| Apocalypse Expliquée 449. De la Tribu de Benjamin douze mille marqués, signifie la conjonction de ceux qui sont dans le dernier Ciel avec le Seigneur : on le voit par la représentation de Benjamin et de la Tribu qui a tiré de lui son nom, en ce que c'est le spirituel-céleste dans l'homme naturel, de même que Joseph dans l'homme spirituel : le spirituel-céleste est le vrai conjoint au bien ; car le vrai considéré en lui-même est spirituel, et le bien est céleste; de là par Benjamin et sa Tribu est signifiée la conjonction du vrai et du bien dans le naturel, ici donc la conjonction de ceux qui sont dans le dernier Ciel avec le Seigneur ; en effet, dans le dernier Ciel sont ceux qui sont dans le bien et le vrai naturels d'après le spirituel et le céleste ; ceux qui sont dans le dernier Ciel sont ou spirituels-naturels ou célestes-naturels, les spirituels-naturels y appartiennent au Royaume spirituel du Seigneur, et les célestes-naturels y appartiennent au Royaume céleste du Seigneur; c'est pourquoi les spirituels-naturels communiquent avec le second Ciel, où tous sont spirituels, et les célestes-naturels communiquent avec le troisième Ciel, où tous sont célestes, comme il a été dit dans l'Article précédent. D'après cela on peut voir ce qui est signifié dans la Parole par Joseph et ce qui est signifié par Benjamin, lesquels sont frères. Comme Benjamin signifie le vrai conjoint au bien dans l'homme naturel, et par suite le vrai conjoint au bien chez ceux qui sont dans le dernier Ciel, c'est aussi pour cela qu'il est né le dernier à Jacob, et qu'il a été appelé par lui le fils de la droite, car Benjamin dans la Langue originale signifie fils de la droite, et qu'en outre il est né dans Bethléchem, ville par laquelle est signifié aussi le vrai conjoint au bien dans le naturel; qu'il soit né dans Bethléchem, on le voit, —Gen. XXXV. 16,17,18, 19.— il est né le dernier, parce que le naturel, qui consiste dans le vrai conjoint au bien, est le dernier de l'Église chez l'homme : en effet, il y a chez l'homme trois degrés de la vie, l'intime, le moyen et le dernier; le degré intime est celui dans lequel sont ceux qui sont dans le Ciel intime ou troisième Ciel, le degré moyen celui dans lequel sont ceux qui sont dans le Ciel moyen ou second Ciel, et le dernier degré celui dans lequel sont ceux qui sont dans le dernier ou premier Ciel; c'est pourquoi ceux qui sont dans le degré intime sont appelés célestes, ceux qui sont dans le degré moyen sont appelés spirituels, et ceux qui sont dans le dernier degré sont appelés ou spirituels-naturels ou célestes-naturels, la conjonction de ceux-ci dans le dernier Ciel est signifiée par Benjamin; sur ces trois degrés de vie chez l'homme et chez l'Ange, voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER les Nos 33, 34, 38, 39, 208, 209, 211, 435 ; de là vient donc que ce fils de Jacob est né le dernier. S'il a été appelé fils de la droite, c'est parce que par le fils il est signifié le vrai, et par la droite la puissance du vrai d'après le bien, et que toute puissance dans le monde spirituel appartient au vrai qui provient du bien dans l'homme naturel ; que dans ce vrai soit toute puissance qui est dans l'homme spirituel, c'est parce que la cause efficiente est dans l'homme spirituel et l'effet dans l'homme naturel, et que toute la puissance de la cause efficiente se montre par l'effet ; que toute la puissance de l'homme spirituel soit dans l'homme naturel et par le naturel, on le voit dans les ARCANES CELESTES, N° 9836 ; c'est donc de là qu'il a été appelé Benjamtn, c'est-à-dire, fils de la droite; et comme par Bethléchem il est signifié la même chose, à savoir, le vrai conjoint au bien dans l'homme naturel, c'est pour cela aussi que David y est né, et qu'il y a été oint pour Roi,—ISarn. XVI. 1 à 14. XVII. 12;—car David comme Roi a représenté le Seigneur quant au vrai d'après le bien, et c'est aussi ce que signifie le Roi ; voir ci-dessus, Nos 29, 31,205; et c'est aussi pour cela que le Seigneur est né à Bethléchem, -Matth. II. 1,5,6, — parce qu'il est né Roi, et que chez Lui d'après la naissance le vrai fut conjoint au bien : en effet, tout enfant naît naturel, et le naturel, parce qu'il est le plus près des sens externes et du monde, est ouvert le premier, et ce naturel chez tous les hommes ignore le vrai et recherche avidement le mal, mais chez le Seigneur seul il souhaitait ardemment le bien et désirait le vrai, parce que l'affection qui règne chez l'homme vient du père, car elle est son âme, mais chez le Seigneur l'affection ou l'âme venant du Père était le Divin Même, qui est le Divin Bien du Divin Amour. Comme Benjamin et sa Tribu signifient le vrai conjoint au bien dans l'homme naturel, « c'est pour cela que dans la terre de Canaan le sort lui échut entre les fils de Jehudah et les fils de Joseph, et que Jérusalem, où étaient alors les Jébusiens, échut en héritage à cette Tribu, » — Josué, XVIII. 