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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 556. 

Et leurs dents comme de lions étaient, signifie qu'il leur semble que les sensuels, qui sont les derniers de la vie intellectuelle, sont en puissance sur toutes choses : on le voit par la signification des dents, en ce que ce sont les sensuels, qui sont les derniers de la vie naturelle quant à l'entendement, ainsi qu'il va être montré; et par la signification des lions, en ce que ce sont les vrais de l'Église quant à la puissance, mais ici les faux qui détruisent les vrais, par conséquent aussi quant à la puissance, ainsi qu'il a été expliqué ci-dessus, N° 278; qu'ici ce soient les faux, c'est parce que par les Sauterelles il est signifié les sensuels corporels qui sont dans les faux du mal; s'il leur semble être dans l'entendement, et par suite dans la puissance sur toutes choses, c'est parce que le persuasif lui-même, dont il a été question ci-dessus, réside dans le sensuel qui est le dernier de la vie naturelle, car l'homme sensuel est dans la confiance en lui-même, et par suite dans la foi qu'il a plus de sagesse que tous les autres; en effet, il ne peut pas s'examiner ni se sonder, parce qu'il ne pense pas intérieurement ; et quand il se persuade cela, cette confiance et cette foi sont dans tout ce qu'il prononce; par suite le langage, parce qu'il a un son de confiance et de foi, fascine et infatué les mentals des autres, car le son de la confiance et de la foi produit un tel effet, ce qui se manifeste principalement dans le Monde spirituel, où l'homme parle d'après son esprit, car c'est dans l'esprit de l'homme qu'il y a l'affection de la confiance en soi, et par suite l'affection de la foi que telle chose est de telle manière, et c'est d'après l'affection que l'esprit de l'homme parle; il en est autrement dans le Monde naturel, dans celui-ci l'esprit de l'homme discourt par le corps, et à cause du monde l'homme prononce des choses qui n'appartiennent pas à l'affection de son esprit; il expose rarement cette affection, afin qu'on ne sache pas quelle elle est; de là vient aussi que dans le Monde on ignore qu'il y a un persuasif infatuant et suffoquant, tel qu'il est dans l'esprit de l'homme sensuel qui se croit plus sage que les autres : d'après ces explications, on peut voir pourquoi par les dents des sauterelles comme des dents de lions, il est signifié que les hommes sensuels s'imaginent être dans l'entendement et par suite en puissance sur toutes choses. Que les dents signifient les sensuels qui sont les derniers de la vie naturelle quant à la science, on peut le voir par la correspondance des dents, dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 575, et dans les ARCANES CELESTES, Nos 5565 à 5568; que les dents aient cette signification, on peut le voir aussi par les passages suivants dans la Parole; dans David : « Par mon âme au milieu des lions je couche; leurs dents (sont) lance et dards, et leur langue une épée aiguë, » — Ps. LVII. 5; — par les lions sont signifiés ceux qui détruisent les vrais de l'Église par les faux ; leurs dents, qui sont lance et dards, signifient les scientifiques qu'ils appliquent à confirmer des faux et des maux, et ainsi à détruire les vrais et les biens de l'Église; « leur langue une épée aiguë, » signifie les raisonnements astucieux provenant des faux, ils sont appelés épée aiguë, parce que l'épée signifie le faux détruisant le vrai. Dans le Même : « O Dieu! détruis leurs dents dans leur bouche; les molaires de lionceaux, arrache-les. » — Ps. LVIII. 7; — les dents dans leur bouche, signifient les scientifiques d'après lesquels ils produisent des faux; les molaires de lionceaux signifient les vrais de la Parole falsifiés, qui en eux-mêmes sont des faux, par lesquels ils ont principalement de la force pour détruire les vrais de l'Église. Dans Joël : « Une nation monte sur ma terre, robuste et innombrable; ses dents, dents de lion, et des molaires de lion féroce elle a; elle a réduit mon cep en dévastation, et mon figuier en écume. » — I. 6, 7;— par la nation, qui monte sur la terre, est signifié le mal dévastant l'Église, la nation est le mal et la terre est l'Église; « robuste et innombrable, » signifie puissant et