| Apocalypse Expliquée 373. Et celui qui était monté dessus avait une balance en sa main, signifie l’estimation du vrai procédant de la Parole dans cet état de l'Église : on le voit par la signification de celui qui était monté sur le Cheval, en ce qu'il est la Parole, comme ci-dessus, Nos 355, 356, 365 ; et par la signification de la balance en sa main, en ce que c'est l'estimation du vrai qui en provient; toutes les mesures et tous les pesages, dont il est parlé dans la Parole, signifient l'estimation de la chose dont il s'agit quant au bien et quant au vrai, les nombres ajoutés déterminent l'estimation quant à la qualité et à la quantité, comme ici, « un chénix de froment pour un denier, et trois chénix d'orge pour un denier, » ainsi qu'il sera expliqué dans ce qui suit : dans l'Église représentative il y avait plusieurs mesures, par exemple, l'Omer, le Chomer, l'Éphah, le Bath, le Hin, voir sur ces mesures les ARCANES CÉLESTES, N° 10262, et en outre il y avait des balances, des plateaux ou bassins, par lesquels se faisaient les pesages, et qui signifiaient spécialement l'estimation de la chose quant au vrai; c'est pourquoi les poids des plateaux étaient des pierres ou de pierre, car par les pierres dans la Parole sont signifiés les vrais ; que les poids aient été des pierres ou de pierre, on le voit d'après le Lévit. XIX. 36. Deutér, XXV. 13. II Sam. XIV. 26. Ésaïe, XXXIV. 11. Zachar. IV. 10 ; que les pierres dans la Parole signifient les vrais, on le voit Nos 643, 3720, 6426, 8609, 10376; c'est pour cela qu'ici la balance en la main de celui qui était monté sur le Cheval noir signifie l'estimation du vrai d'après la Parole. Que Celui qui était monté sur les Chevaux, tant sur le Cheval blanc, que sur le roux, le noir et le pâle, signifie la Parole, et que par les Chevaux selon leur couleur il soit signifié l'entendement de la Parole, par le Cheval roux l'entendement de la Parole entièrement perdu quant au bien, et par le Cheval noir l'entendement de la Parole entièrement perdu quant au vrai, cela a été montré ci-dessus: mais comme on peut difficilement saisir que celui qui était monté sur les Chevaux signifie la Parole, parce que par les Chevaux roux et noir il est signifié l'entendement de la Parole entièrement perdu quant au bien et quant au vrai, il faut en conséquence dire comment cela a lieu : La Parole en elle-même est le Divin Vrai même, mais l'entendement de la Parole est selon l'état de l'homme qui la lit; l'homme qui n'est pas dans le bien n'y aperçoit rien du bien, et l'homme qui n'est pas dans les vrais n'y voit rien du vrai; la cause est donc non dans la Parole mais dans celui qui la lit : de là il est bien évident que celui qui était monté sur les chevaux signifie la Parole, quoique les chevaux signifient l'entendement de la Parole entièrement perdu quant au bien et quant au vrai; que Celui qui était monté sur le Cheval blanc signifie la Parole, on le voit clairement dans l'Apocalypse, Chap. XIX. 13, où il est dit: « Le Nom de Celui qui était monté sur ce Cheval est appelé LA PAROLE DE DIEU. » Que par la balance ou par les plateaux de balance il soit signifié l'estimation, et aussi une juste ordination, qui est faite par les vrais, on le voit dans Daniel : « Il apparut une écriture sur la muraille devant Belthschassar roi de Babel, lorsqu'il buvait dans les vases d'or et d'argent du Temple de Jérusalem : Mené Mené, Thékel, et Péresin, c'est-à-dire : Compté Compté, Pésé, Divisé. Voici l'interprétation de ces mots : Mené, Dieu a compté ton Règne et il y a mis fin ; Thékel, tu as été pesé dans la balance et tu as été trouvé manquant; Pérès, divisé a été ton Royaume, et il a été donné au Mède et au Perse. » --- V. 25, 26, 27, 28 ; --- par cet historique dans le sens interne