| Apocalypse Expliquée 409. 409. Et tout esclave et tout libre, signifie l'homme naturel et l'homme spirituel : on le voit par la signification de l'esclave, en ce qu'il est l'homme naturel, ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification de l'homme libre, en ce qu'il est l'homme spirituel : si l'homme spirituel est entendu par le libre, et l'homme naturel par l'esclave, c'est parce que l'homme spirituel est conduit d'après le ciel par le Seigneur, et qu'être conduit par le Seigneur, c'est le libre, et que l'homme naturel obéit à l'homme spirituel et le sert, car il exécute ce que l'homme spirituel veut et pense. Dans la Parole, le mot esclave est rencontré dans beaucoup de passages, et celui qui ne sait pas que, dans ces passages, par l'esclave il est entendu l'homme naturel qui sert et exécute ce que l'homme spirituel veut et pense, peut croire que par l'esclave il y est entendu un homme qui est dans la servitude, ainsi, selon la commune notion qu'on a de l'esclave ; mais qu'il soit entendu celui qui sert et exécute, on le verra clairement par les passages de la Parole qui vont être rapportés : Quand, dans la Parole, l'esclave (ou le serviteur) est dit dans ce sens, alors l'homme naturel, qui est entendu par lui, n'est serviteur que comme le corps est serviteur de son âme; et comme celui qui sert et qui exécute est entendu par serviteur, c'est pour cela même que serviteur se dit non-seulement de l'homme naturel respectivement à l'homme spirituel, mais aussi des hommes qui rendent des services aux autres, et des Anges qui exécutent les ordres de Dieu, et bien plus du Seigneur Lui-Même quant à son Divin Humain lorsqu'il était dans le Monde ; serviteur se dit aussi des vrais d'après le bien, parce que le bien agit et exécute par les vrais, et parce que les vrais rendent leurs soins au bien qui veut et qui aime, et ainsi du reste : outre cela, serviteur se dit de l'homme naturel d'après l'obéissance et l'effet, quoique l'homme naturel chez le régénéré soit aussi libre que l'homme spirituel, puisqu'ils font un comme le principal et l'instrumental, mais toujours est-il que l'homme naturel respectivement à l'homme spirituel est appelé serviteur, par la raison, qui a été dite, que le naturel sert le spirituel en mettant à exécution ; mais chez ceux chez qui l'homme spirituel a été fermé, et l'homme naturel seulement ouvert, l'homme tout entier est esclave dans le sens ordinaire, quoiqu'il soit quant à l'apparence comme libre, car l'homme extérieur naturel est au service des maux et des faux que l'homme intérieur veut et pense ; en effet, il est de cette manière conduit par l'enfer, et être conduit par l'enfer, c'est être entièrement asservi, et un tel homme devient aussi après la mort tout à fait asservi et vil esclave dans l'enfer ; en effet, après la mort les plaisirs de la vie de chacun sont changés en plaisirs correspondants, et les plaisirs du mal en servitudes et en choses affreuses, voir dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 485 à 490 ; dans ce sens aussi le serviteur est nommé dans la Parole : mais ici il sera principalement montré que par le serviteur il y est entendu celui qui sert et qui exécute, et cela dans tout rapport. Que par le serviteur il soit entendu celui qui sert et qui exécute, on le voit clairement en ce que le Seigneur quant à son Divin Humain est appelé Serviteur et Ministre, comme dans les passages suivants ; dans Ésaïe : « Voici mon Serviteur sur qui je m'appuie, mon Elu en qui mon âme a son bon plaisir; j'ai mis mon Esprit sur Lui; le jugement aux nations il prononcera : Qui (est) aveugle, sinon mon Serviteur? ou sourd comme mon Ange que j'envoie? Qui (est) aveugle comme le parfait, et aveugle comme le Serviteur de Jéhovah? » — XLII. 1, 19 ; --- ces choses ont été dites du Seigneur, de