| Apocalypse Expliquée 254. Comme aussi Moi j'ai vaincu, et je suis assis avec mon Père en son Trône, signifie comparativement comme le Divin Bien est uni au Divin Vrai dans le Ciel: on le voit par la signification de vaincre, lorsque cela se dit du Seigneur Lui-Même, en ce que c'est unir le Divin Bien au Divin Vrai ; comme cette union a été faite par des Tentations et des Victoires, c'est pour cela qu'il est dit comme Moi j'ai vaincu; que le Seigneur ait uni le Divin Bien au Divin Vrai par des Tentations admises dans son Humain, et alors par de continuelles Victoires, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 201, 293, 302. Si être assis avec mon Père en son Trône signifie le Divin Bien uni au Divin Vrai dans le Ciel, c'est parce que par le Père il est entendu par le Seigneur le Divin Bien qui a été en Lui par la conception, et par le Fils le Divin Vrai, l'un et l'autre dans le Ciel, et par le Trône le Ciel, comme ci-dessus ; ce Divin du Seigneur dans les Cieux est nommé Divin Vrai, mais c'est le Divin Bien uni au Divin Vrai ; qu'il en soit ainsi, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 13, 133, 139, 140. S'il est fait une comparaison des hommes de l'Église avec le Seigneur Lui-Même, quand il est dit : Celui qui vaincra, je lui donnerai de s'asseoir avec Moi en mon Trône, comme aussi Moi j'ai vaincu, et je suis assis avec mon Père en son Trône, c'est parce que la vie du Seigneur dans le Monde a été un modèle suivant lequel doivent vivre les hommes de l'Église, comme il le dit aussi Lui-Même dans Jean : « Un exemple je vous ai donné, afin que, comme Moi je vous ai fait, vous aussi vous fassiez. Si ces choses vous savez, heureux vous êtes, pourvu que vous les fassiez. » — XIII. 15, 17; — c'est de là que le Seigneur a fait aussi une comparaison avec Lui-Même dans d'autres passages, par exemple, dans ceux-ci; dans Jean : « Jésus dit: Comme M'a aimé le Père, Moi aussi je vous ai aimés; demeurez dans mon amour, comme Moi j'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. » — XV. 9,10; — dans le Même : « Du monde ils ne sont point, comme Moi du monde je ne suis point ; comme Tu M'as envoyé dans le monde, Moi aussi je les ai envoyés dans le monde.»—XVII. 16, 18 ; — dans le Même : « Comme le Père M'a envoyé, Moi aussi je vous envoie. » — XX. 21 ; — dans le Même : « Moi, la gloire que tu M'as donnée, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un, comme nous, nous sommes un; Moi en eux, et Toi en Moi. Père, ceux que Tu M'as donnés, je veux qu'où je suis, Moi, eux aussi soient avec Moi, afin qu'ils voient ma gloire que Tu M'as donnée. Je leur ai fait connaître ton Nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont Tu M'as aimé soit en eux, et Moi en eux. »— XVII. 22, 23, 24, 26 ; — si le Seigneur a parlé de la conjonction de Lui-Même avec les hommes, comme de la conjonction de Lui-Même avec le Père, c'est-à-dire de son Humain avec le Divin qui est en Lui, c'est par la raison que le Seigneur est conjoint non avec le propre de l'homme, mais avec ce qui est à Lui chez l'homme ; le Seigneur éloigne le propre de l'homme, et il donne du sien et habite dans ce qu'il a donné : que cela soit ainsi, c'est même ce qui est connu dans l'Église, comme on le voit par la prière et l'exhortation solennelles que l'on adresse à ceux qui approchent du Sacrement de la Cène, on y trouve ces paroles : « Si c'est avec un cœur vraiment pénitent, et une foi vive que nous recevons ce saint Sacrement, alors nous mangeons spirituellement la chair de Christ et nous buvons son sang, alors nous demeurons en Christ et Christ en nous, et nous sommes un avec Christ et Christ avec nous ; » et — Jean, VI. 56 ; — mais cela peut être mieux compris d'après les explications qui ont été données dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 11, 12 : maintenant donc, puisque le Divin du Seigneur, reçu par les Anges et par les hommes, fait le Ciel et l'Église chez eux, ils sont un avec le Seigneur, comme Lui et le Père sont un. Afin qu'on sache encore comment doit être entendu ce que dit le Seigneur, qu'il est assis avec son Père en son Trône, il faut savoir que le Trône de Dieu est le Ciel, comme il a été montré dans l'Article précédent, et que le Ciel est Ciel par le Divin qui procède du Seigneur, et que ce Divin est appelé Divin Vrai, mais est le Divin Bien uni au Divin Vrai, comme il a été dit ci-dessus; le Seigneur Lui-Même n'est pas dans le Ciel, mais il est au-dessus des Cieux, et il apparaît comme Soleil à ceux qui sont dans les Cieux ; s'il apparaît comme Soleil, c'est parce qu'il est le Divin Amour, et que le Divin Amour apparaît aux Anges comme un Feu Solaire, de là aussi le Feu sacré dans la Parole signifie l'Amour Divin; du Seigneur Même comme Soleil procèdent une Lumière et une Chaleur ; la Lumière qui procède, étant la Lumière spirituelle, est le Divin Vrai, et la Chaleur, étant la Chaleur spirituelle, est le Divin Bien ; ce Divin , à savoir, le Divin Bien, est signifié par le Père dans les Cieux : que le Seigneur soit le Soleil du Ciel, et que la Lumière et la Chaleur qui en procèdent soient le Divin Vrai uni au Divin Bien, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 116 à 125, et 126 à 140; et que le Ciel soit Ciel par le Divin qui procède du Seigneur, on le voit, N°s 7 à 12 : d'après cela, on peut voir ce qui est entendu dans la Parole par le Père dans les Cieux, et par le Père Céleste, comme dans Matthieu : « Faites du bien à vos ennemis, afin que tous soyez des fils de votre Père qui (est) dans les Cieux. »— V. 44, 45 ; —dans le Même : « Soyez parfaits, comme votre Père dans les Cieux est parfait. » — V. 48;— dans le Même : « Vous qui êtes méchants, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les Cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui (les) Lui demandent? » — VII. 11 ; — dans le Même : « Celui qui fait la volonté du Père qui est dans les Cieux, entrera dans le Royaume des Cieux. » — VII. 21 ; — dans le Même : « Toute plante que le Père Céleste n'a point plantée est déracinée. » — XV. 13 : — et en outre ailleurs, comme — Matth. V. 16, VI. 1, 6, 8. XII. 49. XVI. 17. XVIII. 14, 19, 35. Marc, XI. 25, 26. Luc, XI. 13. —Que ce soit le Divin Bien qui est entendu par le Père, on peut aussi le voir par ce passage dans Matthieu : « Ne méprisez aucun de ces petits, car leurs Anges voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les Cieux. »— XVIII. 10 ; — voir la face du Père qui est dans les Cieux, c'est recevoir le Divin Bien qui procède du Seigneur; qu'ils ne voient pas la face du Père, cela est constant d'après les Paroles du Seigneur dans Jean : « Personne n'a jamais vu le Père, » — I. 18. V. 37. VI. 46. — La même chose peut encore être évidente d'après ce passage dans Matthieu : « Votre Père n'appelez point (qui que ce soit) sur la terre, car un seul est votre Père, Celui qui est dans les Cieux. » — XXIII. 9 ; — qu'il n'ait été défendu à personne d'appeler père son père sur la terre, cela est bien évident, et le Seigneur ne le défend pas dans ce passage, mais cela a été dit, parce que par Père il est entendu le Divin Bien, et que « personne n'est Bon, si ce n'est Dieu seul. » — XIX. 17 : — si le Seigneurs a parlé ainsi, c'est parce que, dans la Parole de l'un et de l'autre Testament, par Père dans le sens spirituel il est entendu le Bien, voir N°s 3703, 5902, 6050, 7833, 7834 ; et aussi le Ciel et l'Église quant au bien, Nos 2691, 2717, 3703, 5581, 8897; et par Père, quand il s'agit du Seigneur, le Divin Bien de son Divin Amour, N°s 2803, 3704, 7499, 8328, 8897.
|