| Apocalypse Expliquée 412. 412. Et cachez-nous de la face de Celui qui est assis sur le trône ; et de la colère de l’Agneau, signifie de peur qu'ils ne souffrent des tourments horribles par l'influx du Divin Bien uni au Divin Vrai procédant du Seigneur : on le voit par signification de cachez-nous, quand cela est dit par ceux chez qui les biens et les vrais de l'Église ont été détruits par les maux de la vie et par les faux de ces maux, en ce que c'est de peur qu'ils ne souffrent des tourments horribles, ainsi qu'il va être expliqué; par la signification de la face de Celui qui est assis sur le trône, en ce que c'est le Seigneur quant au Divin Bien dans le Ciel; que face, quand il s'agit du Seigneur, soit le Divin Amour d'où procède le Divin Bien dans le Ciel, on le verra par les passages de Parole qui vont être rapportés ; et que Celui qui est assis sur trône soit le Seigneur quant au Divin Bien dans le Ciel, on le voit ci-dessus, Nos 297, 343; et par la signification de la colère l'Agneau, en ce que c'est l'action d'être jeté dans l'enfer par l'influx du Divin Vrai procédant du Seigneur; que la colère de Jéhovah ou du Seigneur ait cette signification, on peut le voir par passages de la Parole qui seront rapportés dans l'Article suivant ; en outre, par Celui qui est assis sur le trône et par l'Agneau, il entendu le Seigneur seul, par Celui qui est assis sur le trône le Seigneur quant au Divin Bien, et par l'Agneau le Seigneur quant au Divin Vrai, voir ci-dessus, Nos 297, 343 : s'il est dit la colère de l'Agneau, ce n'est pas que le Seigneur, qui est entendu par Celui qui est assis sur le trône et par l'Agneau, se mette en colère ; en effet, il est le Divin Bien Même, et ce Bien ne peut se mettre en colère, car la colère ne tombe pas dans le Bien Même, mais il dit ainsi, dans le sens de la lettre de la Parole, pour des raisons dont il a été parlé ailleurs : ici il sera seulement montré que la face de Jéhovah ou du Seigneur signifie le Divin Amour, et par suite le Divin Bien dans le Ciel et dans l'Église; et que dans le sens opposé par mettre sa face contre quelqu'un et par couvrir ou cacher sa face, il est entendu la même chose que par l'emportement et la colère; puis aussi, que par la face, quand il s'agit de l'homme, il entendu les intérieurs qui appartiennent à son mental et à son affection, dans l'un et l'autre sens : que la face, quand il s'agit de Jéhovah ou du Seigneur, signifie le Divin Amour, et par suite le Divin Bien, on le voit par les passages suivants ; dans David : « Fais luire tes faces sur ton serviteur, conserve-moi à cause de ta bénignité. » — Ps. XXXI. 17; — faire luire ses faces signifie illustrer par le Divin Vrai d'après le Divin Amour; si cela est signifié par faire luire ses faces, c'est parce que le Divin Vrai, qui procède du Seigneur comme Soleil dans le Ciel Angélique, y donne toute la lumière, et illustre aussi les mentals des anges et les remplit de sagesse, c'est pourquoi la face du Seigneur dans le sens propre est le Soleil du Ciel Angélique; en effet, le Seigneur apparaît aux Anges des Cieux intérieurs comme Soleil, et cela d'après son Divin Amour, car l'Amour dans les Cieux, quand il se présente devant les yeux, apparaît comme un feu, et le Divin Amour comme Soleil ; de ce Soleil procèdent et la chaleur et la lumière, et cette Chaleur est le Divin Bien, et cette Lumière est le Divin Vrai : d'après cela on peut voir que par « fais luire tes faces sur ton serviteur » il est signifié illustrer par le Divin Vrai d'après le Divin Bien; c'est aussi pour cela qu'il est ajouté, « conserve-moi à cause de ta bénignité, » la bénignité appartient au Divin Bien : mais sur le Soleil dans le Ciel Angélique, et sur la Chaleur et la Lumière dans ce Ciel, voir dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER; sur le Soleil, Nos116 à 125; et sur la Chaleur et la Lumière, Nos 126 à 140. Dans le Même : « Plusieurs disent : Qui nous montrera du bien? Elève sur nous la lumière de tes faces, Jéhovah! » — Ps. IV. 7. — Dans le Même : « Jéhovah! à la lumière de tes faces ils marcheront. » — Ps. LXXXIX. 16. — Dans le Même : « Dieu ! Ramène-nous, et fais reluire tes faces, afin que nous soyons sauvés. » --- Ps. LXXX. 4, 8, 20. --- Et dans le Même : « Que Dieu ait pitié de nous, et nous bénisse, qu'il fasse luire ses faces sur nous! » — Ps. LXVII. 2; — par la lumière des faces de Jéhovah ou du Seigneur il est entendu le Divin Vrai d'après le Divin Amour, comme ci-dessus, et par suite l'intelligence et la sagesse, car c'est d'après le Divin Vrai, ou d'après la Divine Lumière dans les Cieux, qu'il y a toute intelligence et toute sagesse tant pour les Anges que pour les hommes; de là, dans ces passages, par faire luire tes faces sur nous, par élever sur nous la lumière de tes faces, et par faire reluire tes faces, il est signifié illustrer dans le Divin Vrai, et gratifier d'intelligence et de sagesse. Pareille chose est signifiée dans la Bénédiction des fils d'Israël, dans Moïse : « Que te bénisse Jéhovah, et qu'il te garde! que fasse luire Jéhovah ses faces sur toi, et ait pitié de toi! qu'élève Jéhovah ses faces sur toi, et te donne la paix! » — Nomb. VI. 24, 25, 26; — par faire luire les faces et avoir pitié, il est signifié illustrer par le Divin Vrai et gratifier d'intelligence et de sagesse; et par élever ses faces et donner la paix, il est signifié remplir du Divin Bien et gratifier d'amour; il doit y avoir l'un et l'autre, pour que l'homme devienne sage; en effet, tous ceux qui sont dans le Monde spirituel sont éclairés par la Lumière qui procède du Seigneur comme Soleil, mais néanmoins ceux-là seuls deviennent intelligents et sages, qui sont en même temps, dans l'amour, puisque le bien qui appartient à l'amour reçoit le vrai, car ils sont conjoints parce qu'ils concordent et s'aiment mutuellement; ceux-là donc seuls qui sont dans l'amour voient le Soleil dans le Ciel, les autres