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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 411. 

411. Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, signifie d'être mis à couvert par les maux et par les faux des maux : on le voit par la signification des montagnes, en ce qu'elles sont les maux qui jaillissent des amours de soi et du monde, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° 405 ; et par la signification des rochers, en ce qu'ils sont les faux d'après le mal, ainsi qu'il sera montré plus bas ; et par la signification de tomber sur nous, en ce que c'est être mis à couvert par eux ; ces paroles aussi vont être illustrées par des choses analogues qui existent dans le Monde spirituel quand il y a Jugement dernier, car elles ont été dites du Jugement Dernier, comme on le voit clairement par le Verset suivant, où il est dit, « parce qu'il est venu le jour grand de sa colère; et qui peut se maintenir? » jour par lequel il est entendu le temps et l'état du Jugement Dernier ; l'état des impies alors est tel, que de dessus les montagnes et les rochers, sur lesquels ils avaient fait leurs habitations, ils se précipitent dans les enfers profondément selon l'atrocité des maux et des faux qui sont chez eux, et ils font cela eux-mêmes, parce qu'ils ne supportent pas le Divin Bien ni le Divin Vrai ; alors sont ouverts les Cieux supérieurs, d'où influe la Lumière du Ciel, qui est le Divin Vrai uni au Divin Bien ; par cette Lumière les biens et les vrais simulés qui sont chez eux sont réprimés; et, après qu'ils ont été réprimés, leurs maux et leurs faux sont à découvert; et comme ces maux et ces faux ne peuvent pas supporter la lumière du Ciel, car elle leur cause des angoisses et des tourments, c'est pour cela qu'ils se précipitent des montagnes et des rochers dans les enfers profondément selon la qualité de leur mal et de leur faux, les uns dans des gouffres et dans des cavernes, les autres dans des trous et dans des rochers, qui sont alors ouverts devant eux ; et, après qu'ils s'y sont précipités, les ouvertures sont fermées : c'est de cette manière que les mauvais esprits sont chassés des montagnes et des collines dont ils s'étaient emparés, voir ci-dessus, Nos 391, 392, 394; quand ils sont dans les cavernes et dans les rochers, alors cessent les angoisses et les tourments que l'influx de la lumière du Ciel leur avait fait endurer; car le repos pour eux est dans leurs maux et dans leurs faux, parce que ces maux et ces faux ont été pour eux des plaisirs; en effet, les plaisirs de la vie restent chez chacun après la mort; les plaisirs de leur vie sont les plaisirs de leurs amours, car tout plaisir de la vie appartient à l'amour; de là on peut voir ce qui est signifié en ce qu'ils disaient aux montagnes et aux rochers de tomber sur eux, et pareillement ce qui est signifié dans Hosée : « Ils diront aux montagnes : Couvrez-nous; et aux collines .Tombez sur nous. » — X. 8; — et dans Luc : « Alors ils commenceront à dire aux montagnes : Tombez sur nous; et aux collines : Cachez-nous. » — XXIII. 30; — là aussi, il s'agit du Jugement Dernier. La Lumière du Ciel, qui est le Divin Vrai uni au Divin Bien, dont l'influx et la présence causent des angoisses et des tourments aux méchants qui se précipitent, est entendue par les paroles qui suivent immédiatement dans ce Verset : « Cachez-nous de la face de Celui qui est assis sur le Trône et de la colère de l’Agneau; » il est dit la colère de l'Agneau, parce qu'ils sont tourmentés; toutefois leur tourment vient, non pas de là, mais des maux de leurs amours et des faux de leur foi; comme ces maux et ces faux ont formé tous les intérieurs de leur mental, car le mental de chacun est formé par son amour et par sa foi au point qu'il en est la ressemblance dans une forme, et comme les intérieurs du mental de ceux qui sont dans les maux et par suite dans les faux ont été tournés dans la partie contraire ou vers la plage opposée aux biens et aux vrais Divins, c'est pour cela que quand le Divin Vrai influe, et s'efforce de retourner les intérieurs qui appartiennent à leur mental, et par là de les conduire eux-mêmes vers le Ciel,— car c'est là ce que fait le Divin Vrai procédant du Seigneur partout où il influe, et eux ne veulent pas se retirer des plaisirs de leurs amours, — il en résulte pour eux des angoisses et des tourments, qui cessent quand ils viennent dans les enfers où règnent de semblables plaisirs ou de semblables amours. Puisque ci-dessus, N° 405, il a été montré ce que signifient les Montagnes et les Collines, maintenant, dans ce qui suit, il sera montré ce que signifient les Rochers, c'est-à-dire qu'ils signifient le Vrai d'après le bien spirituel, et aussi le vrai et le bien de la foi, mais dans le sens opposé le faux de la foi : Si les Rochers ont ces significations, c'est aussi d'après les apparences dans le Monde spirituel, car il y apparaît des Rochers et des Roches, de même qu'il y apparaît des Montagnes et des Collines, ainsi qu'il a été expliqué ci-dessus, et là sur les Rochers habitent ceux qui sont dans les Vrais d'après le bien spirituel et ceux qui sont dans le vrai et le bien de la foi ; mais les Montagnes et les Collines y diffèrent des Rochers et des Roches, en ce que les Montagnes et les collines sont d'humus, tandis que les Rochers et les roches sont de pierre, car l'humus correspond au bien de l'amour et par suite le signifie, mais la pierre correspond au vrai de la foi et par suite le signifie ; et comme dans la Parole la plupart des expressions ont aussi le sens opposé, de même aussi les Rochers, et dans ce sens ils signifient le faux de la foi, et cela aussi d'après la correspondance, car ceux qui sont dans les faux de la foi habitent au dedans des rochers dans les cavernes. Que le Rocher signifie le vrai d'après le bien et le vrai de la foi, et dans le sens suprême le Seigneur quant à ces vrais, on le voit par les passages suivants ; dans Daniel : « Voyant tu fus jusqu'à ce que fut détachée une pierre, non par des mains; et elle frappa la statue sur ses pieds, qui (étaient) de fer et d’argile; et la pierre qui frappa la statue devint un Rocher grand, et remplit toute la terre. » — II. 34, 35; — ceci a été dit de la statue que Nébuchadnessar vit en songe; que par la Pierre, qui devint un Rocher grand, il soit entendu le Seigneur, cela résulte évidemment de chaque expression de ce