| Apocalypse Expliquée 31. Et il nous a faits rois et prêtres., signifie que nous sommes par Lui dans son Royaume Spirituel et dans son Royaume Céleste : on le voit par la signification des rois, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, et comme ceux-ci constituent le Royaume Spirituel du Seigneur, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans son Royaume Spirituel ; que les Rois, dans la Parole, aient cette signification, c'est ce que la suite montrera clairement ; et par la signification des prêtres, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans le bien de l'amour, et comme ceux-ci constituent le Royaume céleste du Seigneur, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans son Royaume Céleste : qu'il y ait deux Royaumes, dans lesquels les deux dans le commun ont été distingués, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 20 à 28 ; on y voit aussi que le Royaume Spirituel est nommé Royaume Royal du Seigneur, et le Royaume Céleste, Royaume Sacerdotal du Seigneur, N° 24. Les Rois sont nommés dans beaucoup de passages de la Parole Prophétique, et celui qui ne connaît pas le sens interne croit que par les Rois il y est entendu des Rois; cependant ce sont non pas des Rois qui y sont entendus, mais tous ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, ou dans la foi d'après la charité, par le Seigneur ; et cela, parce que le Seigneur est Seul Roi, et que ceux qui sont par Lui dans les vrais d'après le bien sont nommés ses fils; c'est de là que par les princes, les fils du Royaume, les fils du Roi, et aussi par les Rois, il est entendu ceux qui sont dans ces vrais, et qu'en faisant abstraction de l'idée des personnes, comme cela se fait dans le Ciel, il est entendu les vrais d'après le bien; ou, ce qui est la même chose, la foi d'après la charité, parce que le vrai appartient à la foi et le bien à la charité : qu'il ne soit pas entendu des Rois, c'est ce qu'on peut voir par cela seul qu'il est dit ici : Jésus-Christ nous a faits rois et prêtres; et ensuite : « Tu nous a faits rois et prêtres à notre Dieu, et nous régnerons sur la terre. » — V. 10. — Et dans Matthieu : « La semence semée dans le champ, ce sont les fils du Royaume. »— XIII. 38 ; — la semence du champ, ce sont les vrais d'après le bien qui sont par le Seigneur chez l'homme, voir Nos 3373, 10249 : chacun même peut percevoir que le Seigneur ne doit pas faire rois tous ceux dont il s'agit ici, mais qu'il les appelle rois d'après la puissance et la gloire qui appartiennent par le Seigneur à ceux qui sont dans les vrais d'après le bien. On peut maintenant voir que par le Roi, dans la Parole Prophétique, il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, et par les rois et les princes ceux qui sont par le Seigneur dans les vrais d'après le bien ; et que, comme dans la Parole la plupart des expressions ont aussi un sens opposé, les rois dans ce sens signifient ceux qui sont dans les faux d'après le mal. Que par Roi, dans la Parole, il soit entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, cela est évident par les paroles du Seigneur à Pilate : « Pilate lui dit : Est-ce donc que Roi tu es, Toi? Jésus répondit : Toi, tu (le) dis, que Roi je suis, Moi; Moi pour cela je suis né, et pour cela je suis venu dans le monde, afin que je rende témoignage à la vérité ; quiconque est de la vérité entend ma voix. Pilate lui dit : Qu'est-ce que (la) Vérité? » — Jean, XVIII. 37, 38 ; —d'après la demande de Pilate : Qu'est-ce que (la) Vérité? il est évident qu'il comprit que le Seigneur appelait la Vérité Roi, mais comme il était gentil et n'avait aucune connaissance de la Parole, il n'avait pas pu être instruit que le Divin Vrai procédait du Seigneur, et que le Seigneur Lui-Même était le Divin Vrai ; c'est pourquoi, aussitôt après cette demande, il sortit vers les Juifs, en disant : Moi, je ne trouve aucune cause (d'accusation) en Lui ; et ensuite il mit sur la croix cette inscription : Celui-ci est Jésus le Roi des Juifs ; et comme les princes des prêtres lui disaient : « N'écris point : Le Roi des Juifs, mais que celui-là a dit : Je suis Roi des Juifs. Pilate répondit : Ce que j'ai écrit, j'ai écrit. » — Jean, XIX. 19 à 22. — Ces choses étant comprises, on peut savoir ce qui est entendu par les Rois dans les passages suivants de l'Apocalypse : « Le Sixième Ange versa sa coupe sur le grand fleuve, l'Euphrate, et son eau fut desséchée, afin que fût préparé le chemin des Rois de devers le levant du soleil. »—XVI. 12.