voient seulement la lumière; avoir pitié, qui est dit de l'illumination des faces, s'applique dans la Parole au vrai; et la paix, qui est dite de l'élévation des faces, s'applique au bien. Comme le Divin Amour du Seigneur apparaît comme Soleil dans le Ciel, et que c'est de là que provient la Lumière du Ciel, voilà pourquoi : « Quand le Seigneur fut transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean, sa face resplendit comme le Soleil, et ses vêtements devinrent comme la Lumière. » — Matth. XVII. 2 : — et aussi quand Jean Le vit : « Sa face brilla comme le Soleil dans sa puissance; » — Apoc. I. 16; — par les vêtements qui devinrent comme la Lumière est signifié le Divin Vrai, car les vêtements dans la Parole signifient le vrai, et cela par la raison que tous les Anges sont vêtus par le Seigneur selon la réception du Divin Vrai ; leurs vêtements proviennent aussi de la Lumière du Ciel, c'est de là qu'ils sont resplendissants et d'un blanc éclatant ; et la lumière du ciel, comme il a été dit, est le Divin Vrai ; d'après cela on voit pourquoi les vêtements du Seigneur, quand il fut transfiguré, devinrent comme la Lumière; mais, sur ce sujet, voir de plus grands détails dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 177 à 182; et ci-dessus, Nos 64, 195, 271, 395. Dans Matthieu : « Jésus dit de l'enfant qu'il avait placé au milieu des disciples : Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits, car je vous dis que leurs Anges dans les Cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les Cieux. » — XVIII. 10; — il est dit que leurs Anges voient, parce que chez chaque homme il y a des esprits et des anges, et ces esprits et ces anges sont tels qu'est l'homme ; chez les enfants il y a des Anges du Ciel intime, ceux-ci voient le Seigneur comme Soleil, car ils sont dans l'amour envers Lui et dans l'innocence, cela est entendu dans le sens le plus proche en ce que leurs Anges voient la face de son Père; par la face du Père il est entendu le Divin Amour qui était dans le Seigneur, par conséquent le Divin Même qui est Jéhovah, car le Père était en Lui et Lui dans le Père, et ils étaient un, comme il l'enseigne Lui-Même; mais ces mêmes paroles dans le sens spirituel pur signifient que le Seigneur quant à son Divin Bien est dans le bien de l'innocence; car par l'enfant, dans le sens spirituel, il est signifié le bien de l'innocence, et par la face du Père le Divin Bien du Seigneur. Au sujet des serviteurs du Seigneur, par lesquels sont entendus ceux qui sont dans les Divins vrais par cela qu'ils sont dans le bien de l'amour et de la charité, il est dit la même chose dans l'Apocalypse : « Dans la Nouvelle Jérusalem sera le trône de Dieu et de l'Agneau, et ses serviteurs Le serviront, et ils verront ses faces. » — XXII. 3. 4 ; — mais on en verra l'explication dans la suite. Dans Ésaïe : « Dans toute leur angoisse il a été en angoisse, et l'Ange de ses faces les a délivrés; à cause de son amour et à cause de sa clémence. Lui les a rachetés, et il les a pris, et il les a portés tous les jours de l'éternité. » — LXIII. 9 ; — là, il s'agit du Seigneur, qui est appelé l'Ange des faces de Jéhovah d'après le Divin Vrai procédant de son Divin Amour, car par l'Ange dans la Parole il est signifié le Divin Vrai, c'est même pour cela que les Anges sont appelés dieux, voir ci-dessus, Nos 130, 200, 302; et par les faces de Jéhovah il est entendu le Divin Amour qui est dans le Seigneur; de là aussi il est dit « à cause de son amour et à cause de sa clémence, Lui les a rachetés, et il les a pris, et il les a portés tous les jours de l'éternité; » ces choses concernent le Divin Amour : le Seigneur quant à son Humain était le Divin Vrai, d'après lequel il combattit contre les Enfers, et par lequel il les subjugua, de là vient qu'ici il est appelé Ange, c'est-à-dire qu'il est considéré quant à son Divin Humain : dans ce Chapitre il s'agit évidemment du Seigneur, et de ses combats contre les Enfers et de leur subjugation. Dans David : « Tu les caches dans le secret de tes faces hors de l'orgueil de l'homme, tu les couvres dans ta Tente hors de la contestation des langues. » — Ps. XXXI. 21 ; — les cacher dans le secret de tes faces, c'est dans le Divin Bien qui n'apparaît pas devant les autres; les couvrir dans ta tente, c'est dans le Divin Vrai; l'orgueil de l'homme et la contestation des langues sont les maux du faux et les faux du mal, car l'orgueil se dit des maux parce qu'ils appartiennent à l'amour de soi, et l'homme (vir) signifie le vrai et le faux ; la contestation des langues est le faux du mal : ce que c'est que le mal du faux et le faux du mal, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 21. Dans le Même : « Tu as placé nos iniquités devant Toi, notre secret dans la lumière de tes faces. » --- Ps. XC. 8; — la lumière de tes faces est la Lumière du Ciel par le Seigneur comme Soleil du Ciel; cette Lumière étant le Divin Vrai même, d'où procèdent toute intelligence et toute sagesse, il en résulte que tout ce qui vient dans cette lumière est manifesté tel qu'il est comme dans la clarté du jour; lors donc que les méchants viennent dans cette lumière, ils apparaissent absolument tels qu'ils sont, hideux et monstrueux selon les maux cachés chez eux ; d'après cela on voit clairement ce qui est entendu par « tu as placé nos iniquités devant Toi, et notre secret dans la lumière de tes faces. » Dans Jérémie : « Crie ces paroles-ci vers le septentrion, et dis : Reviens, Israël la rebelle; je ne ferai pas tomber mes faces de dessus vous, puisque (je suis) Miséricordieux, Moi. » — III. 12; — ici, par mes faces il est aussi signifié le Divin Amour et tout bien qui appartient à l'amour, et par ne pas faire tomber les faces il est signifié ne pas abaisser et ne pas cesser, car lorsque la face tombe, on cesse alors d'être regardé; de là on voit ce qui est signifié par « je ne ferai pas tomber mes faces