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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 239. 

Et aveugle et nu, signifie qu’ils sont sans entendement du vrai, et sans entendement ni volonté du bien : on le voit par la signification de l’aveugle, en ce qu'il désigne ceux qui sont sans entendement du vrai, ainsi qu'il va être montré; et par la signification du nu, en ce qu'il désigne ceux qui sont sans volonté du bien, par conséquent aussi sans entendement du bien, comme il sera aussi montré. Que ceux qui sont dans la Doctrine de la foi seule et de la justification par cette foi, soient sans entendement du vrai, on peut le voir en ce que la foi seule ou la foi sans la charité ne réside pas ailleurs que dans la mémoire, et que rien de ce qui appartient à cette foi ne réside dans l'entendement ; c'est pour cela même que ceux qui la professent éloignent des choses de foi l'entendement, en disant qu'on doit croire ces choses, et que l'entendement n'a rien à faire avec elles ; ainsi ils peuvent dire tout ce qu'ils veulent, lors même que ce serait ce qu'il y a de plus faux, pourvu qu'ils sachent apporter en confirmation quelque chose du sens littéral de la Parole, dont ils ignorent le sens spirituel ; il y a de caché en cela quelque chose qui ressemble au statut des Chefs des catholiques-romains, qui est, que tous dépendent de ce qu'ils disent, persuadant ainsi qu'eux savent et voient, lorsque cependant ils ne voient rien ; ceux donc qui ne voient pas, c'est-à-dire, qui ne comprennent pas les choses qu'ils croient, sont les aveugles : de là vient aussi qu'ils ne peuvent pas perfectionner la vie par les choses qui doivent appartenir à la foi; car le chemin pour la vie de l'homme est l'entendement; l'homme ne devient pas spirituel par un autre chemin : tous ceux qui sont dans le Ciel voient les vrais par l'entendement, et de la sorte ils les reçoivent; ceux qu'ils ne voient pas par l'entendement, ils ne les reçoivent pas ; et alors si quelqu'un leur dit qu'ils doivent avoir foi, quoiqu'ils ne voient ou ne comprennent, point, ils se détournent en disant : « Qu'est-ce que cela? ce que je vois ou comprends, je le crois ; mais ce que je ne vois ou ne comprends pas, je ne puis le croire, peut-être sont-ce des faux qui détruisent la vie spirituelle. » Que ceux qui sont dans la Doctrine de la foi seule et de la justification par cette foi, soient sans entendement du bien, parce qu'ils sont sans volonté du bien, ou peut le voir en ce qu'ils ne savent absolument rien de la charité à l'égard du prochain, par conséquent rien du bien, car tout bien spirituel vient de la charité, et il n'y en a aucun sans elle; ceux donc qui séparent la foi d'avec la charité, en disant que la charité ne fait rien pour le salut, mais que c'est la foi seule qui le procure, ignorent absolument ce que c'est que le bien, parce qu'ils ignorent ce que c'est que la charité, lorsque cependant le bien spirituel, et l'affection de ce bien, qui est nommée charité, sont la vie spirituelle même de l'homme, et que sans la charité la foi est nulle; de là il est évident qu'ils sont sans entendement du bien ; que cela vienne de ce qu'ils sont sans volonté du bien, c'est parce qu'ils se disent justes ou justifiés quand ils ont la foi, et par justifiés ils entendent non-damnables pour aucune des choses qu'ils pensent et veulent, parce qu'ils ont été réconciliés avec Dieu ; ils croient donc, — car cela résulte de l'enchaînement avec le principe, — que les méchants sont également sauvés comme les bons, pourvu qu'ils reçoivent la foi, lors même que ce serait aux derniers instants de la vie; les arcanes de cette doctrine consistent en ce qu'ils parlent des degrés progressifs de la Justification, non d'après quelque vie de l'homme, ou d'après quelqu'affection de sa charité, mais d'après la foi seule sur la réconciliation de Dieu le Père par le Fils, foi qu'ils nomment confiance ou assurance, et foi salvifique même, ne sachant pas qu'en elle il n'y a rien de la vie spirituelle, s'il n'y a rien de la