| Apocalypse Expliquée 513. Et mourut la troisième partie des créatures, qui étaient dans la mer, ayant des âmes, signifie que par suite périt tout scientifique vivant dans l'homme naturel : on le voit par la signification de mourir, en ce que c'est périr spirituellement ou quant à la vie du Ciel ; par la signification de la troisième partie, en ce que c'est le tout, comme ci-dessus, N° 506 ; par la signification des créatures dans la mer, ou des poissons, en ce que ce sont les scientifiques, ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification d'avoir des âmes, en ce que c'est être vivant; de là, par « mourut la troisième partie des créatures, qui étaient dans la mer, ayant des âmes, » il est signifié que car suite périt tout scientifique vivant; par le scientifique vivant il est entendu le scientifique qui tire la vie de l'affection spirituelle, car cette affection donne la vie aux vrais, et par suite la vie aux scientifiques, puisque les scientifiques sont les contenants des vérités spirituelles; voir ci-dessus, N°s 506, 507, 511. Si les créatures de la mer, ou les poissons, signifient les scientifiques, c'est parce que la mer signifie l'homme naturel; de là, les poissons dans la mer signifient les scientifiques mêmes qui sont dans l'homme naturel : que les poissons signifient ces scientifiques, c'est aussi d'après la correspondance ; en effet, les esprits qui ne sont pas dans les vrais spirituels, mais qui sont seulement dans les naturels, c'est-à-dire, dans les scientifiques, apparaissent dans le Monde spirituel dans des mers comme des poissons, quand ils sont vus par ceux qui sont au-dessus, car ce sont les pensées, procédant des scientifiques chez eux, qui apparaissent telles : en effet, toutes les idées de la pensée des Anges et des esprits sont changées en divers représentatifs au dehors d'eux; quand c'est en choses qui appartiennent au Règne végétal, elles sont changées en arbres et en arbrisseaux de divers genre ; mais quand c'est en choses qui appartiennent au Règne animal, elles sont changées en animaux de la terre et en volatiles de divers genre : quand les idées des Anges du Ciel sont changées en animaux de la terre, elles le sont en agneaux, brebis, chèvres, taureaux, chevaux, mulets et autres animaux semblables; et quand c'est en volatiles, elles sont changées en tourterelles, en colombes, et en plusieurs espèces d'oiseaux qui sont beaux ; mais les idées de la pensée de ceux qui sont naturels, et qui pensent d'après les scientifiques seuls, sont changées ,en des formes de poissons : par suite il apparaît aussi dans les mers plusieurs espèces de poissons, qu'il m'a été donné très-souvent de voir : de là vient que par les poissons dans la Parole sont signifiés les scientifiques; par exemple, dans les passages suivants ; dans Ésaïe : « Par ma réprimande je taris la mer, je réduis les fleuves en désert; puant deviendra leur poisson, parce qu'il n'y a point d'eau, et il mourra par la soif. » — L. 2 ;— par la réprimande de Jéhovah, il est entendu la ruine de l'Église, qui a lieu quand il n'y a aucune connaissance du vrai et du bien, ou aucune connaissance vivante, parce qu'il n'y a point de perception; par tarir la mer, il est signifié priver l'homme naturel des scientifiques vrais, et par conséquent de la vie naturelle qui provient de la vie spirituelle; par réduire les fleuves en désert, il est signifié priver pareillement l'homme rationnel, d'où il résulte qu'il n'y a plus d'intelligence; par « puant deviendra leur poisson, parce qu'il n'y a point d'eau, et il mourra par la soif, » il est signifié qu'il n'y aura plus de scientifique vivant, parce qu'il n'y a point le vrai; le poisson est le scientifique, l'eau est le vrai; devenir puant, c'est mourir quant à la vie spirituelle. La même chose qui est dite ici de la mer, que sa troisième partie devint du sang, et que par suite la troisième partie des créatures y mourut, est dite aussi de l'Egypte, à savoir, que son fleuve et toutes les eaux devinrent du sang, et que par suite les poissons moururent; dans Moïse : « Dieu dit à Pharaon que les eaux du fleuve seraient changées en sang, et que par suite le poisson mourrait, et que le fleuve deviendrait puant, au point que les