| Apocalypse Expliquée 365. Et à celui qui était monté dessus il lui fut donné d'enlever la paix de dessus la terre, signifie la Parole par suite non comprise, de là les dissidences dans l’Église : on le voit par la signification de celui qui était monté sur le Cheval roux, en ce que c'est la Parole non comprise quant au bien, car par celui qui était monté sur le cheval il est signifié la Parole, comme ci-dessus, Nos 355, 356; par le cheval, l'entendement de la Parole, N° 355 ; et par le cheval roux, l'entendement entièrement perdu quant au bien, N° 364; celui qui était monté sur le cheval roux signifie donc la Parole par suite non comprise; par la signification d'enlever la paix, en ce que c'est « de là les dissidences, » ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification de la terre, en ce qu'elle est l'Église ; que la terre signifie l’Église, on le voit ci-dessus, Nos 29, 304. Avant d'expliquer ce que signifie la Paix, il sera dit quelque chose sur ce que, quand l'entendement de la Parole a été entièrement perdu, il s'élève des dissidences dans l'Église: Par le bien il est entendu le bien de l'amour envers le Seigneur et le bien de l'amour à l'égard du prochain, puisque tout bien appartient à l'amour; quand ces biens ne sont pas chez l'homme de l'Église, la Parole n'est point comprise; car c'est par le bien qu'il y a conjonction du Seigneur et conjonction du Ciel avec l'homme de l'Église; si donc le bien n'est pas chez lui, il ne peut y avoir aucune illustration, car toute illustration, quand la Parole est lue, vient du Seigneur par le Ciel; et quand il n'y a aucune illustration, les vrais qui sont dans la Parole sont dans l'obscur, de là les dissidences : que la Parole ne soit pas comprise si l'homme n'est pas dans le bien, on peut aussi le voir en ce que, dans chaque chose de la Parole il y a le mariage céleste, c'est-à-dire, la conjonction du bien et du vrai; si donc le bien n'est pas présent quand l'homme lit la Parole, le vrai ne se montre pas non plus, car le vrai se montre d'après le bien, et le bien se montre par les vrais, que dans chaque chose de la Parole il y ait la conjonction du bien et du vrai, on le voit ci-dessus, Nos 238 f. 288. En effet, ainsi se passe la chose: Autant l'homme est dans le bien, autant le Seigneur influe, et donne l'affection du vrai et par suite l'entendement; car le mental intérieur humain a été entièrement formé à l'image du Ciel, et tout le Ciel a été formé selon les affections du bien et du vrai d'après le bien, c'est pourquoi si le bien n'est pas chez l'homme, ce mental ne peut pas être ouvert, ni à plus forte raison être formé pour le Ciel; il est formé par la conjonction du bien et du vrai: de là, on peut encore voir que si l'homme n'est pas dans le bien, les vrais n'ont pas un humus dans lequel ils soient reçus, ni une chaleur d'après laquelle ils croissent, en effet, chez l'homme qui est dans le bien, les vrais sont comme des semences dans l'humus à la saison du printemps, tandis que chez l'homme qui n'est pas dans le bien, les vrais sont comme des semences dans un humus resserré par la gelée au temps de l'hiver, quand il ne croit ni herbe, ni fleur, ni arbre, ni à plus forte raison du fruit. Dans la Parole sont tous les vrais du Ciel et de l'Église, et même tous les arcanes de sagesse que possèdent les Anges du Ciel; mais personne ne les voit, à moins d'être dans le bien de l'amour envers le Seigneur et dans le bien de l'amour à l'égard du prochain ; ceux qui n'y sont point voient çà et là des vrais, mais ils ne les comprennent point; ils ont de ces vrais une perception et une idée tout autre que celle qui est réellement dans les vrais eux-mêmes, d'où il résulte que quoiqu'ils voient les vrais ou les connaissent, néanmoins les vrais ne sont point des vrais chez eux, mais ce sont des faux; car les vrais sont des vrais non d'après leur son ni d'après la manière de les exprimer, mais d'après l'idée et la perception qu'on en a; il en est autrement quand les vrais ont été implantés dans le bien, alors les vrais se montrent dans leur forme, car le vrai est la forme du bien. D'après cela on peut conclure quel est l'entendement de la Parole chez ceux qui font la foi seule le moyen unique de salut, et rejettent derrière leur dos le bien de la vie ou le bien de la charité ; il m'a été découvert que ceux qui se sont confirmés en cela, tant par la doctrine que par la vie, n'ont pas même une seule idée juste du vrai; c'est aussi pour cela qu'ils ne savent pas non plus ce que c'est que le bien, ni ce que c'est que la charité et l'amour, ni ce que c'est que le prochain, ni ce que c'est que le ciel et l'enfer, ni qu'ils vivent après la mort comme hommes, ni même ce que c'est que la régénération, ni ce que c'est que le baptême, et beaucoup d'autres choses; bien plus, ils sont dans un tel aveuglement sur Dieu même, qu'ils adorent trois dieux dans la pensée, et non un seul si ce n'est de bouche seulement, et qu'ils ne savent pas que le Père du Seigneur est le Divin en Lui, et que l'Esprit Saint est le Divin procédant de Lui. Ces choses ont été dites, afin qu'on sache que là où il n'y a pas le bien, l'entendement de la Parole est nul. S'il est dit ici: « A celui qui était monté sur le Cheval roux il lui fut donné d'enlever la paix de dessus la terre, » c'est parce que la Paix signifie le pacifique du mental (mens) et la tranquillité du mental (animus) d'après la conjonction du bien et du vrai; de là « enlever la paix, » signifie le non-pacifique et la non-tranquillité d'après la disjonction du bien et du vrai, d'où résultent des dissidences intestines; en effet, lorsque le bien a été séparé du vrai, à la place du bien succède le mal, et le mal n'aime pas le vrai, mais il aime le faux, car tout faux appartient au mal, comme tout vrai appartient au bien; lors donc qu'un tel homme voit le vrai dans la Parole, ou entend le vrai prononcé par un autre, le mal qui appartient à son amour et par suite à sa volonté fait des efforts contre ce vrai, et alors ou il le rejette, ou il le pervertit, ou par les idées qui proviennent du mal il l'obscurcit tellement, qu'enfin lui-même ne voit rien du vrai dans le vrai, de quelque manière que ce vrai retentisse comme vrai quand il est prononcé; de là l'origine de toutes les dissensions, de toutes les controverses et de toutes les hérésies dans l'Église : d'après ces explications, on peut voir ce qui est signifié ici par enlever la paix de dessus la terre. Quant à ce que c'est que la Paix dans sa