passage ; mais il sera d'abord dit ce que signifient les paroles qui le précèdent : Par la Tête de la statue qui était d'Or est signifiée la Très-Ancienne Église, qui fut une Église céleste, ou une Église dans laquelle régnait le bien de l'amour envers le Seigneur, ce bien dans la Parole est signifié par l'Or et aussi par la Tête ; par la Poitrine et les Bras qui étaient d'Argent est signifiée l'Ancienne Église, qui succéda à la Très-Ancienne, et qui fut une Église spirituelle, ou une Église dans laquelle régnaient le bien de la charité à l'égard du prochain et le vrai d'après le bien, ce vrai et ce bien sont signifiés par l'Argent, et aussi par la Poitrine et par les Bras ; par le Ventre et les cuisses qui étaient d'Airain est signifiée l'Église qui succéda à l'Église Ancienne spirituelle, et qui peut être appelée spirituelle-naturelle, en elle régnaient le bien de la foi et le vrai d'après ce bien, ce bien dans la Parole est signifié par l'airain, et aussi par le Ventre et par les cuisses; mais par les Jambes et les pieds, qui étaient en partie de fer et en partie d'argile, est signifiée l'Église Israélite et Juive, qui était une Église externe, dans laquelle il n'y avait pas l'interne, et qui par conséquent ne possédait ni le vrai ni le bien, mais elle avait le vrai falsifié qui en soi est le faux, et le bien adultéré qui en soi est le mal; c'est pour cela que dans ce Chapitre il est dit de cette Église : « Quant à ce que tu as vu le fer mêlé avec l'argile de potier, (c'est qu')ils se mêleront par semence d'homme, mais n'auront point de cohérence l'un avec l’autre, de même que le fer ne se mêle pas avec l'argile, » — Vers. 43 ; — le fer signifie le vrai naturel, et l'argile de potier le bien naturel, il en est de même des pieds et des jambes, mais ici l'argile signifie le bien adultéré, et le fer le vrai tel qu'il est dans le sens externe de la Parole ; en effet, la semence d'homme est la Parole où sont les vrais et les biens, dont les adultérations et les falsifications sont décrites par le fer mêlé avec l'argile, qui n'ont point de cohérence l'un avec l'autre : qu'il y ait eu quatre Églises, l'une après l'autre, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 247, 248 : par la Pierre qui frappa la statue il est entendu le Divin Vrai procédant du Seigneur ; « elle devint un Rocher grand, et remplit toute la terre, » signifie que le Seigneur par le Divin Vrai dominera sur le Ciel et sur l'Église, la terre est là l'Église et aussi le Ciel; c'est pour cela qu'il est dit aussi que ce Royaume subsistera éternellement, Vers. 44 ; par le Royaume il est signifié aussi l'Église et le Ciel, car là est le Royaume de Dieu : que dans ce passage par la Pierre il soit entendu le Divin Vrai, et par le Rocher le Seigneur quant au Divin Vrai, on le voit par la signification de la Pierre dans la Parole quand il s'agit du Seigneur, comme Gen. XLIX. 24. Ps. CXVIII. 22, 23. Ésaïe, XXVIII. 16. Matth. XXI. 42, 44. Marc, XII. 10, 11. Luc, XX. 17,18 : soit qu'on dise le Seigneur ou le Divin Vrai, c'est la même chose, puisque tout Divin Vrai procède de Lui, et que par conséquent il est Lui-Même dans ce Vrai; c'est de là que le Seigneur est aussi appelé la Parole, car la Parole est le Divin Vrai : que la Pierre dans le sens suprême signifie le Seigneur quant au Divin Vrai, et par suite dans un sens inférieur le vrai d'après le bien, on le voit, Nos 643, 1298, 3720, 6426, 8609, 10376. Que le Rocher signifie le Seigneur quant au Divin Vrai, on le voit « par le Rocher en Choreb, duquel des eaux furent données au peuple d'Israël, » — Exod. XVII. 5, 6; — et en ce qu'il fut ordonné « que Moïse et Aharon parleraient au Rocher, et sanctifieraient ainsi Jéhovah aux yeux des fils d'Israël; mais Moïse frappa de son bâton le Rocher, deux fois; c'est pourquoi il fut déclaré à Moïse et à Aharon qu'ils ne conduiraient pas le peuple dans la terre de Canaan. » — Nomb. XX. 8 à 13 ; — que ce Rocher ait signifié le Seigneur, cela est notoire dans l'Église, mais on ne sait pas qu'il L'a signifié par la raison que le Rocher dans la Parole signifie le Divin Vrai procédant du Seigneur; c'est même pour cela qu'il a été ordonné à Moïse et à Aharon de parler à ce Rocher, et de sanctifier ainsi Jéhovah aux yeux des fils d'Israël ; par les eaux qui en découlèrent est signifié aussi le Divin Vrai, et par en faire boire au peuple il est signifié nourrir spirituellement, ce qui se fait en instruisant et en enseignant ; que les eaux signifient les vrais, on le voit ci-dessus, N° 71 ; et que boire et être abreuvé signifie être instruit et être enseigné, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 3069, 3772, 4017, 4018, 8562, 9412. Pareille chose est en conséquence signifiée par le Rocher dans Ésaïe : « Ils n'auront point soif; dans les lieux dévastés il les conduira, des eaux du Rocher il fera couler pour eux, lorsqu'il fendra le Rocher pour que des eaux coulent. » — XLVIII. 21 : — dans David : « Il a fendu les Rochers dans le désert, et il a fait boire comme de grands abîmes, et il a tiré des ruisseaux du Rocher : et ils se sont ressouvenus que Dieu (était) leur Rocher, et le Dieu très-haut leur Rédempteur. » — Ps. LXXVIII. 15,16, 20, 35 : — dans le Même : --- « Il a ouvert le Rocher et il en est découlé des eaux; elles sont allées dans les lieux secs, en fleuve. » — Ps. CV. 41 :— dans le Même : « Par devant le Seigneur tu es en travail d'enfant, ô terre! par devant le Dieu de Jacob, qui a changé le Rocher en étang d'eaux, le caillou en fontaine d'eaux. » — CXIV. 7, 8; — que le Rocher dans ces passages signifie le Seigneur quant au Divin Vrai, ou ce qui est la même chose, le Divin Vrai procédant du Seigneur, on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus; puis aussi, en ce que dans ces deux passages dans David il s'agit de la Rédemption et de la Régénération des hommes de l'Église, ce qui se fait par le Divin Vrai procédant du Seigneur; de la Rédemption, par ces paroles, « ils se sont ressouvenus que Dieu était leur Rocher, et le Dieu très-haut leur Rédempteur; » de la Régénération, par celles-ci, « par devant le Seigneur tu es en travail d'enfant, ô terre! » être en travail d'enfant, quand cela est dit de l'Église, signifie être réformé et être régénéré. Dans Ésaïe : « Écoutez-Moi, (vous) qui poursuivez la justice, qui cherchez Jéhovah; regardez vers le Rocher dont vous avez été taillés, et vers la