charité; ce qui chez eux est perçu intérieurement, ou manifesté dans la confiance, ne tire néanmoins rien de l'affection spirituelle, mais vient d'une pensée naturelle au sujet de la joie ou de la non-damnation. En outre, il n'y a aucune volonté du bien chez ceux qui ne savent rien du bien de la charité, et ceux qui ne savent rien du bien de la charité ne savent rien du mal, car le bien dévoile le mal; c'est pourquoi, ils ne peuvent pas non plus s'examiner, voir leurs maux, ni par conséquent les fuir et les avoir en aversion ; de là vient qu'ils lâchent tous les freins à leur pensée et à leur volonté, et qu'ils se gardent seulement de faire les maux à cause des lois, et de la perte de la réputation, de l'honneur, du lucre et de la vie ; il en résulte que, lorsque ces mêmes hommes deviennent esprits et que ces craintes leur sont ôtées, ils s'associent avec les diables, car ils pensent et veulent comme eux, puisqu'ils ont pensé ainsi dans le monde; dans l'homme, en effet, c'est l'esprit qui pense : il en est tout autrement de ceux qui ont eu la vie de la charité. De plus, ceux qui se croient justifiés par la foi seule s'imaginent être conduits par Dieu, et par suite faire le bien, disant que tout bien vient de Dieu, et qu'il n'en vient aucun de l'homme, et qu'autrement le bien serait méritoire, ne sachant pas qu'il doit y avoir réception de la part de l'homme, et que la réception n'est pas possible, si l'homme ne fait attention ni à ses pensées, ni à ses intentions, ni aux faits qui en résultent, et alors ne se désiste des maux et ne fait le bien, ce qui a lieu quand il considère les vrais qu'il connaît d'après la Parole et vit selon ces vrais : si cela n'a pas lieu, il n'y a aucun réciproque, ni par conséquent aucune réformation ; à quelle autre chose les préceptes du Seigneur dans la Parole servent-ils? Si l'homme peut faire cela, c'est aussi par le Seigneur, car cette faculté est à chaque homme par la Divine présence du Seigneur, et par la Volonté qu'il a d'être reçu. En somme, si l'homme ne reçoit pas par l'entendement et la volonté, ou par la pensée et l'affection, ou, ce qui est la même chose, par la foi et l'amour, il n'y a pas de sa part réception, ni conséquemment conjonction avec le Seigneur : chacun sait que le Seigneur est continuellement présent avec le bien, et veut être reçu, mais qu'il ne peut influer là où tous les freins sont lâchés aux pensées ; mais il influe seulement là où les pensées et les intentions, qui appartiennent à la convoitise, sont réprimées par les vrais d'après la Parole. Que le Seigneur soit continuellement présent avec le bien et veuille être reçu, c'est ce qu'il enseigne Lui-Même dans la suite de ce Chapitre, où il dit : « Voici, je me tiens à la porte et je heurte; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, et je souperai avec lui et lui avec Moi. » — Vers. 20 ; — ouvrir la porte, c'est la réception de la part de l'homme, ainsi qu'il vient d'être dit. Le Seigneur enseigne aussi la même chose ailleurs dans la Parole ; par exemple, dans Jean : « Celui qui M'aime garde mes paroles, et mon Père l'aimera, et vers lui nous viendrons, et demeure chez lui nous ferons : celui qui ne M'aime pas ne garde pas mes paroles. » — XIV. 23, 24. —Dans Matthieu : « Celui qui a été ensemencé dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et la comprend, et qui porte du fruit et fait, » — XIII 23. — Dans Marc : « Ceux qui ont été ensemencés dans la bonne terre sont ceux qui entendent la parole, et reçoivent, et portent du fruit, » - IV. 20. — Comme c'est la réception de la part de l'homme, qui le conjoint avec le Seigneur, et ainsi le fait spirituel, c'est pour cela que le Seigneur, quand il prononça ces paroles, s'écria en disant : « Qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende, » — Matth. XIII. 9. Marc, IV. 9. Luc, VIII. 8. — Que les Aveugles signifient ceux qui ne sont dans aucun entendement du vrai, et que les Nus signifient ceux qui ne sont dans aucun entendement du bien parce qu'ils ne sont dans aucune