première origine, cela a été montré fort au long dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, à l'Article de l'état de paix dans le Ciel, Nos 284 à 290; à savoir, que dans sa première origine elle est d'après le Seigneur, en Lui d'après l'union du Divin-Même et du Divin Humain, et par Lui d'après Sa conjonction avec le Ciel et l'Église, et en particulier d'après la conjonction du bien et du vrai chez chacun ; de là vient que par la Paix dans le sens suprême il est signifié le Seigneur, dans le sens respectif le Ciel et l'Eglise dans le commun, et aussi le Ciel et l'Église dans le particulier chez chacun: que ce soit là ce qui est signifié par la Paix dans la Parole, on peut le voir par un grand nombre de passages de la Parole, dont je vais rapporter les suivants pour confirmation; dans Jean: « Jésus dit: Paix je vous laisse, ma paix je vous donne, non comme le monde donne, Moi je vous donne; que ne se trouble point votre cœur, et qu'il ne s'intimide point. » --- XIV. 27; --- là, il s'agit de l'union du Seigneur avec le Père, c'est-à-dire, de l'union de son Divin Humain avec le Divin Même qui était en Lui par la conception, et par conséquent de la conjonction du Seigneur avec ceux qui sont dans les vrais d'après le bien; de là par la paix est entendue la tranquillité du mental en raison de cette conjonction, et comme par elle ils sont en sûreté contre les maux et les faux qui proviennent de l'enfer, car le Seigneur tient en sûreté ceux qui ont été conjoints avec Lui, c'est pour cela qu'Il dit, « que ne se trouble point votre cœur, et qu'il ne s'intimide point ; » cette Divine Paix est dans l'homme, et comme le Ciel est avec elle, là aussi par la paix il est entendu le Ciel, et dans le sens suprême le Seigneur; au contraire, la paix du monde vient des succès qu'on y obtient, par conséquent de la conjonction avec le monde, et comme cette paix est seulement externe, et qu'en elle il n'y a pas le Seigneur ni par conséquent le Ciel, elle périt avec la vie de l'homme dans le monde et est changée en une non-paix, c'est pourquoi le Seigneur dit, « ma paix je vous donne, non comme le monde donne, Moi je vous donne. » Dans le Même: « Jésus dit: Ces choses je vous ai énoncé, afin qu'en Moi paix vous ayez; dans le monde vous avez de l'affliction; mais ayez confiance, Moi j'ai vaincu le monde. » --- XVI. 33; --- là aussi par la paix il est entendu un plaisir interne d'après la conjonction avec le Seigneur, de là le Ciel et la joie éternelle; la paix, dans ce passage, est opposée à l'affliction, parce que par l'affliction est signifiée l'infestation par les maux et les faux, laquelle est chez ceux qui sont dans la paix Divine tant qu'ils sont dans le monde, car la chair, qu'ils portent alors autour d'eux, désire ardemment les choses qui sont du monde, de là l'affliction ; c'est pour cela que le Seigneur dit, « afin qu'en Moi paix vous ayez; dans le monde vous avez de l'affliction ; » et comme le Seigneur quant à son Humain s'est acquis la puissance sur les enfers, par conséquent sur les maux et les faux qui de là s'élèvent chez chacun dans la chair et l'infestent, c'est pour cela qu'il dit, « ayez confiance, Moi j'ai vaincu le monde. » Dans Luc: « Jésus dit aux soixante-dix qu'il avait envoyés devant Lui: Dans quelque maison que vous entriez, d'abord dites: Paix à cette maison; et s'il y a là un fils de paix, sur lui reposera votre paix, mais si non, sur vous elle retournera. » --- X. 5, 6; --- et dans Matthieu: « En entrant dans la maison, saluez-la; et si la maison est digne, votre paix viendra sur elle; mais si elle n'est pas digne, votre paix retournera à vous; et quiconque ne vous aura pas reçus, et n'aura pas écouté vos paroles, en sortant de cette maison ou de celle ville-là, secouez la poussière de vos pieds. » --- X. 12, 13, 14 ; --- qu'ils devaient dire paix à la maison, cela signifie pour connaître si ceux qui étaient là recevraient le Seigneur; ils annonçaient comme bonne nouvelle le Seigneur, et par suite le Ciel, la joie céleste et la vie éternelle; car toutes ces choses sont signifiées par la paix; et ceux qui ont reçu ces choses sont entendus par les fils de paix sur lesquels la paix reposerait; que si, au contraire, ils ne reconnaissaient pas le Seigneur, et par suite ne recevaient pas les choses qui sont du Seigneur ou qui appartiennent à la paix, elle leur serait enlevée, cela est signifié par « si la maison ou la ville n'est pas digne, votre paix retournera à vous; » alors de peur qu'ils ne fussent lésés par les maux et les faux qui sont dans cette maison ou dans cette ville, il leur a été ordonné de secouer la poussière de leurs pieds en sortant, ce qui signifie afin que ce qui est damné ne s'y attachât pas; en effet, par la poussière des pieds est signifié ce qui est damné, car chez l'homme le dernier, qui est le sensuel-naturel, correspond aux plantes des pieds, et comme le mal s'attache à ce sensuel, c'est pour cela que chez ceux qui étaient dans les représentatifs de l'Église, comme la plupart y étaient dans ce temps-là, on secouait la poussière des pieds, quand les vrais de la doctrine n'étaient pas reçus; en effet, dans le monde spirituel, quand un esprit bon vient vers des méchants, le mal influe des méchants et le trouble quelque peu; mais cela trouble seulement les derniers qui correspondent aux plantes des pieds; ensuite, lorsqu'on se détourne et qu'on s'en va, il semble qu'on secoue la poussière de ses pieds, ce qui est un indice qu'on a été délivré, et que le mal s'attache à ceux qui sont dans le mal: que les plantes des pieds correspondent aux naturels infimes, et que par suite ils les signifient dans la Parole, on le voit Nos 2162, 3147, 3761, 3986, 4280, 4938 à 4952; et que la poussière qu'on doit secouer signifie ce qui est damné, on le voit Nos 249, 7418, 7522. Dans Luc: « Jésus pleura sur la ville, en disant: Si tu avais connu, et même en ce jour, les choses qui sont pour ta paix! mais maintenant cela est caché à tes yeux. » --- XIX. 41, 42; --- ceux qui ne pensent que d'après le sens de la lettre sur ces paroles et sur celles qui suivent, croient, parce qu'ils ne voient pas autre chose, qu'elles ont été dites par le Seigneur sur la destruction de Jérusalem; mais tout ce que le Seigneur a prononcé, venant du Divin, concernait non pas ce qui est mondain et temporaire, mais ce qui est céleste et éternel; ici donc, comme ailleurs, par Jérusalem sur laquelle le Seigneur a pleuré il est signifié l'Église, qui alors avait été entièrement