Égyptiens ne pourraient boire des eaux du fleuve; et cela fut fait sur toutes les eaux en Egypte. » — Exod. VII. 17 à 25. — Il en est aussi parlé dans David : « Il changea leurs eaux en sang, et il fit mourir leur poisson. » — Ps. CV. 29; — si pareille chose arriva en Egypte, c'est parce que par l'Egypte il est signifié l'homme naturel quant à son scientifique, ou le scientifique qui appartient à l'homme naturel; par le fleuve d'Egypte est signifiée l'intelligence acquise par les scientifiques; le fleuve devenu du sang signifie qu'elle fut formée par de purs faux; et le poisson mort signifie que les scientifiques vrais périrent par les faux; en effet, les scientifiques vivent par les vrais, mais ils périssent par les faux, et cela parce que tout spirituel vrai est vivant; de là vient toute vie, ou cette sorte d'âme, qui est dans les scientifiques, c'est pourquoi sans le spirituel vrai le scientifique est mort. Dans Ézéchiel : « Me voici contre toi, Pharaon, roi d'Egypte, baleine grande, couchée au milieu de ses fleuves, qui dit : A moi mon fleuve, et moi je me suis fait. C'est pourquoi, je mettrai des harpons dans tes mâchoires, et je ferai attacher le poisson de tes fleuves à tes écailles, et je te ferai monter du milieu de tes fleuves, de sorte que tout poisson de tes fleuves soit attaché à tes éclailles, et je te laisserai dans le désert toi et tout poisson de tes fleuves. » — XXIX. 3, 4, 5 ; — par Pharaon il est signifié la même chose que par l'Egypte, car par le roi il est signifié la même chose que par le peuple, à savoir, l'homme naturel et le scientifique qui est en lui ; c'est même pour cela qu'il est appelé Baleine grande, car par la baleine est signifié le scientifique dans le commun, et c'est pour cela qu'il est dit qu'il sera tiré du fleuve, et qu'alors le poisson s'attachera à ses écailles, ce qui signifie que toute intelligence périra, et que la science qui la remplacera sera dans l'homme sensuel sans la vie; dans l'homme sensuel, qui est le naturel infime existant le plus près du monde, il y a les illusions et par suite les faux, cela est signifié par « le poisson s'attachera aux écailles de la baleine; «que l'homme naturel, et que le scientifique dans cet homme, seront sans la vie qui vient de quelque intelligence, cela est signifié par « je te laisserai dans le désert toi et tout poisson de tes fleuves; » qu'il sera fait ainsi, parce que l'homme naturel s'est attribué toute intelligence, cela est signifié par « parce qu'il a dit : A moi mon fleuve, et moi je me suis fait; » le fleuve est l'intelligence. Dans Moïse : « Les fils d'Israël disaient dans le désert : Nous nous souvenons du poisson que nous mangions en Egypte gratuitement, et des concombres, et des citrouilles, et des porreaux, et des oignons et des aulx; maintenant notre âme est desséchée, rien que la manne à nos yeux! Ensuite un vent, parti de par Jéhovah, enleva du selav de la mer, et le déposa sur le camp ; mais, à cause de la convoitise, Jéhovah frappa le peuple d'une plaie très-grande; et l'on appela le nom de ce lieu-là : Sépulcres de la convoitise. » — Nomb. XI. 5, 6, 31, 33, 34 ; — par ces paroles il était signifié que les fils d'Israël avaient en aversion les spirituels et désiraient ardemment les naturels; ils étaient même, eux, purement naturels et non spirituels, seulement ils représentaient l'Église spirituelle par les externes; par « notre âme est desséchée, rien que la manne à nos yeux ! » il est signifié qu'ils avaient en aversion les spirituels; la manne signifiait la nourriture spirituelle, qui est la science, l'intelligence et la sagesse; le désir qu'ils avaient pour les naturels est signifié en ce qu'ils désiraient le poisson qu'ils avaient eu en Egypte, les concombres, les citrouilles, les porreaux, les oignons et les aulx; toutes ces choses signifient celles qui appartiennent au naturel infime, c'est-à-dire, à l'homme sensuel-corporel ; et comme ils rejetèrent les spirituels et désirèrent les remplacer par de purs naturels, c'est pour cela qu'ils furent frappés d'une grande plaie, et que le lieu fut nommé sépulcres des convoitises. Dans Ézéchiel: « Il me dit : Ces eaux, qui sortent vers la limite orientale, et descendent dans la plaine, et viennent