| Apocalypse Expliquée 587. Et les idoles d'or, et d'argent, et d'airain, et de pierre, et de bois, signifie les doctrinaux faux qui proviennent de la propre intelligence, et qui favorisent les amours du corps et du monde et les principes tirés de ces amours : on le voit par la signification des idoles, en ce que ce sont les faux de la doctrine, de la religion et du culte, qui proviennent de la propre intelligence : quant à ce que signifient en particulier les idoles d'or, d'argent, d'airain, de pierre et de bois, on peut le voir par la signification de l'or, de l'argent, de l'airain, de la pierre et du bois ; par l'or est signifié le bien spirituel, par l'argent le vrai spirituel, par l'airain le bien naturel, par la pierre le vrai naturel, et par le bois le bien sensuel; tous ces biens et ces vrais entrent dans la doctrine réelle, parce que cette doctrine est tirée tant du sens spirituel de la Parole que du sens naturel de la Parole; quand un doctrinal faux est confirmé par les spirituels de la Parole, ce doctrinal devient une idole d'or et une idole d'argent; quand il est confirmé par les naturels de la Parole, tels que sont ceux du sens de sa lettre, il devient une idole d'airain et une idole de pierre; et quand c'est d'après le sens pur de la lettre, il devient une idole de bois; car le sens de la Parole, tant intérieur ou spirituel qu'extérieur ou naturel, peut être appliqué à confirmer des faux, comme on peut le voir par les hérésies innombrables, qui toutes sont confirmées ainsi; les confirmations des faussetés se font parce que le sens réel de la Parole n'est point compris, et cela parce que les propres amours règnent, et par conséquent les principes qu'on en tire; or, quand ces amours régnent, l'homme ne voit rien d'après la lumière du Ciel, mais tout ce qu'il voit, c'est d'après la lumière du monde séparée de la lumière du Ciel, et quand la lumière du monde est séparée de la lumière du Ciel, les spirituels deviennent obscurs. Il faut qu'on sache que les fils d'Israël tenaient de l'Egypte, et aussi des nations d'alentour, l'affreuse coutume d'adorer des idoles, et qu'étant hommes absolument externes ils avaient ce culte implanté en eux par inclination naturelle, comme on peut le voir par les idolâtries de tant de rois de Jehudah et d'Israël, rapportées dans la Parole, et aussi par Salomon lui-même qui était le plus sage d'entre eux ; mais toujours est-il que les idoles qu'ils se firent et qu'ils adorèrent, lorsqu'il en est fait mention dans la Parole, signifient dans le sens spirituel les doctrinaux faux qui proviennent de la propre intelligence, d'après lesquels et selon lesquels se fait le culte. Cette signification des idoles tire aussi sa cause du Monde spirituel ; là, les mauvais esprits, qui se sont forgé des faux de doctrine, semblent façonner des idoles, et les orner de diverses manières, jusqu'à ce qu'elles apparaissent dans une forme comme humaine; ils tirent aussi diverses choses des représentatifs, et ils les ajustent pour les lier entre elles, afin de contrefaire ainsi cette forme dans les externes ; il m'a même été donné de voir façonner de semblables idoles par des prêtres, qui s'étaient persuadés que des faux étaient des vrais; et comme ils étaient fort ingénieux, ils savaient lier et ensuite orner avec adresse ces diverses choses; j'ai vu faire par des Anglais une semblable idole, par laquelle ils représentaient que la foi seule était l'essentiel du salut, et qu'elle produisait les biens de la charité sans aucune coopération de l'homme. Si des Idoles sont fabriquées dans le Monde spirituel par ceux qui sont dans des faux de doctrine provenant de la propre intelligence, c'est parce que les Divins Vrais, dont se compose la doctrine réelle de l'Église, donnent aux Anges la forme humaine, aussi les Anges dans la Parole signifient-ils les Divins Vrais; c'est