| Apocalypse Expliquée 253. Celui qui vaincra, je lui donnerai de s'asseoir avec Moi en mon Trône, signifie que celui qui persiste alors jusqu'à la fin de la vie sera conjoint au Ciel où est le Seigneur : on le voit par la signification de vaincre, en ce que c'est persister dans l'affection spirituelle du vrai jusqu'à la fin de la vie, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° 128 ; mais ici, c'est persister dans l'état de la foi d'après la charité, parce qu'il s'agit de cette foi ; si vaincre a cette signification, c'est parce que l'homme, tant qu'il vit dans le monde, est dans un combat contre les maux et par suite contre les faux qui sont chez lui; or, celui qui est dans le combat, et qui persiste dans la foi de la charité jusqu'à la fin de la vie, est vainqueur; et celui qui est vainqueur dans le monde est vainqueur pour l'éternité, puisque l'homme après la mort est tel qu'il avait été quant à la vie dans le monde ; et par la signification de s'asseoir avec Moi en mon Trône, en ce que c'est avoir été conjoint au Ciel où est le Seigneur, car le Trône signifie le Ciel, et s'asseoir avec Moi signifie être avec le Seigneur, par conséquent Lui être conjoint. Dans la Parole, il est très-souvent parlé du Trône ; et, quand il s'agit du Seigneur, le Trône signifie en général le Ciel, en particulier le Ciel spirituel, et par abstraction le Divin Vrai procédant du Seigneur, parce que ce Divin fait le Ciel ; de là aussi le Trône se dit du Jugement, puisque tout Jugement est fait d’après les vrais ; que le Trône dans la Parole ait ces significations, on peut le voir par les passages suivants; dans Ésaïe : Ainsi a dit Jéhovah : Les cieux (sont) mon Trône. » — LXVI. 1. — Dans David : « Jéhovah dans les cieux a affermi son Trône. » — Ps, CII. 19. — Dans Matthieu : « Celui qui jure par le Ciel, jure par le Trône de Dieu, et par Celui qui est assis dessus. » — XXIII. 22; — qu'ici le Trône signifie le Ciel, cela est évident; car il est dit que les Cieux sont le Trône de Jéhovah ; que dans les Cieux il a affermi son Trône; que celui qui jure par le Ciel jure par le Trône de Dieu, non pas que Jéhovah ou le Seigneur y soit assis sur un Trône, mais parce que le Trône se dit de son Divin dans les Cieux, et aussi parfois il apparaît comme un Trône à ceux à qui il est donné de regarder dans le Ciel. Que le Seigneur y ait été ainsi vu, on le voit dans Ésaïe : « Je vis le Seigneur sur un Trône haut et élevé, et Ses franges remplissaient le Temple. » — VI. 1 ; — par Ses franges qui remplissaient le Temple, il est signifié que le Divin Vrai procédant remplissait le dernier du Ciel et l'Église, car les franges du Seigneur signifient en général le Divin Vrai procédant, et en particulier ce Divin dans les extrêmes du Ciel et dans l'Église, voir ci-dessus, N° 220. Dans Ézéchiel : « Au-dessus de l'étendue, qui était sur la tête des Chérubins, il y avait comme un aspect de pierre de Saphir, une ressemblance de Trône, et sur la ressemblance de Trône une ressemblance comme l'aspect d'un Homme sur lui au-dessus. » — I. 26. X. 1 ; — si le, Trône apparut en un aspect de pierre de saphir, c'était parce que le saphir signifiait le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur, et par suite le Vrai Spirituel brillant d'après le Bien Céleste, voir Nos 9407, 9873 ; ainsi le Trône y signifie tout le Ciel, car le Ciel est Ciel d'après le Divin Vrai ; ce que signifient les Chérubins, on le voit, Nos 9277f., 9509, 9673. Dans l'Apocalypse: « Voici, un Trône était dressé dans le Ciel, et sur le Trône quelqu'un assis ; un arc-en-ciel à l'entour du Trône semblable par l'aspect à une Émeraude. Et du Trône sortaient des éclairs, des tonnerres et des voix ; devant le Trône une mer de verre semblable à du cristal; et autour du Trône