dévastée, de sorte qu'il n'y avait plus le vrai ni par suite le bien, et qu'ainsi les hommes de cette Église devaient périr pour l'éternité ; c'est pour cela qu'II dit, « si tu avais connu, et même en ce jour, les choses qui sont pour ta paix! » c'est-à-dire, pour la vie et la félicité éternelle qui viennent du Seigneur seul; car par la paix, comme il a été dit, il est entendu le Ciel et la joie céleste par la conjonction avec le Seigneur. Dans le Même: « Zacharie prophétisant dit: L'Orient d'en haut nous a visités, pour apparaître à ceux qui étaient assis dans des ténèbres et une ombre de mort, afin de diriger nos pieds dans un chemin de paix. » --- I. 78, 79; --- il s'agit du Seigneur qui devait venir dans le monde, et alors de l'illustration de ceux qui étaient hors de l'Église et dans l'ignorance du Divin Vrai, parce qu'ils n'avaient pas la Parole; le Seigneur est entendu par l'orient d'en haut qui apparaît; et ceux qui sont hors de l'Église sont entendus par ceux qui étaient assis dans des ténèbres et une ombre de mort; par un chemin de paix est entendue leur illustration dans les Divins vrais par la réception du Seigneur et par la conjonction avec Lui, d'où résultent le Ciel et la félicité éternelle; par diriger nos pieds dans ce chemin est signifiée l'instruction. Dans le Même: « Les disciples louaient Dieu, en disant: Béni (soit) le Roi qui vient au Nom du Seigneur! Paix dans le Ciel et gloire dans les Lieux très-hauts! » --- XIX. 38; --- ces paroles ont été dites par les disciples, quand le Seigneur vint à Jérusalem, afin d'y unir complètement son Humain à son Divin par la passion de la croix, qui fut sa dernière tentation, et aussi afin de subjuguer entièrement les enfers; et comme alors tout Divin Bien et tout Divin Vrai devait procéder du Seigneur, les disciples dirent « béni soit le Roi qui vient au Nom du Seigneur, » ce qui signifiait la reconnaissance, la glorification et l'action de grâces de ce que ce bien et ce vrai procéderaient de Lui, voir ci-dessus, N° 340; par « paix dans le Ciel, » et par « gloire dans les lieux très-hauts, » il est signifié que les choses qui sont signifiées par la paix viennent de l'union du Divin Même et du Divin Humain, et sont par suite aux Anges et aux hommes d'après la conjonction avec le Seigneur, car lorsque les enfers eurent été subjugués par le Seigneur, il y eut alors paix dans le Ciel, et alors le Divin Vrai fut par le Seigneur à ceux qui y étaient, c'est là la gloire dans les lieux très-hauts; que la Gloire signifie le Divin Vrai procédant du Seigneur, on le voit ci-dessus, Nos 33, 288, 365. Comme la Paix, dans le sens interne de la Parole, signifie le Seigneur, et par suite le Ciel et la vie éternelle, spécialement le plaisir du Ciel qui tire son origine de la conjonction avec le Seigneur, c'est pour cela qu'après la résurrection, quand le Seigneur apparut aux disciples, « II leur dit : Paix à vous! » --- Luc, XXIV. 36, 37. Jean, XX. 19, 21, 26. --- De plus; dans Moise: « Que te bénisse Jéhovah, et qu'il te garde! que fasse luire Jéhovah ses faces sur toi, et ait pitié de toi! qu'élève Jéhovah ses faces sur toi; et qu'il mette en toi la paix. » --- Nomb. VI. 24, 25, 26; --- le Divin Vrai, d'où procèdent toute intelligence et toute sagesse et avec lequel influe le Seigneur, est entendu par « que fasse luire Jéhovah ses faces sur toi; » et la protection du Divin Vrai contre les faux est entendue par « qu'il ait pitié de toi; » le Divin Bien, d'où procèdent tout amour et toute charité et avec lequel influe le Seigneur, est entendu par « qu'élève Jéhovah ses faces sur toi; » et la protection du Divin Bien contre les maux, et par suite le Ciel et la félicité éternelle, sont entendus par « qu'il mette en toi la paix, » car lorsque les maux et les faux ont été éloignés et n'infestent plus, le Seigneur influe avec la paix, dans laquelle et par laquelle il y a le Ciel et un plaisir qui remplit de béatitude les intérieurs du mental, et par conséquent la joie céleste; cette Bénédiction aussi a été expliquée ci-dessus, voir N° 340. La même chose est signifiée par la Paix, dans David: « Jéhovah bénira son peuple dans la paix. » --- Ps. XXIX. 11 : --- et dans le Même: « Qui nous montrera du bien? Élève sur nous la lumière de tes faces, Jéhovah! Tu donnes la joie dans mon cœur au sujet du temps où leur blé et leur vin doux sont multipliés; en paix à la fois je me couche et je dors, car Toi, Jéhovah, seul, en sécurité tu me fais habiter. » --- Ps. IV. 7, 8, 9; --- ici est décrite la Paix dont jouissent ceux qui sont en conjonction avec le Seigneur par la réception du Divin Bien et du Divin Vrai procédant de Lui, et il est signifié que c'est dans cette Paix et par cette Paix qu'existe la joie céleste; le Divin Bien est entendu par « qui nous montrera du bien, » et le Divin Vrai par « élève sur nous la lumière de tes faces; » la Lumière des faces du Seigneur est la Divine Lumière procédant de Lui comme Soleil dans le Ciel Angélique, lumière qui dans son essence est le Divin Vrai, comme on le voit expliqué dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 126 à 140; de là la joie céleste est entendue par « tu donnes la joie dans le cœur; » la multiplication du bien et du vrai est entendue par « leur blé et leur vin doux sont multipliés, » le blé signifie le bien, et le vin doux le vrai; comme la paix est dans le bien et le vrai et provient du bien et du vrai, c'est pour cela qu'il est dit « en paix à la fois je me couche et je dors, car Toi, Jéhovah, seul, en sécurité tu me fais habiter; » par la paix est signifié le plaisir interne du Ciel, par la sécurité le plaisir externe, par coucher et dormir, et par habiter, il est signifié vivre. Dans Moise: « Si dans mes statuts vous marchez, et mes préceptes vous observez et les faites, je donnerai la paix dans la terre, et en sécurité vous vous coucherez, et personne ne vous épouvantera ; et je ferai disparaître la bête mauvaise hors de la terre, et l'épée ne passera point par votre terre. » --- Lévit, XXVI. 3, 6 ; --- ici, il est décrit d'où procède la paix, c'est-à-dire, d'où procèdent le Ciel et la joie céleste; la paix, considérée en elle-même, n'est ni le Ciel ni la joie céleste, mais le Ciel et la joie céleste sont dans la paix et viennent de la paix; en effet, la Paix est comme dans le monde l'Aurore ou le Printemps, qui disposent les mentals humains à recevoir par le cœur les plaisirs et les charmes provenant des choses qui se présentent devant les yeux, car elle donne le plaisir