| Apocalypse Expliquée 408. 408. Et les rois de la terre, et les grands, et les riches, et les kiliarques, et les puissants, signifie tous les biens et les vrais internes, et tous les biens et les vrais externes, par lesquels il y a sagesse et intelligence : on le voit par la signification des Rois, en ce qu'ils sont les vrais d'après le bien dans tout le complexe, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° 31 ; par la signification des grands et des riches, en ce qu'ils sont les biens et les vrais internes, ainsi qu'il va être expliqué; par la signification des kiliarques et des puissants, en ce qu'ils sont les biens et les vrais externes, les kiliarques ces biens, et les puissants ces vrais, comme il va être aussi expliqué : il est dit aussi, « par lesquels il y a sagesse et intelligence, » parce que d'après les biens et les vrais internes, qui sont les biens et les vrais spirituels, il y a sagesse, et que d'après les biens et les vrais externes, qui sont les biens et les vrais naturels d'après les spirituels, il y a intelligence ; la sagesse est distinguée de l'intelligence en cela, que la sagesse vient de la lumière du ciel, et que l'intelligence vient de la lumière du monde illustrée par la lumière du ciel; c'est de là que la sagesse se dit des biens et des vrais spirituels, et que l'intelligence se dit des biens et des vrais naturels, car les biens et les vrais spirituels viennent de la lumière du ciel, parce que le mental spirituel ou mental interne est dans la lumière du ciel, et les biens et les vrais naturels viennent de la lumière du monde, parce que le mental naturel ou externe est dans la lumière du monde ; mais autant le mental naturel reçoit la lumière du ciel par le mental spirituel, autant il est dans l'intelligence ; celui qui croît être dans l'intelligence d'après la seule lumière du monde, qui est appelée lueur naturelle, se trompe beaucoup ; par intelligence il est entendu voir d'après soi les vrais et les biens, qu'ils soient ou civils, ou moraux, ou spirituels; mais les voir d'après un autre, cela n'est pas de l'intelligence, c'est de la science; toutefois pour qu'on sache comment ces choses doivent être entendues, il est bon de voir ce qui a été dit dans l'Article précédent, N° 406, à savoir, que l’homme a deux Mentals, l'un spirituel ou interne, l'autre naturel ou externe ; et que le Mental spirituel ou interne est ouvert chez ceux qui appliquent à la vie les biens et les vrais de la Parole, et que chez ceux qui n'appliquent pas à la vie les biens et les vrais de la Parole il n'est pas ouvert, mais il n'y a d'ouvert que le mental naturel ou externe; ceux-ci par conséquent sont appelés hommes naturels, et ceux-là hommes spirituels : à cela il faut ajouter qu'autant le Mental spirituel ou interne est ouvert, autant la lumière spirituelle, qui est la lumière du ciel, influe du Seigneur par ce mental dans le mental naturel ou externe, et l'illustre et donne l'intelligence. Les biens et les vrais qui font le mental spirituel ou interne sont entendus par les grands et les riches, les biens par les grands, et les vrais par les riches ; les biens et les vrais qui font le mental naturel ou externe sont entendus par les kiliarques et les puissants, ces biens par les kiliarques, et ces vrais par les puissants ; de là il est évident que ces paroles dans le sens interne renferment toutes les choses qui sont chez l'homme, car dans ce qui suit il s'agit de l'extinction de toutes choses ; toutes les choses chez l'homme se réfèrent au bien et au vrai, comme aussi toutes les choses dans l'univers ; toute sagesse et toute intelligence existent chez l'homme d'après et selon le bien et le vrai. Celui qui ne considère que le sens de la lettre voit seulement qu'il est entendu des Rois et les principaux de leurs royaumes, et qu'ils sont si souvent nommés pour donner de l'élévation au sens, mais dans la Parole il n'y a pas le moindre mot inutile, puisque le Divin y est dans toutes et dans chacune des choses; c'est pourquoi, par ces expressions il faut entendre les Divins qui appartiennent au Ciel et à l'Église, et sont d'un mot commun appelés célestes et spirituels, d'où il résulte que la Parole est Divine, céleste et spirituelle; la