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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 581. 

Car leurs queues, semblables à des serpents, ont des têtes, signifie que d'après les scientifiques sensuels, qui sont des illusions, ils raisonnent avec astuce : on le voit par la signification des queues, ici des queues de chevaux, en ce qu'elles sont les scientifiques, qui sont appelés sensuels, parce qu'ils sont les derniers de l'entendement, comme ci-dessus, N° 559; par la signification des serpents, en ce que ce sont les astuces de l'homme sensuel, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de avoir des têtes, en ce que c'est raisonner par ces scientifiques, car par la tête est signifiée l'intelligence; de là, avoir une tête, c'est être intelligent; que ce soit raisonner par ces scientifiques, c'est parce que par la tête, quand il s'agit de l'homme sensuel, il est signifié la science, et par suite une pensée folle; voir ci-dessus, N° 577, par conséquent aussi le raisonnement par les scientifiques sensuels : d'après ces explications, on peut voir que par « les queues des chevaux, semblables à des serpents, ont des têtes, » il est signifié que d'après les scientifiques sensuels, qui sont des illusions, ils raisonnent avec astuce. Il est dit que ce sont des illusions, parce que les scientifiques sensuels deviennent des illusions, quand d'après eux l'homme raisonne sur les spirituels; par exemple, quand il en conclut que les dignités et les richesses sont des bénédictions réelles; que c'est dans une gloire, telle que celle des Grands dans le Monde, que consiste la béatitude céleste; que le Seigneur veut pour sa propre gloire être adoré par l'homme; et plusieurs autres propositions semblables, qui sont des illusions quand elles sont appliquées aux spirituels, car l'homme sensuel, ne jouissant pas de l'intelligence, pense ainsi, parce qu'il ne peut pas savoir autrement. Que les serpents dans la Parole signifient l'homme sensuel quant à l'astuce, et quant à la prudence, on peut le voir par les passages suivants; dans Moïse : « Le serpent était rusé plus que tout animal du champ, qu'avait fait Jéhovah Dieu. » — Gen. III. 1 ;— ici, par le serpent est entendu, non pas le serpent, mais l'homme sensuel, et dans le commun sens le sensuel lui-même, qui est le dernier de l'entendement humain ; par l'homme et son épouse est signifiée l'Église Très-Ancienne, qui tomba, quand les hommes de cette Église commencèrent à raisonner sur les Divins d'après les scientifiques sensuels, ce qui est signifié par manger de l'arbre de la science; leur adresse en raisonnant sur les Divins d'après le sensuel est décrite par le raisonnement du serpent avec l'épouse d'Adam, raisonnement par lequel Adam et son épouse furent trompés : si le serpent est dit rusé plus que tout animal du champ, c'est parce qu'il a du venin, et que sa morsure est mortelle, et parce qu'il se cache dans des trous; le venin signifie la ruse et la fourberie, par suite la morsure du serpent signifie une faute mortelle, et le trou, d'où il mord et dans lequel il se cache, signifie les astuces : il faut qu'on sache que toutes les bêtes signifient des affections, telles qu'elles sont chez les hommes, et que les serpents signifient les affections de l'homme sensuel, par cette raison qu'ils rampent à terre sur le ventre, de la même manière que le sensuel de l'homme, car le sensuel est à la place la plus basse, et rampe pour ainsi dire à terre sous tout le reste : dans le Monde spirituel les hommes sensuels habitent aussi dans les inférieurs, car ils ne peuvent être élevés vers les supérieurs, puisqu'ils sont dans les externes, et qu'ils jugent de toute chose et concluent d'après les externes; les méchants, qui sont dans les enfers, sont aussi pour la plupart sensuels, et beaucoup d'entre eux sont astucieux, aussi apparaissent-ils comme des serpents de divers genres, quand ils sont vus d'après la lumière du Ciel; de là vient que le diable est appelé serpent : si les infernaux aussi sont astucieux, c'est parce que le mal renferme en lui toute astuce et toute malice, comme le bien toute prudence et toute sagesse; sur ce sujet, voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, les Nos 576 à 581, où il a été question de la malice et des artifices abominables des esprits infernaux. C'est donc de là que le Diable ou l'Enfer est appelé serpent dans les passages suivants; dans l'Apocalypse : « Le dragon, le serpent ancien, appelé diable et satan, qui séduit toute la terre. » — XII. 9, 14, 15. XX. 10.