| Apocalypse Expliquée 252. Et je souperai avec lui et lui avec Moi, signifie avec eux la communication des félicités du Ciel : on le voit par la signification de souper, en ce que c'est communiquer les biens du Ciel ; si souper signifie communiquer ces biens, c'est parce que les repas en commun, les festins, les dîners et les soupers, dans la Parole, signifient les consociations par l'amour, et par suite la communication des plaisirs qui appartiennent à l'amour, car tous les plaisirs appartiennent à l'amour : ces réunions tirent leur signification du pain et du vin, qui signifient le bien de l'amour céleste et spirituel, et de l'action de manger qui signifie la communication et l'appropriation ; c'est là ce que signifiait autrefois la Cène Pascale, et ce que signifie aujourd'hui la Sainte Cène, voir ci-dessus, N° 146 ; et dans LA DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N°s 210 à 222. S'il est dit Souper, c'est parce que les noces se faisaient en même temps que les Soupers, et que les noces signifient la conjonction du bien et du vrai, et alors la communication des plaisirs ; de là il est dit dans l'Apocalypse : « Heureux ceux qui au Souper des noces de l'Agneau ont été appelés. » — XIX. 9 ; — et ensuite : « Venez et assemblez-vous pour le Souper du Grand Dieu. » — Vers 17. — Comme les Soupers signifient les consociations par l'amour, et alors la communication des plaisirs, c'est pour cela que le Seigneur a comparé l'Église et le Ciel à un Souper et aussi à des Noces ; à un Souper, dans Luc : « Il est dit « qu'un homme fit un grand Souper, et y invita beaucoup de gens, mais que tous ceux qui avaient été invités s'excusèrent; c'est pourquoi, indigné, le maître de maison fit amener les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles, en disant qu'aucun des invités ne goûterait de son Souper. » — XIV. 16 à 24 ; — il est dit presque la même chose au sujet des noces auxquelles on avait été invité, — Matth. XXII. 1 à 15 ; — là, par le Souper il est entendu l'Église et le Ciel ; par les invités qui s'excusèrent sont entendus les Juifs chez lesquels était alors l'Église, car l'Église est spécialement ou il y a la Parole, et où par la Parole le Seigneur est connu ; par les pauvres, les estropiés, les boiteux , les aveugles, sont entendus ceux qui sont tels spirituellement, et qui alors étaient hors de l'Église ; si le Ciel et l'Église y sont comparés à un Souper et à des Noces, c'est parce que le Ciel est la conjonction des anges avec le Seigneur par l'amour, et la consociation des anges entre eux par la charité, et par suite la communication de tous les plaisirs et de toutes les félicités ; il en est de même de l'Église, parce que l'Église est le Ciel du Seigneur dans les terres : que le Ciel soit la conjonction des anges avec le Seigneur par l'amour, et aussi la consociation des anges entre eux par la charité, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 13 à 19 ; et que par suite il soit la communication de tous les plaisirs et de toutes les félicités, on le voit, N°s 396 à 400. Dans la Parole, il est dit ça et là qu'on mangera dans le Ciel, et par là dans le sens spirituel il est entendu qu'on jouira de la béatitude et de la félicité ; ainsi par manger il y est signifié la même chose que par souper ; par exemple, dans Luc : « Il en viendra d'Orient et d'Occident, et du Septentrion et du Midi, et ils s'assiéront à table dans le Royaume de Dieu. » — XIII. 29; — et dans Matthieu : « Beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident, et s'assiéront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des cieux. » — VIII. 11. — Ceux qui doivent venir de l'Orient, de l'Occident, du Septentrion et du Midi, sont tous ceux qui sont dans le bien de l'amour et par suite dans les vrais de la foi ; que les quatre plages, dans la Parole, signifient ceux-là, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 141 à 153 ; et que par Abraham, Isaac et Jacob, il soit entendu le Seigneur quant au Divin Même et au Divin Humain, on le voit dans les ARCANES CELESTES, N°s 1893, 4615, 6098, 6185, 6276, 6804, 6847; de là, s'asseoir à table avec eux, c'est être conjoint au Seigneur et être consocié les uns aux autres par l'amour, et par cette conjonction et cette consociation jouir de la béatitude et de la félicité éternelles, et cela d'après le Seigneur seul. Dans Luc : « Jésus dit : Que vos reins soient ceints, et vos lampes allumées, et vous, semblables à des hommes qui attendent leur Seigneur, quand il doit revenir des noces, afin que, quand il viendra et heurtera, ils Lui ouvrent : heureux ces serviteurs que le Seigneur, quand il viendra, trouvera veillant! en vérité je vous dis qu'il se ceindra et les fera mettre à table, et que s'approchant il les servira. » — XII. 35, et suiv. ; — par les reins, qui doivent être ceints, est entendu le bien de l'amour, Nos 3021, 4280, 9961; par les lampes, qui doivent être allumées, sont signifiés les vrais de la foi d'après le bien de l'amour, N°s 9548, 9551, 9783 ; par se ceindre, les faire mettre à table et les servir, il est signifié les gratifier de tout bien. Dans le Même : « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec Moi dans mes tentations; Moi, je dispose pour vous, comme mon Père a disposé pour Moi, un