fouille de la fosse dont vous avez été tirés. » — LI. 1 ; — par le Rocher il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, et par la fosse il est signifié la Parole, comme aussi ailleurs; être taillé du Rocher, et tiré de la fosse, signifie être régénéré d'après les Divins vrais et d'après les Divins biens, ainsi par le Seigneur au moyen des vrais d'après le bien; car les pierres qui sont tirées du Rocher signifient les vrais d'après le Seigneur, et l'humus qui est tiré de la fosse signifie le bien par le Seigneur; c'est pourquoi il est dit « la fouille de la fosse. » Dans Moïse : « Donnez grandeur à notre Dieu, le Rocher dont l'œuvre (est) parfaite; et toutes ses voies (sont) jugement. Il l'a fait chevaucher sur les hauts lieux de la terre, et il l’a nourri du produit des champs; il lui a fait sucer du miel de la Roche, et de l'huile du caillou du Rocher. Le Rocher, qui t'a engendré, tu l'as mis en oubli; et tu as ou­blié Dieu ton Formateur : n'est-ce pas parce que leur Rocher les a vendus, et que Jéhovah les a livrés? Car non comme notre Rocher, leur Rocher; et nos ennemis, non des juges. » —Deutér. XXXII. 4, 13, 18, 30, 31 ; Ces choses ont été dites de l'Église Ancienne, qui était une Église dans les vrais d'après le bien, c'est pourquoi les vrais d'après le bien sont décrits par di­verses choses qui correspondent; ainsi, par « il l'a fait chevaucher sur les hauts lieux de la terre; il l'a nourri du produit des champs; il lui a fait sucer du miel de la Roche, et de l'huile du caillou du Rocher; » l'intelligence des spirituels de cette Église est signifiée par il l'a fait chevaucher sur les hauts lieux de la terre, chevaucher signifie comprendre, les hauts lieux de la terre sont les spirituels de l'Église; la nutrition spirituelle qui en résulte est signifiée par il l'a nourri du produit des champs; nourrir, c'est nourrir spirituellement; et le produit des champs, ce sont toutes les choses de l'Église ; par il lui a fait sucer du miel de la roche et de l'huile du caillou du rocher, il est signifié qu'ils avaient le bien naturel et le bien spirituel par le Divin Vrai qui procède du Seigneur, le miel est le bien naturel, l’huile est le bien spirituel, la roche est le Divin Vrai externe procédant du Seigneur pour l'homme naturel, et le caillou du rocher est le Divin Vrai interne procédant du Seigneur pour l'homme spirituel : ensuite il y est question de l'Église Juive, qui n'était dans aucun Divin Vrai, et il est dit de cette Église, « le Rocher, qui t'a engendré, tu l’as mis en oubli; et tu as oublié Dieu ton Formateur, » par là il est signifié qu'ils ont rejeté le Seigneur et par suite le Divin Vrai par lequel l'Église est réformée, le Rocher est le Seigneur quant au Divin Vrai, et la réformation par ce vrai procédant de Lui est signifiée par le Rocher qui t'a engendré, et par Dieu ton Formateur; par « leur Rocher les a vendus, et Jéhovah les a livrés, » il est signifié qu'ils ont été entièrement privés du vrai et du bien, le Rocher se dit du vrai, et Jéhovah se dit du bien ; vendre et livrer, c'est priver; par « non comme notre Rocher, leur rocher; et nos ennemis, non des juges, » il est signifié qu'ils avaient le faux d'après le mal, leur rocher est le faux, nos ennemis sont les maux, « non des juges » signifie ne sont ni des vrais ni des biens : d'après tout ce qui a été dit, on peut voir que le Rocher signifie le Seigneur quant au Divin Vrai, et dans le sens opposé le faux. Dans le Livre II de Samuel : « L'esprit de Jéhovah a parlé en moi, et son discours (a été) sur ma langue; il a dit, le Dieu d'Israël, avec moi il a parlé, le Rocher d'Israël, qui domine sur l’homme juste, qui domine sur celui qui a la crainte de Dieu. » — XXIII. 2, 3 ; — ici évidemment le Rocher est le Seigneur, car par le Dieu d'Israël dans la Parole il est entendu le Seigneur, c'est pourquoi il est dit, « l'esprit de Jéhovah a parlé en moi, et son discours a été sur ma langue; » puis, « il a dit, le Dieu d'Israël, avec moi il a parlé, le Rocher d'Israël; » l'esprit de Jéhovah et son discours, c'est le Divin Vrai, et le Seigneur est appelé Dieu d'Israël d'après le Culte, et Rocher d'Israël d'après le Divin Vrai d'où procède le Culte; comme c'est le Seigneur qui est entendu, voilà pourquoi il est dit que le Rocher d'Israël a parlé; sa domination sur ceux qui sont dans le bien et qui sont dans le vrai est signifiée par « qui domine sur l'homme juste, qui domine sur celui qui a la crainte de Dieu; » le juste se dit du bien, et la crainte de Dieu se dit du vrai; en effet, dans ce Psaume de David il s'agit du Seigneur, d'où il résulte bien évidemment que par le Dieu d'Israël et par le Rocher d'Israël il est entendu le Seigneur. Dans David : Oh! si mon peuple obéissait! si Israël dans mes chemins marchait! je les nourrirais de la graisse du froment, et de miel du Rocher je les rassasierais. » — Ps. LXXXI. 14, 17; — là aussi, par le Rocher il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, voir ci-dessus, N° 374, où ces paroles ont été expliquées. Dans le Même : « Qui (est) Dieu excepté Jéhovah? ou, qui (est) un Rocher sinon mon Dieu? Vivant (est) Jéhovah, et béni (soit) mon Rocher, et exalté sera le Dieu de mon salut. » — Ps. XVIII. 3, 32, 47. II Sam. XXII. 2, 32, 47; --- s'il est dit, « qui est Dieu excepté Jéhovah? » et, a qui est un Rocher sinon mon Dieu? » c'est parce que le Seigneur est appelé Jéhovah quand il s'agit du Divin Bien, et Dieu et aussi Rocher, comme ici, quand il s'agit du Divin Vrai ; il en est de même de ces mots qui suivent, « vivant est Jéhovah, et béni soit mon Rocher; » exalté sera le Dieu de mon salut, signifie qu'on doit lui rendre un culte par les vrais d'après le bien, d'où provient le salut; être exalté, quand il s'agit de Dieu, se dit du culte d'après le bien par les vrais. Dans le Même : « Qu'ils soient en agrément les discours de ma bouche, et la méditation de mon cœur devant Toi, Jéhovah, mon Rocher et mon Rédempteur! » — Ps. XIX. 15; — par Jéhovah Rocher il est signifié la même chose que par Jéhovah Dieu, à savoir, le Seigneur quant au Divin Bien et au Divin Vrai, et il est Rédempteur d'après la régénération qui se fait par le Divin Vrai ; les discours de la bouche signifient l'entendement du vrai, et la méditation du cœur signifie la perception du bien. Dans le Même : « Je dis à Dieu, mon Rocher: Pourquoi m'as-tu oublié? » — Ps. XLII.10; — par Dieu mon Rocher, il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, ici quant à la défense. Dans le Même : « A Toi, Jéhovah, je crie; mon Rocher! ne garde pas le silence à mon égard, ne garde pas le silence à mon égard. » — Ps. XXVIII. 