vers la mer, sont envoyées dans la mer, afin que soient assainies les eaux, d'où il arrive que toute âme vivante, qui rampe, partout où viennent les torrents, vivra; et devient le poisson très-nombreux : il arrive donc que sur cette mer se tiennent des pêcheurs depuis Engédi jusqu'à En-Eglaïm; avec expansion de filets ils y sont, selon son espèce sera leur poisson, comme le poisson de la grande mer, très-nombreux : ses bourbiers et ses marais, qui ne sont point assainis, s'en vont en sel. » — XLVII 1, 8, 9, 10, 11; — là, il s'agit de la maison de Dieu, par laquelle le Ciel et l'Église sont signifiés ; et par les eaux qui sortent de la maison de Dieu vers l'orient, il est signifié le Divin Vrai réformant et régénérant; par la plaine et par la mer dans lesquelles les eaux descendent, sont signifiés les derniers du Ciel et de l'Église, lesquels chez les hommes de l'Église sont les choses qui appartiennent à l'homme naturel et sensuel, par la plaine ses intérieurs et par la mer ses extérieurs; par « les eaux en sont assainies, toute âme qui rampe vivra, et devient le poisson très-nombreux, » il est signifié qu'ils reçoivent par ce Divin Vrai tant les connaissances tirées de la Parole que les scientifiques qui confirment la vie spirituelle; par « selon son espèce sera leur poisson, comme le poisson de la grande mer, très-nombreux, » il est signifié que les scientifiques de tout genre sont vrais et vivants; ceux qui sont réformés, et qui par suite deviennent intelligents, sont entendus par « les pêcheurs depuis Engédi jusqu'à En-Églaïm; » ceux qui ne peuvent pas être réformés, parce qu'ils sont dans les faux du mal, sont signifiés par « ses bourbiers et ses marais, qui ne sont point assainis, s'en vont en sel; » chacun peut voir qu'ici il n'est pas entendu que des poissons sont multipliés par les eaux qui sortent de la maison de Dieu, mais que par les poissons sont entendues les choses qui chez l'homme peuvent être réformées, puisque par la Maison de Dieu il est entendu le Ciel et l'Église, et par les eaux qui en sortent le Divin Vrai qui réforme. Dans la Parole, il est dit très-souvent la bête de la terre, l'oiseau du ciel et le poisson de la mer, et celui qui ne sait pas que par la bête de la terre ou du champ il est entendu le volontaire de l'homme, par l'oiseau du ciel son intellectuel, et par le poisson de la mer son scientifique, ne peut nullement savoir quel est le sens de ces passages, comme dans les suivants; dans Hosée : « Procès de Jéhovah avec les habitants de la terre, parce que point de vérité, point de miséricorde, et point de connaissance de Dieu dans la terre; c'est pourquoi dans le deuil sera la terre, et dans la langueur quiconque y habite, quant à la bête du champ, et quant à l'oiseau des cieux, et même les poissons de la mer seront ramassés, » — IV. 1, 3. — Dans Séphanie : « Je consumerai homme et bête, je consumerai l'oiseau des cieux et les poissons de la mer, et les scandales avec les impies. » — I. 3. — Dans Ézéchiel : « Au jour où viendra Gog sur la terre d'Israël, il y aura un tremblement de terre grand sur la terre d'Israël; et trembleront devant Moi les poissons de la mer, et l'oiseau des cieux, et la bête du champ. » — XXXVIII. 18, 19, 20. — Dans Job : « Interroge les bêtes, et elles t'enseigneront; ou les oiseaux du ciel, et ils te l'annonceront; ou l'arbrisseau de la terre, et il t'enseignera; et les poissons de la mer, et ils te (le) raconteront : qui est-ce qui ne sait d'après toutes ces choses que la main de Jéhovah fait cela? » — XII. 7, 8, 9 ; — dans ces passages, par la bête du champ il est entendu le volontaire de l'homme, par l'oiseau du ciel son intellectuel, et par le poisson de la mer son scientifique; autrement, qu'entendrait-on par «les bêtes t'enseigneront, les oiseaux du ciel t'annonceront et les poissons de la mer te raconteront, que la main de Jéhovah fait cela? » et même il est dit « qui est-ce qui ne sait d'après toutes ces choses? » De même dans David : « Dominer tu L'as fait sur les œuvres de tes mains, toutes choses tu as mis sous ses pieds; tous les troupeaux de menu et de gros bétail, les bêtes des champs, l'oiseau du ciel, et le poisson de la mer, qui passe par le chemin des mers. » — Ps. VIII. 7,8,9; — ces paroles ont été dites du Seigneur et de sa domination ; qu'il ait domination dans les Cieux sur les anges, et dans les terres sur les hommes, cela est bien connu d'après la Parole, car il dit Lui-Même que tout pouvoir Lui a été donné dans le Ciel et sur terre, - Matth. XXVIII. 