| Apocalypse Expliquée 511. Fut jetée dans la mer, signifie dans l'homme naturel: on le voit par la signification de la mer, en ce qu'elle est le scientifique dans le commun qui est dans l'homme naturel, par conséquent l'homme naturel quant à ce scientifique, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N°s 275, 342. Si la mer a cette signification, c'est parce que l'eau signifie le vrai, et que le vrai dans l'homme naturel est appelé scientifique; mais le vrai même en soi est spirituel, et dans l'homme spirituel il fait un avec l'affection du vrai, car il y est la forme de l'affection; autant donc il y a cette affection avec sa forme dans les scientifiques qui sont dans l'homme naturel, autant les scientifiques en eux-mêmes contiennent les vrais et sont des scientifiques vrais, car les scientifiques qui appartiennent à l'homme naturel, considérés en eux-mêmes, ne sont pas des vrais, mais ils sont seulement des vases qui contiennent le vrai, c'est même pour cela que par les vases dans la Parole sont signifiés les scientifiques. Que l'homme naturel soit signifié par la mer, on peut le voir par les passages de la Parole rapporlés ci-dessus, Nos 275 et 342; d'après ces passages, il est évident que par la mer, relativement à l'eau, il est signifié le scientifique dans le commun, et que par la mer, relativement aux flots, il est signifié la discussion et le raisonnement qui ont lieu par les scientifiques; et comme dans l'un et dans l'autre cas cela est dans l'homme naturel, voilà pourquoi par la mer il est signifié l'homme naturel lui-même. Toutefois, l'état de l'homme naturel est absolument selon l'affection qui appartient à l'amour de l'homme; quand chez l'homme domine l'affection spirituelle ou l'affection du bien et du vrai pour le bien et le vrai, et que cette affection influe par l'homme spirituel dans l'homme naturel, alors l'homme naturel est homme spirituel-naturel, car alors il est subordonné et soumis à l'homme spirituel ; et, parce qu'ainsi ils font un, ils sont tous deux dans le Ciel : mais quand chez l'homme l'affection purement naturelle domine, alors dans l'homme naturel il n'y a aucun vrai, mais tout ce qui est dans cet homme est scientifique non vrai, scientifique mort et scientifique faux ; et cela, parce qu'alors les scientifiques s'y conjoignent avec les affections purement naturelles, qui toutes jaillissent des amours de soi et du monde, et cependant les vrais mêmes, parce qu'en eux-mêmes ils sont spirituels, ne se conjoignent qu'avec les affections spirituelles, comme il a été dit ci-dessus : quand les vrais se conjoignent avec les affections purement naturelles, alors ils ne sont plus des vrais, mais ils sont des faux, car l'affection purement naturelle les falsifie. Les conjonctions du vrai avec les affections purement naturelles correspondent à des scortations et à des adultères de divers genre, et aussi dans la Parole elles sont entendues dans le sens spirituel par divers genres de scortations et d'adultères ; ce sont les conjonctions des vérités de la Parole avec l'amour de soi et avec l'amour du monde, qui y correspondent. Si la Mer signifie l'homme naturel avec les choses qui sont en lui, c'est aussi d'après la correspondance; en effet, dans le Monde spirituel, il apparaît des Mers en divers lieux, surtout autour des dernières limites où finissent les Sociétés spirituelles ou le Ciel même; s'il y existe des Mers, cela vient de ce que dans les limites du Ciel et hors de ces limites sont ceux qui ont été des hommes purement naturels; ils y apparaissent même dans des fonds, où ils ont leurs domiciles, mais ce sont des naturels non méchants; au contraire, les naturels méchants sont dans les enfers. D'après les mers qu'on y voit, on juge de la qualité de ceux qui y sont, mais principalement par la couleur des eaux tournant à l'obscur ou au clair; si à l'obscur, il y a là des esprits sensuels, qui sont les naturels les plus bas ; si au clair, il y a là des naturels intérieurs : mais les eaux des mers qui sont au-dessus des enfers sont épaisses, noires, quelquefois rouges ; et la tourbe infernale y apparaît comme des couleuvres et des serpents, et comme des monstres tels qu'il y en a dans les mers.
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