1— là aussi il est dit Jéhovah et Rocher, parce que par Jéhovah il est entendu le Seigneur quant au Divin Bien, et par le Rocher le Seigneur quant au Divin Vrai ; et, comme il est entendu l'un et l'autre, c'est pour cela qu'il est dit deux fois, ne garde pas le silence à mon égard, ne garde pas le silence à mon égard; en effet, l'un se réfère au Divin Bien, et l'autre au Divin Vrai, car dans chacune des choses de la Parole il y a le Mariage Céleste, qui est le mariage du bien et du vrai. Dans Habakuk : « O Jéhovah ! pour le jugement tu l’as placé; et, ô Rocher! pour châtier tu l'as affermi. » — I. 12 : — dans Ésaïe : « Confiez-vous en Jéhovah à éternité, parce qu'en Jah Jéhovah est le Rocher d'éternité. » — XXVI. 4 : — dans le Même : « Le cantique vous aurez, comme (celui) d'une nuit pour sanctifier une fête, et une joie de cœur comme (la joie) de celui qui marche avec la flûte pour venir en la Montagne de Jéhovah, vers le Rocher d'Israël. » — XXX. 29 : — dans le Même : « Est-il un Dieu excepté Moi? ou, (est-il) un Rocher ? je n'en connais point. » --- XLIV. 8 : — dans David : « Poussons des acclamations au Rocher de notre salut, venons devant ses faces avec confession. » — Ps. XCV. 1, 2: --- dans le Livre I de Samuel : « II n'y a point de Saint comme Jéhovah, ni de Rocher comme notre Dieu. » — II. 2 : — dans David : « Jéhovah (est) droit, (il est) mon Rocher. » — Ps. XCII. 16 : — dans le Même : « Lui M'appellera : Mon Père, Toi, mon Dieu, et le Rocher de mon salut. Aussi Moi, Premier-né je l’établirai, élevé sur les rois de la terre. » — Ps. LXXXIX. 27, 28; — dans ces passages par le Rocher il est entendu le Divin Vrai par le Seigneur, et le Seigneur Lui-Même ; et en outre aussi dans d'autres passages, comme dans les Évangélistes : « Quiconque entend mes paroles et les fait, je le comparerai à un homme prudent, qui a bâti sa maison sur le roc; et est tombée la pluie, et sont venus les torrents, et ont soufflé les vents, et ils se sont précipités sur cette maison; cependant elle n'est point tombée, car elle avait été fondée sur le roc. » --- Matth. VII. 24, 25. Luc, VI. 48; — par la maison fondée sur le roc, il est entendu l'Église et l'homme de l'Église qui a fondé sa doctrine et sa vie sur le Divin Vrai procédant du Seigneur, ainsi sur les vrais qui sont dans la Parole, par conséquent ceux qui sont par le Seigneur dans les Vrais d'après le bien ; il est dit qui sont dans les Vrais d'après le bien, puisque le Divin Vrai n'est reçu que par celui qui est dans le bien ; être dans le bien, c'est être dans le bien de la vie, lequel est la charité ; c'est pour cela qu'il est dit, « celui qui entend mes paroles et les fait; » faire les Paroles du Seigneur est le bien de la vie, car le Vrai, quand l'homme le fait, devient le bien, parce qu'il entre dans la volonté et dans l'amour, et que ce qui devient de la volonté et de l'amour est appelé bien ; les tentations dans lesquelles un tel homme de l'Église ne succombe pas, mais est vainqueur, sont signifiées par la pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont précipités sur cette maison, et cependant elle n'est point tombée, parce qu'elle avait été fondée sur le roc; car dans la Parole les tentations sont signifiées par des inondations d'eaux et de grandes pluies, et aussi par des tempêtes de vent : c'est, il est vrai, une comparaison ; mais qu'on sache que, dans la Parole, toutes les comparaisons sont d'après les correspondances, absolument comme les choses qui n'ont pas été dites par comparaison, voir ci-dessus, N° 69, et dans les ARCANES CELESTES, Nos 3579, 8989. Maintenant, d'après ces considérations, il est bien évident que dans la Parole par le Rocher il est signifié le Seigneur quant au Divin Vrai, ou le Divin Vrai procédant du Seigneur. De là on peut voir ce qui est signifié par les paroles du Seigneur à Pierre, dans Matthieu : « Jésus dit aux disciples : Mais vous, qui dites-vous que Je suis? Simon, Pierre répondit : Toi, tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant. Jésus répondant lui dit : Heureux tu es, Simon, fils de Jona, car ni chair ni sang ne t'a pas révélé cela, mais mon Père qui est dans les Cieux : et Moi je te dis que toi, tu es Pierre et sur ce Roc (Petra) je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle; et je te donnerai les Clefs du Royaume des Cieux, et tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les Cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les Cieux. » — XVI. 15 à 19 ; — ici par Pierre il n'est pas entendu Pierre, mais il est entendu le Divin Vrai procédant du Seigneur, comme dans les passages ci-dessus rapportés; en effet, tous les disciples du Seigneur représentaient ensemble l'Église, et chacun d'eux quelque chose de l'Église, Pierre le Vrai de l'Église, Jacques 1e bien, et Jean le bien en acte ou les œuvres, les autres disciples représentaient les vrais et les biens qui dérivaient de ceux-là, absolument comme les douze Tribus d'Israël ; que cela soit ainsi, on le verra dans la suite, lorsqu'il sera question des Tribus et des Disciples : c'est de là que ces trois Disciples sont nommés dans la Parole de préférence aux autres. Si 1e Seigneur a dit ces paroles à Pierre, c'est parce qu'alors Pierre fit une confession en disant : Toi, Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant, ce qui dans le sens spirituel signifie qu'il est le Divin Vrai ; ce vrai est signifié par Christ, et aussi par le Fils de Dieu ; par Christ, voir dans les ARCANES CELESTES, Nos 3004, 3005, 3009; par le Fils de Dieu, voir ci-dessus, Nos 63, 151, 166; d'après cette Confession Pierre représentait le Divin Vrai procédant du Seigneur dans l'Église, aussi est-ce pour cela qu'il est appelé Pierre, et qu'il est dit : Toi, tu es Pierre, sur ce Roc (Petra) je bâtirai mon Église, ce qui par conséquent signifie que c'est sur le Divin Vrai qui procède du Seigneur, ou, ce qui est la même chose, sur les vrais d'après le bien, car l'Église est bâtie sur ces vrais. Afin que Pierre représentât ce vrai dans l'Église, il a été appelé Pierre (Petra) par le Seigneur, comme on le voit clairement dans Jean : « Jésus le regardant lui dit : Toi, tu es