multiple, robuste se dit de la puissance du mal, et innombrable se dit de la puissance du faux;« ses dents, dents de lion, » signifient les faux qui détruisent; les molaires de lion féroce signifient les choses falsifiées; « elle a réduit mon cep en dévastation et mon figuier en écume, » signifie détruisant les vrais spirituels et naturels, les vrais spirituels sont ceux qui appartiennent au sens spirituel de la Parole, et les vrais naturels ceux qui appartiennent au sens de sa lettre ; voir aussi ci-dessus, N° 403, où ce passage a été expliqué : par les dents de lions dans ces passages sont signifiées les mêmes choses que par les dents comme de lions ici dans l'Apocalypse. Par les dents sont particulièrement signifiées les choses qui sont seulement dans la mémoire et qui en sont tirées, car les choses qui sont dans la mémoire de l'homme sensuel correspondent aux os et aux dents. Dans Daniel : « De la mer monta une seconde bête semblable à un Ours, trois côtes dans sa bouche entre ses dents; et on lui disait : Lève-toi, mange beaucoup de chair. Ensuite monta une quatrième bête, terrible et formidable et robuste extrêmement, qui des dents de fer grandes avait, qui mangea et broya, et le reste avec ses pieds foula. » — VII. 5, 7; — par la Bête qui monta de la mer est entendu l'amour de la domination auquel les choses saintes servent de moyens, et par les quatre Bêtes sont signifiés les accroissements successifs de cet amour; par cette seconde bête semblable à un ours est signifié le second état, quand cette domination est confirmée par la Parole; ceux qui font cela apparaissent aussi comme des ours dans le Monde spirituel; « trois côtes dans la bouche entre les dents, » signifie toutes les choses de la Parole qu'ils appliquent, lesquelles ils ne comprennent que selon la lettre; les trois côtes sont toutes les choses de la Parole; dans la bouche, c'est qu'ils appliquent en enseignant; entre les dents, c'est qu'ils ne comprennent que selon la lettre, c'est-à-dire, de la même manière que l'homme sensuel;«on lui disait : Lève-loi, mange beaucoup de chair, » signifie qu'ils feraient beaucoup d'applications, et par là détruiraient le sens réel de la Parole : par la quatrième Bête qui montait de la mer, terrible, formidable et robuste extrêmement, est signifié le quatrième et dernier état, quand par les choses saintes comme moyens ils ont consolidé leur domination sur le Ciel et sur la terre, et comme cet état est profane et a de la force, cette bête est dite terrible, formidable et extrêmement robuste; « qui des dents de fer grandes avait, » signifie dont les faux provenant de l'homme sensuel étaient durs contre les vrais et les biens de l'Église; « qui mangea et broya, » signifie qu'ils pervertirent et détruisirent ; « et le reste avec ses pieds foula, » signifie que ce qu'ils n'avaient pu pervertir et détruire, ils le souillèrent et l'abolirent par les maux des amours naturels et corporels : ce qui est dit de plus sur ces bêtes a été expliqué ci-dessus; voir N° 316. Dans Moïse : « Dent de bêtes j’enverrai contre eux avec venin des reptiles de la terre. »—Deutér. XXXII. 24;—parmi plusieurs autres maux, ce mal a été aussi annoncé au peuple Israélite et Juif, s'ils ne gardaient pas et ne faisaient pas les statuts et les préceptes; par« dent de bêtes, » sont signifiés les faux d'après les maux de tout genre; et par« venin des reptiles de la terre, » sont signifiés ceux qui tuent et éteignent entièrement la vie spirituelle ; par les bêtes dans la Parole sont signifiées les choses qui appartiennent à l'homme naturel, et par les reptiles de la terre celles qui appartiennent à l'homme sensuel; les unes et les autres, quand elles ont été séparées de l'homme spirituel, sont absolument des faux d'après les maux, parce qu'elles sont seulement des choses qui appartiennent au corps auquel elles s'attachent, et qui appartiennent au monde auquel elles tiennent de très-près, et que du corps et du monde provient toute obscurité dans les spirituels. Dans David : « Lève-loi, Jéhovah! conserve-moi, mon Dieu! car tu frappes tous mes ennemis à la joue; les dents des impies tu briseras. » — Ps. III. 8;—frapper les ennemis à la joue, signifie détruire les faux intérieurs chez ceux qui sont contre les biens et