volonté du bien, on le voit par plusieurs passages de la Parole, que je veux rapporter, afin qu'on sache aussi par là que la Parole est spirituelle dans son sein et naturelle dans sa lettre, et qu'en conséquence le sens littéral de la Parole, qui est le sens naturel, renferme en soi un sens spirituel. Que les Aveugles signifient ceux qui ne sont clans aucun entendement du vrai, on le voit par les passages suivants; dans Ésaïe : « Alors entendront en ce jour-là les sourds les paroles du Livre, et (délivrés) de l'obscurité et des ténèbres les yeux des aveugles verront. » — XXIX. 18 ; — là il s'agit de la restauration de l'Église; et par les sourds, qui entendront les paroles du livre, sont désignés ceux qui veulent obéir aux vrais et par suite mener la vie du bien, mais qui ne le peuvent parce qu'ils n'ont point la Parole; et par les aveugles dont les yeux, qui sont dans l'obscurité et dans les ténèbres, verront, sont entendus ceux qui ne sont pas dans l'entendement du vrai parce qu'ils sont dans l'ignorance, et qui alors comprendront ; que ce ne soient ni des sourds ni des aveugles qui sont entendus, cela est bien évident. Dans le Même : « Voici, votre Dieu pour la vengeance viendra, pour la rétribution de Dieu; Lui viendra, et il vous sauvera ; alors seront Ouvert les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds seront ouvertes ; dans le désert jailliront des eaux, et des torrents dans la plaine du désert. » — XXXV. 4,5,6; — ces paroles sont dites de l'avènement du Seigneur, en ce que ceux qui alors croiront en Lui seront sauvés; les yeux des aveugles, qui seront ouverts, signifient que ceux qui ne sont pas dans l'entendement du vrai comprendront alors ; les oreilles des sourds, qui seront ouvertes, signifient que ceux qui ne sont ni dans la perception ni dans la volonté du bien, obéiront alors et vivront dans le bien ; c'est pour cela qu'il est dit, « dans le désert jailliront des eaux, et des torrents dans la plaine du désert;» le désert signifie où il n'y a point de bien parce qu'il n'y a point de vrai ; les eaux signifient les vrais, et les torrents l'intelligence qui procède des vrais. Dans le Même : « Je Te donnerai pour alliance avec le peuple, pour lumière des nations, afin d'ouvrir les yeux aveugles, et de tirer de la prison l'enchaîné : Moi, (je suis) Jéhovah, c'est là mon Nom, et ma gloire à un autre je ne donnerai point. » — XLII. 6, 7, 8 ; — ces choses sont dites aussi du Seigneur et de l'instauration de l'Église par Lui chez les nations ; les yeux aveugles qu'il ouvrira signifient qu'alors ceux qui étaient auparavant dans l'ignorance comprendront les vrais; et l'enchaîné, qu'il tirera de la prison, signifie qu'il les tirera de l'ignorance et des faux; par « Moi, je suis Jéhovah, c'est là mon Nom, et ma gloire à un autre je ne donnerai point,» il est entendu que le Divin Même prendra sur soi l'Humain. Dans le Même : « Je conduirai les aveugles dans un chemin qu'ils n'ont point connu; dans des sentiers qu'ils n'ont point connus je les conduirai; je changerai leurs ténèbres en lumière. » — XLII. 16; — les aveugles ici désignent aussi ceux qui ne sont dans aucun entendement du vrai ; les vrais et les biens du vrai, qu'ils doivent recevoir, sont signifiés en ce qu'ils seront conduits dans un chemin et dans des sentiers qu'ils n'ont point connus; la dissipation du faux de l'ignorance et l'illustration sont signifiées par «je changerai leurs ténèbres en lumière. » Dans le Même : « De l’Orient j'amènerai ta semence, et de l'Occident je te rassemblerai; je dirai au Septentrion: Donne ; et au Midi : Ne retiens point; amène mes fils de loin, et mes filles de l'extrémité de la terre; quiconque est appelé de mon Nom, je l'ai créé, je l'ai formé, même je l'ai fait; fais sortir le peuple aveugle, qui a des yeux; et les sourds, qui ont des oreilles. » — XLIII. 