juifs; c'est pourquoi, par manger le pain du Seigneur il est signifié l'appropriation du Divin Vrai, et dans ce passage la communication de ce vrai, parce qu'il ne pouvait pas leur être approprié; le pain signifie la Parole, d'où procède la nourriture spirituelle; lever le talon sur Lui, signifie pervertir le sens de la lettre de la Parole jusqu'à nier le Seigneur et à falsifier tout vrai ; car le Divin Vrai se présente en image comme un Homme, de là le Ciel dans tout' le complexe est appelé le Très-Grand Homme, et correspond à toutes les choses de l'homme, car là Ciel a été formé selon le Divin Vrai procédant du Seigneur; et comme la Parole est le Divin Vrai, c'est pour cela aussi que devant le Seigneur elle est en image comme un Divin Homme ; voilà pourquoi le dernier sens de la Parole, qui est purement le sens de la lettre, correspond au talon ; la perversion de la Parole ou du Divin Vrai par l'application du sens de la lettre à des faussetés, telles qu'étaient les traditions des Juifs, est signifiée par lever sur le Seigneur le talon. Que tout le Ciel soit en image comme un Homme, et que par suite il corresponde à toutes les choses de l'homme, et que le Ciel soit tel, parce que le Seigneur l'a créé et formé par le Divin Vrai procédant du Lui, lequel vrai est la Parole par qui toutes choses ont été faites,—Jean, I. 1, 2, 3,—on le voit dans le Traité du ciel et de l'enfer, Nos 59 à 102, et N03 200 à 212. Dans Luc : « Vous commencerez à dire : Nous avons mangé devant Toi, et nous avons bu, et dans nos places tu as enseigné; mais il dira : Je ne sais d'où vous êtes; relirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d'iniquité. »—XIII. 26, 27; — ils diront, lorsqu'ils se présenteront au jugement, qu'ils ont mangé et bu devant le Seigneur, signifie qu'ils ont lu la Parole, et en ont tiré des connaissances du bien et du vrai, s'imaginant être sauvés par là; c'est pourquoi, il est dit ensuite» dans nos places tu as enseigné, » ce qui signifie qu'ils ont été instruits dans les vrais d'après la Parole, ainsi par le Seigneur; mais par la réponse, «je ne sais d'où vous êtes; retirez-vous de Moi, vous tous, ouvriers d'iniquités, » il est signifié que lire la Parole, et être instruit d'après elle, ne fait rien pour le salut, si l'on ne vit pas en même temps selon la Parole ; car enrichir la mémoire d'après la Parole et les doctrinaux de l'Église, si ces doctrinaux ne sont point mis dans la vie, cela ne fait rien pour le salut. Dans Matthieu : « Le Roi dira à ceux de sa droite : J'ai eu faim, et vous M'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous M'avez abreuvé. El à ceux de gauche : J'ai eu faim, et vous ne M'avez pas donné à manger; j'ai eu soif, et vous ne M'avez pas abreuvé. »—XXV. 35, 42;— par ces paroles aussi il est signifié une faim et une soif spirituelles, et aussi le manger et le boire spirituels ; la faim et la soif spirituelles, c'est l'affection et le désir pour le bien et le vrai; le manger et le boire spirituels, c'est l'instruction, la réception et l'appropriation ; là, il est dit du Seigneur qu'il a faim et soif, parce que d'après le Divin Amour il désire le salut de tous ; et de l'homme il est dit qu'ils Lui ont donné à manger, et qu'ils L'ont abreuvé, ce qui arrive quand d'après l'affection procédant du Seigneur ils reçoivent et perçoivent le bien et le vrai, et se les approprient par la vie. Pareillement il sera dit de l'homme qui de cœur aime à instruire l'homme et veut le salut de l'homme; c'est donc la charité, ou l'affection du vrai spirituel, qui est décrite aussi par ces paroles et par celles qui précèdent et suivent. D'après ce qui vient d'être dit, on peut maintenant voir ce qui est signifié par manger le pain et boire le vin dans la Sainte Cène,—Matth. XXVI. 26. Marc, XIV. 22, — où il est dit aussi que le pain est le corps du Seigneur, et que le vin est son sang; que par le pain il y soit signifié le bien de l'amour, et par le vin le vrai procédant de ce bien, qui est aussi le bien de la foi, et de même par la chair et le sang, et que par la manducation il soit signifié l'appropriation et la conjonction avec le Seigneur, on peut le voir d'après ce qui a été dit et montré dans la doctrine de la nouvelle Jérusalem, Nos 210 à 222. Que de telles choses soient signifiées par le pain et le vin, et par le corps et le