de là que les faux de la doctrine qui sont confirmés d'après la Parole se présentent comme des idoles en forme humaine; les vrais de la Parole, qui sont falsifiés, et par lesquels se font les confirmations, prennent cette forme, mais comme les vrais ont été falsifiés, l'idole qui se présente n'a aucune vie. Que les idoles, les images taillées et les images de fonte, signifient les faux de la doctrine, de la religion et du culte, on peut le voir dans la Parole par les passages suivants, dans Ésaïe : « Un ouvrier fond l'image, et un orfèvre étend l'or par dessus, et des chainettes d'argent il fond; celui qui est dénué d'offrande choisit un bois qui ne pourrisse point, et un ouvrier sage il se cherche, pour préparer une image taillée, qui ne soit point ébranlée. »—XL. 19, 20; —par ces paroles, il est décrit comment une doctrine est composée et forgée avec des faux, ainsi avec les choses qui proviennent de la propre intelligence, car toutes ces choses sont des faux; par l'ouvrier et l'orfèvre, et par l'ouvrier sage qu'il se cherche, est entendu celui qui forge et compose un tel doctrinal; par « il étend l'or par dessus, » il est signifié afin qu'il apparaisse comme bien dans la forme externe; par « il fond des chaînettes d'argent, » il est signifié afin que les faux soient liés entre eux et apparaissent comme vrais ; par « il choisit un bois qui ne pourrisse point, et il prépare une image taillée qui ne soit point ébranlée, » il est signifié afin qu'ainsi il soit reconnu et ne paraisse pas faux. Dans Jérémie : « Insensé est devenu tout homme par la science, de honte a été couvert tout fondeur par l'image taillée, car mensonge (est) son image de fonte, et point d'esprit en elles; vanité, elles; ouvrage d'erreurs; au temps de leur visite elles périront.»—X. 14, 15. LI. 17, 18;—comme par l'image taillée est signifié le faux de la doctrine, de la religion et du culte, c'est pour cela qu'il est dit « insensé est devenu tout homme par la science, de honte a été couvert tout fondeur par l'image taillée; » par la science, par laquelle l'homme est devenu insensé, est signifiée la propre intelligence, c'est pourquoi le faux qui en provient est signifié par l'image taillée; ce faux est aussi entendu par « mensonge est son image de fonte; vanité; ouvrage d'erreurs;» par « point d'esprit en elles, » il est signifié qu'il n'y a aucune vie spirituelle dans les faux, ou dans les choses qui viennent de la propre intelligence, car la vie n'est que dans les Divins vrais ou dans les vrais qui procèdent du Seigneur, comme l'enseigne le Seigneur : « Les paroles que Moi je vous prononce sont esprit et sont vie. » — Jean, VI. 63. —Dans le Même: « Bois que de la forêt on coupe, œuvre de mains d'ouvrier avec la hache; d'argent et d'or on l'embellit; avec clous et marteaux on les affermit afin que cela ne vacille point; comme un palmier tout d'une pièce, eux; et ils ne parlent point; portant ils sont portés, parce qu'ils ne marchent point. Ensemble ils s'infatuent et deviennent fous; enseignement de vanités, ce bois; de l'argent étendu de Tharschisch est apporté, et de l'or, d'Uphaz; ouvrage d'orfèvre, et de mains de fondeur; hyacinthe et pourpre, leur vêtement, ouvrage de sages, tout cela; au contraire, Jéhovah, Dieu de vérité, Lui; Dieu vivant, et Roi du siècle. » — X. 3, 4, 5, 8, 9, 10; — qu'ici par l'image taillée il soit entendu le faux de la doctrine, de la religion et du culte, forgé et composé par des hommes ingénieux au moyen de la propre intelligence, on le voit par chacune des choses de cette description considérées dans le sens spirituel; la propre intelligence, par laquelle il est forgé et composé, est entendue par « œuvre de mains avec la hache, » par « ouvrage d'orfèvre et de mains de fondeur, » et par «ouvrage de sages; » que l'ouvrage de mains, d'orfèvre et d'ouvrier, signifie ce qui provient de