Royaume, afin que vous mangiez et buviez à ma table dans le Royaume de Dieu. »— XXII. 28, 29, 30 ; — manger et boire à la table du Seigneur dans le Royaume de Dieu, c'est être conjoint au Seigneur par l'amour et par la foi, et jouir de la béatitude céleste. Dans Matthieu : « Jésus dit : Je vous dis que je ne boirai point désormais de ce fruit du cep, jusqu’à ce jour où je le boirai avec vous nouveau dans le Royaume de mon Père. » — XXVI. 29 ; — ces paroles ont été dites par le Seigneur après qu'il eut institué la Sainte Cène ; et le fruit du cep signifie le Divin Vrai procédant du Divin Bien, et par suite la béatitude et la félicité. Ce qui est signifié par le Souper est pareillement signifié par le festin, dans Ésaïe : « Jéhovah fera à tous les peuples sur cette montagne un festin de graisses, un festin de vins délicats. » — XXV. 6 ; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur, le festin de graisses signifie l'appropriation et la communication des biens, et le festin de vins délicats signifie l'appropriation des vrais ; que les graisses signifient les biens de l'amour, on le voit, Nos 353, 5943,10033 ; et aussi les plaisirs de l'amour, N° 6409 ; et que le vin signifie le bien de la charité, qui dans son essence est le vrai, on le voit, Nos 1071,1798, 6377. Semblable chose est signifiée par les noces auxquelles furent invitées les dix vierges, dont il est parlé ainsi dans Matthieu : « Semblable est le Royaume des Cieux à dix vierges, qui, ayant pris leurs lampes, sortirent à la rencontre du Fiancé; cinq d'entre elles étaient prudentes, et cinq insensées. Les insensées, en prenant leurs lampes, n'avaient point pris d'huile avec elles; mais les prudentes avaient pris de l'huile dans leurs vases avec leurs lampes. Or, comme le Fiancé tardait, elles s'assoupirent toutes, et s'endormirent; mais au milieu de la nuit, il se fit un cri : Voici, le Fiancé vient; sortez à sa rencontre. Alors toutes ces vierges se réveillèrent et préparèrent leurs lampes ; or, les insensées dirent aux prudentes : Donnez-nous de votre huile, parce que nos lampes s'éteignent; mais les prudentes répondirent, disant : De peur que peut-être il n'y en ait pas assez pour nous et pour vous, allez plutôt vers ceux qui (en) vendent, et achetez-(en) pour vous. Or, pendant qu'elles en allaient acheter, le Fiancé vint, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec Lui aux noces; et la porte fut fermée. Et après cela vinrent aussi les autres vierges, disant : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais Lui, répondant, dit : En vérité, je vous dis : Je ne vous connais point. » — XXV. 1 à 12 ; — là, il s'agit de la Conjonction avec le Seigneur par l'amour et par la foi ; les noces aussi signifient cette conjonction ; l'huile signifie le bien de l'amour, et les lampes le vrai de la foi. Afin qu'il soit évident que dans chaque mot que le Seigneur a prononcé il y a un sens spirituel, je vais mettre à découvert ce que renferme ce passage quant à ce sens : Le Royaume des Cieux, auquel sont comparées les dix Vierges, signifie le Ciel et l'Église; les dix vierges signifient tous ceux qui sont de l'Église, dix signifie tous, et les vierges ceux qui sont dans l'affection du vrai et du bien spirituels, affection qui constitue l'Église ; de là vient que Sion et Jérusalem, par lesquelles est signifiée l'Église, sont dites vierges dans la Parole, ainsi vierge de Sion et vierge de Jérusalem, et que dans l'Apocalypse il est dit que des vierges suivent l'Agneau ; par les lampes, qu'elles prirent pour sortir à la rencontre du fiancé, sont signifiés les vrais de la foi ; par le fiancé est entendu le Seigneur quant à la conjonction avec le Ciel et l'Église par l'amour et la foi, car il s'agit de noces par lesquelles cette conjonction est signifiée; par les cinq vierges prudentes, et par les cinq insensées, sont signifiés ceux de l'Église qui sont dans la foi d'après l'amour, et ceux qui sont dans la foi sans l'amour, de même que par les prudents et par les insensés, dans Matthieu,—VII. 24, 26;—le milieu de la nuit, quand il se fit un cri, signifie le jugement dernier, et en général le dernier moment de la vie de l'homme, quand il sera jugé ou pour le Ciel ou pour l'Enfer; les insensées qui dirent alors aux prudentes « donnez-nous de votre huile, » et les prudentes qui répondirent « allez vers ceux qui en vendent, » signifient l'état de tous après la mort, en ce que ceux qui n'ont point le bien de l'amour dans la foi, ou le vrai de la foi d'après le bien de l'amour, veulent alors l'acquérir, mais en vain, parce que telle a été la vie de l'homme dans le monde, telle elle reste : par là on voit donc clairement ce qui est signifié par les prudentes qui furent introduites aux noces, et par les insensées qui dirent « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous, » et qui reçurent pour réponse « en vérité, je vous dis, je ne vous connais point ; » je ne vous connais point signifie que le Seigneur n'avait pas été conjoint avec eux, car c'est l'amour spirituel qui conjoint, et non la foi sans l'amour; en effet, le Seigneur a sa demeure chez ceux qui sont dans l'amour et par suite dans la foi, et il les connaît parce qu'il est Lui-Même dans l'amour et dans la foi.
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