de dessus vous; » aussi est-il dit, « puisque je suis Miséricordieux, Moi; » la miséricorde est le Divin Amour envers les malheureux ; par « crie vers le septentrion, » il est signifié à ceux qui sont dans les faux et par suite dans les maux, c'est pourquoi il est dit aussi, « reviens, Israël la rebelle; » si le septentrion a cette signification, c'est parce que ceux qui sont dans les faux et par suite dans les maux habitent, dans le Monde spirituel, la plage septentrionale : sur les faux et sur les maux qui proviennent des faux, voir dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 21. Si « les Pains sur la Table dans le Tabernacle ont été appelés Pains des faces, et la table elle-même table des faces, » — Exod. XXV. 30. Nomb. IV. 7, — c'était parce que là par les Pains, de même que par les faces de Jéhovah, il était signifié le Divin Bien du Divin Amour; voir DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 212, 213, 218. Comme par les faces de Jéhovah ou du Seigneur il est signifié le Divin Bien uni au Divin Vrai sortant et procédant de son Divin Amour, voilà pourquoi par les faces de Jéhovah il est signifié aussi les Intérieurs de l'Église, de la Parole et du Culte, car ce Divin Bien est dans les intérieurs; les Extérieurs de l'Église, de la Parole et du Culte sont seulement les effets et les œuvres qui en proviennent : les Intérieurs de l'Église, de la Parole et du Culte sont signifiés par voir, chercher et supplier les faces de Jéhovah, dans Ésaïe : « Que M'importe la multitude de vos sacrifices, lorsque vous venez pour voir les faces de Jéhovah? » — I. 11,12. — Dans Zacharie : « Les habitants de l'une iront à l'autre, en disant : Allons en allant pour supplier les faces de Jéhovah, et pour chercher Jéhovah Sébaoth : ainsi viendront plusieurs peuples et des nations nombreuses pour chercher Jéhovah Sébaoth dans Jérusalem, et pour supplier les faces de Jéhovah. » — VIII. 21, 22. — Dans David : « A Toi a dit mon cœur : Cherchez mes faces; les faces, Jéhovah, je cherche. » — Ps. XXVII. 8. — Dans le Même : « Faisons des acclamations au Rocher de notre salut, venons au devant de ses faces avec confession. » — Ps. XCV. 1, 2. — Dans Malachie : « Suppliez les faces de Dieu, afin qu'il ait pitié de nous. » — I. 9. — Dans David : « Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant; quand viendrai-je pour être vu des faces de Dieu? Attends-toi à Dieu, car je Le confesserai encore; ses faces (sont) les saluts. » — Ps. XLII. 3, 6; —dans ces passages, par les faces de Jéhovah et de Dieu ou du Seigneur sont entendus les intérieurs de l'Église, de la Parole et du Culte, parce qu'en eux il y a le Divin Bien et le Divin Vrai, ainsi le Seigneur Lui-Même, et qu'il est dans les externes d'après eux, et non dans les externes, à savoir, de l'Église, de la Parole et du Culte, sans eux. Comme tous ceux qui allaient à Jérusalem pour les fêtes, devaient apporter avec eux des choses qui concernaient le culte, et que tout culte procède des intérieurs qui appartiennent au cœur et à la foi, et que ces choses sont signifiées par les présents qui étaient offerts au Seigneur, c'est pour cela qu'il fut ordonné que chacun offrirait quelque présent, ce qui est entendu par « mes faces ne seront point vues à vide. » — Exod. XXIII. 15. — Les intérieurs de l'Église, de la Parole et du Culte sont aussi signifiés par ces paroles dans Moïse : « Jéhovah parla à Moïse : Mes faces iront jusqu'à ce que je t'aie fait reposer. Alors Moïse dit : Si tes faces ne vont point, ne nous fais point monter d'ici. » —Exod. XXXIII. 14, 15; --- cela a été dit à Moïse, parce que la Parole devait être écrite chez cette nation, et qu'en outre dans les Historiques de la Parole il devait être traité de cette nation, parce que chez elle devait être instituée une Église, qui serait une Église Représentative, consistant en externes qui correspondaient aux internes; c'est pour cela qu'il est dit, « mes faces iront; » on peut voir plus de détails sur ces paroles dans les ARCANES CELESTES, Nos 10567,10568, où elles ont été expliquées. Mais comme cette nation était seulement dans les externes de la Parole, de l'Église et du Culte, et nullement dans les internes, c'est pour cela qu'il ne fut pas donné à Moïse de voir la face du Seigneur, mais il le vit seulement par derrière, selon ces paroles dans Moïse : « Moïse dit : Fais-moi voir, je te prie, ta gloire. Il lui dit : Moi, je ferai passer tout mon bien sur tes faces, et j'invoquerai le Nom de Jéhovah devant toi; tu ne peux voir mes Faces, car ne peut Me voir l'homme et vivre. Je te mettrai dans une fente du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu'à ce que je sois passé ; et je retirerai ma main, et tu verras mes derrières, et mes faces ne seront point vues. » — Exod. XXXIII. 18 à 23 ; — ici, Moïse représentait cette Nation, telle qu'elle est quant à l'entendement de la Parole, et par suite quant à l'Église et au Culte, à savoir, seulement dans les Externes sans les Internes; les Externes étaient représentés et signifiés par les derrières de Jéhovah qui furent vus de Moïse, et les Internes l'étaient par les devants et par la face; par Moïse qui fut mis dans une fente du rocher, et par la main qui le couvrit jusqu'à ce que Jéhovah fût passé, il était représenté et signifié que les Internes, qui sont dans les externes de la Parole, de l'Église et du Culte, n'ont point été vus et n'ont pu être vus de cette Nation : mais ces paroles ont été plus amplement expliquées dans les ARCANES CELESTES, Nos 10573 à 10584. De plus, les faces de Jéhovah ou du Seigneur, étant les Internes de la Parole, de l'Église et du Culte, sont principalement les Externes dans lesquels il y a les Internes, puisque les Internes se font voir dans les Externes, de même que les Internes de l'homme se manifestent dans la face et dans l'air du visage; mais la Nation Juive était telle, qu'elle regardait seulement les