11à 28, — de sorte que les fils de Benjamin y habitèrent avec les Juifs qui ensuite occupèrent cette ville : si cette Tribu eut par le sort sa portion entre les fils de Jehudah et les fils de Joseph, c'est parce qu'elle représentait et par suite signifiait la conjonction du bien et du vrai, car par Jehudah il est signifié le bien de l'Église, et par Joseph le vrai de l'Église : si Jérusalem échut en partage à cette Tribu, c'était parce que Jérusalem devait signifier l'Église quant à la doctrine et quant au culte, et que toute doctrine de l'Église est la doctrine du vrai conjoint au bien, et que tout culte selon la doctrine est fait par l'homme naturel ; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le culte est l'effet d'après la cause efficiente dans l'homme spirituel. D'après cela, on peut voir ce qui est signifié par Benjamin dans ces passages ; dans Jérémie : « Si vous sanctifiez le Sabbath, on viendra des villes de Jehudah, et des alentours de Jérusalem, et de la terre de Benjamin, et de la plaine, et de la montagne, et du midi, apportant holocauste et sacrifice, et minchah et encens. » —XVII. 26; — si ces choses avaient lieu à cause de la sanctification du Sabbath, c'était parce que le Sabbath signifiait l'union du Divin et du Divin Humain dans le Seigneur, et dans le sens respectif la conjonction de son Divin Humain avec le Ciel et avec l'Église, et en général la conjonction du bien et du vrai; voir dans les ARCANES CELESTES, Nos 8495, 8510, 10356, 10367, 10370,10374, 10668,10730; par les villes de Jehudah, par les alentours de Jérusalem, et par la terre de Benjamin sont signifiés les vrais conjoints au bien dans l'homme naturel, par les villes de Jehudah les vrais du bien, par les alentours de Jérusalem les vrais de la doctrine dans l'homme naturel, et par la terre de Benjamin la conjonction de ces vrais avec ce bien; car les villes signifient les vrais, Jehudah le bien de l'Église, Jérusalem la doctrine du vrai, les alentours les choses qui sont autour ou en bas, c'est-à-dire, les vrais du bien dans l'homme naturel, et la terre de Benjamin l'Église quant à la conjonction des vrais avec le bien dans l'homme naturel; « de la plaine, de la montagne et du midi, » signifie le bien et le vrai dans l'homme naturel d'après une origine céleste et d'après une origine spirituelle, la plaine signifie le bien et le vrai dans l'homme naturel, parce que dans des plaines ou au bas des montagnes et des collines habitent ceux qui sont dans le dernier Ciel, c'est-à-dire, les célestes-naturels et les spirituels-naturels, dont il a été parlé ci-dessus, la montagne signifie ceux qui sont dans le bien céleste, et le midi ceux qui sont dans le bien spirituel et par suite dans la lumière du vrai; apporter holocauste, sacrifice, minchah et encens, signifie le culte d'après le bien céleste et d'après le bien spirituel dans l'homme naturel, l'holocauste le culte d'après le bien céleste, le sacrifice le culte d'après le bien spirituel, la minchah et l'encens le bien et le vrai du bien dans l'homme naturel : ce sont là les choses qui sont signifiées par ces paroles, autrement pourquoi serait-il dit que s'ils sanctifiaient le Sabbath, on viendra des villes de Jehudah, des alentours de Jérusalem, de la terre de Benjamin, de la plaine, de la montagne et du midi, et pourquoi ne serait-il pas dit, de toute la terre de Canaan? Comme toutes ces expressions signifient des choses qui appartiennent au Ciel et à l'Église, c'est pour cela qu'il en est aussi employé ailleurs de semblables dans le même Prophète; ainsi : « Dans les villes de la montagne, dans les villes de la plaine, et dans les villes du midi, et dans la terre de Benjamin, et dans les alentours de Jérusalem, et dans les villes de Jehudah, passeront encore les troupeaux de menu bétail par les mains de celui qui compte. » — Jérém. XXXIII. 13 ; — et ailleurs : « Des champs avec l'argent ils achèteront, et en écrivant cela sur le livret, et en faisant attester par des témoins, dans la terre de Benjamin, et dans les alentours de Jérusalem, et dans les villes de Jehudah, et dans les villes de la montagne, et dans les villes de la plaine, et dans les villes du midi, parce que je ramènerai leur captivité. » — Jérém. XXXII. 