—«La grande prostituée qui est assise sur la multitude des eaux, avec laquelle ont commis scortation les Rois de la terre. » — XVII. 1, 2. — « Les sept têtes sont sept montagnes, sur lesquelles la femme est assise ; et elles sont sept Rois ; les cinq sont tombés; l'un est; l'autre n'est pas encore venu. Et les dix cornes que tu as vues sont dix Rois, qui n'ont pas encore reçu le Royaume; mais pouvoir comme Rois pendant une seule heure ils reçoivent avec la bête. Ceux-ci contre l'Agneau combattront; et l'Agneau les vaincra, parce qu'il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois. » — XVII. 9, 10, 12,14. — « Et la femme, que tu as vue, est la ville grande ayant Royauté sur les Rois de la terre. » — XVII. 18. — « Du vin de la colère de la scortation de Babylone ont été abreuvées toutes les nations, et les Rois de la terre avec elles ont commis scortation. » — XVIII. 3. — « Et je vis la bête, et les Rois de la terre, et leurs armées assemblées pour faire la guerre à celui qui était monté sur le cheval, et à son armée. »— XIX. 19. — « Et les nations qui ont été sauvées marcheront dans sa lumière, et les Rois de la terre apporteront leur gloire et leur honneur en elle. » — XXI. 24 : — dans ces passages par les Rois sont entendus non des Rois mais tous ceux qui sont ou dans les vrais d'après le bien, ou dans les faux d'après le mal, comme il a été déjà dit. Pareillement dans Daniel, « par le Roi du Midi et par le Roi du Septentrion, qui firent la guerre entre eux. » XI. 1 à 45 ; — là, par le Roi du Midi il est entendu ceux qui sont dans la lumière du vrai d'après le bien, et par le Roi du Septentrion, ceux qui sont dans les ténèbres du faux d'après le mal ; que le Midi, dans la Parole, signifie ceux qui sont dans la lumière du vrai d'après le bien, on le voit, Nos 1458, 3708, 3195, 5672, 9642 ; et le Septentrion, ceux qui sont dans les ténèbres du faux d'après le mal, N° 3708 ; et en général dans le Traité du ciel et de l'enfer, Nos 141 à 153, à l'Article des quatre Plages dans le Ciel. Les Rois sont aussi nommés plusieurs fois dans les Prophètes dans l'Ancien Testament, et par eux sont entendus pareillement ceux qui par le Seigneur sont dans les vrais d'après le bien, et dans le sens opposé ceux qui sont dans les faux d'après le mal, comme dans Esaïe : « Il dispersera beaucoup de nations ; sur lui les Rois fermeront leur bouche, parce que ce qui ne leur avaient pas été raconté ils ont vu, et ce qu'ils n''avaient point entendu ils ont compris. » — LII. 15. — Dans le Même : « Sion du Saint d'Israël, tu suceras le lait des nations, et la mamelle des Rois tu suceras. » — LX. 16. — Dans le Même : « Des Rois seront tes nourriciers, et les princesses leurs femmes tes nourrices ; la face à terre ils se prosterneront devant toi. » — XLIX. 23. Et en outre, Ésaïe, XIV. 9. XXIV. 21. LX. 10; Jérém., II. 26. IV. 9. XLIX. 38 ; Lament., II 6, 9; Ézéch., VII. 26, 27; Hosch., III. 4; Séphan., I. 8; Psaum. II. 10. CX. 5 ; Gen., XLIX. 20. — Comme les Rois signifient ceux qui par le Seigneur sont dans les vrais d'après le bien, c'est pour cela que des temps anciens est venue la coutume, quand on couronnait les Rois, de les distinguer par certains insignes qui signifient les vrais d'après le bien ; par exemple, le Roi était oint d'Huile, il portait une Couronne d'Or, tenait à la main droite un Sceptre, était revêtu d'un Manteau de pourpre, s'asseyait sur un Trône d'Argent, et montait avec ces insignes sur un Cheval blanc ; en effet, l'Huile signifie le Bien d'où procède le Vrai, Nos 886, 4638, 9780,9954,10011, 10261,10268 : la Couronne d'or sur la Tête a une semblable signification, N° 9930 : le Sceptre, qui est un bâton, signifie la puissance du Vrai d'après le bien, Nos 4581, 4876, 4960 : le Manteau et le Pallium, le Divin Vrai dans le Royaume spirituel, Nos 9825, 10005 ; et la Pourpre, l'amour spirituel du bien, N° 9467 : le Trône, le Règne du vrai d'après le bien, Nos 5313, 6397, 8625; l'Argent, ce vrai même, Nos 1551, 2954, 5658 : le Cheval