la propre intelligence, c'est ce qui a été montré dans un Article précédent; les faux qui viennent de là sont signifiés par « ensemble ils s'infatuent et deviennent fous; enseignement de vanités, ce bois;» par « comme un palmier tout d'une pièce, eux ; et ils ne parlent ni ne marchent, » il est signifié qu'il n'y a aucune vie en eux ; parler et marcher signifient vivre, et vivre c'est vivre spirituellement; les confirmations d'après la Parole sont signifiées par l'argent étendu de Tharschisch qui est apporté, et par l'or d'Uphaz, et aussi par l'hyacinthe et la pourpre qui sont leur vêtement; par l'argent de Tharschisch est signifié le vrai de la Parole, et par l'or d'Uphaz le bien de la Parole, l'un et l'autre falsifié, pareillement par l'hyacinthe et par la pourpre; que tout vrai de la doctrine, de la religion et du culte vienne de Jéhovah, c'est-à-dire, du Seigneur, cela est entendu par « Jéhovah, Dieu de vérité, Lui; Dieu vivant et Roi du siècle, » car le Seigneur d'après le Divin Vrai est dit Dieu, et aussi vivant, et Roi. Dans Ésaïe : « Les fabricateurs d'image taillée, tous, vanité; et leurs choses les plus désirées ne servent de rien, et leurs (propres) témoins ils sont eux-mêmes; elles ne voient point et ne connaissent point; tous ses compagnons seront confus, et les forgerons eux-mêmes. Il forge du fer avec des tenailles, et il opère avec le charbon, et avec des marteaux acérés il la forme, ainsi il la fait par le bras de sa force, encore est-il affamé jusqu'à n'avoir point de force, et ne boit point d'eau jusqu'à en être fatigué. Il façonne des bois, il étend un fil, et il la trace à la ligne, il la fait dans ses angles, et par le contour il la termine, afin de la faire en forme d'homme (viri), selon la beauté de l'homme (hominis), pour habiter dans une maison. Il se coupe des cèdres, ou il prend le buis ou le chêne, et quoiqu'il soit à l'homme pour brûler, et qu'il en prenne pour se chauffer, et que même il l'enflamme pour cuire du pain; cependant il en fait un Dieu, et il se prosterne; il en fait une image taillée, et il l'adore. Elles ne connaissent ni ne comprennent, car bouchés ils sont, en sorte que leurs yeux ne voient point, et que leurs cœurs ne comprennent point; et il ne réfléchit point en son cœur que là, ni science, ni intelligence; et il ne dit point : N'y a-t-il pas mensonge en ma droite? » — XLIV. 9 à 20; — par toute cette description d'une image taillée est entendue la composition d'une doctrine d'après la propre intelligence; chaque partie de la description signifie des choses particulières de la composition; autrement, qu'aurait-il été besoin de donner dans la Divine Parole une description si prolixe de la seule fabrication d'une image taillée? Qu'il n'y ait dans cette doctrine rien que le faux, parce qu'elle provient de la propre intelligence, cela est entendu en ce que les fabricateurs de l'image taillée sont tous vanité, et que leurs choses les plus désirées ne servent de rien, et en ce que là il n'y a ni science, ni intelligence, et que le fabricateur ne dit point : « N'y a-t-il pas mensonge en ma droite; » la propre intelligence, d'après laquelle il fabrique le faux de la doctrine, est décrite par « il forge du fer avec des tenailles, et il opère avec le charbon par le bras de sa force; «forger du fer avec des tenailles, et opérer avec le charbon, signifie fabriquer des faux qui favorisent les propres amours; conjoindre les faux aux faux par des illusions d'après lesquelles ils apparaissent comme des vrais est décrit par étendre le fil, tracer à la ligne, la faire dans ses angles, et par le contour la terminer, afin de la faire en forme d'homme selon la beauté de l'homme, pour habiter dans une maison; par la forme de l'homme est signifiée l'apparence du vrai, et par la beauté de l'homme l'apparence de l'intelligence du vrai, et par habiter dans