Externes et nullement les Internes, et regarder les Externes et non en même temps les Internes, ou les Externes sans les Internes, c'est comme si on regardait une statue d'homme qui est sans vie, mais regarder les Externes et en même temps les Internes, ou les Externes d'après les Internes, c'est comme lorsqu'on regarde un homme vivant; c'est donc là, dans le sens propre, voir la face de Jéhovah, ou supplier ses faces, dans les passages ci-dessus rapportés. Puisque les Internes de la Parole, de l'Église et du Culte, apparaissent dans les Externes, ou se manifestent à la vue dans les Externes, comparativement comme les Internes de l'homme dans sa face, on voit « clairement ce qui est signifié dans le sens interne par voir Jéhovah ou le Seigneur face à face dans les passages suivants; dans Moïse : « J'ai vu Dieu face à face, et cependant a été délivrée mon âme. » — Gen. XXXII. 30 ; — ce sont les paroles de Jacob, après qu'il eut lutté avec Dieu qui lui apparut comme Ange. Dans le Livre des Juges : « Guidéon dit : J'ai vu l'Ange de Jéhovah face à face. Et Jéhovah lui dit : Paix à toi, ne crains point, tu ne mourras point » VI. 22, 23 : — pareille chose arriva à Manoach et à son épouse, — Juges, XIII. 21, 22. — Et au sujet du peuple Israélite : « Face à face Jéhovah a parlé avec vous de dessus la montagne, du milieu du feu. » — Deutér. V. 4: — il en est parlé plus amplement de cette manière : « Jéhovah nous a fait voir sa gloire et sa grandeur, et sa voix nous avons entendu du milieu du feu : en ce jour nous avons vu que Dieu parle à l’homme, et que (l'homme) demeure vivant. » —Deutér. V. 21. — Et au sujet de Moïse : « Jéhovah parla à Moïse face à face, ainsi que parle un homme à son compagnon. » — Exod. XXXIII. 11. Deutér. XXXIV. 10. — Mais il faut qu'on sache qu'aucun homme, ni même aucun Ange, ne peut voir la face du Seigneur, puisqu'il est le Divin Amour, et que personne ne supporte le Divin Amour, tel qu'il est en soi ; en effet, voir la face du Seigneur, ce serait comme si l’on mettait l'œil dans le feu même du Soleil, car il en serait détruit à l'instant ; tel est aussi, considéré en lui-même, le Divin Amour du Seigneur ; c'est pourquoi le Seigneur se montre comme Soleil à ceux qui sont dans les Cieux intérieurs, et ce Soleil a été entouré de plusieurs cercles radieux ; ces cercles sont des enveloppes l’une sur l'autre, afin que le Divin Amour tempéré et modéré s'étende vers les Anges dans le Ciel, et qu'ainsi les Anges le supportent ; le Seigneur comme Soleil n'apparaît donc qu'aux Anges des Cieux supérieurs, mais aux Anges des Cieux inférieurs il apparaît seulement comme Lumière, et aux autres comme Lune : toutefois, cependant, le Seigneur dans le Ciel apparaît aux Anges, mais alors sous une forme Angélique; en effet, il remplit un Ange de sa vue, et ainsi de sa présence de loin, et cela dans divers lieux, mais partout d'une manière appropriée au bien de l'amour et de la foi chez eux lorsqu'il apparaît ; c'est de cette manière que le Seigneur a été vu de Guidéon, de Manoach et de son épouse, de Moïse et du peuple Israélite; c'est donc là ce qui est entendu par voir Jéhovah face à face, et par voir Jéhovah et ne point mourir : que la face elle-même, quant aux intérieurs qui appartiennent au Divin Amour du Seigneur, n'ait point été vue, c'est ce qui est bien évident d'après ce qui a été dit à Moïse, « que personne ne peut voir la face de Jéhovah et vivre, » — Exod. XXXIII. 20; — et toutefois, cependant, il est dit qu'ils ont vu Jéhovah face à face ; de là il résulte évidemment que voir les faces de Jéhovah, dans les passages ci-dessus rapportés, signifie Le voir dans les intérieurs de la Parole, de l'Église et du Culte, ce qui cependant est Le voir dans les Externes d'après les Internes. Que la Nation Juive ait été dans les Externes de la Parole, de l'Eglise et du Culte sans les Internes, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 248 : on y voit ce que c'est que l'Externe sans l'Interne, et ce que c'est que l'Externe dans lequel il y a l'Interne, N° 47. Que la Nation Juive ait été telle, cela a aussi été représenté et signifié en ce que les Juifs « voilèrent la face du Seigneur, la frappèrent et crachèrent dessus. » — Matth. XXVI. 67. Marc, XIV. 65. Luc, XXII. 64 ; --- car dans la Parole toutes les choses qui sont rapportées sur la Passion du Seigneur représentent et signifient des arcanes du Ciel et de l'Église, et en particulier quels ont été les Juifs quant à la Parole, à l'Église et au Culte; que cela soit ainsi, on le voit ci-dessus, Nos 64, 83,195 f. D'après ce qui a été expliqué jusqu'ici, on peut savoir ce que signifie la face de Jéhovah ou du Seigneur, c'est-à-dire qu'elle signifie le Divin Amour et tout Bien dans le Ciel et dans l'Église d'après cet Amour; de là aussi l'on peut savoir ce qui est signifié par couvrir ou cacher ses faces, quand cela est dit de Jéhovah ou du Seigneur, c'est-à-dire que c'est abandonner l'homme dans son propre, et par suite dans les maux et dans les faux qui jaillissent de son propre; car l'homme, considéré en lui-même, n'est absolument que mal et que faux du mal, et il en est détourné par le Seigneur afin qu'il soit dans le bien, ce qui se fait par une élévation au-dessus du propre ; de là on peut voir que par couvrir ou cacher ses faces, quand cela se dit du Seigneur, il est signifié abandonner dans les maux et dans les faux, par exemple, dans les passages suivants ; dans Jérémie : « A cause de toute leur malice, j'ai caché mes faces de cette ville. » --- XXXIII. 5. — Dans Ésaïe : « Vos péchés ont caché les faces de Dieu de vous, de sorte qu'il n'a point écouté. » — LIX. 2. — Dans Ézéchiel : « Je détournerai mes faces d'eux, afin qu'ils profanent mon (lieu) secret, et qu'il y vienne des violents, et qu'ils le profanent. » — VII. 22. — Dans le Même : « Les nations connaîtront qu'à cause de leur iniquité en captivité s'en sont allés les fils d'Israël, et que c'est pour cela que j'ai caché mes faces d'eux. » — XXXIX. 