5, 6, 7, 8; — ces choses sont dites aussi de l'instauration de l'Église chez les nations par le Seigneur ; amener la semence de l'Orient, de l'Occident, du Septentrion et du Midi, c'est les amener tous, de quelque religion qu'ils soient ; car l'Orient et l'Occident signifient où le bien de l'amour est clair et obscur, et le Septentrion et le Midi, où le vrai de la foi est dans l'obscur et dans la clarté; ici sont entendus ceux qui sont dans l'obscur par ignorance, car il est dit : « Amène mes fils de loin, et mes filles de l'extrémité de la terre; » sont appelés fils ceux qui reçoivent les vrais, et filles ceux qui reçoivent les biens ; « de loin et de l'extrémité de la terre, » signifie qui étaient éloignés des vrais et des biens de l'Église ; « quiconque est appelé de mon Nom, je l'ai créé, je l'ai formé, même je l'ai fait, » signifie que tous ceux qui reconnaissent le Seigneur seront reçus et réformés par Lui ; ce sont donc eux qui sont entendus par les Aveugles qui ont des yeux, et par les Sourds qui ont des oreilles. Dans le Même : « Nous attendions la lumière, mais voici, des ténèbres; dans l'obscurité nous marchons, nous tâtonnons comme les Aveugles la muraille, et comme ceux qui n'ont pas d'yeux nous tâtonnons; nous bronchons à midi comme au crépuscule, parmi les vivants comme des morts. » — LIX. 9,10; — ici pareillement les Aveugles signifient ceux qui ne sont pas dans l'entendement du vrai; les ténèbres et l'obscurité sont les faux ; broncher à midi comme au crépuscule, c'est errer dans les faux quoiqu'ils puissent être dans la lumière d'après la Parole. Dans le Même : « Ses sentinelles sont toutes des aveugles; ce sont des pasteurs qui ne savent point comprendre. » — LVI. 10, 11 ; — là aussi, les Aveugles signifient ceux qui ne comprennent pas les vrais, quoiqu'ils aient la Parole; que les Aveugles signifient ceux-là, c'est évident, car il est dit « ils ne savent point comprendre. » Dans Jérémie : « Je vais les ramener de la terre du Septentrion, parmi eux l'aveugle et le boiteux; en pleurs ils viendront, et en prières je les ramènerai ; je les conduirai aux fontaines des eaux par un chemin de droiture. » — XXXI. 8, 9 ; — la terre du Septentrion, c'est où il y a le faux de l'ignorance; et parce qu'ils sont dans ce faux, ils sont appelés Aveugles; je les conduirai aux fontaines des eaux par un chemin de droiture, signifie qu'ils seront conduits aux vrais. Dans les Lamentations : « Jéhovah a allumé dans Sion un feu qui a dévoré ses fondements, à cause des péchés de ses prophètes, des iniquités de ses prêtres ; ils ont erré Aveugles dans les rues, ils ont été souillés par le sang, les choses qu'ils ne peuvent (toucher), ils les touchent de leurs vêtements. » — IV. 11, 13,14 ; — Sion est l'Église; le feu qui dévorera ses fondements est l'amour de soi qui dispersera toutes les connaissances du vrai ; les péchés des prophètes et les iniquités des prêtres sont les perversités de ceux qui enseignent les vrais et les biens; errer aveugles dans les rues, signifie que par suite ils ne comprendront rien du vrai ; le sang par lequel ils ont été souillés, c'est la falsification du vrai et l'adultération du bien dans la Parole; ils touchent de leurs vêtements les choses qu'ils ne peuvent toucher, signifie la profanation du bien et du vrai par les maux et par les faux. Dans Zacharie : « En ce jour-là, je frapperai tout cheval de stupeur, et son cavalier de folie ; tout cheval des peuples, je le frapperai d'aveuglement. » — XII. 4; — le cheval signifie l'intellectuel, et le cavalier l'intelligent, d'où l'on voit ce que signifie frapper tout cheval de stupeur, et le cheval des peuples d'aveuglement, et le cavalier de folie ; que le cheval signifie l'intellectuel, on le voit dans l'Opuscule du CHEVAL BLANC, Nos 1 à 6. Dans David : « Jéhovah délie les enchaînés, Jéhovah ouvre les (yeux des) Aveugles. »— Ps. CXLVI. 