18 ; — mais, que la domination Lui ait été donnée sur les animaux, les oiseaux et les poissons, cela n'est pas d'une importance à être rapporté dans la Parole où toutes choses en général et en particulier concernent le Ciel et l'Église; de là on peut voir que par les troupeaux de menu et de gros bétail, les bêtes des champs, l'oiseau du ciel et le poisson de la mer, il est entendu des choses qui appartiennent au Ciel chez l'Ange et à l'Église chez l'homme ; par les troupeaux de menu et de gros bétail il est signifié en général les spirituels et les naturels, par le troupeau de menu bétail les spirituels, et par le troupeau de gros bétail les naturels, qui sont chez l'homme, ou qui appartiennent au mental spirituel et au mental naturel chez lui ; par les bêtes des champs les volontaires qui appartiennent aux affections, par les oiseaux du ciel les intellectuels qui appartiennent aux pensées, et par les poissons de la mer les scientifiques qui appartiennent à l'homme naturel. Les mêmes choses sont signifiées par ces expressions dans le Premier Chapitre de la Genèse : « Dieu dit : Faisons homme à notre image, selon notre ressemblance, afin qu'il domine sur le poisson de la mer, et sur l'oiseau du ciel, et sur tout animal qui rampe sur la terre. » — Vers. 26, 28; — dans ce Chapitre, dans le sens spirituel, il s'agit de l'instauration de la très-ancienne Église, ainsi de la nouvelle création ou de la régénération des hommes de cette Eglise; qu'il leur ait été donné de percevoir toutes les choses de leur affection, lesquelles appartiennent à la volonté, et de voir toutes celles de leur pensée, lesquelles appartiennent à l'entendement, et ainsi de les diriger, afin de ne pas tomber dans les convoitises du mal et dans les faussetés, cela est entendu par « afin qu'il domine sur le poisson de la mer, sur l'oiseau du ciel, et sur tout animal de la terre, » et l'homme domine sur eux quand le Seigneur domine sur l'homme ; car l'homme par lui-même ne domine sur aucune des choses qui sont chez lui : si par le poisson de la mer, l'oiseau du ciel et la bête de la terre, il est signifié de telles choses, c'est parce qu'ils y correspondent; les correspondances des intérieurs de l'homme avec ces choses se présentent clairement à la vue dans le Monde spirituel, car il y apparaît en tout genre des bêtes, des oiseaux, et, dans les mers, des poissons, lesquels cependant ne sont autre chose que des idées de la pensée découlant des affections, qui se présentent sous de telles formes parce qu'elles correspondent. Comme par les poissons il est signifié les scientifiques et les connaissances appartenant à l'homme naturel, qui servent de moyens à l'homme spirituel pour devenir sage, c'est de là que par les Pêcheurs dans la Parole il est entendu ceux qui sont seulement dans les connaissances, et ceux qui s'acquièrent des connaissances, puis ceux qui instruisent les autres et les réforment par les connaissances ; leurs œuvres sont entendues par les filets qu'ils jettent et étendent, comme dans les passages suivants; dans Ésaïe : « Ils seront dans le deuil les Pêcheurs, et tristes ils seront tous ceux qui jettent dans le fleuve l'hameçon; et ceux qui étendent le filet sur les faces des eaux languiront. » —XIX. 8;— ici, par les pêcheurs qui jettent dans le fleuve l'hameçon et qui étendent le filet, sont entendus ceux qui veulent s'acquérir des connaissances, et par elles l'intelligence; ici, ils ne peuvent pas, parce qu'il n'y a nulle part les connaissances du vrai. Dans Jérémie : « Je ramènerai les fils d'Israël sur leur terre ; j’enverrai vers des pêcheurs en grand nombre qui les pécheront, puis j'enverrai vers de nombreux chasseurs qui en feront la chasse de dessus toute montagne et de dessus toute colline, et des creux des rochers. » — XVI. 16; — par envoyer vers des pêcheurs qui les pécheront, et vers des chasseurs qui en feront la chasse, il est entendu convoquer et instaurer l'Église