les vrais de l'Église, ceux-ci et leurs faux du mal sont entendus dans la Parole par les ennemis; et briser les dents des impies, signifie détruire les faux extérieurs, lesquels sont ceux qui sont fondés sur les illusions des sens et qui sont confirmés par elles. Puisque dans David il est dit frapper à la joue et briser les dents, et que par là il est signifié détruire les faux intérieurs et extérieurs, on peut voir ce qui est entendu par frapper sur la joue, dans Matthieu : « Vous avez entendu qu'il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. Mais Moi je vous dis, de ne point résister au méchant; mais quiconque t'aura frappé sur ta joue droite, présente-lui aussi l'autre; et si quelqu'un veut contre toi plaider, et ta tunique enlever, laisse-lui aussi le manteau; quiconque t’aura entrainé jusqu'à un mille, vas-en avec, lui deux; à quiconque te demande, donne ; et de celui qui désire de toi emprunter ne te détourne point. » - V. 38 à 42; — que ces choses ne doivent point être entendues selon la lettre, chacun le voit clairement; en effet, qui est-ce qui est tenu d'après l'amour chrétien à présenter la joue gauche à celui qui le frappe sur la joue droite, et à donner son manteau à celui qui veut enlever sa tunique? en un mot, qui est-ce qui est tenu de ne point résister au méchant? mais comme toutes les choses que le Seigneur a prononcées ont été en elles-mêmes des Divins célestes, on peut voir que dans ces paroles, comme dans toutes les autres que le Seigneur a prononcées, il y a un sens céleste. Si chez les fils d'Israël, il a été porté cette loi, qu'on donnerait œil pour œil, dent pour dent,—Exod. XXI. 23, 24. Lévit. XXIV. 20. Deutér. XIX. 21,—c'est parce qu'ils étaient des hommes externes, et par suite seulement dans les Représentatifs des Célestes, et non dans les Célestes eux-mêmes; ainsi, ils n'étaient ni dans la Charité, ni dans la Miséricorde, ni dans la Patience, ni dans aucun Bien spirituel ; c'est pour cela qu'ils étaient dans le droit du talion ; car la Loi Céleste, et par suite la Loi Chrétienne, est celle que le Seigneur a enseignée dans les Évangélistes: «Toutes les choses que vous voulez que vous fassent les hommes, de même aussi, vous, faites-(les)-leur; c'est là la Loi et les Prophètes. »— Matth. VII. 12. Luc, VI. 31 ;—comme cette Loi est dans le Ciel, et d'après le Ciel dans l'Église, il s'ensuit aussi que tout mal porte avec lui une peine correspondante, qui est appelée la peine du mal, et est comme conjointe au mal; de là découle la peine du talion, qui a été ordonnée chez les fils d'Israël, parce qu'ils étaient des hommes externes et non des hommes internes; les hommes internes, comme, sont les Anges du Ciel, ne veulent pas rendre le mal pour le mal, mais d'après la charité céleste ils pardonnent, car ils savent que le Seigneur protège contre les méchants tous ceux qui sont dans le bien, et les protège selon le bien chez eux, et qu'il ne les protégerait pas, si à cause du mal qui leur est fait ils s'embrasaient d'inimitié, de haine et de vengeance, car c'est là ce qui détourne la protection ; voilà donc ce qu'enveloppent les paroles que le Seigneur a prononcées ; mais il va être dit en ordre ce qu'elles signifient; « œil pour œil et dent pour dent, » signifie qu'autant quelqu'un enlève à un autre l'entendement du vrai et le sens du vrai, autant ils lui seront enlevés; par l'œil est signifié l'entendement du vrai, et par la dent le sens du vrai, car la dent signifie le vrai et le faux tels qu'ils sont dans l'homme sensuel ; que celui qui est dans le bien chrétien doive laisser le méchant les enlever autant qu'il peut, cela est décrit par les paroles que le Seigneur répondit sur le même sujet ; ne point résister au méchant, signifie ne point contester et ne point lui rendre la pareille; car les anges ne combattent point contre les méchants, et à plus forte raison ne rendent point le mal pour le mal, mais ils laissent faire, parce qu'ils sont protégés par le Seigneur, et par suite aucun mal de l'enfer ne peut leur causer de préjudice; « quiconque t'aura frappé sur ta joue droite, présente-lui aussi l'autre, » signifie que si quelqu'un veut causer du préjudice à la perception et à l'entendement du vrai intérieur, de le lui permettre en tant qu'il