quatre animaux pleins d'yeux devant et derrière. » — IV. 2 à 6, 9, 10 ; — qu'ici soit décrit le Ciel quant au Divin Vrai, on le verra dans l'Explication de ces paroles au Chapitre suivant ; il en est de même plus loin dans l'Apocalypse : « Un fleuve pur et brillant comme du Cristal, sortait du Trône de Dieu et de l'Agneau.» — XXII. 1 ; — si un fleuve pur et brillant comme du cristal parut sortir du Trône, c'est parce que le fleuve signifie le Divin Vrai, et qu'il en est de même du Cristal. Semblable chose est signifiée dans la Parole par le Trône de David, puisque dans la Parole Prophétique par David il est entendu, non pas David, mais le Seigneur quant à la Royauté, qui est le Divin Vrai dans le Ciel spirituel ou second Ciel; comme dans Luc : « L'Ange dit à Marie: Celui-ci sera grand, et Fils du Très-Haut il sera appelé, et le Seigneur Lui donnera le Trône de David son père. » - I. 32 ; — et dans Ésaïe : « Un Enfant nous est né, un Fils nous a été donné, sur son épaule (sera) la principauté, et l'on appellera son Nom : Admirable, Conseiller, Dieu, Héros, Père d'éternité, Prince de paix ; à sa multiplication de principauté et de paix, il n'y aura point de fin, sur le Trône de David et sur son Royaume pour l'affermir en jugement et en justice, dès maintenant et jusqu'à éternité. »—IX. 5, 6; — qu'ici il ne soit entendu ni David, ni le Trône de David, sur lequel le Seigneur devait être assis, cela est évident; car le Royaume du Seigneur était non sur la terre mais dans le Ciel, aussi par le Trône de David est-il entendu le Ciel quant au Divin Vrai, voir ci-dessus, N° 205. Semblable chose est entendue dans les Psaumes de David, où lui-même parle de son Trône et de son Royaume, par exemple, dans tout le Psaume LXXXIX, où il est dit aussi : « J'ai juré à David mon serviteur : Pour l'éternité j'affermirai ta semence, et de génération en génération ton Trône; le jugement et la justice (seront) le soutien de ton Trône; j'établirai son Trône comme les jours des Cieux. » — Vers, 4, 5, 15, 30; — qu'ici ce soit le Seigneur qui est entendu par David, on le voit ci-dessus, N° 205. Semblable chose est encore signifiée par le Trône de la gloire, quand il s'agit du Seigneur, car la gloire signifie le Divin Vrai ; par exemple, dans Matthieu : « Quand viendra le Fils de l'homme dans sa gloire, et tous les saints Anges avec Lui, alors il s'assiéra sur le Trône de sa gloire. » — XXV. 31; — que la gloire signifie le Divin Vrai dans le Ciel, on le voit, Nos 4809, 5922, 8267, 8427, 9429; et ci-dessus, N° 33. De là on voit clairement ce qui est signifié par le Trône de la gloire dans Jérémie : « Ne déshonore point le Trône de ta gloire. » — XIV. 21 ; et XVII. 12 ;—ne pas déshonorer le Trône de la gloire, c'est ne pas défigurer le Divin Vrai. La même chose est signifiée par Jérusalem appelée le Trône de Jéhovah, car Jérusalem signifie l'Église quant à la doctrine, et la doctrine est le Divin Vrai. D'après cela, on voit comment doit être entendu ce qui est dit dans Jérémie : « En ce temps-là, on appellera Jérusalem le Trône de Jéhovah, et vers elle s'assembleront toutes les nations. » — III. 17; — dans David : « Jérusalem a été bâtie, là montent les Tribus, et là sont posés les Trônes pour le jugement, les Trônes de la maison de David. » —Ps. CXXII. 3, 5 ; — dans Ézéchiel : « La gloire de Jéhovah entra dans la Maison par le chemin de la porte, dont la face (était) vers l'orient. Il me dit : Fils de l'homme, voici le lieu de mon Trône, et le lieu des plantes de mes pieds, où j'habiterai au milieu des fils d'Israël à éternité. » — XLIII. 