chez ceux qui sont dans le bien naturel et dans le bien spirituel ; voir ci-dessus, N° 405. Dans Habakuk : « Pourquoi fais-tu l'homme comme les poissons de la mer, comme le reptile qui n'a point de dominateur? Que chacun à l'hameçon il enlève, et qu'il l'amasse dans son filet. Videra-t-il donc son filet, et de tuer continuellement des nations ne cessera-t-il pas? » — I. 14, 15, 17; — ces choses ont été dites de la nation Chaldéenne dévastant et détruisant l'Église ; par la nation Chaldéenne, il est signifié la profanation du vrai et la vastation de l'Église; faire les hommes comme des poissons de la mer, et comme le reptile qui n'a point de dominateur, signifie faire l'homme tellement naturel que ses scientifiques soient sans le spirituel vrai, et ses plaisirs sans le spirituel bon, car dans l'homme naturel il y a les scientifiques par lesquels existent des pensées, il y a les plaisirs par lesquels existent des affections; si le spirituel ne domine pas sur elles, tant sur les pensées que sur les affections, elles sont vagues, ainsi l'homme est privé d'une intelligence qui conduise et gouverne; par « que chacun à l'hameçon il enlève, et qu'il l'amasse dans son filet,» et par «tuer, «il est signifié qu'alors tout faux et tout mal peuvent les entraîner dans leur parti, et ainsi les perdre entièrement ; enlever, c'est détourner du vrai et du bien ; dans son filet, c'est dans le faux et dans le mal ; et tuer, c'est perdre. Dans Amos : « Les jours viendront qu'ils vous enlèveront avec des aiguillons, et votre postérité avec des hameçons de pêche. » - IV. 2; — par là il est signifié que par des raisonnements subtils, provenant de faux et d'illusions, ils seront retirés et détournés des vrais ; ces paroles ont été dites de ceux qui abondent en connaissances parce qu'ils ont la Parole et les Prophètes; ceux-là y sont désignés par les vaches de Baschan dans la Montagne de Samarie. D'après ces considérations, on peut voir maintenant ce qui est entendu par les Pêcheurs, par les Poissons et par les Filets, dont il est si souvent parlé dans le Nouveau Testament; comme dans les passages suivants : « Jésus vit deux frères, Simon appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient un filet dans la mer, car ils étaient pêcheurs ; et il leur dit : Venez après Moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. » — Matth. IV. 18, 19. Marc, I. 16, 17. — Et ailleurs : « Jésus entra dans la barque de Simon, et il enseignait la foule; et ensuite il dit à Simon de jeter ses filets pour une pêche, et ils enfermèrent une multitude considérable, de poissons, de sorte que les barques étaient remplies et menaçaient d'être submergées; et la stupeur les saisit tous à cause de cette pêche de poissons ; Jésus dit à Simon : Ne crains point, désormais tu seras preneur d'hommes vivants. » — Luc, V. 3 à 10; — dans ces passages il y a aussi un semblable sens spirituel, comme dans les autres passages de la Parole; le choix que le Seigneur fit de ces pêcheurs, et ces paroles, qu'ils deviendraient pêcheurs d'hommes, signifiaient qu'ils rassembleraient pour l'Église; par les filets qu'ils jetèrent, et avec lesquels ils prirent une multitude considérable de poissons, de sorte que les barques menaçaient d'être submergées, était signifiée la réformation de l'Église par eux ; car là, par les poissons il est signifié les connaissances du vrai et du bien par lesquelles il y a réformation, puis la multitude d'hommes qui seraient réformés. Les mêmes choses sont aussi signifiées par la pêche de poissons faite par les disciples après la résurrection du Seigneur; il en est parlé ainsi dans Jean : « Quand Jésus se fit voir aux disciples qui péchaient, il leur dit de jeter le filet au côté droit de la barque ; et ils le jetèrent, et ils ne pouvaient plus le tirer à cause de la multitude des poissons. Après qu'ils furent descendus à terre, ils virent un brasier qui était là et un petit poisson mis dessus et du pain ; et Jésus leur donna le pain, et le petit poisson pareillement. » — XXI. 2 à 13 ; — Si le Seigneur se fit voir quand ils péchaient, c'était parce que pêcher signifiait enseigner les connaissances du vrai et du bien, et ainsi réformer; l'ordre qu'il donna de jeter le filet