une maison est signifiée l'apparence de la vie spirituelle; qu'il ne provienne de là aucune vie d'intelligence et de perception du vrai et du bien, cela est signifié par « elles ne connaissent ni ne comprennent; et eux, leurs yeux ne voient point, et leurs cœurs ne comprennent point : » exposer ce que signifie en particulier chacune des expressions de cette description, ce serait trop long, il suffit que chacun puisse voir qu'il est signifié quelque chose de plus intérieur et de plus sage que la fabrication d'une image taillée; qu'on sache que dans cette description il y a de caché une sagesse céleste, qui est ineffable, dans laquelle sont les Anges quand ces paroles sont lues par l'homme, quoique l'homme ne pense à autre chose qu'a une image taillée et à sa fabrication ; car là, autant il y a de mots, autant il y a de correspondances, et par conséquent d'arcanes de la sagesse. Dans Habakuk : « De quoi sert l'image taillée, parce que l'a taillée son fabricateur? l'image de fonte et le docteur du mensonge, parce que le fabricateur de son mensonge s'est confié sur lui, puisqu'il fait des dieux muets? Malheur à celui qui dit au bois : Réveille-toi; et éveille-toi, à la pierre qui se tait! Celle-ci enseignera-t-elle? Voici, elle est couverte d'or et d'argent; d'esprit, point en son milieu : mais Jéhovah (est) dans le Temple de sa sainteté. » — II 18, 19, 20 ; — comme par l'image taillée il est signifié le faux de la doctrine, de la religion et du culte, dans lequel il n'y a rien de la vie spirituelle, parce qu'il provient de la propre intelligence, c'est pour cela qu'il est dit « de quoi sert l'image taillée, parce que l'a taillée son fabricateur, et le docteur du mensonge, sur lequel s'est confié le fabricateur de mensonge; » le mensonge signifie le faux, et le docteur et le fabricateur de mensonge signifient celui qui fabrique le faux ; que là et que de là il n'y ait aucune intelligence ni aucune vie, c'est ce qui est signifié par « il fait des dieux muets,» et par « d'esprit, point en son milieu ; » que tout vrai de la doctrine, de l'Église et du culte, vienne du Seigneur Seul, cela est signifié par « Jéhovah est dans le Temple de sa sainteté; » le Temple de la sainteté est le Ciel où est et d'où procède le Divin Vrai. Dans David : « Leurs idoles, argent et or, ouvrage de mains d'homme; une bouche à elles, mais elles ne parlent point; des yeux à elles, mais elles ne voient point. » — Ps. CXV. 4, 5. Ps. CXXXV. 15, 16; —« leurs idoles, argent et or, » signifie le culte externe sans l'interne, confirmé d'après le sens de la lettre de la Parole non compris, et aussi d’après les illusions des sens ; ouvrage de mains d'homme, » signifie d'après la propre intelligence; que l'ouvrage de mains d'homme soit ce qui provient de la propre intelligence, on le voit dans un Article précédent; « une bouche à elles, mais elles ne parlent point; des yeux à elles, mais elles ne voient point, » signifie que d'après cela il n'y a aucune pensée ni aucun entendement du vrai. S'il ne vient absolument que le faux, c'est parce que le propre de l'homme n'est absolument que mal, car il est favorable à son amour et à son intelligence, c'est pourquoi ceux-là s'appliquent aux vrais, non pas par les vrais, mais seulement pour la réputation, le nom, la gloire et le lucre ; et, quand ces choses dominent, le Ciel ne peut pas influer avec sa lumière, ni ouvrir la vue ni illustrer, aussi voient-ils comme les chouettes, les taupes et les chauve-souris, dans les ténèbres, selon ces paroles, dans Ésaïe : « En ce jour-là, l'homme jettera les idoles de son argent et les idoles de son or, qu'ils se sont faites pour se prosterner devant les taupes et les chauve-souris. » — II. 18, 20. — Dans Jérémie : « Sécheresse sur les eaux, et elles tarissent, parce que, terre d'images taillées, elle; et de choses horribles ils se glorifient; c'est