tente; par la joue il est signifié la perception et l'entendement du vrai intérieur, par la joue droite l'affection et par suite la perception de ce vrai, et par la joue gauche l'entendement de ce vrai; et parce qu'il est dit la joue, c'est pour cela aussi qu'il est dit frapper sur, ou donner un soufflet, ce par quoi il est entendu causer du préjudice ; en effet, toutes les choses qui appartiennent à la bouche, comme le gosier, l'ouverture de la bouche, les lèvres, les joues, les dents, signifient des choses qui appartiennent à la perception et à l'entendement du vrai, parce qu'elles y correspondent, c'est pourquoi ces choses sont exprimées par elles dans le sens littéral de la Parole, qui consiste en de pures correspondances; « si quelqu'un veut contre toi plaider et ta tunique enlever, laisse-lui aussi le manteau, » signifie que si quelqu'un veut enlever le vrai intérieur qui est chez toi, de le laisser aussi enlever le vrai extérieur, la tunique signifie le vrai intérieur, et le manteau le vrai extérieur; c'est aussi ce que font les Anges quand ils sont chez les méchants, car les méchants ne peuvent enlever aux anges rien du vrai ni rien du bien, mais ils le peuvent chez ceux qui, à cause de cela, s'embrasent d'inimitié, de haine et de vengeance, car ces maux détournent et rejettent la protection que donne le Seigneur; « quiconque t'aura entraîné jusqu'à un mille, vas-en avec lui deux, » signifie que si quelqu'un veut détourner du vrai vers le faux et du bien vers le mal, de ne point s'y opposer, parce qu'il ne le peut pas; le mille signifie la même chose que le chemin, à savoir, ce qui détourne et conduit; « à quiconque le demande, donne, » signifie de permettre : «et de celui qui désire de toi emprunter ne te détourne point, » signifie que s'il désire être instruit, de l'instruire, car les méchants le désirent afin de pervertir et de détruire, mais néanmoins ils ne peuvent point : c'est là le sens spirituel de ces paroles, dans lesquelles sont cachées les choses qui viennent d'être dites, lesquelles sont principalement pour les Anges qui perçoivent seulement la Parole selon son sens spirituel; elles sont aussi pour les hommes qui, dans le Monde, sont dans le bien, quand les méchants tentent de les séduire : que tels soient les méchants contre ceux que le Seigneur protège, c'est ce qui m'a été donné de savoir par un grand nombre d'expériences, car ils ont continuellement travaillé de toutes les manières et par tous les efforts pour me priver des vrais et des biens, mais en vain. D'après ce qui vient d'être rapporté, on peut aussi voir quelque peu que par la dent il est signifié le vrai ou le faux dans le sensuel, qui est le dernier de la vie intellectuelle chez l'homme; que la dent ait cette signification, cela est évident par la réponse du Seigneur, dans laquelle il s'agit de la perception et de l'entendement du vrai que les méchants cherchent à enlever aux bons. Que ces choses soient signifiées par les dents, on peut encore le voir par les passages suivants ; dans Jérémie : « En ces jours-là, on ne dira plus : Les pères ont mangé du raisin sauvage, et les dents des fils ont été agacées; mais chacun dans son iniquité mourra; de tout homme qui aura mangé du raisin sauvage seront agacées les dents. » — XXXI. 29, 30. Ézéchiel, XVIII. 2, 3, 4 ; — que ceci enveloppe que les fils et les descendants ne seront point punis cour les maux des parents, mais que chacun le sera pour son mal, cela est évident; par manger du raisin sauvage il est signifié s'approprier le faux du mal, car le raisin sauvage, qui est un raisin amer et mauvais, signifie le faux du mal, et manger signifie s'approprier; et par avoir, les dents agacées il est signifié être par suite dans le faux du mal, car les dents, ici comme ci-dessus, signifient les faux dans les derniers ou dans l'homme sensuel, dans lequel les maux des parents, qu'on appelle maux héréditaires, sont principalement cachés dans les enfants, et être agacé signifie l'appropriation du faux d'après le mal; en effet, l'homme n'est pas puni pour les maux héréditaires, mais il est puni pour les siens, et aussi s'il rend actuels chez lui les maux héréditaires; c'est pourquoi il est dit que chacun dans son iniquité mourra, et que de tout homme qui