au côté droit de la barque, signifiait que toutes choses viennent du bien de l'amour et de la charité, car la droite signifie ce bien dont tout procède; en effet, autant les connaissances tiennent du bien, autant elles vivent et sont multipliées ; les disciples dirent aussi qu'ils avaient travaillé toute la nuit et n'avaient rien pris, ce qui signifiait que par eux-mêmes ou par le propre ils ne peuvent rien, mais que par le Seigneur ils peuvent tout; la même chose était aussi signifiée par le brasier, sur lequel était le petit poisson, et par le pain ; car par le pain il était signifié le Seigneur, et le bien de l'amour qui procède de Lui, et par le petit poisson sur le brasier la connaissance du vrai d'après le bien, par le petit poisson la connaissance du vrai, par le brasier ou le feu, le bien : dans ce temps-là il n'y avait point d'hommes spirituels, parce que l'Église avait été entièrement dévastée, mais tous étaient naturels ; leur réformation était représentée par cette pêche, et aussi par le poisson sur le brasier : celui qui croit que le poisson sur le brasier et le pain, qui furent donnés aux disciples pour être mangés, n'ont pas été significatifs de quelque chose de plus élevé, se trompe beaucoup; car toutes les choses que le Seigneur fit, et toutes les paroles qu'il prononça, étaient significatives des Divins célestes qui ne sont mis à découvert que par le seul sens spirituel; que le brasier ou le feu soit le bien de l'amour, et que le pain soit le Seigneur quant à ce bien, on l'a vu ci-dessus, et que le poisson soit la connaissance du vrai et le scientifique appartenant à l'homme naturel, cela est évident d'après ce qui a été dit et expliqué dans cet Article. Le Seigneur dit aussi « que le Royaume des Cieux est semblable à un filet jeté dans la mer, et ramassant des poissons de toute sorte; quand il a été plein, on l'a tiré sur le rivage; et on a recueilli les bons dans des vases, mais on a jeté dehors les mauvais : ainsi il en sera dans la consommation du siècle. » — Matth. XIII. 47,48,49;—la séparation des bons et des méchants est comparée ici à un filet jeté dans la mer, ramassant des poissons de toute sorte; et cela, parce que les poissons signifient les hommes naturels quant aux scientifiques et aux connaissances, et ceux-ci dans la consommation du siècle ou au temps du Jugement Dernier sont séparés les uns des autres, car il y a des naturels bons et des naturels méchants; leur séparation dans le Monde spirituel apparaît comme un filet jeté dans la mer, ramassant et tirant des poissons sur le rivage ; cette apparence est aussi d'après la correspondance ; c'est pour cela que le Seigneur compare le Royaume des Cieux à un filet qui ramasse des poissons; que la séparation des bons d'avec les méchants apparaisse ainsi, c'est même ce qui m'a été montré. Que les hommes naturels soient signifiés par les poissons, on le voit par ce Miracle du Seigneur : « Ceux qui recevaient les didrachmes s'approchèrent; Jésus dit à Simon : Les Rois de la terre, de qui reçoivent-ils tribut ou impôt? de leurs fils ou des étrangers? Pierre lui dit : Des étrangers. Jésus lui dit : Donc libres sont les fils ; mais, afin que nous ne les scandalisions point, va-t'en à la mer, et jette un hameçon, et le premier poisson qui montera, tire-le; et ouvre-lui la bouche, et tu trouveras un statère, prends-le, et donne-le leur pour. Moi et pour toi. » —Matth. XVII. 24 à 27; — par donner tribut ou impôt il était signifié être sujet et servir, c'est pourquoi des tributs étaient imposés aux étrangers, qui n'étaient pas d'entre les fils d'Israël, comme on le voit par les Historiques de la Parole ; par les fils d'Israël chez qui était l'Eglise, il était signifié les hommes spirituels, et par les étrangers les hommes naturels; et le naturel est le sujet du spirituel et le sert, car l'homme spirituel est comme un maître, et l'homme naturel comme un serviteur; et comme les naturels sont des serviteurs, et que par suite ils sont entendus par les tributaires, c'est pour cela qu'il est arrivé que ni le Seigneur ni Pierre ne donnèrent le tribut, mais que ce fut un poisson, par lequel est signifié l'homme naturel. Que le Seigneur ait glorifié son Humain jusqu'à son dernier, qui