sang, et aussi par la manducation, on peut le voir encore plus évidemment d'après les paroles du Seigneur, dans Jean : « Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts ; c'est ici le pain qui du Ciel descend; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra pour l'éternité ; or, le pain que Moi je donnerai, c'est ma chair que Moi je donnerai pour la vie du Monde. En vérité, je vous dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous; qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. Qui mange ma chair et boit mon sang, en Moi demeure, et Moi en lui. C'est ici le pain qui du Ciel est descendu; celui qui mange ce pain vivra pour l'éternité. » — VI. 49 à 58 ; — quiconque jouit de la faculté de penser intérieurement peut voir qu'ici ce n'est ni la chair ni le sang, ni le pain ni le vin, qui sont entendus, mais que c'est le Divin procédant du Seigneur ; car c'est le Divin procédant, c'est-à-dire, le Divin Bien et le Divin Vrai, qui donnent à l'homme la vie éternelle, et qui font que le Seigneur demeure dans l'homme, et l'homme dans le Seigneur, puisque le Seigneur est en l'homme dans son Divin et non dans le propre de l'homme, car ce propre n'est que mal; et le Seigneur est dans l'homme, et l'homme dans le Seigneur, quand le Divin procédant est approprié à l'homme par une juste réception ; par la manducation est signifiée l'appropriation elle-même, par la Chair et le Pain le Divin Bien procédant, et par le Sang et le Vin lé-Divin Vrai procédant, de même que dans les sacrifices, dans lesquels la chair et la minchah qui était le pain signifiaient le bien de l'amour, et le sang et le vin qui était la libation signifiaient le vrai d'après ce bien, l'un et l'autre procédant du Seigneur. Comme par la chair et le pain il est signifié le Divin Bien procédant, et par le sang et le vin le Divin Vrai procédant, c'est pour cela que par la chair et le pain il est entendu le Seigneur Lui-Même quant au Divin Bien, et par le sang et le vin le Seigneur Lui-Même quant au Divin Vrai ; si le Seigneur Lui-Même est entendu par là, c'est parce que le Divin procédant est le Seigneur Lui-Même dans le Ciel et dans l'Église, aussi «le Seigneur dit-il d& Lui, « c'est ici le Pain qui du Ciel est descendu; » puis, « celui qui mange ce pain, en Moi demeure, et Moi en lui. » Comme le Pain signifie le Seigneur quant au Divin Bien, et que manger ce pain signifie l'appropriation et la conjonction, voilà pourquoi « lorsque le Seigneur, se manifestant après la mort aux disciples, rompit le pain et le leur donna, leurs yeux furent ouverts, et ils Le connurent. »—Luc, XXIV. 30, 31; — par là, il est encore évident que manger le pain donné par le Seigneur signifie la conjonction avec Lui, d'après laquelle ayant été illustrés ils Le connurent, car les yeux dans la Parole correspondent à l'entendement, et par suite le signifient, et c'est l'entendement qui est illustré, et par suite les yeux sont ouverts; par rompre le pain dans la Parole il est signifié communiquer son bien à un autre. Si « le Seigneur a mangé avec des publicains et des pécheurs, ce dont les Juifs murmuraient et se scandalisaient, »—Marc, II. 15, 16. Luc, V. 29, 30, VII. 33 à 35, — c'est parce que, les Nations, qui sont entendues par les .publicains et par les pécheurs, recevaient le Seigneur, puisaient ses préceptes, et y conformaient leur vie; par là le Seigneur leur appropriait les biens du Ciel, ce qui dans le sens spirituel est signifié par manger avec eux. Comme par manger il était signifié être approprié, c'est pour cela qu'il-avait été accordé aux fils d'Israël de manger des choses sanctifiées ou des sacrifices, car par les sacrifices étaient signifiés les Divins célestes et spirituels, et de là par le repas qui était fait avec les choses sacrifiées était signifiée l'appropriation de ces Divins ; et comme l'appropriation des choses saintes était signifiée par ce repas, voilà pourquoi il fut porté plusieurs lois pour indiquer qui en mangerait, et où l'on en mangerait, et de quels sacrifices on mangerait ; ainsi : « Ce qu'Aharon et ses fils prendraient des 'sacrifices et mangeraient. » —Exod. XXIX. 31, 32, 33, Lévit. VI. 9, 10, 11. VII. 6', 7. VIII. 31, 32, 33. X. 13, 14, 15. — « Qu'eux mangeraient, les pains de proposition dans le lieu saint. » — Lévit. XXIV. 5 à 9. — « Que la fille du prêtre, mariée à un étranger, ne mangerait point des choses sanctifiées, mais que la fille du prêtre, veuve ou répudiée et sans enfants, revenue 'dans la maison de son père, en mangerait. »—Lévit. XXII. 12, 13. — « Quels seraient ceux du peuple qui en mangeraient. »—Nomb. XVIII. 