et le charme; et comme toutes les choses du Ciel et de la joie céleste procèdent pareillement de la Paix Divine, de là vient aussi qu'elles sont entendues par la Paix; puisque l'homme a le Ciel en vivant suivant les préceptes, car c'est par là qu'il a conjonction avec le Seigneur, voilà pourquoi il est dit « si dans mes statuts vous marchez, et mes préceptes vous observez et les faites, je donnerai la paix dans la terre; » par « en sécurité vous vous coucherez, et personne ne vous épouvantera, et je ferai disparaître la bête mauvaise hors de la terre, et l'épée ne passera point par votre terre, » il est entendu qu'alors ils ne seront infestés ni par les maux ni par les faux; par la bête mauvaise il est signifié les cupidités mauvaises, et par l'épée les faussetés qui en proviennent, les unes et les autres détruisent le bien et le vrai d'où provient la Paix; et par la terre est signifiée l'Église; que la bête mauvaise signifie les cupidités mauvaises et la destruction du bien par elles, on le voit, Nos 4729, 7102, 9335; que l'épée signifie les faussetés et la destruction du vrai par elles, on le voit ci-dessus, N° 131 ; et que la terre signifie l'Église, on le voit aussi ci-dessus, Nos 29, 304. Celui qui ne s'élève point au-dessus du sens littéral de la Parole ne voit autre chose, sinon que celui qui vit selon les statuts et les préceptes vivra dans la paix, c'est-à-dire qu'il n'aura ni ennemis ni adversaires, et qu'ainsi il se couchera en sécurité; puis aussi, qu'aucune bête mauvaise ne lui fera de dommage, et qu'il ne périra point par l'épée; mais ce n'est point là le spirituel de la Parole; cependant la Parole est spirituelle dans chaque chose qu'elle contient, et son spirituel est caché dans le sens de sa lettre, qui est le sens naturel; le spirituel de ce passage est ce qui vient d'être expliqué. Dans David: « Les malheureux posséderont la terre, et ils se délecteront dans la multitude de la paix: observe l'intégrité et vois la droiture, car la chose finale pour un homme (est) la paix. » --- Ps. XXXVII. 11, 37; --- ici, par les malheureux sont entendus ceux qui sont dans les tentations dans le monde; par la multitude de la paix dans laquelle ils se détecteront sont signifiés les plaisirs qui suivent les tentations, car après les tentations le Seigneur donne des plaisirs d'après la conjonction du bien et du vrai alors, et par suite d'après la conjonction avec le Seigneur; par « observe l'intégrité et vois la droiture, car la chose finale pour un homme est la paix, » il est entendu que l'homme jouit du plaisir de la paix d'après la conjonction du bien et du vrai; l'intégrité qu'on doit observer, se dit, dans la Parole, du bien; et la droiture qu'on doit voir , se dit du vrai; la chose finale, c'est la fin quand il y a paix. Dans le Même: « Les montagnes porteront la Paix au peuple, et les collines (seront) dans la justice; dans Ses jours fleurira le juste ; et beaucoup de paix, jusque-là qu'il n'y aura pas de lune. » --- Ps. LXXII. 3, 7; --- là, il s'agit de l'avènement du Seigneur et de son Royaume; par les montagnes, qui porteront la paix au peuple, est signifié l'amour envers le Seigneur; et par les collines, qui seront dans la justice, est signifiée la charité à l'égard du prochain; que ce soit là ce qui est signifié dans la Parole par les montagnes (et par les collines,) on le voit, Nos 795, 6435, 10438; et cela, parce que ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur habitent dans le Ciel sur des montagnes, et ceux qui sont dans la charité à l'égard du prochain, sur des collines, N° 10438, et dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 188 ; de là il est évident que par la paix il est entendu la joie céleste qui provient de la conjonction avec le Seigneur par l'amour; par « dans ses jours fleurira le juste, » est signifié celui qui est dans le bien de l'amour; par suite il est dit « et beaucoup de paix, » car la paix ne vient pas d'autre part que du Seigneur, et de sa conjonction avec ceux qui sont dans le bien de l'amour, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; il est dit « jusque là qu'il n'y aura pas de lune, » ce qui signifie que le vrai ne sera point séparé du bien, mais qu'ils seront conjoints de manière à n'être qu'un, c'est-a-dire, de manière que le vrai soit aussi le bien, car tout vrai appartient au bien parce qu'il procède du bien, et que par suite dans son essence il est le bien; tel est le vrai chez ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur par le Seigneur, lesquels ici sont entendus par le juste: que le soleil signifie le bien de l'amour, et la lune le vrai qui en procède, on le voit Nos 1521 à 1531, 2495, 4060, 4696, 7083. Dans Ésaie : « Un Enfant nous est né, un Fils nous a été donné, sur son épaule (sera) la principauté; on appellera son Nom, Admirable, Conseiller, Dieu, Héros, Père d'éternité, Prince de paix: à sa multiplication de principauté et de paix il n'y aura point de fin. » --- IX. 5, 6; --- ces paroles concernent l'avènement du Seigneur, il est dit de cet avènement que « un Enfant nous est né et un Fils nous a été donné, » parce que dans la Parole par un enfant est signifié le bien, ici le Divin Bien, et que par un fils est signifié le vrai, ici le Divin Vrai; il est dit ainsi, à cause du mariage du bien et du vrai, qui est dans chacune des choses de la Parole; et comme le Divin Bien et le Divin Vrai procèdent du Seigneur, c'est pour cela qu'il est appelé Prince de paix, et qu'il est dit qu'à sa multiplication de principauté et de paix il n'y aura point de fin; principauté se dit du Divin Vrai, et paix se dit du Divin Bien conjoint au Divin Vrai; de là il est appelé Prince de paix : que le prince se dise des Vrais, et qu'il signifie le principal vrai, on le voit Nos l482, 2089, 5044 et ci-dessus, N° 29; et que la paix se dise de la conjonction du bien et du vrai, on le voit ci-dessus dans cet Article. Mais comme la paix est nommée dans un grand nombre de passages de la Parole, et que l'explication doit être appliquée à la chose dont elle se dit ou au sujet dont elle est l'attribut, et que par suite il semble que sa signification soit différente, je vais pour cela même montrer sommairement ce que signifie la Paix, afin que le mental ne soit point entraîné en diverses idées sur ce point « La » Paix est une béatitude du cœur et de l'âme, qui tire son origine » de la conjonction du Seigneur avec le Ciel et avec l'Église, conjonction procédant de celle du bien et du vrai chez ceux qui y sont, d'où il résulte qu'il n'y a plus de combat du mal et du faux contre le bien et le vrai, ou bien, plus de dissidence ou de guerre dans le sens spirituel; de là la Paix dans laquelle se fait toute fructification du bien et toute multiplication du vrai, par conséquent toute sagesse et toute intelligence: et comme cette Paix existe par le Seigneur Seul, et procède de Lui chez les Anges dans le Ciel et chez les hommes dans l'Église, c'est pour cela que par la Paix dans le sens suprême il est entendu le Seigneur, et dans le sens respectif le Ciel et l'Église, par conséquent le bien conjoint au vrai chez ceux qui y sont. » Par là on peut avoir une idée de la signification de la Paix dans les passages suivants; dans David: « Retire-toi du mal, et fais le bien; cherche la Paix, et poursuis-la. » --- Ps. XXXIV. 