Simon, le fils de Jona; toi, tu seras appelé Képhah, ce qui se traduit, Pierre (Petra). » — I. 43 ; — Képhah signifie pierre (roc) dans la Langue Syriaque, c'est pourquoi dans le texte Syriaque Pierre est partout appelé Képhah; et Képhah aussi signifie pierre (roc) dans la Langue Hébraïque, comme on le voit clairement dans Jérémie, IV. 29; et dans Job, XXX. 6, où ce mot est employé au pluriel (petrœ); mais Pierre n'est pas nommé pierre (petra) dans la Langue Grecque ni dans la Langue Latine, parce qu'un nom de personne (Petrus) lui était donné. Si le Seigneur a dit, « Simon, le fils de Jona, » et ensuite, « tu seras appelé Pierre (Petra), » c'est parce que Simon le fils de Jona signifie le vrai d'après le bien, ou la foi d'après la charité; et comme le vrai d'après le bien ou la foi d'après la charité n'est donnée qu'à ceux qui sont dans le Divin Vrai d'après le Seigneur, et que Pierre vient de confesser ce vrai, c'est pour cela qu'il est appelé Pierre (Petra), non pas lui-même quant à la personne, mais ce Divin Vrai, qui chez lui était d'une confession venant du Seigneur; que cette confession vint du Seigneur, c'est ce qui est entendu par ces paroles du Seigneur, « ni chair ni sang ne t'a révélé cela, mais mon Père qui est dans les Cieux ; » par le Père dans les Cieux il est entendu le Divin dans le Seigneur, puisque le Père était en Lui, et Lui dans le Père, et qu'ils étaient un, --- Jean XIV. 7 à 11. X. 30, 38 : — que Simon signifie le vrai par la volonté, on le verra dans le Chapitre suivant, et que la colombe, qui est signifiée par Jona, signifie le bien spirituel, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 870, 1826, 1827; de là Simon le fils de Jona signifie le vrai du bien ou le vrai d'après le bien. Comme les Enfers n'ont aucune force contre le Divin Vrai procédant du Seigneur, ni contre aucun homme dans lequel est le Divin Vrai par le Seigneur, c'est pour cela que le Seigneur dit que les portes de l'Enfer ne prévaudront point contre lui. Le Seigneur a dit aussi : « Je te donnerai Les clefs du Royaume des Cieux, et tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les Cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les Cieux; » cela signifie que ceux qui sont dans les vrais d'après 1e bien par le Seigneur peuvent toutes choses, absolument selon ces paroles : « Toutes les choses qu'en priant vous demandez, croyez que vous (les) recevrez, et (cela) vous sera fait, » — Marc, XI. 24. Matth. VII. 8. Luc. XI. 9 ; — voir ci-dessus, N° 405, comment ces paroles doivent être entendues, à savoir, que s'ils demandent d'après la foi de la charité, c'est d'après le Seigneur et non d'après eux-mêmes qu'ils demandent, car tout ce que quelqu'un demande d'après le Seigneur et non d'après soi-même, il le reçoit. Que ces paroles, à savoir, « tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les Cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les Cieux, » signifient ce qui vient d'être dit, on le voit clairement par les paroles du Seigneur aux disciples et à tous ceux qui sont par le Seigneur dans les vrais d'après le bien, dans Matthieu : « En vérité, je vous dis : Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le Ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans les Cieux. » — XVIII. 18 ; — ces paroles ont été adressées à tous, ainsi non à Pierre seul : c'est même ce que le Seigneur déclare aussitôt dans ce Chapitre par ces paroles : « Je vous dis que si deux d'entre vous s'accordent en mon Nom sur la terre, pour quelque chose que ce soit qu'ils demanderont, cela leur sera fait par mon Père qui (est) dans les Cieux : car où sont deux ou trois, assemblés en mon Nom, là je suis au milieu d'eux. » — Vers. 19, 20 ; — par le Nom du Seigneur il est entendu tout ce par quoi on lui rend un culte, et comme on lui rend un culte par le vrai d'après le bien qui procède de Lui, de là vient que par son Nom il est entendu ce vrai ; que ce vrai soit entendu par le Nom du Seigneur, on le voit ci-dessus, Nos 102,135 ; par « il sera, fait pour eux dans les cieux toute chose qu'ils demanderont sur la terre, »il est donc signifié la même chose que ce qui est signifié par « tout ce que vous aurez lié et délié sur la terre sera lié et délié dans les Cieux, » car les paroles précédentes sont expliquées au moyen de celles-ci par le Seigneur : celui qui connaît le sens spirituel de la Parole peut aussi savoir pourquoi il est dit, « si deux s'accordent, » et ensuite « où sont deux ou trois, » c'est-à-dire que c'est parce que deux se dit du bien et que trois se dit du vrai, qu'ainsi deux et trois se disent de tous ceux qui sont dans les vrais d'après le bien : que toute puissance dans les cieux et dans les terres soit au Divin Vrai qui procède du Seigneur, on le voit ci-dessus, Nos 209,333, et dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 230,231,539, et dans les ARCANES CELESTES, Nos 3091, 3563,6344,6423,6948,8200,8304,9643,10019, 10182 : que deux se dise du bien, c'est parce que deux signifie la conjonction par l'amour, Nos 1686, 5194, 8423; que trois se dise des vrais, c'est parce que trois signifie tous les vrais dans le complexe, de même que douze, Nos 577, 2089, 2129, 2130, 3272, 3858,3913 ; c'est pourquoi, lorsque dans le Monde spirituel il est dit deux et trois, on entend non pas deux et trois, mais tous ceux qui sont dans les vrais d'après le bien : que Pierre signifie le vrai d'après le bien qui procède du Seigneur, on le voit dans l'Opuscule DU JUGEMENT DERNIER, N° 57. Jusqu'ici il a été montré ce que le Rocher (Petra) signifie dans ce sens, il faut montrer maintenant ce qu'il signifie dans le sens opposé : dans le sens opposé le Rocher signifie le faux infernal auquel on se confie, comme dans les passages suivants; dans Ésaïe : « (O homme) qui taille dans la hauteur son sépulcre, qui se creuse dans le rocher un habitacle! » — XXII. 16; — dans ce Chapitre, il s'agit de la Vallée de vision, par laquelle est signifié le faux de la doctrine confirmé par le sens de la lettre de la Parole; l'amour du faux est signifié par le sépulcre dans la hauteur, et la foi du faux par l'habitacle dans le rocher; tailler et creuser pour soi signifie qu'ils se le font eux-mêmes. Dans le Même : « En ce jour-là ils rejetteront, chacun, les idoles de son argent et les idoles de son or, que vous ont faites vos mains; alors tombera Aschur par l'épée, non point d'un homme (viri); et l’épée, non point de l’homme (hominis), le dévorera : même son Rocher, à cause de la frayeur, passera; et seront consternés, à cause de l'étendard, ses princes. » — XXXI. 7, 8, 9; — là, il s'agit du jugement sur ceux qui croient avoir de la sagesse dans les choses Divines d'après la propre intelligence; ce sont ceux qui sont dans l'amour de soi et du monde, et qui recherchent une renommée d'érudition pour eux-mêmes; comme ceux-là ne peuvent voir les vrais, ils saisissent les faux et les prônent comme des vrais; les faux qui sont favorables à leurs principes et à leurs amours sont signifiés par les idoles de leur argent et par les idoles de leur or ; par « que vous ont faites vos mains, » il est signifié que c'est d'après la propre intelligence ; par « alors tombera Aschur par l'épée, non point d'un homme; et l'épée, non point de l'homme, le dévorera, » il est signifié qu'ils périront par leurs propres faux ; Aschur est 1e rationnel perverti, et par suite ceux qui sont dans les faux d'après la propre intelligence ; tomber et être dévoré par l’épée c'est périr; cela a aussi été représenté par le roi d'Aschur en ce qu'il a été tué par ses fils, — Ésaïe, XXXVII. 38; — là, ses fils signifient ses propres faux par lesquels il a péri; son rocher, qui passera à cause de la frayeur, signifie tout faux en général auquel ils se sont confiés ; et ses princes, qui seront consternés à cause de l'étendard, signifient les faux principaux ; il est dit à cause de l'étendard, car ils sont dissipés non pas par quelque combat avec les vrais, mais seulement par le signe du combat, qui est l'étendard ; j'ai vu aussi de tels esprits précipités de dessus les rochers, sur lesquels ils étaient, par un étendard agité autour d'eux. Dans Jérémie : « A cause de la voix de cavalier et d'archers s'enfuit toute ville; ils sont entrés dans les nuées, et dans les rochers ils sont montés ; toute ville est déserte, et nul homme n'y habite. » — IV. 29; — par ces paroles est décrite la désolation de l'Église quant aux vrais ; par « à cause de la voix de cavalier et d'archers s'enfuit toute ville, » est signifiée la désolation de tout vrai de la doctrine par les faux raisonnements et par les faux doctrinaux qui en proviennent, la voix de cavalier signifie les faux raisonnements, la voix d'archers les faux doctrinaux, toute ville s'enfuit signifie la désolation de tout vrai de la doctrine, la ville est la doctrine; par « ils sont entrés dans les nuées, et dans les rochers ils sont montés, » il est signifié qu'aucun vrai n'est reconnu, mais que c'est purement le faux, entrer dans les nuées signifie dans la non-reconnaissance du vrai, et monter dans les rochers signifie dans le pur faux. J'ai vu aussi des rochers qui consistaient en un amas de pierres, sans aucun champ où il y eût de la verdure, comme on en voit ailleurs sur des rochers ; sur ces rochers étaient des esprits qui, lorsqu'ils vivaient hommes dans le monde, avaient été dans la foi séparée de la charité, qu'on appelle la foi seule, et s'y étaient confirmés tant par la doctrine que par la vie ; cela est entendu par l'aridité du rocher, dans Ézéchiel : « Sur l’aridité du rocher elle l’a mis, elle ne l’a pas répandu sur la terre pour que la poussière le couvrît. » — XXIV. 7 : — et dans le Même : « Je ferai monter contre toi plusieurs nations; elles renverseront les murailles de Tyr, et elles détruiront ses tours, et je retirerai sa poussière hors d'elle, et je la réduirai en aridité de rocher. » — XXVI. 3, 4, 14; — par la poussière dans ces deux passages il est entendu l'humus, par lequel est signifié le bien de l'Église; quand sur des rochers il n'y a point d'humus, mais que ce sont des rochers arides ou consistant en de purs amas de pierres, comme il a été dit ci-dessus, c'est un indice qu'il n'y a aucun bien, et là où n'est pas le bien, il y a purement le faux ; c'est donc là ce qui est signifié par l'aridité de rocher, et par ces expressions, « pour que la poussière le couvrît; » et, « je retirerai sa poussière hors d'elle. » D'après ces explications, on voit aussi ce qui est signifié par les paroles du Seigneur dans les Évangélistes : « D'autres semences tombèrent sur des endroits pierreux, où elles n'avaient pas beaucoup d'humus, et aussitôt elles levèrent, parce qu'elles n'avaient pas de profondeur de terre, et elles séchèrent. » — Matth. XIII. 5, 6. Marc, IV. 5, 6. Luc, VIII. 6 ; — mais ce passage a été expliqué ci-dessus, voir No 401. La plupart de ceux qui, dans le Monde spirituel, ont là une lueur de Lune, habitent sur des Rochers ; ceux qui sont spirituels-naturels habitent sur des Rochers, qui, quant à la superficie, sont couverts d'un humus, d'où il résulte qu'il y a des champs, des lieux de verdure et des lieux couverts d'arbres, mais non tels qu'ils existent sur les montagnes et sur les collines sur lesquelles habitent ceux qui reçoivent du Soleil du Ciel la lumière ; mais ceux qui ne sont pas spirituels-naturels, et qui sont purement naturels, ne sont pas aujourd'hui sur des rochers, mais ils sont dans des rochers et y habitent des cavernes, et ceux qui sont dans les faux d'après le mal y habitent parmi des amas de pierres ; toutes ces choses sont des correspondances. Dans Jérémie : « Me voici contre toi, montagne qui détruis toute la terre, et j'étendrai ma main contre toi, et je te roulerai d'entre les rochers, et je te réduirai en montagne de combustion. » — LI. 25 ; — ces choses ont été dites de Babel, dont la damnation par les faux est signifiée par « je te roulerai d'entre les rochers, » et dont la damnation par les maux est signifiée par « je te réduirai en montagne de combustion ; » mais ce passage a été plus amplement expliqué ci-dessus, voir N° 405. Dans le Même: « Abandonnez les villes et habitez dans le Rocher, habitants de Moab, et soyez comme une colombe qui fait son nid dans les passages de l'ouverture d'une fosse. » — XLVIII. 