| Apocalypse Expliquée 557. Et elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer, signifie les persuasions dont ils se munissent pour les combats, et contre lesquelles les vrais de l'homme rationnel-spirituel n'ont point de force : on le voit par la signification des cuirasses, en ce qu'elles sont les défenses contre les maux et les faux dans les combats, mais ici les défenses des maux et des faux contre les biens et les vrais, parce qu'il s'agit de ceux qui sont dans les faux du mal contre les vrais : que ce soient les persuasions qui sont signifiées ici par les cuirasses, c'est parce que les hommes sensuels qui sont dans les faux du mal, et qui sont décrits ici, ne combattent point d'après la raison contre les vrais, car ils ne voient pas les vrais, ils ne voient que les faux, de là ils sont dans la persuasion que les faux sont des vrais; c'est pourquoi, ils combattent seulement d'après la persuasion du faux, et la persuasion du faux chez eux est telle, que les vrais que produit l'homme rationnel-spirituel n'ont point de force, car ils sont repoussés comme une épée par une cuirasse; voilà pourquoi par « des cuirasses comme des cuirasses de fer, » il est signifié les persuasions contre lesquelles les vrais n'ont point de force : que le persuasif qui est chez eux in-fatue et suffoque, au point que le rationnel-spirituel n'a point de force contre lui, on le voit ci-dessus, Nos 544, 549, 556. En outre, les cuirasses couvrent la partie pectorale ou stomachique du corps, par laquelle est signifiée l'affection spirituelle du vrai ; et même toute affection est dans le son, qui est émis par la poitrine en même temps que le langage; mais pour ceux qui sont signifiés ici par les sauterelles, et qui sont des hommes sensuels plongés dans les faux, il n'y a d'autre affection que l'affection de l'amour de soi, qui étant pleine de la confiance en eux-mêmes et pleine de la persuasion que leur faux est le vrai, et étant dans le son qui est émis par la poitrine en même temps que le langage, il en résulte que les sauterelles apparurent dans des cuirasses, qui étaient comme des cuirasses de fer; et même le fer signifie le vrai dans les derniers, et aussi le faux dans les derniers; et en même temps le dur et le persuasif, qui sont dans ces hommes sensuels, font que le faux est de même dur, de sorte que les vrais rebondissent contre lui comme s'ils étaient sans aucune importance et sans valeur. Comme telle est la persuasion des hommes sensuels qui sont dans les faux d'après la confiance en eux-mêmes, et comme cette persuasion chez les esprits est si puissante, qu'elle suffoque et éteint le rationnel des autres esprits avec lesquels ils s'entretiennent, c'est pour cela que dans le Monde spirituel elle a été sévèrement prohibée, et que ceux qui en font usage sont envoyés parmi des esprits, où ils sont vexés par ces autres esprits au moyen de persuasions encore, plus fortes jusqu'à les faire tomber en défaillance, et cela jusqu'à ce qu'ils se désistent. Comme les cuirasses étaient en usage dans les guerres, et que s'en revêtir signifiait s'armer pour la guerre et par conséquent combattre, c'est pour cela que dans la Parole ceux qui s'armaient pour combattre sont dits revêtus de cuirasses; par exemple, dans Jérémie : « Attelez les chevaux, et montez, cavaliers; et présentez-vous avec des casques, fourbissez les lances, revêtez les cuirasses. » — XLVI. 4 ; —par ces paroles, il est entendu, non pas le combat d'une armée contre une armée, mais le combat de l'homme rationnel-spirituel contre l'homme naturel qui d'après des scientifiques faussement appliqués combat contre les vrais et les biens; car ces paroles ont été dites de l'armée de Pharaon, Roi d'Egypte, qui fut battu par le Roi de Babel; et par Pharaon, roi d'Égypte, il est entendu cet homme naturel, et par le roi de Babel, près de l'Euphrate, l'homme rationnel-spirituel; c'est pourquoi par « attelez les chevaux, et montez, cavaliers; et présentez-vous avec des casques, fourbissez les lances, revêtez les cuirasses, » il est signifié des choses qui concernent le combat de l'homme rationnel-spirituel contre l'homme naturel qui est dans les faux ; les chevaux sont les choses qui concernent l'entendement, les chars auxquels ils devaient être attelés sont celles qui concernent la doctrine; les cavaliers sont les intelligents, les casques sont les choses qui appartiennent à la raison, les lances sont les vrais qui combattent, et la cuirasse est la vigueur et la force de combattre et de résister ; si la cuirasse a cette signification, c'est parce qu'elle entoure la poitrine, et que toute force de combattre et de résister vient de la poitrine par les bras. Dans le Même : « Contre Babel qu'il tende, qu'il tende celui qui tend son arc, qu'il se lève dans sa cuirasse. » — LI. 3 ; -ici aussi la cuirasse est la force de combattre et de résister. Dans Ésaïe : « Il a revêtu la justice comme une cuirasse, et le casque du salut sur sa tête. » —LIX. 17; —là, il s'agit du Seigneur, et de la subjugation des enfers par Lui ; et par la justice comme une cuirasse il est signifié le zèle de délivrer de l'enfer les fidèles, et le Divin Amour de sauver le genre humain ; et comme c'est d'après le zèle provenant du Divin Amour, et d'après la force qui en résulte, qu'il combattit et fut vainqueur, c'est pour cela que la justice est appelée cuirasse; par le casque du salut est signifié le Divin Vrai d'après le Divin Bien, par lequel il y a salut, car le casque signifie la même chose que la tête, parce qu'il couvre la tête; que la Tète, quand il s'agit du Seigneur, signifie le Divin Vrai et la Divine Sagesse, on le verra dans la suite.
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