15; --- la paix, ce sont toutes les choses qui appartiennent au Ciel et à l'Église, d'où provient la félicité de la vie éternelle; et comme elle n'est que chez ceux qui sont dans le bien, c'est pour cela qu'il est dit « retire-toi du mal, et fais le bien; cherche la paix, et poursuis-la. » Dans le Même: « Beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi; et point pour eux d'achoppement ; j'ai attendu ton salut, Jéhovah! et les préceptes j'ai fait. » --- Ps, CXIX. 165, 166; --- la paix, c'est la béatitude, la félicité et le plaisir célestes; et comme ils ne sont donnés que chez ceux qui aiment faire les préceptes du Seigneur, voilà pourquoi il est dit : « beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi; j'ai attendu ton salut, Jéhovah! et tes préceptes j'ai fait, » le salut, c'est la vie éternelle; « point pour eux d'achoppement » signifie que pour eux il n'y a point d'infestation par les maux et les faux. Dans Ésaïe: « Jéhovah ! dispose la paix pour nous; car toutes nos œuvres, tu (les) as opérées pour nous. » --- XXVI. 12; --- comme la paix vient de Jéhovah seul, c'est-à-dire, du Seigneur seul, et lorsqu'on fait le bien d'après Lui, c'est pour cela qu'il est dit: « Jéhovah! dispose la paix pour nous; car toutes nos œuvres, tu les as opérées pour nous. » Dans le Même: « Les Anges de paix pleurent amèrement; dévastés ont été les sentiers, plus de passants par le chemin, » --- XXXIII. 7, 8; --- comme la paix vient du Seigneur et est par Lui dans le Ciel, c'est, pour cela que là les Anges sont appelés Anges de paix; et comme il n'y a aucune paix pour ceux qui, sur la terre, sont dans les maux et par suite dans les faux, c'est pour cela qu'il est dit qu'ils pleurent amèrement, parce que les sentiers ont été dévastés, et qu'il n'y a plus de passants par le chemin; les sentiers et le chemin signifient les biens de la vie et les vrais de la foi, c'est pourquoi les sentiers dévastés signifient qu'il n'y a plus de biens de la vie, et que « plus de passants par le chemin » signifie qu'il n'y a plus de vrais de la foi. Dans le Même: « Oh! si tu eusses écouté mes préceptes ! et elle aurait été comme le fleuve, ta paix, et ta justice comme les flots de la mer : point de paix, dit Jéhovah, pour les impies. » --- XLVIII. 18. 22; --- comme la paix est à ceux qui vivent selon les préceptes du Seigneur, et non à ceux qui n'y conforment pas leur vie, c'est pour cela qu'il est dit, « oh! si tu eusses écouté mes préceptes! et elle aurait été comme le fleuve, ta paix; point de paix pour les impies; » la paix comme le fleuve signifie dans l'abondance; la justice comme les flots de la mer signifie la fructification du bien par les vrais; la justice dans la Parole se dit du bien, et la mer se dit des vrais. Dans le Même: « Les montagnes se retireront et les collines seront déplacées, mais ma miséricorde d'avec toi ne se retirera point; l'alliance de ma paix ne sera point déplacée. Tous les fils seront enseignés de Jéhovah, et abondante (sera) la paix de tes fils. » --- LIV. 10, 13; --- là, il s'agit du nouveau Ciel et de la nouvelle Église; par « les montagnes se retireront et les collines seront déplacées; » il est entendu que le Ciel précédent et l'Église précédente périront; par « ma Miséricorde d'avec toi ne se retirera point, et l'alliance de ma paix ne sera point déplacée, » il est signifié que ceux qui sont dans le nouveau Ciel et dans la nouvelle Église seront dans le bien par le Seigneur, et qu'ils auront la joie céleste pour l'éternité par la conjonction avec le Seigneur; la miséricorde signifie le bien par le Seigneur, et l'alliance de la paix signifie la joie céleste d'après la conjonction avec le Seigneur, l'alliance est la conjonction; par les fils qui seront enseignés de Jéhovah, et qui auront une paix abondante, il est entendu que ceux qui, dans le Nouveau Ciel et dans la Nouvelle Église, seront par le Seigneur dans les vrais d'après le bien, auront la béatitude et la félicité éternelles; par les fils dans la Parole sont signifiés ceux qui sont dans les vrais d'après le bien; par cela qu'ils sont enseignés de Jéhovah, il est signifié qu'ils sont par le Seigneur dans les vrais d'après le bien, et par la paix abondante il est signifié la béatitude et la félicité éternelles. Dans Ézéchiel: « David sera leur prince pour l'éternité; et je contracterai avec eux une alliance de paix; une alliance d'éternité il y aura avec eux, et je les donnerai, et je les multiplierai, et je placerai mon Sanctuaire au milieu d'eux pour l'éternité. » --- XXXVII. 25, 26; --- là, il s'agit du Seigneur, et de la création du Nouveau Ciel et de la Nouvelle Église par Lui; par David, qui sera leur prince pour l'éternité, il est entendu le Seigneur; par contracter avec eux une alliance de paix, il est signifié la joie céleste et la vie éternelle pour ceux qui ont été conjoints au Seigneur, l'alliance de paix est ici, comme ci-dessus, la joie céleste et la vie éternelle d'après la conjonction avec le Seigneur; la fructification du bien, et la multiplication du vrai qui en résulte, sont signifiées par « je les donnerai et je les multiplierai; et comme de là proviennent le Ciel et l'Église, il est ajouté, « et je placerai mon Sanctuaire au milieu d'eux pour l'éternité, » le Sanctuaire est le Ciel et l'Église. Dans Malachie : « Afin qu'il soit, (ce précepte), mon alliance avec Lévi; mon alliance avec lui a été celle de la vie et de la paix; la loi de vérité a été dans sa bouche, et la perversité n'a point été trouvée dans ses lèvres; dans la paix et dans la droiture il a marché avec Moi. » --- II. 4, 5, 6; --- par Lévi sont signifiés tous ceux qui sont dans le bien de la Charité à l'égard du