| Apocalypse Expliquée 212. Voici, je ferai que ceux-là viendront et adoreront à tes pieds, signifie leur état après la mort, en ce qu'ils seront au dehors du ciel ne devant point y être admis : on le voit par la série des choses qui précèdent et de celles qui suivent ; dans ce Verset, il s'agit de ceux qui se disent être dans les vrais, lorsque cependant ils sont dans les faux, parce qu'ils ne sont dans aucune charité ; il est dit de ceux-ci, dans la Parole, qu'ils doivent venir à la porte et heurter, mais qu'ils ne seront pas admis; venir à la porte et heurter, c'est adorer aux pieds : s'il est dit à tes pieds, c'est parce que le Ciel dans tout le complexe ressemble à un seul homme, le Ciel suprême ou le troisième Ciel ressemble à la Tête, le second ou le moyen, au Corps, et le dernier ou le premier, aux Pieds ; c'est pourquoi, se tenir aux pieds et adorer, c'est être au dehors du ciel et vouloir y être admis, mais ne pas pouvoir : que les cieux dans tout le complexe ressemblent à un seul Homme, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 59 à 67 et suiv.; voir aussi, qu'il y a trois Cieux, Nos 29 à 40; et que le Ciel suprême forme la Tête, le Ciel moyen le Corps, et le dernier les Pieds, N° 65 ; d'après ces explications, on voit clairement pourquoi il est dit se tenir aux pieds, quand on est au dehors du Ciel. S'ils ne peuvent être admis, c'est parce que le Ciel tout entier a été formé selon les affections du bien et du vrai, et a été distingué en sociétés selon toutes les différences de ces affections; ceux donc qui ne sont pas dans la charité, ne sont dans aucune affection dans laquelle il y ait le Ciel, car la charité ou l'amour à l'égard du prochain est l'affection; aussi leur place est-elle non dans le Ciel mais hors du Ciel, et ceux d'entre eux qui ont été dans les maux et dans les faux sont conjoints, selon leurs amours ou leurs affections, à ceux qui sont dans les enfers, et ils y sont jetés. Qu'un tel sort attende ceux qui sont dans la foi seule et ne sont dans aucune charité, c'est ce qui a été prédit par le Seigneur dans plusieurs passages; par exemple, dans Matthieu : « Tout arbre qui ne fait pas du fruit bon est coupé et jeté au feu; donc par leurs fruits vous les connaîtrez. Non pas quiconque me dit, Seigneur, Seigneur, entrera dans le Royaume des Cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Pire qui (est) dans les Cieux, Plusieurs médiront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, par ton Nom n'avons-nous pas prophétisé, et par ton Nom les démons n'avons-nous pas chassé? et en ton Nom beaucoup d'actes de puissance n'avons-nous pas fait? et alors je leur dirai : Je ne vous ai jamais connus; retirez-vous de Moi, vous tous ouvriers d'iniquité. Quiconque donc entend mes paroles et les fait, je le comparerai à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc ; mais quiconque entend mes paroles, et ne les fait pas, sera comparé à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. » — VII. 19 à 27 ; - ici sont décrits ceux qui sont dans la foi d'après la charité, et ceux qui sont dans la foi et ne sont dans aucune charité; ceux qui sont dans la foi d'après la charité, par l'arbre qui fait du fruit bon, et par la maison qui est bâtie sur le roc; les fruits aussi signifient dans la Parole les œuvres de la charité, et le roc la foi d'après la charité : mais ceux qui sont dans la foi séparée d'avec la charité sont entendus par l'arbre qui ne fait pas du fruit bon, et par ceux qui bâtissent leur maison sur le sable; les mauvais fruits aussi signifient dans la Parole les œuvres mauvaises, et le sable la foi séparée d'avec la charité; il est dit de ceux-ci, qu'ils s'écrieront : Seigneur! Seigneur! ouvre-nous; mais qu'ils recevront pour réponse : Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de Moi, vous tous ouvriers d'iniquité. Pareillement dans Luc : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite; car beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront point : après que le Maître de maison se sera levé, et aura fermé la porte, et vous commencerez à vous tenir en dehors et à heurter à la porte, en disant : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais, répondant, il dira : Je ne sais d'où vous êtes. Alors vous commencerez à dire : Nous avons mangé devant Toi, et nous avons bu, et dans nos places tu as enseigné; mais il dira : Je vous dis, je ne sais d'où vous êtes; retirez-vous de Moi, vous tous ouvriers d'iniquité.»—XIII. 24, 25, 26, 27; — ici, il s'agit aussi de ceux qui sont dans la foi et non dans la charité ; il est dit, à leur sujet, qu'ils se tiendront dehors et heurteront à la porte, mais qu'ils ne seront pas admis ; manger et boire devant le Seigneur et être enseigné dans les places, signifie écouter la Parole et les prédications d'après la Parole, et savoir les choses qui doivent constituer la foi ; mais comme ils ne sont dans aucune charité, il leur est dit : Je ne sais d'où vous êtes, retirez-vous; car tous sont connus du Seigneur d'après l'amour et non d'après la foi séparée. La même chose est entendue « par les cinq vierges insensées qui n'avaient point d'huile dans leurs lampes, et au sujet desquelles il est dit aussi, qu'elles vinrent en disant : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous; mais le Seigneur répondit : En vérité, je vous dis : Je ne vous connais point. » — Matth. XXV. 1 à 12; — les vierges, dans la Parole, signifient ceux qui sont de l'Église ; les lampes, les choses qui appartiennent à la foi ; et l'huile, le bien de l'amour; de là, les cinq vierges insensées, qui n'avaient point d'huile dans les lampes, signifient ceux qui sont dans la foi et non dans l'amour. La même chose est aussi signifiée par « les boucs à gauche, auxquels le Seigneur dit qu'il a eu faim et soif, et qu'ils ne lui ont donné ni à manger, ni à boire; qu'il a été voyageur, et qu'ils ne l'ont point recueilli; qu'il a été nu, et qu'ils ne l'ont point recouvert; qu'il a été malade et en prison, et qu'ils ne l'ont point visité. » — Matth. XXV. 41, 42, 43; — là, les brebis qui sont à droite signifient ceux qui sont dans la charité, et les boucs ceux qui sont dans la foi et ne sont dans aucune charité; que ceux-ci soient signifiés par les boucs, on le voit, N° 4769, et ceux-là par les brebis, Nos 4169, 4809.
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