Parole a aussi été donnée, afin que par elle il y ait conjonction du Ciel avec l'Église, ou des Anges du Ciel avec les hommes de l'Eglise, voir dans le Traité DU CIEL ET DE L’ENFER, Nos 303 à 310; et cette conjonction ne peut avoir lieu, si par ces paroles il n'est entendu que ce qui est dans le sens de la lettre, à savoir, que les rois de la terre, les grands, les riches, les kiliarques et les puissants, puis aussi tout esclave et tout homme libre, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes, ces paroles aussi sont des naturels ; mais il y a conjonction lorsque par elles il est entendu en même temps des spirituels; en effet, sans cela, les Anges ne peuvent pas être conjoints avec les hommes, car les Anges sont spirituels, puisqu'ils sont dans le Monde spirituel, et par suite ils pensent spirituellement et parlent spirituellement aussi, mais les hommes sont naturels puisqu'ils sont dans le monde naturel, et par suite ils pensent naturellement et parlent naturellement : ces choses ont été dites, afin qu'on sache que par les rois de la terre, les grands, les riches, les kiliarques et les puissants, il est signifié aussi des spirituels : que des spirituels soient entendus par eux; à savoir, par les grands et les riches les biens et les vrais internes, et par les kiliarques et les puissants les biens et les vrais externes, on peut le voir d'après leur signification dans les passages de la Parole où ils sont nommés. Que les Grands, dans la Parole, signifient les biens internes, qui sont les biens de l'homme interne ou spirituel, c'est parce que dans la Parole grand et grandeur se disent du bien, tandis que beaucoup et multitude se disent du vrai, voir ci-dessus, Nos 336, 337 : si les biens internes sont signifiés par les Grands, c'est parce que par ces quatre expressions, à savoir, grands, riches, kiliarques, puissants, sont signifiés tous les biens et tous les vrais qui sont chez l'homme, ainsi les biens et les vrais de l'homme interne ou spirituel comme aussi ceux de l'homme externe ou naturel, par les grands et les riches les biens et les vrais de l'homme interne ou spirituel, et par les kiliarques et les puissants les biens et les vrais de l'homme externe ou naturel ; c'est aussi pour cela qu'il est dit ensuite « tout esclave et tout libre, » et par l'esclave est signifié l'externe, de l'homme, externe qui est appelé homme naturel, et par le libre l'interne de l'homme, interne qui est appelé homme spirituel. De semblables choses sont aussi signifiées ailleurs dans la Parole par les Grands, à savoir, dans Jérémie, V. 5; dans Nahum, III. 10; et dans Jonas, III. 7. — Que les Riches signifient les vrais internes, qui sont les vrais spirituels, ou ceux qui sont dans ces vrais, on le voit d'après ce qui a été montré ci-dessus, N°s 118, 236. Que les Kiliarques signifient les biens externes, qui sont les biens de l'homme naturel, cela a été aussi montré ci-dessus, N° 336; il est donc inutile d'en donner d'autres preuves. Que les Puissants signifient les vrais externes ou les vrais de l'homme naturel, on le voit par un grand nombre de passages de la Parole où sont nommés les puissants et les forts, la puissance et la force ; cela vient de ce que toute puissance appartient aux vrais d'après le bien, et même aux vrais qui sont dans l'homme naturel ; si toute puissance appartient aux vrais d'après le bien, c'est parce que le bien agit, non de soi-même, mais par les vrais, car le bien se forme dans les vrais, et se revêt de vrais comme l'âme se revêt d'un corps, et c'est ainsi qu'il agit ; s'il agit par les vrais dans l'homme naturel, c'est parce que là tous les intérieurs sont ensemble et dans leur plein : que toute puissance appartienne aux vrais d'après le bien ou au bien par les vrais, on le voit ci-dessus, Nos 209, 333, et dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 231, 232, 539 : et que toute puissance soit dans les derniers, parce que le Divin est là dans son plein, on le voit ci-dessus, N° 346, et dans les ARCANES CELESTES, N°s 9836,10044 : d'après ces considérations, on peut voir que par les puissants sont entendus les vrais externes, ou les vrais de l'homme naturel.
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