| Apocalypse Expliquée 510. Et comme une montagne grande, de feu ardente, signifie l’amour de soi et par suite l'amour de la propre intelligence : on le voit par la signification d'une montagne de feu ardente, en ce que c'est l'amour de soi et par suite l'amour de la propre intelligence; si cet amour est signifié ici par cette montagne, c'est parce que par la montagne dans la Parole il est signifié l'amour dans l'un et dans l'autre sens, à savoir, l'amour céleste et l'amour infernal; voir ci-dessus, N° 405; pareillement par le feu; voir aussi ci-dessus, N° 504; et qu'ici il s'agit des méchants qui doivent être séparés d'avec les bons et être jetés dans l'enfer; chez eux par cet amour tout vrai est changé en faux; cet effet, qui provient de ce que cette montagne fut jetée dans la mer, est décrit dans ce qui suit; car par cette montagne jetée dans la mer, ce qui fit que la troisième partie de la mer devint du sang, il est signifié que dans l'homme naturel tout devint faux du mal; de là on peut voir qu'ici, paru une montagne grande, de feu ardente, » il est signifié l'amour de soi et par suite l'amour de la propre intelligence; la propre intelligence aussi provient toute de l'amour de soi. Si par la montagne il est entendu l'amour dans l'un et dans l'autre sens, c'est parce que les Anges du troisième Ciel, qui sont dans l'amour céleste, habitent sur des montagnes dans le Monde spirituel; c'est pourquoi, quand il est dit la montagne, il est entendu ce Ciel, et selon les idées de la pensée Angélique, qui sont abstraites des personnes et des lieux, il est entendu ce qui fait le Ciel, ainsi l'amour céleste; mais si dans le sens opposé la montagne signifie l'amour de soi, c'est parce que ceux qui sont dans l'amour de soi désirent continuellement monter sur des montagnes, en se faisant égaux à ceux qui sont dans le troisième Ciel; comme ils agitent cela dans leur fantaisie, ils s'efforcent aussi de le mettre à exécution, quand ils sont hors des enfers ; c'est de là que par la montagne dans le sens opposé il est signifié l'amour de soi; en un mot, ceux qui sont dans l'amour de soi aspirent toujours aux choses élevées ; c'est même pour cela qu'après la mort, quand tous les états de l'amour sont changés en choses correspondantes, ils s'élancent en haut jusqu'à la fantaisie, s'imaginant, quand ils sont dans la fantaisie, être sur de hautes montagnes, lorsque cependant ils sont de corps dans les enfers : de là vient que ceux qui sont de Babel, lesquels sont dans un tel amour de soi, que, non-seulement ils veulent commander sur toute la terre, mais aussi sur les Cieux, sont appelés montagnes dans la Parole, et sont dits siéger sur une montagne et monter sur les hauts lieux de la nuée; par exemple, dans Jérémie : « Me voici contre toi, montagne qui détruis, qui détruis toute la terre; et j'étendrai ma main sur toi, de telle sorte que je te ferai dérouler d'entre les rochers, et je te réduirai en montagne de combustion. » — LI. 25. — Et dans Esaïe : « Tu as dit dans ton cœur : Aux Cieux, je monterai, au-dessus des étoiles de Dieu j'élèverai mon trône, et je m'assiérai en la montagne de convention; je monterai sur les hauts lieux de la nuée, je deviendrai semblable au Très-Haut; cependant vers l'enfer tu seras précipité. » — XIV. 13, 14, 15; — ces choses ont été dites de Babel.
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