prochain, et dans le sens suprême le Seigneur Lui-Même, parce que du Seigneur procède ce bien, ici le Seigneur Lui-Même; l'alliance de la vie et de la paix signifie l'union de son Divin Même avec son Divin Humain, union d'où procèdent toute vie et toute paix; la loi de vérité a été dans sa bouche, et la perversité n'a point été trouvée dans ses lèvres, signifie que le Divin Vrai procède du Seigneur; dans la paix et dans la droiture il a marché avec Moi, signifie l'union même qui a été faite dans le monde: que dans la Parole par Lévi soit signifié l'amour spirituel ou la charité, on le voit, Nos 4497, 4502, 4503 : et que par lui dans le sens suprême il soit entendu le Seigneur, on le voit, Nos 3875, 3877. Dans Ézéchiel: « Alors je contracterai avec eux une alliance de paix, et je ferai disparaître la bête mauvaise hors de la terre, afin qu'ils habitent dans le désert en sécurité, et qu'ils dorment dans les forêts : alors l'arbre du champ donnera son fruit, et la terre donnera son produit, quand j’aurai brisé les courroies de leur joug, et que je les aurai délivrés de la main de ceux qui les asservissent. » --- XXXIV. 25, 27; --- là aussi, il s'agit de l'avènement du Seigneur, et de l'instauration de la nouvelle Église par Lui; la conjonction de ceux qui sont de l'Église avec le Seigneur, est signifiée par l'alliance de paix qu'alors il contractera avec eux; par suite la protection et la sécurité contre les maux et les faux, sont signifiées par « je ferai disparaître la bête mauvaise hors de la terre, afin qu'ils habitent dans le désert en sécurité, et qu'ils dorment dans les forêts ; » la bête mauvaise signifie les maux de tout genre, le désert où ils habiteront en sécurité signifie que les cupidités du mal ne les infesteront point, et les forêts dans lesquelles ils dormiront signifient que les faux qui proviennent des cupidités ne les infesteront point non plus; la fructification du bien par les vrais, et la multiplication du vrai d'après le bien, sont signifiées par « alors l'arbre du champ donnera son fruit, et la terre donnera son produit, l'arbre du champ signifie les connaissances du vrai, le fruit signifie le bien qui en provient, la terre signifie l'Église quant au bien, par conséquent aussi le bien de l'Eglise, et le produit de la terre signifie par suite la multiplication du vrai; par « quand j'aurai brisé les courroies de leur joug, et que je les aurai délivrés de la main de ceux qui les asservissent, » il est signifié que ces choses leur arriveront après que le Seigneur aura éloigné les maux et les faux qui sont en eux; les courroies du joug sont les plaisirs du mal d'après l'amour de soi et du monde, qui les tiennent enchaînés, et ceux qui les asservissent sont les faux, parce que les faux font qu'ils sont esclaves de ces maux. Dans Zacharie: « La semence de paix ils seront, le cep donnera son fruit, et la terre donnera son produit, et les cieux donneront leur rosée: prononcez la vérité, l'homme avec son compagnon; vérité et jugement de paix jugez dans vos portes; aimez seulement la vérité et la paix. » --- VIII. 12, 16, 19; --- sont appelés semence de paix ceux chez qui il y a conjonction du bien et du vrai, et comme ceux-ci sont entendus par la semence de paix, c'est pour cela qu'il est dit que le cep donnera son fruit, et la terre son produit; par « le cep donnera son fruit, » il est signifié que le vrai produira le bien, et par « la terre donnera son produit, » il est signifié que le bien produira des vrais, car le cep signifie l'Église quant aux vrais ou les vrais de l'Église, et la terre signifie l'Église quant au bien ou le bien de l'Église, et le produit signifie la production du vrai ; par « les cieux donneront leur rosée, » il est signifié la fructification du bien et la multiplication du vrai; la conjonction du vrai et du bien est ultérieurement décrite par « prononcez la vérité, l'homme avec son compagnon; vérité et jugement de paix jugez dans vos portes ; aimez seulement la vérité et la paix; » par la vérité est signifié le vrai; par un jugement de paix, et par la paix, est signifiée la conjonction du vrai avec le bien. Dans David : « Jéhovah parlera de paix à son peuple et à ses saints, afin qu'ils ne retournent point à la folie: la miséricorde et la justice se rencontreront, la justice et la paix se baiseront. » --- LXXXV. 9, 11; --- Jéhovah parlera de paix à son peuple et à ses saints, signifie qu'il enseignera et donnera la conjonction avec Lui par la conjonction du bien et du vrai chez eux ; par la paix est signifiée l'une et l'autre conjonction, par le peuple sont signifiés ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, et par les saints ceux qui sont dans le bien par les vrais; par « afin qu'ils ne retournent point à la folie, » il est signifié qu'ensuite le mal d'après le faux et le faux d'après le mal ne sont point chez eux; l'une et l'autre conjonction est ultérieurement décrite par « la miséricorde et la justice se rencontreront, la justice et la paix se baiseront; » la miséricorde y signifie l'éloignement des faux, de là pour eux les vrais, et la justice l'éloignement des maux, de là pour eux les biens; d'après cela on voit clairement ce qui est signifié par « la justice et la paix se baiseront. » Dans Ésaïe : « Qu’ils sont agréables sur les montagnes les pieds du messager de bonne nouvelle, qui fait entendre la paix, qui apporte la bonne nouvelle du bien, qui fait entendre le salut, qui a dit à Sion: Il règne, ton Roi! » --- LII. 7; --- ces paroles sont dites du Seigneur, et par la Paix il y est signifié le Seigneur Lui-Même, et par suite le Ciel pour ceux qui ont été conjoints à Lui; apporter la bonne nouvelle signifie prédire ces choses; et comme cette conjonction se fait par l'amour, c'est pour cela qu'il est dit « apporter la bonne nouvelle sur les montagnes, et dire à Sion; » les montagnes signifient ici comme ci-dessus le bien de l'amour envers le Seigneur, et Sion signifie l'Église qui est dans ce bien; et le Seigneur est entendu par ton Roi qui règne; comme la conjonction du vrai et du bien par la conjonction avec le Seigneur est signifiée par la paix, c'est pour cela qu'il est dit « qui fait entendre la paix, qui annonce la bonne nouvelle du bien, qui fait entendre le salut; » annoncer la bonne nouvelle du bien signifie la conjonction avec le Seigneur par le bien, et faire entendre le salut signifie la conjonction avec Lui par les vrais et par la vie selon les vrais, car par cette vie il y a salut. Dans le Même: « Et