| Apocalypse Expliquée 512. Et devint, la troisième partie de la mer, du sang, signifie que par suite tout y devint faux du mal : on le voit par la signification de la troisième partie, en ce que c'est le tout, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° 506 ; par la signification de la mer, en ce qu'elle est l'homme naturel, comme ci-dessus, N° 511; de là, par la troisième partie de la mer il est signifié l'homme naturel tout entier, et tout ce qui est en lui; et par la signification du sang, en ce qu'il est le faux du mal, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, N° 329. D'après cela, on peut voir maintenant le sens spirituel de ce Verset, à savoir, que par la montagne grande, de feu ardente, jetée dans la mer, et la troisième partie de la mer devenue du sang, il est signifié que l'amour de soi, quand il entre dans l'homme naturel et s'en empare, tourne en faux du mal tout scientifique dans cet homme. L'amour de soi est l'amour purement corporel jaillissant de l'ébullition et de la fermentation des parties souillées, et de leur titillation au dedans du corps; de là, le perceptif du mental, qui exige une atmosphère pure, non-seulement est émoussé et s'épaissit, mais même il périt; que l'amour de soi ait cette origine, on peut le voir par sa correspondance avec les excréments humains, car ceux qui ont été amorcés par cet amour préfèrent, dans l'autre vie, à toute autre chose les ordures infectes, dont la puanteur leur est agréable, ce qui est un signe que les effluves qui s'en échappent touchent agréablement chez eux le sensorium de l'odeur, comme précédemment le sensorium commun qui par les cuticules intérieures s'étend de tous côtés ; par cela seul on peut voir que l'amour de soi est plus grossier et plus sordidement corporel que tous les autres amours, et que par suite il enlève toute perception spirituelle, qui est celle du vrai et du bien du Ciel et de l'Église ; il ferme même le mental spirituel, et il établit uniquement dans l'homme naturel et sensuel son siège, qui communique le plus près avec le corps, et nullement avec le Ciel ; il arrive aussi de là que tous ceux chez qui l'amour de soi prédomine sont sensuels, et ne voient point les choses qui sont du Ciel et de l'Église, si ce n'est dans la plus grande obscurité; et même, quand ils sont seuls et pensent en eux-mêmes, ils les rejettent et les nient. D'après ces considérations, on peut voir maintenant ce qui est signifié par la troisième partie de la mer qui devint du sang, parce qu'une montagne grande, de feu ardente, y avait été jetée.
|