28 ; — ces choses ont été dites de Moab, par qui il est signifié l'adultération du bien et du vrai, et par suite ceux qui pervertissent le bien et le vrai de la Parole ; « abandonnez les villes, » signifie les vrais de la doctrine ; « habitez dans le rocher, » signifie dans les faux et dans la doctrine des faux ; « soyez comme une colombe qui fait son nid dans les passages de l'ouverture d'une fosse, » signifie l'intuition du vrai par dehors et non par dedans, car la fosse signifie la Parole où sont les vrais; faire son nid dans ses passages, c'est au dehors et non au dedans, faire son nid signifie la même chose qu'habiter, à savoir, passer la vie, mais faire son nid se dit de l'oiseau, et habiter se dit de l'homme : ce que c'est que considérer la Parole par dehors et non par dedans, on le voit dans les ARCANES CE­LESTES, Nos 10549,10550,10551, c'est-à-dire que c'est la voir non d'après la doctrine, mais seulement d'après la lettre, ce qui fait que ceux-là errent ça et là où les portent le mental (animus), la pensée et l'affection ; rien de certain pour eux ; de là de perpétuelles adultérations qui sont signifiées par Moab ; tels sont ceux qui étudient la Parole pour la gloire et l'honneur ; comme ils se considèrent en chaque chose quand ils étudient la Parole, ils sont, en dehors de la Parole ; mais ceux qui en aiment le vrai et le bien sont en dedans de la Parole, car ils la regardent par le Seigneur et non par eux-mêmes : d'après cela on voit ce que signifie, « abandonnez les villes, et habitez dans le rocher, habitants de Moab, et soyez comme une colombe qui fait son nid dans les passages de l'ouverture d'une fosse. » Dans le Même : « Est-ce que ma Parole n'est pas comme un feu, et comme un marteau qui disperse le rocher? » — XXIII. 29 ; — la Parole est dite comme un feu et comme un marteau, parce que le feu signifie le bien de l'amour, et le marteau le vrai de la foi, car le marteau signifie la même chose que le fer, et le fer signifie le vrai dans les derniers et le vrai de la foi ; il est dit l'un et l'autre, à savoir, le feu et le marteau, par conséquent le bien et le vrai, à cause du mariage du bien et du vrai dans chacune des choses de la Parole ; par le rocher qu'il disperse, il est signifié le faux dans tout le complexe, et la doctrine du faux ; mais la dispersion ou la destruction en est faite, quand l'homme, chez qui il y a ce faux et cette doctrine, est jugé. Dans Nahum : « Devant son indignation qui subsistera? ou qui se maintiendra dans l'emportement de sa colère? Son emportement se répand comme un feu, et les rochers sont renversés devant Lui. » — I. 6 ; — que l'indignation, l'emportement et la colère de Jéhovah signifient le Jugement Dernier et l'état de damnation de ceux qui sont dans les maux et dans les faux des maux, on le verra dans les Articles suivants ; la damnation des maux est signifiée par son emportement qui se répand comme un feu, et la damnation des faux provenant des maux est signifiée par sa colère et en ce que les rochers sont renversés devant Lui, car le feu signifie les maux des amours de soi et du monde, les rochers signifient les faux qui en proviennent, et être renversé signifie périr ; les rochers sur lesquels habitent ceux qui sont dans les principes du faux, et par suite dans les faux de tout genre, sont aussi renversés à la vue, et ainsi ceux qui sont dessus sont précipités dans l'enfer; mais cela arrive dans le Monde spirituel, où tous habitent selon la qualité de leurs intérieurs auxquels les externes correspondent. Dans Ésaïe : « Vous qui vous êtes échauffés pour des dieux sous tout arbre verdoyant, qui égorgez les enfants dans les torrents sous les escarpes des rochers. » — LVII. 5 ; — ce que c'est que s'échauffer pour des dieux sous tout arbre verdoyant, et égorger les enfants dans les torrents sous les escarpes des rochers, personne ne le sait sinon d'après le sens interne; dans ce sens, par s'échauffer pour des dieux sous tout arbre verdoyant, il est signifié rendre un culte à Dieu d'après tout faux qui se présente, s'échauffer pour des dieux est un culte ardent, tout arbre verdoyant est tout faux qui se présente, car l'arbre signifie les connaissances et les perceptions, ici les connaissances et les perceptions du faux ; et par égorger les enfants dans les torrents sons les escarpes des rochers, il est signifié éteindre les vrais par les faux d'après la propre intelligence, les enfants (nati) sont les vrais, les torrents sont la propre intelligence, les escarpes des rochers sont les faux ; sous les escarpes de rochers signifie d'après le sensuel dans lequel est la dernière lueur naturelle, car ceux qui sont dans cette lueur seule sont placés sous des rochers escarpés, et ne voient aucun vrai, et si on leur dit quelque vrai ils ne le perçoivent point; ils ont aussi été vus par moi dans une telle position dans le Monde spirituel, d'où il est évident que par égorger les enfants il est entendu, non pas les égorger, mais éteindre les vrais. Pareillement dans David : « Heureux qui saisira et brisera tes petits enfants sur le rocher! » — Ps CXXXVII. 9; — ici, par les petits enfants il est entendu, non des petits enfants, mais des faux naissants, car il s'agit de Babel par laquelle sont signifiés les faux du mal qui détruisent les vrais du bien de l'Église; la destruction de ces faux est signifiée par briser les petits enfants sur le rocher, le rocher est le faux du mal qui règne, et briser c'est détruire ; celui qui reste seulement dans le sens de la lettre, et ne pense pas plus avant, peut facilement être induit à croire qu'heureux est appelé celui qui agit ainsi envers les enfants des ennemis, lorsque cependant c'est là un crime énorme; mais est appelé heureux celui qui brise les faux du mal naissants dans l'Eglise, ces faux sont signifiés ici par les petits enfants de Babel. Dans Jérémie : « Qui a entendu rien de pareil? Une chose horrible elle a fait, la vierge d'Israël. Est-ce qu'elle abandonnera du rocher mes champs, la neige du Liban? Est-ce qu'elles seront enlevées, les eaux froides étrangères qui coulent? Ils M'ont oublié, mon peuple; à la vanité ils ont fait des parfums. » — XVIII. 