23. — Dans les Lamentations : « La face de Jéhovah les a divisés, il ne les regardera plus. » — IV. 16. — Dans Michée : « Jéhovah cachera ses faces d'eux, de même que mauvaises ils ont rendu leurs œuvres. » — III. 4 — Dans David : « Tu as caché tes faces, j'ai été troublé. » — Ps. XXX. 8. —Dans le Même : « Pourquoi caches-tu tes faces, oublies-tu notre misère et notre oppression? » — Ps. XLIV. 25. — Dans le Même : « Caches-tu tes faces? elles sont troublées; retires-tu leur esprit? elles expirent, et dans leur poussière elles retournent. » — Ps. CIV. 29. — Dans Moïse : « Ma colère s'embrasera contre ce peuple en ce jour-là, et je les abandonnerai, et je cacherai mes faces d'eux; en cachant je cacherai mes faces en ce jour-là à cause de tout le mal qu'ils ont fait. » — Denier. XXXI. 17, 18. — Dans le Même : « Je cacherai mes faces d'eux ; génération de perversions, eux. » --- Deutér. XXXII. 20. — Dans Ésaïe : « J'attendrai Jéhovah, quoiqu'il cache ses faces de la maison de Jacob. » —VIII. 17 --- Dans David : « Jusques à quand, Jéhovah! M’oublieras-tu jusques à quand cacheras-tu tes faces de moi? » — Ps. XIII.2. — Dans le Même : « Ne cache point tes faces de moi, ne rejette point dans la colère ton serviteur. » — Ps. XXVII. 8, 9. --- Dans le Même : « Ne cache point tes faces de ton serviteur, parce que la détresse (est) sur moi; hâte-toi, réponds-moi. » --- Ps. LXIX. 18. — Dans le Même : « Pourquoi, Jéhovah ! abandonnes-tu mon âme, caches-tu tes faces de moi? » — Ps. LXXXVIII. 15. — Dans le Même : « Ne cache point tes faces de moi, au jour où l’angoisse (est) sur moi. » — Ps. CII. 3. — Dans le Même : « Réponds-moi, Jéhovah ! ne caches pas tes faces de moi, et que semblable je ne devienne pas à ceux qui descendent en la fosse. » — Ps. CXLIII. 7. — Dans Ézéchiel : « Quand j'aurai rassemblé les fils d'Israël sur leur terre, alors je ne cacherai plus mes faces d'eux, parce que je répandrai mon esprit sur les fils d'Israël. » —XXXIX. 28,29. --- Dans David : « Il n'a point méprisé ni dédaigné la misère d'Israël, et il n'a point caché ses faces de lui; mais quand il a crié à Lui, il l'a exaucé. » --- Ps. XXII. 25 ; — dans ces passages, il est dit que Jéhovah, c'est-à-dire, le Seigneur, couvre et cache ses faces à cause des iniquités et des péchés, et qu'il est prié pour qu'il ne les couvre pas et ne les cache pas, lorsque cependant jamais il ne couvre ni ne cache, à savoir, son Divin Bien et son Divin Vrai, car le Seigneur est le Divin Amour même et la Miséricorde même, et il veut le salut de tous; c'est pourquoi il est présent chez tous et chez chacun, même chez ceux qui sont dans les iniquités et dans les péchés; par cette présence il leur donne libre de Le recevoir, c'est-à-dire, de recevoir le bien et le vrai qui procèdent de Lui, si donc d'après le libre ils veulent, ils reçoivent aussi ; si ce doit être d'après le libre, c'est afin que les biens et les vrais demeurent chez l'homme, et soient chez lui comme lui appartenant ; en effet, ce que l'homme fait d'après le libre, il le fait d'après l'affection, car tout libre appartient à l'affection ; l'affection aussi est sa volonté, c'est pourquoi ce qui est reçu dans le libre ou d'après l'affection de l'homme, cela entre dans sa volonté et est permanent : que cela soit permanent, c'est parce que la volonté est l'homme lui-même, car la vie de l'homme y réside principalement, et secondairement dans la pensée ou dans l'entendement; c'est donc pour cela que l'homme doit recevoir le Divin Bien et le Divin Vrai, avec lesquels le Seigneur est toujours présent; c'est aussi ce qui est entendu par « voici, je me tiens à la porte et je heurte; si Quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui et je souperai avec lui. » — Apoc. III. 20; — mais lorsque l'homme d'après le libre choisit le mal, il se ferme la porte, et ainsi il n'admet ni le bien ni le vrai qui procèdent du Seigneur ; c'est pourquoi alors il semble que le Seigneur soit absent : d'après cette apparence, il est dit que Jéhovah couvre et cache ses faces, quoiqu'il ne les couvre pas et ne les cache pas : de plus, l'homme alors quant à son esprit se détourne du Seigneur, d'où il résulte encore qu'il ne perçoit pas le bien et ne voit pas le vrai qui procèdent du Seigneur; de là il lui semble aussi que le Seigneur ne le voit pas, quoique cependant il voie tout ce qui le concerne en général et en particulier; c'est aussi d'après cette apparence qu'il est dit couvrir et cacher ses faces, et que même il est dit poser et mettre ses faces contre eux, et aussi qu'il les regarde par la nuque et non par les faces, comme dans les passages suivants ; dans Jérémie : « J'ai posé mes faces contre cette ville en mal et non en bien. » — XXI. 10. — Dans le Même : « Je pose mes faces contre vous en mal, pour retrancher Jehudah. » — XLIV. 11. — Dans Ézéchiel : « Je mettrai mes faces contre cet homme, et je le dévasterai, et je le retrancherai du milieu de mon peuple. » — XIV. 7, 8. — Dans le Même : « Je mettrai mes faces contre eux ; que du feu ils sortent, et le feu les dévorera, quand j'aurai posé mes faces contre eux. » — XV. 7. — Dans Moïse : « Quiconque aura mangé quelque sang que ce soit, je mettrai mes faces contre cette âme, et je la retrancherai. » — Lévit. XVII. 10. — Dans Jérémie : « Comme un vent oriental je les disperserai devant l'ennemi; par la nuque et non par la face je les regarderai. » --- XVIII. 17. --- Que ce soit l'homme qui pose et met ses faces contre le Seigneur, et que ce soit lui qui se détourne du Seigneur, ce qui fait que le mal lui arrive, on le voit aussi d'après la Parole; par exemple, dans Jérémie : « ils ont tourné vers Moi la nuque et non les faces. » --- XXXII. 