aura mangé du raisin sauvage seront agacées les dents. Dans Job : « Tous les hommes m'ont en abomination; à ma peau et à ma chair est attaché mon os, je me suis échappé avec la peau de mes dents. »—XIX. 19, 20; — par ces paroles dans le sens de la lettre il est entendu qu'il était ainsi devenu décharné et maigre; mais dans le sens spirituel il est signifié que les tentations ont resserré les intérieurs de son mental, de sorte qu'il est devenu sensuel, et qu'il pense seulement dans les extrêmes, toutefois cependant non les faux mais les vrais ; cela est signifié par « je me suis échappé avec la peau de mes dents, » car les dents sans la peau signifient les faux, mais avec la peau elles signifient les non-faux, parce qu'elles sont en quelque sorte vêtues. Dans Amos : « Moi, je vous ai donné le vide des dents dans toutes vos villes, et la disette de pain dans tous vos lieux. » — IV. 6 ; — le vide des dents dans les villes, c'est le manque de vrai dans les doctrines ; et la disette de pain dans les lieux, c'est le manque de bien d'après les vrais dans la vie. Dans Zacharie : « J'ôterai ses sangs de sa bouche, et ses abominations d'entre ses dents. » — IX. 7 ; — ces choses ont été dites de Tyr et de Sidon, par lesquelles sont signifiées les connaissances du vrai et du bien, ici ces connaissances falsifiées; par les sangs de la bouche sont signifiées les falsifications des connaissances du vrai, et par les abominations d'entre les dents sont signifiées les adultérations des connaissances du bien; les connaissances du bien sont aussi des vrais, car connaître les biens se fait d'après l'entendement, et l'entendement appartient au vrai. Dans David : « Les eaux nous auraient submergés, les eaux, les orgueilleux, auraient passé sur notre âme; béni (soit) Jéhovah, qui ne nous a pas livrés en proie à leurs dents. » — Ps. CXXIV. 4, 5, 6 ; — par les eaux qui auraient submergé sont signifiés les faux qui inondent et pour ainsi dire submergent l'homme pendant qu'il est dans les tentations ; c'est pourquoi il est dit « béni soit Jéhovah, qui ne nous a pas livrés en proie à leurs dents, » c'est-à-dire, aux enfers qui, par les faux, détruisent les vrais, ainsi aux faux qui détruisent. Dans Job : « J'ai brisé les molaires de l'inique, et de ses dents j'ai arraché la proie. » — XXIX. M ; — Job a dit cela de lui; par « j'ai brisé les molaires de l'inique, » il est signifié qu'il a combattu contre les faux et les a vaincus ; les molaires signifient les scientifiques d'après le sens de la lettre de la Parole, appliqués à confirmer les faux par lesquels on détruit les vrais ; et par « de ses dents j'ai arraché la proie, » il est signifié qu'il a délivré les autres des faux en les instruisant. Puisque les dents signifient les faux dans les extrêmes, grincer les dents signifie par conséquent combattre avec violence et colère d'après les faux contre les vrais, dans les passages suivants; dans Job : « Sa colère déchire, et il m'a en haine; contre moi grince des dents mon ennemi, il étincelle des yeux contre moi. » — XVI. 9. — Dans David : « Contre moi s'assemblent des boiteux que je ne connais point, ils font des contorsions et ne se taisent point, ils grincent contre moi leurs dents. » — Ps. XXXV. 15, 16. —Dans le Même : « L'impie médite du mal contre le juste, et il grince sur lui ses dents. »—Ps. XXXVII. 12. — Dans le Même : « L'impie le verra et se courroucera, de ses dents il grincera et se morfondra. » — Ps. CXII. 10. — Dans Michée : « Contre les Prophètes qui séduisent mon peuple, qui mordent de leurs dents. »— III. 5. — Dans les Lamentations : « Ils ont ouvert contre toi, fille de Jérusalem, leur bouche, tous tes ennemis; ils ont sifflé et grincé de la dent. » — II. 16. — Dans Marc : « Quelqu'un dit à Jésus : Je t'ai amené mon fils qui a un esprit muet; et partout où il le saisit, il le déchire ; il écume et grince les dents, et se dessèche; j'ai dit à tes disciples de le chasser, mais ils n'ont pas pu. Et Jésus lui dit : Esprit muet et sourd, Moi, je te commande, sors de lui, et ne rentre plus en lui. » — IX. 17, 18, 25 ; — celui qui ne connaît pas le sens spirituel de la Parole peut croire qu'il a été dit qu'ils grinçaient les dents seulement parce qu'ils étaient irrités et cherchaient à faire du