4, 7; — que Jérusalem signifie l'Église quant à la doctrine, ainsi le Divin Vrai dans les cieux et dans les terres, car ce vrai fait l'Église, on le voit, Nos 3654, 9166; et ci-dessus, N° 223. Puisque tout Jugement est fait d'après les vrais, et le Jugement dans les Cieux, d'après le Divin Vrai, c'est pour cela que le Trône est aussi nommé, lorsqu'il s'agit du Seigneur quant au jugement, comme ci-dessus dans Matthieu, — XXV. 31, — et dans David, — Ps, CXXII. 3, 5 ; — et en outre dans David : « Jéhovah, tu as fait mon jugement, tu t'es assis sur le Trône, Juge de justice ! tu as réprimé les nations, tu as perdu l'impie. Jéhovah à éternité demeurera, il préparera pour le Jugement son Trône. » — Ps. IX. 5, 6, 8. — Çà et là, dans la Parole, il est dit aussi que non-seulement le Seigneur s'assiéra sur un Trône, mais encore que d'autres s'assiéront sur des trônes ; toutefois, par les trônes de ceux-ci il est entendu non des trônes, mais les Divins Vrais ; ainsi dans le Premier Livre de Samuel : « Il élève de la poussière celui qui est abaissé, et du fumier il relève l'indigent, pour les faire asseoir avec les principaux; et un Trône de gloire il leur fera hériter. » — II. 8; — dans l'Apocalypse: « Les vingt-quatre Anciens qui devant le Trône de Dieu sont assis sur leurs trônes. » — XL 16 ; — ailleurs : « Je vis des Trônes, et ils s'assirent dessus, et le jugement leur fut donné. » — XX. 4 ; — et dans Matthieu : « Vous qui M'avez suivi dans la régénération; quand sera assis le Fils de l'homme sur le Trône de sa gloire, vous serez assis, vous aussi, sur des trônes jugeant les douze Tribus d'Israël. » — XIX. 28, et Luc, XXII. 30 ; — là, par les trônes sont entendus les Divins Vrais selon lesquels et d'après lesquels tous doivent être jugés; douze et vingt-quatre signifient toutes choses, et se disent des vrais, les anciens et les disciples signifient aussi les Divins Vrais; il en est de même des Tribus ; par la connaissance de ces significations on peut voir ce qui est entendu par les trônes dans les passages rapportés ; et aussi ce que signifient ces paroles dont il s'agit maintenant, celui qui vaincra, je lui donnerai de s'asseoir avec Moi en mon Trône: que douze signifie toutes choses, et qu'il se dise des vrais, on le voit, Nos 577, 2089, 2129, 2130, 3272, 3858, 3913 ; de même vingt-quatre, parce que ce nombre est le double du nombre douze, et en vient par multiplication, Nos 5291, 533_5,5708,7973; que les Anciens d'Israël signifient tous ceux qui dans l'Église sont dans les vrais d'après le bien, on le voit, Nos 6524, 6525, 6890, 7912, 8578, 8585, 9376, 9404 ; de même les douze disciples du Seigneur, N°s 2129, 3354, 3488, 3858, 6397; de même les douze Tribus, N°s 3858, 3926, 4060, 6335, 7836, 7891. D'après ce qui vient d'être dit, on peut voir ce que représentait le Trône élevé par Salomon ; il en est parlé ainsi dans le Premier Livre des Rois : « Salomon fit un grand Trône d'ivoire, et il le couvrit d'or pur; six degrés au Trône; une Tête ronde au Trône par derrière, et des mains de chaque côté près le lieu du siège, et deux lions se tenant près des mains; et douze lions se tenant là sur les six degrés de chaque côté : il n'en a pas été fait un pareil dans aucun Royaume. » — X. 18, 19, 20 ; — l'ivoire signifie le Divin Vrai dans les derniers ; le rond signifie le bien correspondant ; l'or dont il était couvert, le Divin Bien d'où procède le Divin Vrai; les six degrés signifient toutes choses depuis les premiers jusqu'aux derniers; les deux mains, toute puissance; les lions, les vrais de l'Église dans leur puissance; et douze, toutes choses. Puisque le Trône, quand il s'agit du Seigneur, signifie le Ciel quant à tout Divin Vrai, par conséquent, dans le sens opposé, le Trône signifie l'Enfer quant à tout faux ; le Trône est nommé dans ce sens opposé, ci-dessus, Chap. II 13. Ésaïe, XIV. 9,13. XLVII. 1. Hagg. II. 22. Dan. VII. 9. Luc, I. 52; et ailleurs.
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