— Dans David : « ils aiguisent leur langue comme un serpent; un venin d'aspic (est) sous leurs lèvres. » — Ps. CXL. 4; — par ces paroles est décrite leur tromperie adroite et astucieuse. Dans le Même : « Leur venin (est) comme un venin de serpent. » — Ps. LVIII. 5. — Dans Job : « Il sucera le venin des aspics, la langue de la vipère le tuera. » — XX. 16. — Et dans Ésaïe : « Des œufs d'aspics ils déposent, et des toiles d'araignées ils tissent; celui qui mange de leurs œufs meurt, et quand on les presse il en éclot une vipère.»—LIX. 5;—ces choses ont été dites des hommes méchants qui par fourberie et par ruse séduisent dans les spirituels; les maux clandestins vers lesquels ils attirent avec adresse sont signifiés par les œufs d'aspics qu'ils déposent; les faux astucieux sont signifiés par les toiles d'araignées qu'ils tissent; le dommage mortel, s'ils sont reçus, est signifié par « celui qui mange de leurs œufs meurt, et quand on les presse il en éclot une vipère. » Comme tels étaient les Pharisiens, voilà pourquoi le Seigneur les appelle « serpents, race de vipères. » — Matth. XXIII. 33. — Que leurs astuces et leurs malices ne nuiront en rien à ceux que le Seigneur protège, cela est signifié par « l'enfant qui tette jouera sur le trou de la vipère, et sur la caverne du basilic l'enfant sevré sa main mettra.» —Esaïe, XI. 8;—par l'enfant qui tette et l'enfant sevré sont signifiés ceux qui sont dans le bien de l'innocence, ce sont ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur; et par le trou de la vipère et la caverne du basilic sont entendus les enfers dans lesquels sont les esprits fourbes et astucieux ; les entrées vers ces enfers apparaissent aussi comme des trous obscurs, et en dedans comme des cavernes. Que les astuces et les malices des esprits infernaux ne nuiraient point à ceux que le Seigneur protège, cela est encore signifié par ces paroles du Seigneur, « qu'ils pourraient marcher sur serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi. »— Luc, X. 19 : — et « qu'ils pourraient saisir des serpents, et aussi boire un breuvage mortel, et que cela ne leur serait pas nuisible. » — Marc, XVI. 18;— marcher sur les serpents, c'est ne pas tenir compte et faire peu de cas des fourberies, des astuces et des artifices abominables de la tourbe infernale; aussi est-ce pour cela qu'il est dit « sur toute la puissance de l'ennemi; » l'ennemi est cette tourbe, et sa puissance est l'astuce; les malices et les astuces des esprits infernaux, qui pris ensemble sont appelés le diable et satan, sont aussi entendus par les serpents dans les passages suivants ; dans Moïse : « Jéhovah Dieu qui t'a conduit par le désert grand et formidable, de serpent, de dipsade et de scorpion. » — Deutér. VIII. 15; — par les marches des fils d'Israël dans le désert étaient représentées et par suite signifiées les tentations des fidèles; alors les infestations des enfers par les mauvais esprits et les génies sont signifiées par les serpents, les dipsades et les scorpions. Dans Esaïe : « Ne te réjouis pas, Philistée tout entière, de ce qu'a été brisée la verge qui te frappait, car de la racine du serpent sortira un basilic, dont le fruit (sera) un serpent volant. » — XIV. 29;—par la Philistée est signifiée la foi séparée d'avec la charité; la séduction d'un grand nombre par les sophismes, qui confirment cette foi, est décrite par « de la racine du serpent sortira un basilic, dont le fruit sera un serpent volant. » Dans Jérémie : « Voici, j'envoie contre vous des serpents basilics, contre lesquels point d'enchantement, et ils vous mordront. » — VIII. 17.— Dans le Même : « Sa voix comme (celle) d'un serpent ira. »— XLVI. 22, 23.—Dans Amos : « Quand ils seraient cachés de devant mes yeux au fond de la mer, je commanderai au serpent de les y mordre. »— IX. 3.— Les astuces sont aussi signifiées par « le Léviathan, serpent tortueux.»—Ésaie, XXVII. 1.