mal, et cela parce qu'alors on serre les dents, mais il a été dit qu'ils grinçaient les dents, parce que par là il est entendu l'effort et l'acte de détruire les vrais par les faux ; cela est dit dans la Parole, parce que les dents signifient les faux dans les extrêmes, et le grincement l'acharnement à combattre pour eux ; cet effort et cet acte sont aussi d'après la correspondance. Tel était aussi l'esprit sourd et muet que le Seigneur chassa ; en effet, tous les esprits viennent du Genre Humain; celui-là était de ce genre d'hommes qui avaient combattu avec acharnement pour les faux contre les vrais; de là vient que celui qui était obsédé par lui écumait et grinçait les dents; cet esprit est appelé par le Seigneur sourd et muet, parce qu'il ne voulut ni percevoir ni comprendre le vrai, car les sourds et muets signifient ceux-là ; et comme cet esprit s'était roidi et obstiné contre les vrais, et s'était confirmé dans les faux, il n'a pas pu être chassé par les Disciples, car les faux pour lesquels il avait combattu n'avaient pas encore pu être dissipés par eux, parce qu'ils n'étaient pas encore en état de les dissiper; c'est pourquoi les Disciples furent pour cela même réprimandés par le Seigneur : que cet esprit ait été tel, et que celui qui était obsédé par lui n'ait pas été tel, cela est signifié en ce que cet esprit le déchirait, et que l'obsédé en était desséché, et en ce que le Seigneur dit à l'esprit de ne plus rentrer en lui. D'après cela, on peut encore voir ce qui est signifié par le Grincement de dents,—Matth. VIII. 12. XIII. 42, 50. XXII. 13. XXIV. 51. XXV. 30. Luc, XIII. 28 ; — par le grincement de dents, dans les enfers, il est entendu la continuelle discussion et le continuel combat des faux entre eux et contre les vrais, ainsi de ceux qui sont dans les faux, et cela conjoint avec le mépris pour les autres, l'inimitié, la raillerie, la dérision, le blasphème, qui finissent aussi par des déchirements, car chacun combat pour son faux d'après l'amour de soi-même, de l'érudition et de la réputation ; ces discussions et ces combats sont entendus hors de ces enfers comme des grincements de dents, et se changent aussi en grincements de dents quand les vrais y influent du Ciel ; mais, sur ce sujet, voir de plus grands détails dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 575. De ce que les dents chez les méchants correspondent aux faux qui sont chez eux dans les derniers de la vie intellectuelle, nommés sensuels-corporels, il en résulte que les esprits qui sont tels, apparaissent avec une face difforme, dont la plus grande partie se compose de dents qui se présentent comme des râteliers dans une large bouche ouverte; et cela, parce qu'un tel amas de dents correspond à l'amour et à la cupidité de combattre pour les faux contre les vrais. Puisque les Dents correspondent aux derniers de la vie intellectuelle de l'homme, qui sont appelés sensuels, et que ces sensuels sont dans les faux du mal quand ils ont été séparés des vrais de l'entendement intérieur, qui sont appelés spirituels, tandis que ces mêmes dents correspondent aux vrais du bien dans les sensuels quand ils n'en ont pas été séparés, de là vient que les dents dans la Parole signifient aussi les vrais derniers, comme dans Job, XIX. 19, 20; et dans Amos, IV. 6 ; voir ces passages expliqués ci-dessus. Et puisque le Seigneur a glorifié, c'est-à-dire, a fait Divin tout son Humain, c'est pour cela qu'il est dit de Lui, dans Moïse : « Rouge d'yeux par le vin, et blanc de dents par le lait. » — Gen. XLIX. 12; — par « rouge d'yeux par le vin, » il est signifié que son Intellectuel a été le Divin Vrai d'après le Divin Bien ; et par « blanc de dents par le lait, » il est signifié que son Sensuel pareillement a été le Divin Vrai d'après le Divin Bien, car là par Schilo il est entendu le Seigneur. Comme les dents correspondent aux derniers de la vie intellectuelle, qui sont appelés sensuels, c'est pour cela que les bons esprits et les Anges ont également des dents comme les hommes, mais chez eux elles correspondent aux vrais dans le dernier sensuel, car le sensuel chez eux n'a point été séparé des vrais de l'entendement intérieur, qui sont appelés spirituels.

 



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