est appelé le naturel et le sensuel, cela est signifié par le passage suivant : «Jésus s'étant manifesté aux disciples leur dit: Voyez mes mains et mes pieds, car c'est Moi-Même; touchez-Moi et voyez, car un esprit chair et os n'a point, comme vous Me voyez avoir; et il leur montra ses mains et ses pieds. Et il leur dit : Avez-vous quelque chose à manger ici? Eux lui donnèrent un morceau de poisson rôti et d'un rayon de miel; et les prenant il (en) mangea devant eux. » — Luc, XXIV. 38 à 43; — que le Seigneur ait glorifié son Humain jusqu'à son dernier qui est appelé le naturel et le sensuel, c'est ce qu'il manifesta en ce qu'il montra ses mains et ses pieds et que les disciples les touchèrent, et en ce qu'il leur dit qu'un esprit n'a ni chair ni os comme Lui en a, et en ce qu'il mangea du poisson rôti et d'un rayon de miel; par les mains et les pieds sont signifiés les derniers de l'homme, pareillement par la chair et les os; et par le poisson rôti il est signifié le naturel quant au vrai d'après le bien, et par le miel le naturel quant au bien d'où provient le vrai; ces choses furent mangées en présence des disciples, parce qu'elles correspondaient à l'homme naturel, et que par suite elles le signifiaient; car le poisson, comme il a été montré dans cet Article, signifie d'après la correspondance le naturel quant au scientifique, c'est pourquoi aussi le poisson dans la Parole signifie le scientifique et le cognitif qui appartiennent à l'homme naturel, et le poisson rôti le scientifique qui provient du bien naturel, mais chez le Seigneur il signifiait le Divin Naturel quant au vrai d'après le bien; que le miel signifie le bien naturel, on le voit dans les ARCANES CELESTES, N°s 5620, 6857, 10137, 10530 : celui qui ne sait pas que dans chaque chose de la Parole il y a un sens spirituel, et que le sens de la lettre, qui est le sens naturel, se compose de correspondances avec les spirituels, ne peut savoir cet arcane, pourquoi le Seigneur en présence des disciples a mangé d'un poisson rôti et d'un rayon de miel, ni l'arcane ci-dessus, pourquoi il donna aux disciples un poisson rôti et du pain, lorsque cependant toutes et chacune des choses que le Seigneur a prononcées et faites étaient des Divins, qui sont intérieurement cachés dans celles qui ont été écrites dans la Parole. D'après ces considérations, on peut voir maintenant ce qui est signifié par « et mourut la troisième partie des créatures qui étaient dans la mer, ayant des âmes, » à savoir, que tout scientifique vivant dans l'homme naturel périt, ou, ce qui est la même chose, que l'homme naturel mourut quant aux scientifiques qu'il renfermait ; cet homme est dit mort, quand il n'est pas vivifié par l'homme spirituel, c'est-à-dire, par l'influx du Ciel procédant du Seigneur par l'homme spirituel, car le Seigneur influe par l'homme spirituel dans l'homme naturel; c'est pourquoi, quand aucun vrai du Ciel n'est plus reconnu, et qu'aucun bien du Ciel n'affecte plus, alors le mental spirituel, qui est appelé homme spirituel, a été fermé, et le mental naturel ne reçoit que les faux d'après le mal, et les faux d'après le mal sont spirituellement morts, car ce sont les vrais d'après le bien qui sont spirituellement vivants. Il est dit la troisième partie des créatures, parce que dans la Parole par les créatures et les animaux il est signifié les affections et par suite les pensées chez l'homme, par conséquent les hommes eux-mêmes quant aux affections et aux pensées; de même par les créatures dans Marc : « Jésus dit aux disciples : Allez par tout le Monde, prêchez l'Evangile à toute créature. » — XVI. 15. — Et aussi dans l'Apocalypse : « Et toute chose créée qui est dans le ciel et dans la terre et sous la terre, et dans la mer celles qui sont, et toutes celles qui sont en elles, je les entendis disant : A Celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau la bénédiction et l'honneur et la gloire et la force aux siècles des siècles. » — V. 13 ; — que là par toute chose créée il soit entendu et les Anges et les hommes, cela est évident, car il est dit qu'il les entendit disant; voir ci-dessus, Nos 342 à 346, où ces paroles ont été expliquées.
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