pourquoi y habiteront les Zjim et les Ijim, et en elles habiteront les filles de la chouette. » — L. 38, 39; —« Sécheresse sur les eaux, » signifie le non vrai; les Zjim et les Ijim signifient les faux et les maux infernaux ; et les filles de la chouette, les affections du faux : ces choses ont été dites de la terre de la Chaldée et de Babel, par lesquelles sont signifiées les profanations du vrai et du bien par des faux favorables aux maux, faux qu'ils inventent eux-mêmes pour la domination. Dans Hosée : « Ils se sont fait image de fonte de leur argent; dans leur intelligence, des idoles; ouvrage d'artistes en entier; en sacrifiant l'homme, des veaux ils baisent. » — XIII. 2 ; — comme par l'image de fonte est signifié le doctrinal d'après la propre intelligence, c'est pour cela qu'il est dit « ils se sont fait image de fonte de leur argent; dans leur intelligence, des idoles; ouvrage d'artistes en entier; » et comme ils perdent par là la vie spirituelle, et revêtent la vie entièrement naturelle, il est dit « en sacrifiant l'homme, des veaux ils baisent; » sacrifier l'homme signifie perdre la vie spirituelle, et baiser des veaux signifie devenir entièrement naturel. Dans Ésaïe : « Voici, tous (sont) iniquité; néant, leurs œuvres; vent et inanité, leurs images de fonte. » — XLI. 29; — les maux de la doctrine, de la religion et du culte sont signifiés par « tous sont iniquité; néant, leurs œuvres; » et les faux, par « vent et inanité, leurs images de fonte; » dans la Parole, le vent et l'inanité se disent des faux qui proviennent du propre. Dans Jérémie : « Pourquoi M'ont-ils à colère provoqué par leurs, images taillées, par des vanités d'étrangers. » — VIII. 19 ; — les vanités d'étrangers signifient aussi les faux de la religion, de même que les images taillées; c'est pour cela qu'il est dit « par leurs images taillées, par des vanités d'étrangers. » Dans Ézéchiel : « Quiconque de la maison d'Israël aura fait monter des idoles sur son cœur, et un scandale d'iniquité aura placé devant ses faces, puis viendra vers le prophète, Moi, Jéhovah, lui répondrai-je, à lui qui vient avec la multitude de ses idoles?» — XIV. 3, 4, 5, 6; — ici aussi, les idoles sont les faux de la doctrine qui proviennent de la propre intelligence ; recevoir ces faux et les reconnaître est signifié par faire monter des idoles sur son cœur ; en être affecté et vivre selon eux est signifié par placer un scandale d'iniquité devant ses faces ; que le Seigneur ne puisse révéler à de tels hommes les vrais réels de la doctrine, tant qu'ils sont dans ces faux, cela est signifié par « lorsqu'il viendra vers le prophète, Moi, Jéhovah, lui répondrai-je, à lui qui vient avec la multitude de ses idoles ? » par le prophète est entendu celui qui enseigne les vrais, et dans le sens abstrait la doctrine du vrai réel qui procède du Seigneur; et par la multitude de ses idoles sont signifiés des faux en abondance, car d'un seul faux, pris pour principe, découlent des faux en abondance, outre des faux en série d'après l'enchaînement; de là, il est dit « des idoles » au pluriel, et « la multitude des idoles. » Dans le Même : « Je répandrai sur vous des eaux pures, afin que vous soyez purifiés de toutes vos impuretés, et de toutes vos idoles je vous purifierai. » — XXXVI. 