qui il s'agit dans tout ce Chapitre, et le Seigneur quant à son Divin Humain y est appelé Serviteur, parce qu'il a été au service de son Père, en faisant la volonté du Père, comme il le dit plusieurs fois, ce par quoi il est entendu qu'il a remis toutes choses en ordre dans le Monde spirituel, et qu'en même temps il a enseigné aux hommes le chemin qui conduit au ciel; c'est donc le Divin Humain qui est entendu par « mon Serviteur sur qui je m'appuie, » et par « mon Élu en qui mon âme a son bon plaisir, » le Serviteur se dit du Divin Vrai par lequel il a exécuté, et l'Élu se dit du Divin Bien ; par « j'ai mis mon Esprit sur Lui ; le jugement aux nations il prononcera, » il est signifié que le Seigneur a eu le Divin Vrai, par lequel il a exécuté, l'Esprit de Jéhovah est le Divin Vrai, et prononcer le jugement aux nations, c'est instruire ; s'il est dit aveugle et sourd, c'est parce que le Seigneur est comme s'il ne voyait pas et ne percevait pas les péchés des hommes; en effet, il conduit les hommes avec douceur, car il ploie et ne brise pas, ainsi en détournant des maux et en conduisant au bien ; il ne châtie donc pas non plus et ne punit pas comme celui qui voit et qui perçoit ; cela est entendu par « qui est aveugle, sinon mon Serviteur? ou sourd comme mon Ange? » il est dit aveugle et par suite Serviteur d'après le Divin Vrai, et il est dit sourd et par suite Ange d'après le Divin Bien, car aveugle se réfère à l'entendement et par suite à la perception, et sourd se réfère à la perception et par suite à la volonté; là donc il est signifié qu'il est comme s'il ne voyait pas, quoiqu'il ait le Divin Vrai par lequel il comprend toutes choses, et comme s'il ne voulait pas selon ce qu'il perçoit, quoiqu'il ait le Divin Bien d'après lequel il peut toutes choses. Dans le Même : « Par le travail de son âme il verra, il sera rassasié; par sa connaissance mon Serviteur juste en justifiera plusieurs, en ce qu'il a Lui-Même porté leurs iniquités. » — LIII. 11 ; — ces choses ont aussi été dites du Seigneur, il est bien évident que dans tout le Chapitre il s'agit de Lui, et même de son Divin Humain ; ses combats contre les enfers et la subjugation des enfers sont signifiés par le travail de son âme, et par « il a porté leurs iniquités; » par porter leur iniquités, il est entendu, non pas qu'il les a transportées sur Lui mais qu'il a admis en Lui les maux qui proviennent des enfers afin de les subjuguer; c'est donc là ce qui est entendu par porter les iniquités; « par sa connaissance mon Serviteur juste en justifiera plusieurs, » signifie par suite la salvation de ceux qui sont dans la foi spirituelle appartenant à la charité, « la connaissance » signifie le Divin Vrai et par suite la Divine sagesse et la Divine intelligence, et « plusieurs » signifient tous ceux qui reçoivent, car beaucoup dans la Parole se dit des vrais, et grand se dit du bien, de là « plusieurs »signifient tous ceux qui sont dans les vrais d'après le bien par le Seigneur ; il est dit qu'il a justifié ceux-ci, parce que justifier signifie sauver d'après le Divin Bien ; c'est aussi d'après ce Bien qu'il est dit juste ; comme il a exécuté et effectué ces choses par son Divin Humain, il est dit Serviteur de Jéhovah. D'après cela il est bien évident que Jéhovah appelle son Divin Humain son Serviteur parce qu'il sert et exécute. Dans le Même : « Voici, prudemment agira mon Serviteur, il sera élevé, et il sera exalté, et il sera haut élevé extrêmement. » — LII. 13 ; — ces choses aussi ont été dites du Seigneur, dont le Divin Humain est appelé Serviteur, par la raison dont il vient d'être parlé ; la glorification de son Humain est entendue par « il sera élevé, il sera exalté, et il sera haut élevé extrêmement. » Dans le Même : « Vous, mes témoins, et mon Serviteur que j’ai élu, afin que vous sachiez et que vous Me croyiez. » — XLIII. 