7, 8 ; — sont dits enchaînés ceux qui sont dans les faux et désirent en être délivrés ; les Aveugles sont ceux qui par suite ne sont pas dans l'entendement du vrai ; ouvrir leurs yeux, c'est faire qu'ils comprennent. Dans Jean : «  Ésaïe a dit : Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, de peur qu'ils ne voient des yeux et ne comprennent du cœur. » -XII. 40 ; — qu'aveugler les yeux de peur qu'ils ne voient de leurs yeux, ce soit de peur qu'ils ne comprennent les vrais, cela est évident. Dans le Même : « Jésus dit : Pour jugement, Moi, dans ce monde je suis venu, afin que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. Ils lui dirent : Et nous, sommes-nous Aveugles? Jésus dit : Si vous étiez Aveugles, vous n'auriez point de péché; mais maintenant vous dites : Nous voyons; c'est pourquoi votre péché demeure. » - IX. 39, 40, 41 ; — par ceux qui ne voient point sont entendus ceux qui sont hors de l'Église et ne connaissent point les vrais parce qu'ils n'ont point la Parole, par conséquent les Nations ; mais par ceux qui voient sont entendus ceux qui sont au dedans de l'Église et ont la Parole, par conséquent les Juifs; il est dit de ceux-ci qu'ils deviendront Aveugles, et de ceux-là qu'ils verront : s'il est ajouté que leur péché demeure parce qu'ils ne sont pas aveugles mais qu'ils voient, c'est parce qu'ils sont dans l'Église ou est la Parole, et que cependant ils ne veulent ni voir ni reconnaître les vrais, ni par conséquent le Seigneur : de là vient que les Scribes et les Pharisiens chez les Juifs ont été appelés par le Seigneur, aveugles conducteurs d'aveugles, — Matth. XV. 14. Luc, VI. 39 ; —et conducteurs aveugles, insensés et aveugles, — Matth. XXIII. 16, 17,19, 24. — Dans Jean : « Jésus vit un homme aveugle de naissance ; il dit à ses disciples : Tant que dans le monde je suis, Lumière du monde je suis ; ayant dit cela, il cracha à terre et fit un limon avec son crachat, et il oignit de ce limon les yeux de l'Aveugle, et il lui dit : Va, lave-toi dans la piscine de Siloé. Il y alla donc, et se lava, et il revint voyant. » — IX. 1,4 à 7 ; — pourquoi cela a été fait ainsi par le Seigneur, personne ne le comprend, sinon celui qui sait le sens interne où spirituel de la Parole; dans ce sens, par l'Aveugle de naissance sont entendus ceux qui sont nés hors de l'Église, et qui par suite n'ont pu rien savoir touchant le Seigneur, ni être instruits d'après la Parole; le limon, qu'il fit à terre avec son crachat, signifie la réformation par les vrais d'après le sens littéral de la Parole ; la terre est l'Église où est la Parole ; le limon est le Divin dernier qui forme ; oindre avec le limon les yeux de l'Aveugle, c'est donner par là l'entendement du vrai ; la piscine de Siloé signifie aussi la Parole dans la lettre ; s'y laver, c'est être purifié des faux et des maux ; que ce soit là ce qui est entendu par ces paroles, c'est ce qui a été caché jusqu'à présent. Que la terre signifie l'Église, on le voit, Nos 566, 10570 ; voir aussi que le limon signifie le bien d'où procède le vrai, ainsi le bien qui forme, Nos 1300, 6669 ; que la piscine de Siloé signifie la Parole dans le sens de la lettre, cela est évident dans Ésaïe, VIII. 6 : de même en général les piscines qui étaient dans Jérusalem,—Ésaïe, XXII. 9, 11.—Dans Marc : « Jésus vint à Bethsaïda, et on lui amena un Aveugle, et on le supplia de le toucher; et ayant pris la main de l'Aveugle, il le mena hors de la bourgade, et après avoir craché dans ses yeux, il lui demanda s'il voyait quelque chose. Celui-ci, regardant, dit : Je vois les hommes, comme des arbres, marchant; puis de nouveau il mit les mains sur ses yeux, et il le fit regarder; alors il fut rétabli, et il (les) vit distinctement tous. » — VIII. 22 à 27 ; — ce que cela enveloppe ne peut non plus être compris que d'après le sens interne ou spirituel de la Parole ; celui qui ne comprend pas ce sens ne voit autre chose, sinon que cela a été fait ainsi, et n'y pense peut-être que tout-à-fait sensuellement ; mais toutes les paroles que le Seigneur a prononcées, et toutes les choses qu'il a faites dans le monde, contenaient les spirituels en ordre depuis les suprêmes jusqu'aux derniers, ainsi pleinement; il en est de même de tous les Miracles, et des descriptions qui en sont faites ; les Aveugles que le Seigneur guérissait, signifiaient ceux qui sont spirituellement