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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 616. 

Et j'allai vers l'Ange, lui disant : Donne-moi le petit livre, signifie la faculté de percevoir d'après le Seigneur quelle est la Parole : on le voit par la signification d'aller vers l'Ange, et de dire : Donne-moi le petit livre, en ce que, dans le sens le plus proche, c'est obéir au commandement, puisqu'il lui avait été dit d'aller et de le prendre; mais dans un sens plus éloigné, qui est le sens intérieur, par ces paroles est entendue la faculté de percevoir d'après le Seigneur quelle est la Parole : le Seigneur donne à chaque homme de percevoir cela, mais néanmoins personne ne le perçoit, à moins qu'on ne veuille le percevoir comme de Soi-même, car si l'homme ne veut et ne fait comme de lui-même, il ne lui est approprié aucune faculté, parce qu'il faut qu'il y ait un actif et un réactif pour que l'appropriation se fasse ; l'actif vient du Seigneur et le réactif aussi, mais le réactif semble venir de l'homme, car le Seigneur Lui-Même donne ce réactif, et c'est de là qu'il vient du Seigneur et non de l'homme ; mais comme l'homme ne sait autre chose, sinon qu'il vit par lui-même, par conséquent qu'il pense et veut par lui-même, il en résulte qu'il doit agir ainsi comme par le propre de sa vie, et quand il agit ainsi, alors cela est introduit en lui, lui est conjoint, et lui est approprié. Celui qui croit que les Divines Vérités et les Divines Bontés influent sans un tel réactif ou réciproque se trompe beaucoup, car ce serait rester les bras croisés, et attendre l'influx immédiat, comme se l'imaginent ceux qui séparent entièrement la foi d'avec la charité et disent que les biens de la charité, qui sont les biens de la vie, influent sans aucune coopération de la volonté de l'homme, tandis que cependant le Seigneur enseigne qu'il se tient Lui-Même continuellement à la porte et heurte, et que l'homme doit ouvrir, et que le Seigneur entre chez celui qui ouvre, Apoc. III. 20 : — en somme, l'action et la réaction font toute conjonction, et l'action et la passivité pure n'en font aucune; en effet, lorsque l'agent ou l'actif influe dans le purement patient ou passif, il passe outre et est dissipé, car le passif cède et fuit; mais lorsque l'agent ou l'actif influe dans un tel passif qui aussi est réactif, ils sont appliqués, et l'un et l'autre demeurent conjoints; il en est ainsi de l'influx du Divin Bien et du Divin Vrai dans la volonté ou dans l'amour de l'homme; c'est pourquoi, lorsque le Divin influe dans l'entendement seul, il passe au-delà et est dissipé, mais quand il influe dans la volonté, où est le propre de l'homme, il demeure conjoint. Diaprés ces explications, on peut voir que quand ici il est d'abord dit à Jean : Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l'Ange qui se tient sur la mer et sur la terre, et que Jean va vers l'Ange, en lui disant : Donne-moi le petit livre, et qu'alors l'Ange lui dit : Prends, et dévore-le, cela enveloppe une description du réactif ou du réciproque; il en résulte donc que par ces paroles est signifiée la faculté de recevoir et de percevoir d'après le Seigneur quelle est la Parole. La réception de l'influx Divin est aussi décrite pareillement ailleurs dans la Parole.

 



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