10 ; — là aussi, par le Serviteur est entendu le Seigneur quant au Divin Humain. Que le Seigneur Lui-Même se dise le Ministre en ce qu'il exécute un service, on le voit clairement dans les Évangélistes : « Quiconque voudra parmi vous devenir grand, qu'il soit votre ministre, et quiconque voudra être premier, qu'il soit votre serviteur; comme le Fils de l’homme est venu, non pour être servi par des ministres, mais pour servir comme ministre. » --- Matth. XX. 25, 26, 27, 28. Marc, X. 42, 43, 44. Luc, XXII. 27; --- cela a été expliqué dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, voir N° 218 ; et dans Luc : « Heureux les serviteurs que le Seigneur, quand il viendra, trouvera vaillants! en vérité, je vous dis qu'il se ceindra, et les fera mettre à table ; et que, s'approchant, Lui-Même les servira comme ministre. » — XII. 36, 37 ; — puisque, dans la Parole, par David il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, et que le Divin Vrai sert, c'est pour cela que David, quand par lui il est entendu le Seigneur, est ça et là appelé serviteur ; comme dans Ézéchiel : « Moi Jéhovah, je leur serai pour Dieu, et mon Serviteur David (sera) prince au milieu d'eux. » — XXXIV.24. — Dans le Même : « Mon Serviteur David sera Roi sur eux, afin qu'un seul Pasteur il y ait pour eux tous. » — XXXVII. 24 ; — ceci a été dit de David longtemps après ce roi, qui jamais ne ressuscitera pour être prince au milieu d'eux et Roi sur eux. Dans Ésaïe : « Je protégerai cette ville pour la conserver à cause de Moi, et à cause de David mon Serviteur. » — XXXVII. 35. — Dans David : « J'ai traité alliance avec mon Élu, j'ai juré à David mon Serviteur : Jusqu'à éternité j'affermirai ta semence. J'ai trouvé David mon Serviteur; de l’huile de ma sainteté je l'ai oint. » — Ps. LXXXIX. 4, 5, 21 ; — dans tout ce Psaume il s'agit du Seigneur, qui est entendu là par David. Dans le Même : « Il a choisi David son Serviteur; de derrière celles qui allaitent il l'a amené pour paître Jacob son peuple, et Israël son héritage; et il les a fait paître dans l’intégrité de son cœur, et dans les droitures de ses mains il les a conduits. » — Ps. LXXVIII. 70, 71, 72; — et en outre ailleurs ; que le Seigneur quant au Divin Vrai soit entendu dans la Parole par David, on le voit ci-dessus, N° 205, et aussi dans ces passages. Le Seigneur est encore appelé serviteur dans la Parole, lorsqu'il y est entendu par Israël, comme dans Ésaïe : « Tu es mon serviteur, toi, Israël, en qui je serai rendu glorieux; c'est peu que tu Me sois serviteur pour rétablir les Tribus de Jacob, et pour ramener les conservés d'Israël; mais je T'ai donné pour lumière aux nations, pour être mon salut jusqu' à l’extrémité de la terre. » — XLIX. 3,6; — que le Seigneur dans le sens suprême soit entendu par Israël, on le voit dans les ARCANES CELESTES, N° 4286 ; et que la Pierre d'Israël soit le Seigneur quant au Divin Vrai, on le voit N° 6426. Puisque le Seigneur quant au Divin Vrai est appelé dans la Parole Serviteur, en ce que ce Vrai sert, c'est pour cela que sont appelés serviteurs ceux qui sont dans le Divin Vrai par le Seigneur, et qui servent les autres par ce vrai, comme les Prophètes, dans ces passages; dans Jérémie : « Jéhovah vous a envoyé tous ses serviteurs les Prophètes. » — XXV. 4 — Dans Amos : « Il a révélé son secret à ses serviteurs les Prophètes. » — III. 7. — Dans Daniel : « Les lois qu'il a mises devant nous par la main de ses serviteurs les Prophètes. » — IX. 10 ; — de là aussi Moïse est appelé « serviteur de Jéhovah, » — Malach. III. 22; — et Ésaïe aussi dans ce Prophète, — Chap. XX. 3. Chap. L. 10;— en effet, dans la Parole, par les Prophètes il est signifié la Doctrine du Divin Vrai, ainsi le Divin Vrai quant à la doctrine, voir Nos 2534, 