est décrite la profanation du bien et du vrai, qui est signifiée par Babel; en effet, Belthschassar était roi dans Babel, et par le Roi dans la Parole il est signifié la même chose que par la nation même ou par le royaume même auquel il commande ; la profanation du bien et du vrai de l'Église est signifiée en ce qu'il buvait dans les vases d'or et d'argent du Temple de Jérusalem, et louait en même temps des dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre, Vers. 4 du même Chapitre ; par les vases d'or et d'argent du Temple de Jérusalem il est signifié le bien et le vrai du Ciel et de l'Église, par l'or le bien, et par l'argent le vrai; et par louer des dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre, il est signifié le culte idolâtrique de tout genre, par conséquent le culte externe sans aucun culte interne, tel qu'il est chez ceux qui sont entendus par Babel ; qu'il n'y ait absolument aucune Église chez eux, parce qu'il n'y a rien du bien ni du vrai de l'Eglise, cela est signifié par l'écriture du Ciel, car par compté compté est signifié l'examen quant au bien et quant au vrai ; par pesé dans la balance est signifiée l'estimation selon leur qualité et le jugement ; par divisé il est signifié la dispersion, l'extermination et la séparation d'avec le bien et le vrai de l'Église, et par le royaume l'Église ; de là il est évident que par être pesé au trébuchet ou dans la balance il est signifié l'estimation selon la qualité ; que diviser signifie disperser, exterminer et séparer d'avec le bien et le vrai, on le voit Nos 4424, 6360, 6361, 9093 ; que le Royaume soit l'Église, c'est parce que le Royaume du Seigneur est là où il ya l'Église ; c'est pourquoi ceux qui sont de l'Église sont appelés les fils du Royaume, --- Matth. VIII. 12 ; XIII. 38. --- Dans Ésaïe : « Qui a mesuré dans sa poignée les eaux, et les cieux à l’empan a compassé, et renfermé dans un tiers de mesure la poussière de la terre, et pesé au fléau les montagnes, et les collines à la balance? » --- XL. 12 ; --- ici par les mesures sont décrites une juste ordination et une juste estimation de toutes choses dans le Ciel et dans l'Église selon la qualité du bien et du vrai ; les mesures ici sont la poignée, l'empan, le tiers, le fléau et la balance ; par les eaux sont signifiés les vrais, par les cieux les vrais et les biens intérieurs ou spirituels, par la poussière de la terre les vrais et les biens extérieurs ou naturels, les uns et les autres appartenant au Ciel et à l'Église, par les montagnes les biens de l'amour, par les collines les biens de la charité ; et peser, c'est estimer et mettre en ordre selon la qualité ; que ces choses soient signifiées par ces paroles, personne ne peut le voir que d'après la science des correspondances. Comme la juste estimation et le juste examen du bien et du vrai sont signifiés par les mesures dans la Parole, c'est pour cela qu'il a été ordonné que les mesures fussent justes, et qu'il n'y eût aucune fraude en ce qui les concerne ; dans Moise : « Vous ne ferez point de perversité dans le jugement, dans la mesure, dans le poids, ni dans la dimension : balances justes, pierres justes, éphah juste, et hin juste, il y aura pour vous. » --- Lévit. XIX. 35, 36 ; --- et c'est aussi pour cela que la justice, lorsque par elle il est entendu l'estimation et l'examen des hommes selon la qualité du bien et du vrai chez eux, est exprimée çà et là dans la Parole par des balances, des plateaux, des bassins, des fléaux, et par des Éphahs, des Omers, des Chomers, des Séahs, des Hins, comme dans Job, Chap. VI. 2. XXXI. 6 ; et l'injustice par des balances et des fléaux de fraude et de dol, comme dans Hosée, XII. 8. Amos, VIII. 5. Mich. VI. 11.
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