Lui a été percé à cause de nos prévarications, meurtri à cause de nos iniquités; le châtiment pour notre paix (a été) sur Lui, et par sa blessure la santé nous a été donnée. » --- LIII. 5; --- ces choses sont dites du Seigneur, de qui il s'agit bien évidemment dans ce Chapitre, et par ces paroles sont décrites les tentations qu'il a subies Lui-Même dans le monde pour subjuguer les enfers, et remettre toutes choses en ordre là et dans les cieux; ces atroces tentations sont entendues par « il a été percé à cause de nos prévarications, meurtri à cause de nos iniquités, et le châtiment pour notre paix a été sur Lui;» la salvation par là est signifiée par ces paroles « par sa blessure la santé nous a été donnée; » donc par la paix il est signifié le Ciel et la vie éternelle pour ceux qui ont été conjoints avec Lui; en effet, le genre humain n'aurait pu en aucune manière être sauvé, si le Seigneur n'eût pas remis toutes choses en ordre dans les enfers et dans les cieux, et glorifié en même temps son Humain, ce qui a été fait par les Tentations admises dans son Humain. Dans Jérémie: « Voici, Moi, je ferai monter sur elle santé et guérison, et je les guérirai, et je leur dévoilerai une santé de paix et la vérité: toutes les nations de la terre entendront tout le bien que je leur ferai, et elles craindront et elles seront émues, à cause de tout le bien et de toute la paix que je vais lui faire. » --- XXXIII. 6, 9 ; --- ces choses aussi sont dites du Seigneur, en ce qu'il doit délivrer des maux et des faux ceux qui sont en conjonction avec Lui; la délivrance des maux et des faux est signifiée par « je ferai monter sur elle santé et guérison, et je les guérirai, » car être guéri spirituellement, c'est être délivré des maux et des faux; et comme cela est fait par le Seigneur au moyen des vrais, il est dit « et je leur dévoilerai une santé de paix et la vérité; » par les nations de la terre sont signifiés ceux qui sont dans les maux et dans les faux; il est dit d'eux « elles craindront et elles seront émues à cause de tout le bien et de toute la paix que je vais lui faire. » Dans David: « Il rachètera en paix mon âme, afin qu'ils n'approchent point de moi. » --- Ps. LV. 19; --- par racheter en paix mon âme, il est signifié la salvation par la conjonction avec le Seigneur; et par « afin qu'ils n'approchent point de moi, » il est signifié l'éloignement par suite d'avec les maux et les faux. Dans Haggée : « Grande sera la gloire de cette maison postérieure plus que (celle) de l’antérieure, car dans ce lieu je donnerai la paix. » --- II. 9; --- par la maison de Dieu il est signifié l'Église, par la maison antérieure l'Église qui existait avant l'avènement du Seigneur, et par la maison postérieure l'Église qui exista après son avènement; par la gloire est signifié le Divin Vrai qui a été dans l'une et dans l'autre; et par la paix qu'il donnera dans ce lieu, ou dans l'Église, sont entendues toutes les choses qui sont signifiées par la Paix, et dont il a été parlé ci-dessus, Dans David : « Demandez la paix de Jérusalem; qu'ils soient tranquilles ceux qui t'aiment! qu'il y ait paix dans ton avant-mur, tranquillité dans tes palais! A cause de mes frères et de mes compagnons je parlerai; aie la paix en toi; à cause de la maison de Jéhovah notre Dieu, je chercherai le bien pour toi. » --- Ps. CXXII. 6, 7, 8, 9; --- par Jérusalem il est entendu non pas Jérusalem, mais l'Église quant à la doctrine et au culte; par la paix il est entendu le tout de la doctrine et du culte, car lorsque ces choses sont d'une origine céleste, c'est-à-dire, viennent du Seigneur par le Ciel, elles sont par la paix et dans la paix, d'où l'on voit ce qui est entendu par « demandez la Paix de Jérusalem ; » et comme ceux qui sont dans cette paix sont appelés tranquilles, il est dit aussi « qu'ils soient tranquilles ceux qui t'aiment, » à savoir, ceux qui aiment la doctrine de l'Église et le culte; par « qu'il y ait paix dans ton avant-mur et tranquillité dans tes palais, » il est signifié dans l'homme extérieur et dans l'homme intérieur, car l'homme extérieur avec les choses qu'il renferme, c'est-à-dire, avec les scientifiques et les plaisirs naturels, est comme un avant-mur ou un rempart pour l'homme intérieur, parce qu'il est en dehors et devant celui-ci et le protège; et l'homme intérieur avec les choses qu'il renferme, c'est-à-dire, avec les vrais et les biens spirituels, est comme un palais ou une maison, parce qu'il est au dedans de l'homme extérieur; de là les extérieurs de l'homme sont signifiés par l'avant-mur, et ses intérieurs le sont par les palais, de même aussi ailleurs dans la Parole; « à cause de mes frères et de mes compagnons, » signifie à cause de ceux qui sont dans les biens et par suite dans les vrais, et, en faisant abstraction des personnes, les biens et les vrais; que ce soit là ce qui est entendu par les frères et les compagnons dans la Parole, on le voit N° 10490, et ci-dessus, N° 47; par la maison de Jéhovah notre Dieu il est signifié l'Église dans laquelle sont les biens et les vrais. Dans le Même: « Loue, ô Jérusalem, Jéhovah! célèbre son Nom, ô Sion! Lui qui place ta limite en paix; de la graisse des froments il te rassasie. » --- Ps, CXLVII. 12, 14; --- par Jérusalem et par Sion est entendue l'Église, par Jérusalem l'Église quant aux vrais de la doctrine, et par Sion l'Église quant aux biens de l'amour ; par le Nom de Jéhovah, que Sion célébrera, est signifié le tout du culte d'après le bien de l’'amour ; « qui place ta limite en paix, » signifie toutes les choses du Ciel et de l'Église, car la limite signifie toutes ces choses, puisque dans la limite ou dans le dernier elles sont toutes dans le complexe, voir Nos 634, 5897, 6239, 6451, 6465, 8603, 9215, 9216, 9824, 9828, 9836, 9905, 10044, 10099, 10329, 10335, 10548; « de la graisse des froments il te rassasie, » signifie de tout bien de l'amour et de la sagesse, car la graisse signifie le bien de l'amour, voir Nos 5943, 6409, 10033; et le froment signifie toutes les choses qui viennent du bien de l'amour, spécialement les vrais du Ciel, et par suite la sagesse, Nos 3941, 7605. Dans le Même : « Que te bénisse Jéhovah de Sion, afin que tu voies le bien de Jérusalem tous les jours de ta vie, afin que tu voies les fils de tes fils, la paix sur Israël. » --- Ps. CXXVIII. 