13, 14, 15; — par la vierge d'Israël il est entendu, ici et ailleurs, l'Église spirituelle, car les Israélites la représentaient; la chose horrible qu'ils ont faite, c'est d'avoir changé les biens de l'Eglise en maux, et les vrais de l'Église en faux, et d'avoir rendu un culte à Jéhovah d'après ces maux et ces faux ; les maux d'après lesquels ils rendaient un culte sont signifiés par « ils M'ont oublié, mon peuple, » car celui qui oublie Dieu est dans les maux ; et les faux d'après lesquels ils rendaient un culte sont signifiés par « à la vanité ils ont fait des parfums, » la vanité est le faux, et faire des parfums est le culte; « est-ce qu'elle abandonnera du rocher mes champs, la neige du Liban? » signifie est-ce qu'ils ont les vrais de l'Église d'après la Parole? ici le rocher signifie la Parole, parce qu'il signifie le Divin Vrai, comme ci-dessus; la neige du Liban signifie les vrais de l'Église qui en proviennent, la neige ici signifie la même chose que l'eau, à savoir, les vrais; mais la neige signifie les vrais froids, parce qu'il s'agit d'une telle Église ; le Liban est l'Église dont il s'agit, et, les champs sont tous les biens et tous les vrais de l'Église; par les eaux froides étrangères qui coulent sont signifiés les faux dans lesquels il n'y a pas le bien, les eaux étrangères sont les faux, et le froid signifie ce dans quoi il n'y a pas le bien, car toute chaleur dans les vrais vient du bien de l'amour. Dans le Même : « Me voici contre toi, habitante de la vallée, rocher de la plaine, vous qui dites : Qui descendra contre nous, et qui viendra dans nos habitations? —XXI. 13; — par l'habitante de la vallée et le rocher de la plaine, sont signifiés ceux qui sont dans les derniers de la Parole, et ne se laissent pas illustrer par l'intérieur, et ceux qui sont tels ne voient pas les vrais, mais au lieu des vrais ils voient les faux, car toute lumière du vrai, parce qu'elle vient du Ciel par le Seigneur, vient de l'intérieur et descend; ceux-là sont entendus par l'habitante de la vallée et par le rocher de la plaine, la vallée et la plaine sont les derniers de la Parole dans lesquels ils sont, et l'habitante et le rocher signifient les faux, l'habitante le faux de la vie, et le rocher le faux de la doctrine; la foi du faux et du mal, à laquelle ils sont fermement attachés, en croyant que les faux et les maux sont des vrais et des biens, est signifiée en ce qu'ils disent : « Qui descendra contre nous, et qui viendra dans nos habitations? » Dans Ésaïe : « Entre dans le Rocher, et cache-toi dans la poussière, à cause de la frayeur Jéhovah. » — II. 10; — entrer dans le rocher, c'est dans le faux ; et se cacher dans la poussière, c'est dans le mal; là, il s'agit Jugement Dernier, quand ceux qui sont dans les faux du mal et dans les maux du faux se jettent dans des Enfers qui sont dans rochers et sous les terres dans le Monde spirituel : mais on peut voir cela plus amplement étendu et expliqué dans l'Article qui procède. Dans Job : « Une montagne qui tombe est dissipée, un rocher est transporté de sa place. » — XIV. 18; — par montagne il est signifié l'amour du mal, et par le rocher la foi faux ; et par être dissipé et être transporté de sa place, il est signifié périr. Dans David : « Qu'ils soient précipités à travers des lieux de rocher, leurs juges. » — Ps. CXLI. 6; — par les juges sont signifiés ceux qui sont dans les faux, et dans le sens abstrait les faux de la pensée et de la doctrine; par les juges, dans la rôle, il est signifié la même chose que par les jugements, et les jugements signifient les vrais d'après lesquels existent les jugements, et dans le sens opposé les faux ; comme ceux qui sont dans les faux habitent, dans le Monde spirituel, dans des rochers, c’est pour cela qu'il est dit, « qu'ils soient précipités à travers des lieux de rocher, » ce qui signifie, qu'ils soient plongés dans leurs faux et que selon leurs faux ils habitent dans les enfers. Dans Job : «Pour habiter dans une crevasse des vallées, dans des trous de terre et dans des rochers. » — XXX. 6 ; — ces choses ont été dites ceux qui sont dans les enfers parce qu'ils sont dans les maux et par suite dans les faux, les enfers de ceux qui sont dans les maux quant à la vie sont sous les vallées et là dans des cavernes, et les enfers de ceux qui sont dans les faux sont dans des rochers; d'après cela on voit clairement ce qui est signifié par « pour habiter dans une crevasse des vallées, dans des trous de terre et dans des rochers ; » mais quant aux cavernes et aux antres dans lesquels habitent ce qui sont dans les enfers, et quant aux crevasses et aux trous par lesquels il y a entrée, voir dans l'Article précédent, N° 410. Ces choses ont été rapportées, afin qu'on sache que dans le sens opposé par le Rocher est signifié le faux en général; cette signification du rocher vient de la correspondance, comme on peut le voir d'après les apparences et les choses visibles dans le Monde spirituel, où tous habitent selon les correspondances des intérieurs qui appartiennent à leur mental et à leur vie; c'est pourquoi ceux qui sont dans la sagesse et dans l'intelligence, parce qu'ils sont dans l'amour envers le Seigneur et dans la charité à l'égard du prochain, et par suite dans l'affection spirituelle du vrai, habitent sur des montagnes et des collines couvertes d'humus, où sont des paradis, des jardins, des lieux plantés de roses, et des lieux pleins de verdure; ceux qui sont dans la foi des doctrinaux de leur Église, et dans quelque charité, habitent sur des rochers, où sont des campagnes sur lesquelles il y a quelques arbustes, quelques arbres et des herbages ; mais ceux qui ont été quant à la doctrine et quant à la vie dans la foi seule, comme on l'appelle, et par suite dans les faux de la foi et dans les maux de la vie, ceux-là habitent en dedans des rochers dans des cavernes et des caveaux. C'est là la signification du Rocher d'après la correspondance qui vient d'être donnée : mais la signification du rocher d'après sa dureté se trouve dans ces passages ; dans Jérémie : « Ils ont endurci leurs faces plus qu'un rocher. » — V. 3 : — dans Ézéchiel : « Comme un diamant plus dur qu'un rocher j'ai rendu ton front, ne crains point. » — III. 9 : — dans Job : « Qu'avec un burin de fer et du plomb à jamais sur le roc elles soient gravées! » — XIX. 24 : — dans Ésaïe : « Les sabots de ses chevaux comme le roc sont réputés. » — V. 28 ; — que la dureté soit exprimée par le rocher, c'est aussi d'après la correspondance du rocher avec le vrai d'après le bien, car au vrai d'après le bien appartient toute puissance, comme il a été dit ci-dessus; mais quand le vrai agit contre le faux qui vient du mal, le bien est alors affaibli, et le vrai qui reste agit avec dureté, selon les paroles précédentes dans Ézéchiel, « comme un diamant plus dur qu'un rocher j'ai rendu ton front; » et aussi le vrai sans le bien est dur, mais néanmoins fragile. Ce qui vient d'être rapporté sur les Rochers sera plus amplement éclairci par ce qui sera dit dans la suite sur la signification des Pierres.



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