25 ; — comme par les idoles sont signifiés les faux de la doctrine, c'est pour cela qu'il est dit « je répandrai sur vous des eaux pures, » car par les eaux pures sont signifiés les vrais réels, et par répandre des eaux sur eux, il est signifié les purifier des faux ; ces faux sont aussi appelés impuretés, parce que ce sont les faux qui proviennent du mal, et les faux qui produisent le mal. Dans Michée : « Je réduirai Samarie en un monceau du champ, je ferai couler dans la vallée ses pierres, et ses fondements je découvrirai; alors toutes ses images taillées seront brisées, et tous ses salaires de prostitution seront brûlés au feu, et toutes ses idoles je réduirai en dévastation, car par un salaire de prostitution elle les a amassés; c'est pourquoi, en salaire de prostitution elles retourneront. » — I. 6, 7; — par Samarie, après qu'elle fut devenue idolâtre, était représentée l'Église dévastée quant aux vrais de la doctrine et quant aux biens de la vie, ou détruite par les faux de la doctrine et par les maux de la vie ; par « elle sera réduite en un monceau du champ, et dans la vallée ses pierres couleront, et ses fondements seront découverts, » il est signifié que l'Église sera dévastée quant à tous ses vrais ; le champ est l'Église, le monceau du champ est la dévastation de l'Église, les pierres sont les vrais de l'Église, et les fondements sont les vrais naturels sur lesquels elle est fondée ; leur dévastation totale est signifiée en ce que les pierres couleront dans la vallée, et les fondements seront découverts; la destruction de l'Église par les faux de la doctrine est signifiée en ce que ses images taillées seront brisées et ses idoles mises en dévastation ; par le salaire de prostitution, qui sera brûlé au feu, est signifiée la falsification du vrai par des applications pour favoriser les amours de soi et du monde. De semblables choses sont signifiées par les images taillées, les images de fonte et les idoles, dans les passages suivants; dans Ésaïe : « De même que ma main a trouvé les royaumes de l'idole, et leurs images taillées, de Jérusalem et de Samarie, est-ce que de même que j'ai fait à Samarie et à ses idoles, ainsi ne ferai-je pas à Jérusalem et à ses idoles ? » — X. 10, 11. — Dans le Même : « Impure vous jugerez la couverture des images taillées de ton argent, et le revêtement de l'image de fonte de ton or; tu les disperseras comme des menstrues, ordure tu appelleras cela. » — XXX. 22. — « En ce jour-là, ils rejetteront chacun les idoles de son argent, et les idoles de son or, que vous ont faites vos mains; péché. » — XXXI. 7. —Dans le Même : « De peur que tu ne dises : Mon idole les a faites, et mon image taillée et mon image de fonte les ont commandées. »—XLVIII. 5.—Dans le Même : « ils se détourneront en arrière, de honte ils seront confus ceux qui se confient dans l'image taillée, qui disent à l'image de fonte: Vous, nos dieux. » —XLII. 17. —Dans le Même : « Un lion sur le guet a dit : Elle est tombée, elle est tombée, Babel; et toutes les images taillées de ses dieux on a brisé à terre. »—XXI. 9. —Dans Ézéchiel : « Seront détruits vos autels, et seront brisées vos statues solaires, et je ferai tomber vos transpercés devant vos idoles, et je mettrai les cadavres des fils d'Israël devant leurs idoles. » — VI. 4, 5. —Dans Michée : « En ce jour-là, je retrancherai tes images taillées et tes statues du milieu de toi, afin que tu n'adores plus l'œuvre de tes mains. » —V. 12. —Dans Moïse : « Je mettrai vos corps sur les corps de vos idoles, et en dégoût mon âme vous aura. » — Lévit. XXVI. 30. — Dans le Même : « Les images taillées de leurs dieux vous brûlerez au feu ; tu ne convoiteras point l'argent ni l'or sur elles, pour le prendre pour toi; car abomination à Jéhovah ton Dieu, cela. » — Deutér. VII. 25. — Dans le Même : « Maudit (sera) celui qui fera image taillée ou de fonte, abomination à Jéhovah, ouvrage de mains d'artisan, pour mettre en lieu secret. » — Deutér. XXVII. 15.