5, 6; --- ici, comme ci-dessus, par Sion et par Jérusalem est signifiée l'Église quant aux biens de l'amour et quant aux vrais de la doctrine ; s'il est dit « que te bénisse Jéhovah de Sion, » c'est afin que ce soit d'après le bien de l'amour, car Sion signifie l'Église quant au bien de l'amour; et comme tout bien et tout vrai de la doctrine procèdent de ce bien et existent par ce bien, c'est de là qu'il est dit « afin que tu voies le bien de Jérusalem, et les fils de tes fils; » les fils des fils signifient les vrais de la doctrine et leur multiplication à éternité; comme toutes ces choses viennent du Seigneur, et au moyen de la paix qui procède de Lui, c'est pour cela qu'il est conclu par « afin que tu voies la paix sur Israël; » Israël signifie ceux chez lesquels il y a l'Église. Dans le Même: « En Schalem est le Tabernacle de Dieu, et son Habitacle en Sion; là, il a brisé les étincelles de l'arc, le bouclier, l'épée et la guerre. » --- Ps. LXXVI. 3,4 ; --- ici Jérusalem est appelée Schalem, parce que par Schalem est signifiée la Paix, d'après laquelle aussi Jérusalem a été nommée; si elle a été ainsi nommée, c'est parce que la Paix signifie toutes ces choses qui ci-dessus ont été sommairement dites, et qu'on peut voir ; par le tabernacle de Dieu en Schalem est signifiée l'Église d'après ces choses; et par son habitacle en Sion est signifié le bien de l'amour, puisque le Seigneur habite dans ce bien, et que de là il donne les vrais, les fructifie et les multiplie ; et comme par la paix il est signifié aussi qu'il n'y a plus de combats du mal et du faux contre le bien et le vrai, ou bien, plus de dissidence ou de guerre dans le sens spirituel, voilà pourquoi il est dit, « là, il a brisé les étincelles de l'arc, le bouclier, l'épée et la guerre, » ce qui signifie la cessation de tout combat des faux de la doctrine contre le bien et le vrai, et en général la cessation de toute dissidence. D'après la Paix aussi « Jérusalem a été appelée Schélomim, » --- Jérém. XIII. 19: --- et c'est pour cela que « Melchisédeck, qui était Prêtre au Dieu Très-Haut, fut Roi de Schalem, » --- Gen. XIV. 18; --- et que par lui le Seigneur a été représenté, comme on le voit dans David : « Tu es Prêtre pour l'éternité selon le mode de Melchisédeck. » --- Ps. CX. 4. --- Dans Ésaïe : « Soyez en allégresse avec Jérusalem, et bondissez en elle, (vous) tous qui l’aimez; afin que vous tétiez et soyez rassasiés par la mamelle de ses consolations, et que vous exprimiez et trouviez des délices par la splendeur de sa gloire; voici, je vais répandre sur elle comme un fleuve la paix, et comme un torrent débordé la gloire des nations, afin que vous tétiez; sur le côté vous serez portés, et sur les genoux vous serez caressés. » --- LXVI. 10, 11, 12; --- là, comme ci-dessus, par Jérusalem est entendue l'Église quant à la doctrine, ou, ce qui est la même chose, la doctrine de l'Église; c'est de la doctrine qu'il est dit « soyez en allégresse avec Jérusalem et bondissez en elle, vous tous qui l'aimez » et c'est aussi de la doctrine qu'il est dit « afin que vous tétiez et soyez rassasiés par la mamelle de ses consolations, et que vous exprimiez et trouviez des délices par la splendeur de sa gloire; » par la mamelle des consolations il est signifié le Divin Bien, et par la splendeur de la gloire le Divin Vrai d'où procède la doctrine; que toutes ces choses seront en abondance d'après la conjonction avec le Seigneur, cela est signifié par « voici, je vais répandre sur elle comme un fleuve la paix, et comme un torrent débordé la gloire des nations, afin que vous tétiez; » par la paix est signifiée la conjonction avec le Seigneur; par la gloire des nations, la conjonction du bien et du vrai, par téter, l'influx procédant du Seigneur et par « comme un fleuve et comme un torrent débordé, » l'abondance; de là l'amour spirituel et l'amour céleste, par lesquels se fait la conjonction avec le Seigneur, sont signifiés par « sur le côté vous serez portés, et sur les genoux vous serez caressés; » par le côté est signifié l'amour spirituel, et par les genoux l'amour céleste; et par être porté et être caressé, il est signifié la félicité éternelle d'après la conjonction: que la mamelle signifie l'amour spirituel, et qu'il en soit de même du côté ou de la poitrine, on le voit ci-dessus, N° 65; voir aussi, que les genoux signifient l'amour conjugal et par suite l'amour céleste, dans les ARCANES CÉLESTES, Nos 3021, 4280, 5050 à 5062 ; que la gloire signifie le Divin Vrai et par suite l’intelligence et la sagesse, ci-dessus, Nos 33, 288, 345; et que les nations signifient ceux qui sont dans le bien de l'amour, et abstraction faite des personnes, les biens de l'amour, aussi ci-dessus, Nos 175, 331 ; de là la gloire des nations signifie le vrai réel qui procède du bien de l'amour, par conséquent la conjonction de ce vrai et de ce bien. Dans le Même : « L'œuvre de Jéhovah est la Paix, et le labeur de justice le repos et la sécurité pour l'éternité; afin qu'habite mon peuple dans un habitacle de Paix, et dans des tentes de sécurités, et dans des repos tranquilles. » --- XXXII. 17, 18; --- la paix est dite l'œuvre de Jéhovah, parce qu'elle vient uniquement du Seigneur, et tout ce qui existe par la paix venant du Seigneur chez ceux qui sont dans la conjonction avec le Seigneur, est appelé l'œuvre de Jéhovah; de là il est dit « l'œuvre de Jéhovah est la paix; » le labeur de justice signifie le bien conjoint au vrai, dans ce bien est la paix, car dans la Parole le labeur se dit du vrai, la justice se dit du bien, et le repos se dit de la paix qui est dans le bien; la sécurité pour l'éternité signifie qu'ainsi il n'y a ni infestation ni crainte des maux et des faux; de là, on voit clairement ce qui est signifié par « afin qu'habite mon peuple dans un habitacle de paix, et dans des tentes de sécurités, et dans des repos tranquilles, » à savoir, afin qu'ils soient dans le Ciel, où est le Seigneur, et par suite dans le bien de l'amour et du culte, sans infestation par les enfers, et ainsi dans les plaisirs du bien et dans les charmes du vrai; l'habitacle de paix est le Ciel où est le Seigneur, les tentes de sécurités sont par suite les biens de l'amour et du culte sans infestation par les maux et les faux qui proviennent de l'enfer, et les repos tranquilles sont les plaisirs du bien et les charmes du vrai; que les tentes signifient les biens de l'amour et du culte, on le voit, Nos 414, 1102, 2145, 2152, 3312, 4391, 10545. Dans le Même: « Au lieu de l'airain je ferai venir de l'or, et au lieu du fer je ferai venir de l’argent, et au lieu des pierres, du fer; et je rendrai ton gouvernement paix, et tes exacteurs ju |