33 --- Dans le Même : « Ils ont endurci leurs faces plus qu'un rocher, ils ont refusé de se retourner. » — V. 3. — Dans le Même : « Ils s'en sont allés dans leurs desseins, dans la dureté de leur cœur mauvais, et ils sont devenus (tournés) en arrière, et non en avant. — VII. 24. — Et dans Ésaïe : « Vos péchés ont caché les faces de Dieu de vous. » — LIX. 2 : — que les méchants détournent leur face du Seigneur, cela se fait, non quant à la face de leur corps, mais quant à la face de leur esprit; l'homme peut tourner sa face partout où il lui plaît, puisqu'il est dans un état libre pour qu'il se tourne ou vers le Ciel ou vers l'enfer, et aussi la face de l'homme a été instruite à mentir pour se montrer devant le Monde; mais quand l'homme devient esprit, ce qui arrive aussitôt après la mort, alors celui qui a vécu dans les maux détourne tout à fait sa face du Seigneur, comme on peut le voir d'après ce qui a été dit et montré dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 17, 123,142,144,145,151, 153, 251, 272, 510,552, 561 : cela donc est entendu par « ils ont tourné vers Moi la nuque et non les faces, » et par « ils sont devenus tournés en arrière, et non en avant. » Comme alors il y a pour eux le mal de la peine et l'enfer, voilà pourquoi ceux qui se sont détournés s'imaginent que cela vient du Seigneur, et qu'il les regarde d'une face dure, les jette dans l'Enfer et les punit, absolument comme un homme qui est en colère, quoique cependant le Seigneur ne regarde jamais qui que ce soit qu'avec amour et miséricorde; c'est aussi d'après cette apparence que les expressions suivantes sont employées dans la Parole; dans Ésaïe : « Quand tu feras des choses terribles, que nous n'attendons point; devant toi les montagnes disparaîtront. » — LXIV. 2. --- Dans David : « Brûlée par le feu elle a été retranchée; par la menace de tes faces ils ont péri. » — Ps. LXXX. 17. — Dans le Même : « La face de Jéhovah (est) contre ceux qui font le mal, pour retrancher de la terre leur mémoire. » — Ps XXXIV. 17. — Dans Moïse : « Voici, j’envoie un Ange devant toi garde-toi de ses faces, car il ne supportera point votre prévarication. » — Exod. XXIII. 20, 21. — Dans Ézéchiel : « Je vous amènerai au désert des peuples, et je plaiderai avec vous face à face. » — XX. 35. — Dans Moïse : « Quand partait l'arche, Moïse disait : Lève-toi, Jéhovah! que soient dispersés tes ennemis, et que fuient ceux qui te haïssent de devant tes faces! » — Nomb. X. 35. — Dans l’Apocalypse : « Je vis un trône haut et magnifique, et Quelqu'un assis dessus, devant la face duquel s'enfuirent la terre et le Ciel. » — XX. II. — Ces choses ont été dites de la signification de la face, quand il s'agit de Jéhovah ou du Seigneur ; mais la face, quand il s'agit de l'homme, signifie son mental (animus) et son affection, par conséquent les intérieurs qui appartiennent à son mental (mens); et cela, parce que le mental (animus) et les affections, ou les intérieurs qui appartiennent au mental (mens) de l'homme, se présentent à la vue dans la face, c'est de là qu'on dit que la face est l'indice du mental (animus); la face est aussi l'effigie des intérieurs de l'homme, car elle les représente, et la physionomie de la face y correspond : que par les faces, quand il s'agit de l'homme, il soit signifié des affections de divers genres, on peut le voir par les passages suivants; dans Ésaïe: « Ils disent : Écartez-vous du chemin, détournez-vous du sentier, faites cesser de devant nos faces le Saint d'Israël. » — XXX. 11 ; — faire cesser de devant nos faces le Saint d'Israël, signifie éloigner de la pensée et de l'affection le Seigneur, ainsi tout ce qui appartient à l'Église, le Saint d'Israël est le Seigneur; par « écartez-vous du chemin, détournez-vous du sentier » il est signifié se retirer du vrai et du bien de l'Église, qui procèdent du Seigneur et dans lesquels est le Seigneur, le chemin et le sentier sont le vrai et le bien de l'Église. Dans les Lamentations : « Les faces des prêtres ils n'ont point agréé, et des vieillards ils n'ont point eu pitié. » — IV. 16 : --- et ailleurs : « Les princes par leur main ont été pendus, les faces des vieillards n'ont point été honorées. » — Lament, V. 12 ; --- ne point agréer les faces des prêtres signifie n'avoir aucune estime pour les biens de l'Église, qui appartiennent à l'amour et à la foi, car les prêtres représentaient le Seigneur quant au Divin Bien, et par suite signifiaient le bien de l'Église, et les faces signifient toutes les choses de l'Église, qui se réfèrent à l'amour et à la foi; ne pas honorer les faces des vieillards signifie regarder comme rien toutes les choses de la sagesse, les vieillards signifient la sagesse, et les faces toutes les choses de la sagesse parce que ce sont les intérieurs; les prince pendus par leur main signifient que toute intelligence a été rejetée, les princes sont les principaux vrais d'où provient l'intelligence. Dans Moïse : « Jacob dit d'Ésaü : « J'apaiserai ses faces par le présent qui va devant moi, et ensuite je verrai ses faces, peut être qu'il accueillera mes faces? » — Gen. XXXII. 20; apaiser ses faces signifie chercher à obtenir ses bonnes grâces; ensuite voir ses faces, signifie connaître quelle est son intention ; « peut-être qu'il accueillera mes faces? » signifie peut-être me recevra-t-avec bienveillance? accueillir les faces, c'est par affection vouloir du bien à quelqu'un. Dans le Même : « Tu ne pervertiras point le jugement, tu ne reconnaîtras point les faces, et tu ne recevras point de présent. » — Deutér. XVI. 19; — ne point reconnaître les faces, signifie ne pas avoir plus de penchant pour les supérieurs, les riches et les amis que pour les inférieurs, les pauvres et les ennemis, parce qu'on doit considérer le juste et le droit sans aucun égard pour la personne. Dans Malachie : « Je vous ai rendus méprisables et vils à tout le peuple, en raison de ce que vous ne gardez point mes chemins, et que vous accueillez les faces dans la loi. » — II. 9; — accueillir les faces dans la loi signifie ici la même chose