—La même chose, qui est signifiée par les idoles d'or, d'argent, d'airain, de pierre, de bois, est aussi signifiée par « les dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre, que louait le Roi Beltschassar, quand avec ses grands et ses femmes il buvait le vin dans les vases d'or et d'argent qui avaient été tirés du Temple de Jérusalem (par Nébucadnessar son père); c'est pourquoi il y eut une écriture sur la muraille, et le Roi (son père) lui-même avait été chassé d'avec l'homme, et était devenu comme une bête; (et le Roi Beltschassar en cette même nuit fut tué). » — Dan. V. 1 et suiv. ;—par les vases d'or et d'argent du Temple de Jérusalem étaient signifiés les saints biens et les saints vrais de l'Église; par les dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre, que le Roi de Babel louait alors, il est entendu la même chose que par les idoles faites avec ces métaux, et il est signifié les maux et les faux de la doctrine et du culte; louer signifie adorer; par boire dans les vases du Temple de Jérusalem, et en même temps louer ou adorer ces dieux, est signifiée la profanation du bien et du vrai par les maux et les faux dans le culte; et comme par la profanation tout spirituel de l'homme périt, et que sans le spirituel l'homme n'est pas homme, c'est pour cela que le Roi (Nébucadnessar) avait été chassé d'avec l'homme et était devenu comme une bête, (et que le Roi Beltschassar en cette même nuit fut tué). Comme l'externe sans l'interne ne doit pas être adoré, mais qu'il faut adorer l'externe procédant de l'interne, ainsi l'interne dans l'externe, c'est pour cela qu'il a été défendu de faire aucune image taillée à la ressemblance d'un être vivant sur la terre, dans Moïse : « De peur que vous ne vous fassiez image taillée, en aspect d'aucune ressemblance, figure de mâle ou de femelle, figure d'aucune bête qui (est) sur la terre, figure d'aucun oiseau d'aile qui vole sous le Ciel, figure d'aucun reptile sur la terre, figure d'aucun poisson qui (est) dans les eaux au-dessous de la terre. » — Deutér. IV. 16, 17, 18. V. 8 ; — si cela a été défendu, c'est parce que la nation juive, plus que toute autre nation, était dans les externes sans les internes, et par suite dans le culte de tous les externes que les nations appelaient des choses saintes, et qu'adorer les externes autres que ceux qui représentaient les célestes, et qui étaient l'Autel, le sacrifice sur l'Autel, la Tente de convention et le Temple, c'était une idolâtrie; il est vrai que les Juifs adoraient même ces externes-ci d'une manière idolâtrique, mais néanmoins comme il y avait chez eux Église Représentative, leur culte était accepté à cause de la représentation, quoiqu'il ne les affectât pas quant à leur âme, ainsi qu'on peut le voir par les diverses explications qui ont été données sur cette nation dans les ARCANES CELESTES, dont les extraits sont réunis dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 248 : et comme adorer l'externe ailleurs que là où il avait été prescrit, c'est-à-dire, près de la Tente dans le désert, et près du Temple et dans le Temple à Jérusalem, c'était adorer le Représentatif lui-même sans aucune intuition de la chose représentée, ainsi le terrestre seul sans le céleste, voilà pourquoi cela leur avait été défendu, et à un tel point, qu'ils ne devaient pas même se faire de telles images taillées; car dès qu'ils en voyaient de faites, ils les adoraient; en effet, telle était la nature de cette nation. Si les nations idolâtres ont adoré les simulacres non-seulement d'hommes, mais même de diverses bêtes, oiseaux et reptiles, c'est parce qu'elles tenaient des Anciens, que ces simulacres signifiaient des célestes et des spirituels; par exemple, que les bêtes signifiaient les affections, les oiseaux les pensées provenant des affections, les reptiles et les poissons les mêmes choses dans l'homme sensuel-naturel; de là vint que quand ceux qui étaient dans le culte externe sans aucun interne, eurent appris que les saintetés du Ciel et de l'Église étaient signifiées par ces simulacres, ils commencèrent à les adorer ; ainsi les Égyptiens, et par suite les fils d'Israël dans le désert et plus tard dans Samarie, adorèrent des Veaux, et cela, parce que les veaux chez les Anciens signifiaient les bonnes affections de l'homme naturel.
|