Blanc, l'entendement illustré par ces choses, Nos 1 à 5 dans l'Opuscule du CHEVAL BLANC ; que les Cérémonies du couronnement des Rois renferment de telles significations, mais que la connaissance en soit aujourd'hui perdue, on le voit, Nos 4581, 4966. Comme on sait, par là, ce que le Roi signifie dans la Parole, je vais y ajouter pourquoi le Seigneur, quand il entra dans Jérusalem, s'assit sur le poulain d'une ânesse, et pourquoi le peuple Le proclama alors Roi, et étendit des vêtements sur le chemin, -Matth., XXI. 1 à 8; Marc, XI. 1 à 11; Luc, XIX. 28 à 40 ; Jean, XII. 14, 15, 16, — ce qui avait été prédit dans Zacharie : « Réjouis-toi, fille de Sion ; éclate en cris d'allégresse, fille de Jérusalem ; voici, ton Roi viendra à toi, juste et sauveur, monté sur un Ane, et sur le poulain d'une Anesse. » — IX. 9 ; Matth., XXI. 5 ; Jean, XII. 15 ; — ce fut parce que s'asseoir sur un âne et sur le poulain d'une ânesse était la marque de la souveraine Judicature et de la Royauté, comme on peut le voir par les passages suivants : « Mon cœur (est) vers les Législateurs d'Israël, vous qui montez sur des ânesses blanches. » — Juges, V. 9, 10. — « Le sceptre ne sera point retiré de Jehudah, ni le Législateur d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo; Il attachera au Cep son Anon et au Cep excellent le fils de son Anesse. » — Gen., XLIX. 10, 11 : — comme s'asseoir sur un Ane et sur le Poulain d'une ânesse était une telle marque, c'est pour cela que« les Juges montaient sur des Anesses blanches, » — Jug., V. 9, 10, — et « leurs fils sur des Anons, » — Jug., X. 4. XII. 14 ; — et que « le Roi lui-même, quand il était couronné, montait sur une Mule, »—I Rois, 1. 33,— et « ses fils sur des Mulets. »— II Sam., XIII. 29. — Celui qui ne sait pas ce qui est signifié, dans le sens représentatif, par le Cheval, le Mulet et le Poulain de l'ânesse, croira que l'entrée du Seigneur monté sur le Poulain d'une ânesse a signifié la pauvreté et l'humiliation , mais elle signifiait la Magnificence Royale ; aussi est-ce pour cela que le peuple proclamait alors le Seigneur Roi, et étendait des vêtements sur le chemin : si cela fut fait lorsqu'il allait à Jérusalem, c'était parce que Jérusalem signifie l'Église, voir l'Opuscule DE LA NOUVELLE JERUSALEM ET DE SA DOCTRINE, N° 6 ; que les Vêtements signifient les vrais qui revêtent le bien et qui le servent, on le voit dans les ARCANES CELESTES, N°s 1073, 2576, 5248, 5319, 5954, 9212, 9215, 9952, 10536 ; et dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 177 à 182, D'après ces explications, on voit maintenant ce qui est signifié, dans la Parole, par le Roi et par les Rois, par conséquent aussi ce qui est signifié par oint, messie et christ; car l'Oint, le Messie et le Christ, de même que le Roi, signifient le Seigneur quant au Divin Vrai procédant de son Divin Bien; en effet, le Roi est nommé Oint, et l'Oint est appelé Messie en Langue Hébraïque, et Christ en Langue Grecque : toutefois, le Seigneur quant au Divin Humain a été Seul l'OINT DE JEHOVAH, parce qu'en Lui Seul était par conception le Divin Bien du Divin Amour, car il avait été conçu de Jéhovah, tandis que tous ceux qui ont été Oints L'ont seulement représenté; voir N°s 9954, 10011, 10268. Quant aux Prêtres, on voit dans les ARCANES CELESTES qu'ils signifient le bien tel qu'il est dans le Royaume Céleste, à savoir, que les Prêtres ont représenté le Seigneur quant au Divin Bien, Nos 2015, 6148; que le Sacerdoce était le représentatif du Seigneur quant à l'œuvre de la salvation, parce que cette œuvre venait du Divin Bien de son Divin Amour, N° 9809 ; que le Sacerdoce d'Aharon, de ses fils et des Lévites, a été le représentatif de l'œuvre de la salvation dans un ordre successif, N° 10017; que de là le Sacerdoce et les Sacerdoces signifient, dans la Parole, le bien de l'amour qui procède du Seigneur, Nos 9806, 9809; que par les deux noms Jésus et Christ sont signifiés tant le Sacerdoce que la Royauté du Seigneur, à savoir, par Jésus le Divin Bien, et par Christ le Divin Vrai, Nos 3004, 3005, 3009 ; que les Prêtres qui ne reconnaissent pas le Seigneur signifient le contraire, pareillement les Rois, à savoir, le mal et le faux d'après le mal, N° 3670.
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