10, It, 13, 19. — « Que l'étranger (alienus), l'étranger (inquilinus) , le mercenaire du prêtre, n'en mangeraient point, mais que l'acheté de son argent en mangerait. » — Lévit. XXII. 10,11, 12. — « Que l'impur n'en mangerait point. » — Lévit. VII. 19, 20, 21. XXI. 16 à 24. XXII. 2 à 8. — « Qu'ils ne mangeraient rien des holocaustes, mais qu'ils mangeraient des sacrifices eucharistique» et se réjouiraient devant Jéhovah. » — Deutér. XII. 27. XXVII. 7; —dans ces lois et dans plusieurs autres statuts et lois sur les repas de choses sanctifiées, sont contenus les arcanes de l'appropriation du Divin Bien et du Divin Vrai, et de la conjonction par suite avec le Seigneur ; mais ce n'est pas ici le lieu de développer chacun de ces arcanes, il suffit de savoir, d'après les passages rapportés, que manger signifié être approprié d'être conjoint; c'est aussi pour cela que,« lorsque les fils d'Israël furent conjoints au Seigneur par le sang de l'alliance, et après que Moïse eut lu le livre de la loi devant eux, et qu'ils eurent vu le Dieu d'Israël, il est dit qu'ils mangèrent et qu'ils burent. » —Exod. XXIV. 6 à 11. — Que manger la chair et boire le sang signifie l'appropriation du bien et du vrai spirituels, on peut le voir dans Ëzéchiel : « Ainsi a dit le Seigneur Jéhovih : Assemblez-vous d'alentour sur mon sacrifice, que Moi je sacrifie pour vous, sacrifice grand sur les montagnes d'Israël, afin gué vous mangiez de la chair, et gué vous buviez du sang; chair de forts vous mangerez, et sang des princes de la terre vous boirez; et vous mangerez de la graisse à satiété, et boirez du sang jusqu'à l'ivresse, de mon sacrifice que je sacrifie pour vous ; vous serez rassasiés, sur ma table, de cheval et de char, de fort et de tout homme de guerre : ainsi je donnerai ma gloire parmi les nations. » — XXXIX. 17 à 21;—là, il s'agit de la convocation de tous pour le Royaume du Seigneur, et spécialement de l'instauration de l'Église chez les nations, car il est dit« ainsi je donnerai ma gloire parmi les nations; » par manger de la chair et boire du sang, il est entendu qu'ils s'approprieraient le Divin Bien et le Divin Vrai, la chair signifie le bien de l'amour, et le sang le vrai de ce bien ; par les forts ou les bœufs sont signifiées les affections du bien, par les princes de la terre les affections du vrai, leur jouissance plénière est signifiée par manger de la graisse à satiété, et boire du sang jusqu'à l'ivresse; par la graisse sont signifiés les biens intérieurs, et par le  , sang les vrais intérieurs, qui ont été manifestés par le Seigneur quand il est venu dans le Monde, et ont été appropriés à ceux qui L'ont reçu; avant son avènement dans le Monde, il avait été défendu de manger de la graisse et de boire du sang, et cela, parce que les fils d'Israël ont été seulement dans les externes, c'étaient des hommes naturels-sensuels, et nullement dans les internes ou spirituels; si donc il leur eût été permis de manger la graisse et le sang, ce qui signifiait s'approprier les biens et les vrais intérieurs, ils les auraient profanés; c'est pourquoi, par en manger était signifiée la profanation : des choses semblables sont signifiées par être rassasié, sur la table du Seigneur, de cheval et de char, de fort et de tout homme de guerre; par le cheval il est signifié l'entendement de la Parole, par le char la doctrine d'après la Parole, par le fort et l'homme de guerre le bien et ,1e vrai combattant contre le mal et le faux et les détruisant; par les montagnes d'Israël, sur lesquelles ils mangeraient, était signifiée l'Église spirituelle dans laquelle le bien de la charité est l'essentiel. D'après ces explications, il est bien évident que par manger il est signifié s'approprier, et que par la chair, le sang, le fort, les princes de la terre, le cheval, le char, l'homme de guerre, sont signifiés les spirituels qui doivent être appropriés, et nullement les naturels, car manger ces choses naturellement serait abominable et diabolique. De semblables choses sont signifiées par « manger chairs de rois, de kiliarques, de