— Que par les serpents il soit signifié l'astuce et aussi la prudence qui est chez les hommes sensuels, on peut le voir par les paroles du Seigneur, dans Matthieu : « Soyez prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. » — X. 16 ; — sont dits prudents ceux qui sont dans le bien, et astucieux ceux qui sont dans le mal, car la prudence appartient au vrai d'après le bien, et l'astuce au faux d'après le mal ; et comme ces paroles sont adressées à ceux qui sont dans le bien, c'est pour cela que par les serpents dans ce passage la prudence peut aussi être entendue. Comme les astuces des méchants sont diaboliques, voilà pourquoi ceux qui sont dans ces astuces sont dits manger de la poussière, dans Moïse : « Il a été dit au serpent : Sois maudit plus que toutes les bêtes, et plus que tous les animaux du champ; sur ton ventre tu marcheras, et la poussière tu mangeras tous les jours de ta vie. » — Gen. III. 14.— Dans Ésaïe : « Pour le serpent, la poussière (sera) son pain. » — LXV. 25. — Dans Michée : « Ils lécheront la poussière comme le serpent. » — VII. 17 ; — par la poussière est signifié ce qui a été damné, et par marcher sur le ventre il est signifié le sensuel, qui est le dernier de la vie chez l'homme, et parce qu'il est le dernier de la vie, il n'a aucune intelligence ni aucune sagesse, mais il est dans l'astuce et dans la malice qui sont contraires à l'intelligence et à la sagesse. Dans Moïse : « Dan sera un serpent sur le chemin, un serpent à élan sur le sentier, qui mord les talons du cheval, et son cavalier tombe à la renverse. » — Gen. XLIX. 17;— ce que signifie ce prophétique sur Dan, on ne peut pas le savoir à moins qu'on ne sache ce qui est signifié par le cheval et par ses talons, et ce qui est signifié par le serpent ; par le cheval est signifié l'entendement du vrai, et par le cavalier l'intelligence; par le serpent est signifié le sensuel, qui est le dernier de la vie intellectuelle; par les talons du cheval sont signifiés les vrais dans les derniers, qui sont les scientifiques sensuels; par « le serpent mord les talons du cheval, et son cavalier tombe à la renverse, » il est signifié que le sensuel par les raisonnements d'après les illusions blesse et séduit l'entendement : ces choses ont été dites de Dan, parce que la Tribu qui a tiré son nom de lui était la dernière des Tribus, et par suite signifiait les derniers du vrai et du bien, par conséquent les derniers de l'Église; voir dans les ARCANES CELESTES, les Nos 1710, 3923, 6396, 10335, où ce Prophétique a aussi été expliqué. Le sensuel, qui est le dernier de la vie intellectuelle, est encore signifié par « le serpent allongé, » — Ésaïe, XXVII. 1. Job, XXVI. 13, — et aussi par « le serpent en qui le bâton de Moïse fut changé, » — Exod. IV. 3, 4. VII. 9 à 12; — voir dans les ARCANES CELESTES, les Nos 6949, 7293. Les sensuels, qui sont les derniers de la vie de l'homme, sont aussi signifiés par les serpents dipsades envoyés contre le peuple qui voulait retourner en Egypte; mais la guérison de la morsure de ces serpents par le Divin sensuel du Seigneur est signifiée par « le serpent d'airain placé sur un étendard, à la vue duquel ils revenaient à la vie. » — Nomb. XXI. 5 à 9; — il est dit le Divin sensuel du Seigneur, parce que le Seigneur, quand il était dans le Monde, glorifia, c'est-à-dire, fit Divin tout son Humain jusqu'à son dernier, comme on peut le voir, en ce qu'il ne laissa rien dans le sépulcre, et en ce qu'il dit aux disciples, « qu'il avait les os et la chair, ce que n'a pas un esprit. » — Luc, XXIV. 39, 40 : — le dernier sensuel, que le Seigneur a aussi glorifié ou fait Divin, est signifié par ce serpent d'airain placé sur un étendard, dont le Seigneur Lui-Même a parlé ainsi dans Jean : « De même que Moïse éleva le serpent, de même il faut que soit élevé le Fils de l'homme, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. »—III. 14, 15;—le Seigneur a été représenté par un tel signe devant le peuple Israélite et Juif, parce qu'ils étaient entièrement sensuels, et que l'homme sensuel, quand il s'agit du Seigneur, ne peut élever sa pensée au-delà ni au-dessus du sensuel; en effet, chacun regarde le Seigneur selon l'élévation de son entendement, l'homme spirituel jusqu'au Divin rationnel, et ainsi de suite : d'après cela, il est évident que par le serpent d'airain il est aussi signifié le sensuel, mais le sensuel glorifié ou Divin du Seigneur.

 



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