que ci-dessus reconnaître les faces dans le jugement c'est-à-dire, avoir du penchant et de la faveur pour les supérieurs les riches et les amis, de préférence aux inférieurs, aux pauvres et aux ennemis. Dans Ésaïe : « Qu'est-ce à vous, que vous fouliez mon peuple, et que les faces des pauvres vous écrasiez? » --- III. 15 — écraser les faces des pauvres signifie détruire les affections de connaître les vrais chez ceux qui sont dans l'ignorance du vrai et cependant désirent être instruits, écraser signifie détruire, les faces signifient les affections de connaître les vrais, et les pauvres ceux qui sont dans l'ignorance du vrai et désirent être instruits, car ce sont ceux-ci qui sont spirituellement des pauvres. Dans David : « La fille de Tyr apportera un présent; de tes faces ils obtiendront faveur, les riches du peuple; toute glorieuse la fille de Roi, en dedans; de tissus d'or (est) son vêtement. » — Ps. XLV 13, 14 ; — ici, par la fille de Roi est signifiée l'affection spirituelle du vrai ; la fille de Tyr signifie l'affection des connaissances du vrai et du bien ; par apporter un présent, il est signifié en être enrichi ; par les riches du peuple il est signifié les intelligents, et par abstraction l'intelligence du vrai et du bien; par de ses faces obtenir faveur il est signifié en être gratifié, car toutes les choses de l'intelligence habitent dans l'affection spirituelle du vrai, laquelle est en conséquence signifiée par ses faces : le reste a été expliqué ci-dessus, voir N° 195. Dans le Même : « Encore je le confesserai, saints de mes faces, mon Dieu! » — Ps. XLII. 12. Ps. XLIII. 5; — « saluts de mes faces » signifie toutes les choses qui sont à l'intérieur, ainsi toutes celles qui appartiennent au mental et aux affections, par conséquent toutes celles qui appartiennent à l'amour et à la foi, lesquelles sont appelées saluts, parce qu'elles sauvent. Les affections mauvaises, qui sont les cupidités, sont aussi exprimées par les faces, parce qu'elles se montrent sur les faces, car la face est la forme externe ou naturelle des intérieurs qui appartiennent au mental (animus) et au mental (mens); et même dans le Monde spirituel elles font un, car il n'y est pas permis de se donner d'autres faces que celles qui appartiennent aux affections, et qui correspondent ainsi aux intérieurs appartenant au mental (mens) : de là vient que les Anges du Ciel ont une face claire et gracieuse, tandis, que les esprits infernaux ont une face sombre et affreuse; que ces affections soient aussi entendues par les faces, cela est évident par les passages qui suivent; dans Ésaïe : « Des tranchées et des douleurs les saisissent; comme celle qui enfante ils sont en travail, l'homme à l’égard de son compagnon, ils sont dans l’étonnement, faces de flammes leurs faces. » — XIII. 8 ; — là, il s'agit du Jugement Dernier, quand les méchants sont mis dans leurs intérieurs; les intérieurs de ceux qui sont dans l'amour de soi et du monde, et par suite dans les haines et les vengeances, sont entendus par « faces de flammes leurs faces, » ceux-là apparaissent même ainsi; par « des tranchées et des douleurs les saisissent; comme celle qui enfante ils sont en travail, » sont signifiés leurs tourments d'après l'influx du Divin Bien et du Divin Vrai ; leurs tourments sont assimilés aux tranchées et aux douleurs de celles qui enfantent, par une raison semblable à celle qui est donnée dans la Genèse, — III. 16; — car les maux et les faux sont alors conjoints; lorsque cela arrive, quand le Divin Bien et le Divin Vrai influent, les douleurs saisissent. Dans Ézéchiel : « Dis à la forêt du midi : Point ne sera éteinte la flamme de flamboiement par laquelle seront brûlées en elle toutes les faces, du midi au septentrion. » — XXI. 3 ; --- par la forêt du midi il est entendu le faux au dedans de l'Église, par conséquent ceux qui y sont dans les faux ; l'Église est signifiée par le midi, parce que d'après la Parole elle peut être dans la lumière du vrai, et le faux d'après le mal est signifié par la forêt; par « la flamme de flamboiement par laquelle seront brûlées toutes les faces, » il est signifié la vastation et la destruction de l'Église par l'amour du faux d'après le mal, toutes les faces sont tous les intérieurs des hommes de l'Église quant aux affections du vrai et du bien, et par suite les pensées; « du midi au septentrion, » signifie toutes les choses de l'Église depuis les premiers jusqu'aux derniers, ou les intérieurs et les extérieurs, le midi signifie les intérieurs ou les premiers de l'Église, et le septentrion les extérieurs ou les derniers de l'Église; si le midi et le septentrion ont ces significations, c'est parce que dans le Monde spirituel, dans la plage méridionale, sont ceux qui sont par le Seigneur dans la lumière du vrai, et là au-dessous d'eux dans les enfers ceux qui sont dans une lueur naturelle par laquelle ils se sont confirmés dans les faux ; et, dans la plage septentrionale, sont ceux qui sont par le Seigneur dans l'obscur du vrai, et là au-dessous d'eux dans les enfers ceux qui sont dans les faux, mais non dans une lueur naturelle par laquelle ils aient confirmé leurs faux. Dans Joël : « Devant lui tremblent les peuples, toutes les faces ont contracté de la noirceur. » --- II. 6; — là, il s'agit des maux et des faux qui dévastent l'Église, et du jugement sur ceux qui sont dans ces maux et dans ces faux ; ceux qui sont dans les faux sont signifiés par les peuples qui tremblent ; les intérieurs de ceux qui sont dans les faux du mal sont signifiés par les faces qui ont contracté de la noirceur; les faces sont les intérieurs, et la noirceur est le faux du mal ; et même les infernaux qui sont dans les faux d'après le mal apparaissent noirs dans la lumière du ciel. Dans Daniel : « A la fin de leur Règne, quand au comble seront parvenus les prévaricateurs, il surgira un Roi dur de faces. » — VIII. 23 ; — ces choses ont été