7269. De là aussi David se nomme serviteur de Jéhovah, comme dans ces passage des Psaumes : « Dans tes statuts je me délecte, je n'oublie point ta Parole; ton serviteur médite sur tes statuts. Tu as fait du bien à ton serviteur, Jéhovah! selon ta parole. Fais avec ton serviteur selon ta miséricorde; et tes statuts enseigne-moi (Je suis) ton serviteur, moi; instruis-moi, afin que je connaisse tes témoignages. Fais luire tes faces sur ton serviteur, et enseigne-moi tes statuts. J'ai erré comme une brebis perdue, cherche ton serviteur. » — --- Ps. CXIX. 16, 23, 65,124, 125, 135, 176; — dans le Même : « Garde mon âme, parce que saint, moi, (je suis) ; conserve ton serviteur, parce que je me confie en Toi : réjouis l’âme de ton serviteur, parce que vers Toi, Seigneur, j'élève mon âme : donne ta force à ton serviteur, et conserve le fils de ta servante.» — Ps. XXXXVI. 2, 4,16 ; — et en outre ailleurs, comme — Ps. XXVII. 9. Ps. XXXI. 17. Ps. XXXV, 27. Ps. CXVI. 16. Luc, I. 59; — puisque le Seigneur quant au Divin Vrai est entendu par David dans les passages ci-dessus rapportés, et que par suite le Divin Vrai est entendu par David, de même que par les Prophètes, c'est pour cela que dans le sens spirituel de ces passages par le serviteur il est entendu aussi celui qui sert ; celui qui ne sait pas le sens spirituel de la Parole peut croire que non-seulement David, mais encore tous les autres qui dans la Parole se sont dits serviteurs, ont parlé ainsi parce que tous sont les serviteurs de Dieu, mais toujours est-il que partout où dans la Parole les serviteurs sont nommés, il est entendu dans le sens spirituel ceux qui servent et exécutent : c'est aussi pour cette raison que « Nébùchadnessar, roi de Babel, est appelé serviteur de Jéhovah. » — Jérém. XXV. 9. XLIII. 10; — mais en particulier par le serviteur et par les serviteurs, dans la Parole, sont entendus ceux qui reçoivent le Divin Vrai et qui l'enseignent, puisque le Divin Vrai sert, et que par ce Vrai le Divin Bien exécute; de là vient qu'il est souvent dit les serviteurs et en même temps les élus, les serviteurs désignent ceux qui reçoivent le Divin Vrai et enseignent, et les élus ceux qui reçoivent le Divin Bien et conduisent, comme dans Ésaïe : « Je ferai sortir de Jacob une semence, et de Jehudah un héritier de mes montagnes, afin que mes Élus en aient la possession, et que mes Serviteurs y habitent. » — LXV. 9. — Dans le Même : « Toi, Israël mon serviteur, et Jacob que j'ai élu, » — XLI. 8. — Dans le Même : « Écoute, ô Jacob mon serviteur, Israël que j'ai élu! Ne crains point, ô mon serviteur Jacob, et Jeschurum que j'ai élu ! » — XLIV. 1, 2; — que ceux qui sont dans la vie de la charité soient appelés Élus, on le voit, Nos 3755 f, 3900. Maintenant, comme dans la Parole, il est dit serviteurs en raison du service et de l'exécution, et qu'en conséquence sont appelés serviteurs ceux qui servent et mettent à exécution, de là vient que l'homme naturel est appelé serviteur, car il sert l'homme spirituel en exécutant ce que celui-ci veut ; et de là vient aussi que l'homme spirituel est appelé libre, et même seigneur : cela aussi est entendu par le serviteur et le seigneur dans Luc : « Nul serviteur ne peut servir deux seigneurs, car ou il haïra l'un et aimera l’autre, ou il préférera l'un et méprisera l'autre; vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » — XVI. 13 ; — cela doit être entendu, non pas des domestiques dans le monde, puisque ceux-ci peuvent servir deux maîtres, sans cependant haïr l'un ni le mépriser, mais des serviteurs dans le sens spirituel, lesquels sont ceux qui veulent aimer le Seigneur et s'aimer également, aimer le ciel et aimer également le monde; ceux-ci sont comme ceux qui veulent regarder d'un œil en haut et de l'autre en bas, ou d'un œil vers le ciel et de l'autre