chevaux et de ceux qui les montent, de libres et d'esclaves. » — Apoc. XIX. 18. — Comme dans la Parole la plupart des expressions ont aussi le sens opposé, il en est de même de manger et de boire, et dans ce sens ils signifient s'approprier le mal et le faux, et par suite être conjoint à l'enfer, comme on peut le voir par les passages suivants; dans Ésaïe : « Le Seigneur Jéhovih appellera en ce jour-là à pleurs et à gémissement, et à calvitie et à se couvrir du sac ; voici, joie et allégresse, tuer le bœuf et immoler le bétail, manger de la chair et boire du vin; il faut manger et boire, car demain nous mourrons. » — XXII. 12,13; — la vastation de l'Église, et la lamentation sur elle, sont décrites par être appelé en ce jour-là à pleurs, à gémissement, à calvitie-et à se couvrir du sac; la lamentation sur la perte du vrai est signifiée par les pleurs, sur la perte du bien par le gémissement, sur la perte de toute affection du bien par la calvitie, sur la perte de l'affection du vrai par le sac; par tuer le bœuf et immoler le bétail, il est signifié éteindre le bien naturel et le bien spirituel; par manger de la chair et boire du vin, il est signifié s'approprier le mal et le faux ; la chair, ici, signifie le mal, le vin le faux du mal, et manger et boire se les approprier. Dans Ézéchiel : « // fut dit au prophète de manger sa nourriture au poids et avec inquiétude, et de boire de l'eau par mesure et avec stupeur; et de manger un gâteau d'orge fait avec de la fiente : qu'ainsi manger aient les fils d'Israël leur pain souillé parmi les nations vers lesquelles ils seraient f liasses; qu'ils manqueraient de pain et d'eau,, et seraient désolés l'homme et son frère, et qu'ils seraient languissants à cause de leur iniquité. »— IV. 10 à 17 ; — par ces choses, dans le prophète, était représentée l'adultération du Divin Vrai ou de la Parole chez la nation Juive ; le gâteau d'orge fait avec de la fiente signifie cette adultération, le gâteau d'orge le bien et le vrai naturels, telle qu'est la Parole dans le sens de la lettre, la fiente le mal infernal ; c'est pourquoi il est dit que les fils d'Israël mangeront ainsi leur pain souillé, le pain souillé signifie le bien corrompu par le mal ou adultéré ; « ils manqueront de pain et d'eau parmi les nations vers lesquelles ils seront chassés, » signifie qu'il n'y aura plus pour eux ni bien ni vrai, parce qu'ils seront dans les maux et dans les faux, les nations signifient les maux et les faux, être chassé vers elles, c'est être livré aux maux et aux faux ; par l'homme et son frère, qui seront désolés, il est signifié la foi et la charité, l'homme signifie le vrai de la foi, et le frère le bien de la charité, et être désolé signifie l'extinction plénière de l'un et de l'autre; comme c'est là ce qui est signifié par manger du pain et boire de l'eau, voilà pourquoi il est dit qu'ils seront languissants à cause de leur iniquité, être languissant se dit de la vie spirituelle quand elle périt. Comme les bêtes signifient les affections, les unes les affections bonnes et les autres les affections mauvaises, c'est pour cela que chez les fils d'Israël, où il y avait l'Église représentative, il fut porté des lois pour décider quelles bêtes seraient mangées, et quelles bêtes ne seraient pas mangées, — Lévit. XL 1 à 47;— par ces lois il était signifié quelles bêtes représentaient les affections bonnes qui devaient être appropriées, et quelles bêtes représentaient les affections mauvaises qui ne devaient pas être appropriées, puisque les affections bonnes rendent l'homme pur, et que les affections mauvaises le rendent impur : toutes les choses que renferme ce Chapitre du Lévitique, quant à chaque bête et à chaque oiseau, et quant à leurs ongles, à leurs pieds et à la rumination, par lesquels les purs sont distingués des impurs, toutes ces choses sont significatives. Dans Ésaïe : « S'il tranche à droite, il sera affamé cependant, et s'il mange à gauche, ils ne seront pas rassasiés; l'homme la chair de son bras ils mangeront, Ménascheh Éphraïm, et Éphraïm Ménascheh. » — IX. 19, 20; — par là est décrite l'extinction du bien par le faux et du vrai par le mal ; l'extinction de tout bien et de tout vrai, en quelque endroit qu'on les cherche, est signifiée par « s'il tranche à droite, il sera affamé cependant, et s'il mange à