8, 44;—dans ces passages, par la terre de Benjamin, les alentours de Jérusalem, les villes de Jehudah, la montagne, la plaine et le midi, il est signifié les mêmes choses que ci-dessus; ainsi, par Benjamin la conjonction du vrai et du bien dans l'homme naturel, par conséquent la conjonction du vrai et du bien chez ceux qui sont dans le dernier Ciel. Dans le Même : « Rassemblez-vous, fils de Benjamin, du milieu de Jérusalem, et en sonnant sonnez de la trompette, et sur la maison de la vigne allumez un incendie, parce que un mal menace du septentrion, et une ruine grande. » —VI. 1 ; là, dans le sens spirituel, il s'agit de l'Église dévastée quant au vrai et au bien, parce que ces paroles sont contre Sion et Jérusalem, car par Sion il est signifié le bien de l'Église, et par Jérusalem le vrai de l'Église; et comme les fils de Benjamin signifient la conjonction du bien et du vrai, c'est pour cela qu'il leur est dit de se rassembler du milieu de Jérusalem, et de sonner de la trompette, et d'allumer un incendie sur la maison de la vigne; sonner de la trompette signifie le combat d'après les vrais qui proviennent du bien contre cette Église, la maison de la vigne signifie cette Église même, et allumer un incendie signifie sa destruction par les amours mauvais; le septentrion, d'où un mal menace, signifie le faux du mal; et une ruine grande signifie la dissipation du bien et du vrai. Dans David : « Pasteur d'Israël, prête l'oreille, (toi) qui conduis comme un troupeau Joseph, (toi) qui es assis sur les Chérubins, resplendis avec éclat ; devant Ephraïm, Benjamin et Ménasseh suscite la puissance, et viens en salut pour nous. » -Ps. LXXX. 2, 3;— par Ephraïm, Benjamin et Ménasseh il est entendu, non pas Ephraïm, Benjamin et Ménasseh, mais tous ceux qui sont dans le vrai et le bien naturels, et chez lesquels il y a conjonction de ce vrai et de ce bien; voir ci-dessus, N° 440, ou ces paroles ont été expliquées. Dans le Même : « Dans les assemblées bénissez Dieu, le Seigneur, (bénissez-le) de la fontaine d'Israël; là, Benjamin le petit les gouverne; les princes de Jehudah, les princes de Zébulon et les princes de Naphtali. » - Ps. LXVIII. 27, 28; — là, il est entendu, non pas Benjamin, ni les princes de Jehudah, de Zébulon et de Naphtali, mais les choses de l'Église qui sont signifiées par ces Tribus ; et par Benjamin le petit il y est signifié l'innocence de l'homme naturel; l'innocence de l'homme naturel est dans la conjonction du bien et du vrai, là; mais ces paroles ont aussi été expliquées ci-dessus; voir N° 439. Dans la Bénédiction des fils d'Israël par Moïse : « A Benjamin il dit : Bien aimé de Jéhovah, il habitera en sécurité auprès de lui; il le protégera chaque jour, et entre ses épaules il habitera. »— Deutér. XXXIII. 12; — là, par Benjamin est signifiée la Parole dans le dernier sens qui est le naturel; car dans cette Bénédiction par Moïse est décrite la Parole, et par chaque Tribu il est signifié quelque chose de la Parole; et comme dans le dernier sens de la Parole, qui est le sens naturel, il y a le mariage du bien et du vrai, ainsi qu'il a été montré dans un grand nombre de passages, c'est pour cela qu'il est dit« bien aimé de Jéhovah, » et « il habitera en sécurité auprès de lui, et il le protégera chaque jour, et entre ses épaules il habitera ; » habiter entre les épaules, c'est dans la sécurité et dans la puissance. Ce qui est signifié par Benjamin dans la Prophétie d'Israël sur ses fils,—Gen XLIX.27, — a été expliqué dans les ARCANES CELESTES, N°s 6439 à 6445 ; dans cette Prophétie il s'agit de Benjamin en dernier lieu, parce que le dernier de l'Église et du Ciel est signifié par lui; le dernier est le naturel, dans lequel le vrai a été conjoint au bien. Comme ces choses ont été signifiées par Benjamin, c'est pour cela que « les Tribus d'Éphraïm, de Ménasseh et de Benjamin campaient dans le désert à l'occident autour de la Tente de convention, » — Nomb. II 18 à 24, — et par ces trois Tribus sont signifiés tous ceux qui sont dans le vrai et le bien naturels, et dans la conjonction de ce vrai et de ce bien; par Éphraïm il y est signifié le vrai, par Ménasseh le bien, comme il a été montré ci-dessus, et par Benjamin la conjonction du vrai et du bien ; ils campaient à l'occident, parce que dans le Ciel à l'occident et au septentrion habitent ceux qui sont dans l'obscur du bien et dans l'obscur du vrai, ainsi ceux qui sont dans le bien naturel et dans le vrai naturel, tandis qu'à l'Orient et au Midi dans le Ciel habitent ceux qui sont dans la clarté du bien et du vrai; voir sur ce sujet dans le TRAITE DD CIEL ET DE L'ENFER les Nos 14l à 453. D'après ces explications on peut maintenant voir ce qui est signifié par Benjamin dans la Parole, à savoir, la conjonction du bien et du vrai dans l'homme naturel, et par le bien la conjonction avec l'homme spirituel; car tout bien qui est bien dans l'homme naturel influe de l'homme spirituel, c'est-à-dire, du Seigneur par l'homme spirituel ; le bien dans l'homme naturel n'est pas donné sans cet influx; c'est aussi pour cela que par Benjamin il est signifié la conjonction de l'homme spirituel avec l'homme naturel, et par Joseph la conjonction de l'homme céleste avec l'homme spirituel.
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