Aveugles, c'est-à-dire, ceux qui ne savent et ne comprennent pas les vrais ; si cet Aveugle a été mené hors de la bourgade de Bethsaida, c'était parce que Bethsaïda signifiait la damnation à cause de la non-réception du Seigneur; cracher dans ses yeux, signifie la même chose que ci-dessus faire du limon avec un crachat ; lui toucher ensuite les yeux, signifie illustrer d'après le Divin ; de là vient que l'aveugle vit d'abord « les hommes, comme des arbres, marchant, » ce qui signifie la perception commune et obscure du vrai d'après le sens de la lettre; les arbres signifient aussi les connaissances, et marcher signifie vivre; quand ensuite, ayant été touché par le Seigneur, il les vit distinctement tous, cela signifie qu'après l'instruction et l'illustration par le Seigneur on comprend les vrais : ce sens est dans ces choses, et ce sens est perçu par les Anges. Que la bourgade de Bethsaïda signifie la damnation à cause de la non-réception du Seigneur, on le voit clairement dans Matthieu, Chap, XL 21; et dans Luc, Chap. X. 13 ; que le Toucher signifie la communication et la translation, mais ici l'illustration, parce que ce sont les yeux qui ont été touchés, on le voit ci-dessus, N° 79 ; que les Arbres signifient les connaissances, on le voit dans les AR­CANES CELESTES, Nos 2722, 2972, 7692; Marcher signifie vivre, Nos 519, 1794, 8417, 8420, et ci-dessus, N° 97. En outre, par tous les Aveugles que le Seigneur a guéris, sont entendus ceux qui sont dans l'ignorance et reçoivent le Seigneur, et sont illustrés par Lui au moyen de la Parole ; et, en général, tous les Miracles du Seigneur signifient des choses qui appartiennent au Ciel et à l'É­glise, par conséquent des spirituels ; c'est de là que les Miracles du Seigneur ont été Divins ; car le Divin, c'est d'agir d'après les premiers, et de les présenter dans les derniers : d'après ce qui précède on voit clairement ce qui a été signifié par les Aveugles que le Seigneur a guéris, et dont il est parlé, — Matth. IX. 27 à 31. XII.. 22. XX, 29 à 34. XXI. 14. Marc, X. 46 à 52. Luc, VII. 2l, 22, 23. XVIII. 35 à 43. — Puisque les Aveugles signifient ceux qui ne sont pas dans les connaissances du vrai, et qui par suite ne sont dans aucun entendement du vrai, c'est pour cela que parmi les lois et les statuts, qui furent donnés aux fils d'Israël, il y avait : « Qu'aucun Aveugle d'entre les fils d'Aharon et des Lévites ne s'approcherait pour offrir le pain de son Dieu, » c'est-à-dire, pour faire le sacrifice. — Lévit. XXI. 18 : — « Que ce qui serait Aveugle ne serait pas offert. » — Lévit. XXII. 22. Deut. XV. 21 ; — pareillement, « On ne devait mettre devant un Aveugle rien qui pût le faire broncher. » — Lévit, XIX. 14 : - « Que celui qui ferait égarer un Aveugle serait maudit. »

*   Deutér. XXVII. 18 : — si ces lois ont été portées, c'était parce que l'Église chez eux avait été instituée Église Représentative, dans laquelle toutes les choses représentaient des spirituels, parce qu'elles correspondaient aux spirituels. C'est aussi pour cela que la malédiction suivante a été prononcée contre ceux qui ne gardent point les commandements ; dans Moïse : « Si tu n'obéis point à la voix de ton Dieu pour prendre garde à faire tous ses préceptes, Jéhovah te frappera de fureur, et d'aveuglement et de stupeur de cœur, afin que tu sois tâtonnant à midi, comme tâtonne l'Aveugle dans les ténèbres. »—Deutér. XXVIII. 15,28, 29:—par là aussi il est entendu que ceux qui n'obéissent point à la voix du Seigneur, à savoir, qui ne font point ce qu'il a ordonné dans la Parole, seront frappés d'aveuglement et de stupeur spirituels; l'aveuglement spirituel des yeux et la stupeur spirituelle de cœur, consistent à n'avoir aucun entendement du vrai ni aucune volonté du bien ; tâtonner à midi, c'est être tel dans l'Église où la lumière du vrai est donnée par la Parole; que midi signifie où le vrai est dans la lumière, on le voit, N° 9642 ; et dans le TRAITE DU CIEL ET DE L’ENFER, Nos 148,149, 151.



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