gauche, ils ne seront pas rassasiés ; » trancher à droite et manger à gauche, c'est chercher; être affamé et ne pas être rassasié, c'est que l'on ne trouve point, et que si l'on trouve, toujours est-il que cela ne peut être reçu ; « l'homme la chair de son bras ils mangeront, » signifie que le faux consumera le bien, et le mal le vrai, dans l'homme naturel; « Ménascheh Éphraïm, et Éphraïm Ménaschech, » signifie que la volonté du mal consumera l'entendement du vrai, et que l'entendement du faux consumera la volonté du bien ; mais ceci a déjà été expliqué ; voir ci-dessus, Nos 386 et 600. La consomption de tout vrai et de tout bien est aussi signifiée par cela « qu'ils mangeraient la chair de leurs fils et de leurs filles. » — Lévit. XXVI. 29 ; — et par « les pères mangeront les fils, et les fils mangeront leurs pères. » — Ézéch. V. 10; — les pères signifient les biens de l'Église, et dans le sens opposé les maux de l'Église, les fils les vrais de l'Église et dans le sens opposé les faux de l'Église, et les filles les affections du vrai et du bien et dans le sens opposé les cupidités du faux et du mal; leur mutuelle consomption et extinction est signifiée par les manger; il est donc évident que ces paroles doivent être entendues autrement que selon la lettre. Dans Matthieu : « A la consommation du siècle ils seront comme avant te déluge, mangeant et buvant, se mariant et donnant en mariage. » XXIV. 38. Luc, XVII. 26 à 29; —ici, par manger et boire et par se marier et donner en mariage, il n'est pas entendu manger et boire, ni se marier et donner en mariage, mais par manger il est signifié s'approprier le mal, par boire s'approprier le faux, par se marier et donner en mariage conjoindre le faux au mal et le mal au faux, car il s'agit ici de l'état de l'Église quand arrive le jugement dernier, puisque ce jugement est signifié par la consommation du siècle ; il est évident qu'alors tant les bons que les méchants mangeront et boiront, parce qu'il n'y a aucun mal à manger et à boire ; et que les hommes ont fait de même avant le déluge et n'ont pas été détruits pour cela, mais qu'ils se sont approprié le mal et le faux et les ont conjoints chez eux ; c.'est donc là ce qui est signifié par manger et boire et par se marier et donner en mariage. Dans Luc : « Le riche dit à son âme : Ame, tu as beaucoup de biens en réserve pour beaucoup d'années, repose-toi, mange, bois.» XII. 19 : — dans le Même : a Si le serviteur dit en son cœur : Le Seigneur tarde à venir, et qu'il commence à battre les serviteurs, à manger, à boire, à s'enivrer. » — XII. 45 : puis par le festin et l'ivresse, dans le Même : « Jésus dit : Prenez garde à vous-mêmes, de peur que ne soient appesantis vos cœurs par festin et par ivresse. » — XXI. 34 ; — il semble que dans ces*passages, par manger et boire et par le festin, il soit entendu la luxure et l'intempérance, telles qu'elles sont chez ceux qui s'abandonnent à leurs penchants, mais ce sens est le sens naturel littéral de ces paroles, tandis que le sens spirituel, c'est s'approprier le mal et le faux, comme ou peut le voir par les passages ci-dessus rapportés, où manger et boire ont cette signification, et aussi en ce que la Parole est naturelle dans la lettre, et spirituelle intérieurement, spirituelle pour les Anges, et naturelle pour les hommes. Outre ces passages de la Parole, on peut en rapporter beaucoup d'autres, qui prouvent et confirment que manger signifie recevoir, percevoir et s'approprier les choses dont l'âme est nourrie, car manger spirituellement n'est pas autre chose que remplir le mental de sa nourriture, qui consiste à vouloir savoir, comprendre et goûter les choses qui concernent la vie éternelle : que manger ait cette signification, on peut encore le voir d'après la signification du pain et de la nourriture, d'après celle de la faim et de l'appétit violent, comme aussi d'après celle du vin et de l'eau, significations dont il a été traité ci-dessus en leur lieu. Puisque manger signifie percevoir quelle est la chose, et que la chose est perçue par le goût, de là vient que d'après la correspondance le goût et goûter (sapor et sapere), dans les Langues humaines, se disent aussi de la perception de la chose ; de là aussi vient le mot de sagesse (ou sapience, sapientia)



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