dites des quatre cornes du bouc, par lesquelles sont entendus là quatre Règnes, mais là par des Règnes il est entendu, non des Règnes, mais des états de l'Église, car par le bouc de chèvres il est entendu la foi séparée d'avec la charité, qu'on nomme la foi seule; la fin de leur Règne signifie la fin de l'Église, quand il n'y a point de foi parce qu'il n'y a point de charité; « quand au comble seront parvenus les prévaricateurs, » signifie quand il n'y a plus ni le vrai ni le bien, mais qu'il y a le faux et le mal; il est signifié par ces paroles la même chose que par, « quand l'iniquité aura été consommée et complétée, » dont il a été parlé ci-dessus, N° 397 ; « un Roi dur de faces, » signifie non le vrai mais le faux dans leurs intérieurs, car le roi signifie le vrai et dans le sens opposé le faux, les faces signifient les intérieurs, et dur de faces signifie les intérieurs sans le bien; en effet, où il n'y a pas le bien, là le vrai est dur, car le vrai d'après le bien est tendre, parce qu'il est vivant; et le vrai sans le bien est le faux dans leurs intérieurs ou dans leur pensée, car ils pensent sur ce vrai, non pas spirituellement, mais matériellement, parce qu'ils pensent d'après les corporels et les mondains, et par suite d'après les illusions des sens. Dans Ézéchiel : « Les fils durs de faces et opiniâtres de cœur » — II. 4 ; — par les fris durs de faces sont signifiés ceux qui sont dans les vrais sans le bien, et abstractivement les vrais sans le bien, lesquels en eux-mêmes sont des faux, comme il a été dit ci-dessus; et par opiniâtres de cœur sont signifiés ceux qui n'admettent point le bien, par conséquent ceux qui sont dans le mal, car le mal entre où le bien ne peut pas être; le cœur aussi, dans la Parole, signifie le bien de l'amour, et le cœur opiniâtre signifie la même chose que le cœur de pierre, à savoir, où n'est point admis le bien de l'amour, mais le cœur de chair signifie où ce bien est admis. Dans Ésaïe : « Leur langue et leurs actions (sont) contre Jéhovah, pour se révolter aux yeux de sa gloire; l'opiniâtreté de leurs faces répond contre eux. » — III, 8, 9 ; — par leur langue et par leurs actions qui sont contre Jéhovah, il est signifié la pensée et l'affection, par la langue la pensée, parce que la langue prononce ce que l'homme pense, et par les actions l'affection, parce que l'homme fait ce qui est de son affection ; elles sont contre Jéhovah et se révoltent aux yeux de sa gloire, quand elles sont contre le Divin Bien et contre le Divin Vrai, car dans la Parole par Jéhovah il est entendu le Seigneur quant au Divin Bien procédant de son Divin Amour, et par sa gloire il est entendu le Divin Vrai ; se révolter aux yeux de sa gloire, c'est être contre ce Vrai ; l'opiniâtreté de leurs faces, qui répond contre eux, signifie le refus et la non-admission du Divin Vrai et du Divin Bien dans les pensées et dans les affections, qui sont leurs intérieurs. Dans Ézéchiel : « Voici, j’ai mis tes faces opiniâtres contre leurs faces, et ton front opiniâtre contre leur front. » — III. 8 ; — ces paroles ont été dites au Prophète, par lequel est signifiée la doctrine du vrai et du bien combattant contre les faux et les maux ; c'est pourquoi, par les faces opiniâtres contre leurs faces, il est signifié le rejet des faux par les vrais, et par le front opiniâtre contre leur front, il est signifié le rejet du mal par le bien, car les faces signifient les affections du vrai et les affections du faux, et le front signifie l'affection du bien et l'affection du mal; l'affection du vrai et du bien devient opiniâtre et dure à l'extérieur, par le zèle quand il y a pour elle combat contre le faux et le mal, autrement elle ne les repousse point, mais il n'en est pas ainsi à l'intérieur; de là on peut voir comment ces paroles doivent être entendues. Puisque par les faces il est signifié les intérieurs de l'homme, ou les choses qui sont de sa pensée et de son affection, de là aussi dans la Langue Hébraïque l'Intérieur est exprimé par le même mot que les faces. Comme dans les Explications il a été dit sur les Faces diverses choses, qui, sans une plus ample exposition, pourraient sans doute être difficilement comprises, je vais en conséquence ajouter ce qui a été dit et montré sur les Faces dans les ARCANES CELESTES; à savoir, que la face a été formée pour la correspondance des intérieurs de l'homme, Nos 4791 à 4805, 5695; sur la correspondance de la face et de la physionomie avec les intérieurs du mental, Nos 1568, 2988, 2989, 3631, 4796, 4797, 4800, 5165, 5168, 9306; que de là les intérieurs brillent sur la face, Nos 3527, 4066, 4796; que la face faisait un avec les intérieurs chez les anciens, Nos 3573, 4326, 5695; qu'elle fait un aussi chez les Anges dans le Ciel, et chez les hommes sincères dans le Monde, Nos 4796, 4797, 4799, 5695, 8250; que chez tous dans l'autre vie les faces deviennent telles que sont leurs intérieurs, Nos 4798, 5695 ; expériences sur les changements de la face selon les intérieurs dans l'autre vie, Nos 4796, 6604; de l'influx des intérieurs du mental, ou de l'entendement et de la volonté, sur la face et sur les muscles de la face, Nos 3631, 4800; que les faces ne font point un avec les intérieurs chez les flatteurs, les dissimulés, les hypocrites et les fourbes, Nos 4799, 8250 ; que chez eux la face a été instruite à feindre la sincérité, l'honnêteté et la piété, N° 4326; comment par le laps du temps l'influx des Cerveaux sur la face a été changé, et avec lui la face elle-même quant à la correspondance avec les intérieurs, Nos 4326, 8250 ; que le naturel de l'homme est comme une face intérieure pour le mental spirituel et pour la vue de ce mental, Nos 5165, 5168. En outre, on peut voir ce qui a été dit et montré sur les faces dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 46, 47, 48, 142, 143, 144, 457, 458, 459, 553.
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