vers l'enfer, et ainsi être en suspens entre l'un et l'autre ; et cependant il y aura prédominance des amours, de l'un au-dessus de l'autre ; et là où il y a prédominance, ce qui s'oppose est haï et méprisé, et cela, quand il s'oppose ; car l'amour de soi et l'amour du monde sont opposés à l'amour envers le Seigneur et à l'amour à l'égard du prochain ; c'est de là que ceux qui sont dans l'amour céleste, veulent plutôt mourir et être privés des honneurs et des richesses dans le monde, que d'être par là détournés du Seigneur et du Ciel, car ils considèrent l'un comme le tout parce que cela est éternel, et l'autre comme rien relativement parce que cela finit avec la vie dans le monde : au contraire, ceux qui s'aiment eux-mêmes et aiment le monde par dessus toutes choses, méprisent relativement le Seigneur et le Ciel, bien plus encore ils nient, et quand ils voient en eux l'opposé, ils haïssent; c'est ce qui apparaît manifestement chez tous ceux-là dans l'autre vie : Chez ceux qui aiment le Seigneur et le Ciel par dessus toutes choses, l'homme interne ou spirituel est ouvert, et l'homme externe ou naturel le sert, alors, celui-ci est serviteur parce qu'il sert, et celui-là est seigneur parce que c'est lui qui veut : au contraire, chez ceux qui s'aiment eux-mêmes et aiment le monde par dessus toutes choses, l'homme interne ou spirituel est fermé, et l'homme externe ou naturel est ouvert, et quand celui-ci est ouvert et celui-là fermé, l'homme aime un seigneur, à savoir, soi-même et le monde, et il haït l'autre, à savoir, le Seigneur et le Ciel. Je puis aussi par expérience attester la même chose : En effet, tous ceux qui ont vécu pour eux et pour le monde, et non, comme on le doit, pour Dieu et pour le Ciel, ont dans l'autre vie de la haine pour le Seigneur, et persécutent ceux qui appartiennent au Seigneur, quelle que soit la manière dont ils aient eux-mêmes dans le monde parlé du Ciel et aussi du Seigneur : d'après ces considérations, on peut voir qu'il est impossible de servir deux seigneurs : que ces paroles du Seigneur doivent être entendues spirituellement, cela est évident d'après les expressions du Seigneur Lui-Même, car il dit : Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. Dans Matthieu : « Un disciple n'est pas au-dessus du maître, ni un serviteur au-dessus de son seigneur, il suffit au disciple d'être comme son maître et au serviteur (d'être) comme son seigneur. » — X. 24, 25; — par là, dans le sens universel, il est entendu que l'homme ne s'égalera pas au Seigneur, et qu'il lui suffit d'avoir par Lui tout ce qu'il a, et alors le disciple est comme le maître et le serviteur comme le seigneur, car alors le Seigneur est en lui, et lui fait vouloir le bien et penser le vrai; le disciple se dit du bien, et le serviteur se dit du vrai : il en est de même dans le sens singulier, à savoir, chez chaque homme qui est conduit par le Seigneur; l'homme Externe ou naturel chez lui est disciple et serviteur, et l'homme Interne ou spirituel est maître et seigneur ; quand l'homme Externe ou naturel sert l'homme Interne ou spirituel, en obéissant et en exécutant, alors celui-ci est aussi comme un maître et comme un seigneur, car ils font un, de même qu'on dit de la cause principale et de la cause instrumentale, qu'elles font une seule cause : ce sens singulier coïncide avec le sens universel, en ce que, quand l'homme spirituel et l'homme naturel font un, le Seigneur Lui-Même agit, car l'homme spirituel ne fait rien d'après lui-même, mais ce qu'il fait il le fait uniquement d'après le Seigneur; en effet, autant l'homme spirituel a été ouvert, car il est ouvert pour le Ciel, autant il agit, non d'après lui-même, mais d'après le Seigneur; cet homme spirituel est, dans le sens propre, l'homme spirituel. Dans Jean : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous fera libres. Les Juifs répondirent : Semence d'Abraham nous sommes, et à personne nous n'avons été asservis jamais, comment Toi dis-tu : Libres vous deviendrez ? Jésus leur répondit : En vérité, en vérité, je vous dis, que quiconque fait le péché est esclave du péché; l'esclave ne demeure pas dans la maison à perpétuité, le fils demeure à perpétuité; si donc le fils vous fait libres, véritablement libres vous serez. » — VIII. 32 à 36 ; — par ces paroles il est entendu que le libre consiste à être conduit par le Seigneur, et le servile à être conduit par l'enfer ; par la vérité, qui fait libre, il est entendu le Divin Vrai qui procède du Seigneur, car celui qui reçoit ce vrai par la doctrine et par la vie est libre, parce qu'il devient spirituel et est conduit par le Seigneur; aussi est-il dit, « le fils demeure dans la maison à perpétuité; si le Fils vous fait libres, véritablement libres vous serez ; » par le fils il est entendu le Seigneur, et aussi la Vérité, voir ci-dessus, Nos 63, 151, 166, et demeurer dans la maison, c'est dans le Ciel; qu'être conduit par l'enfer ce soit le servile, cela est enseigné par ces paroles, « quiconque fait le péché est esclave du péché ; » le péché est l'enfer parce qu'il vient de l'enfer. Que recevoir du Seigneur le Divin Vrai par la doctrine et par la vie, ce soit être libre, le Seigneur l'enseigne aussi dans Jean : « Vous, vous êtes mes amis, si vous faites toutes les choses que je vous commande; je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son Seigneur; mais je vous appelle amis, parce que toutes les choses que j'ai entendues de mon Père, je vous les ai fait connaître; vous, vous ne M'avez pas choisi, mais Moi je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous, vous alliez et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » — XV. 14, 15, 16; — là, par amis il est entendu libres, puisque « amis » dans ce passage est opposé à « serviteurs; » que ceux qui reçoivent du Seigneur le Divin Vrai par la doctrine et par la vie soient, non des serviteurs, mais des amis ou des hommes libres, cela est enseigné par ces paroles, « si vous faites toutes les choses que je vous commande, je ne vous appelle plus serviteurs, mais je vous appelle amis; » et par celles-ci, « toutes les choses que j'ai entendues de mon Père, je vous les ai fait connaître, afin que vous, vous alliez et que vous portiez du fruit, » commander et faire connaître appartient à la doctrine, et porter du fruit appartient à la vie; que cela vienne du Seigneur, c'est ce qui est enseigné ainsi, « vous, vous ne M'avez pas choisi, mais Moi je vous ai choisis, et je vous ai établis. » Une chose à peu près semblable a été représentée par les esclaves Hébreux qui étaient mis en liberté la septième année et l'année du Jubilé, et dont il est parlé, —Exod. XXI. 2, 3. Lévit. XXV. 39, 40, 41. Deutér. XV. 12, et suiv. Jérém. XXXIX. 9, et suiv. ; — mais à l'égard de ces esclaves, voir dans les ARCANES CELESTES, Nos 8973 à 9005. D'après ce qui a été rapporté jusqu’'ici, on peut voir que, dans la Parole, sont appelés Serviteurs ou Esclaves ceux qui servent et qui exécutent, et que par suite l'homme naturel est entendu par le serviteur, parce qu'il sert son homme spirituel en exécutant ce que celui-ci veut et pense; puis aussi, que sont appelés libres ceux qui agissent d'après l'amour du vrai et du bien, ainsi d'après le Seigneur de qui procède l'amour du vrai et du bien. Outre cela, par les serviteurs ou esclaves, dans la Parole, sont entendus aussi ceux qui sont conduits par eux-mêmes et par le monde, et ainsi par les maux et par les faux, conséquemment ceux qui sont conduits par l'homme naturel et non en même temps par l'homme spirituel ; mais, par la volonté du Seigneur, il sera parlé ailleurs de ces esclaves.
|