| Apocalypse Expliquée 195. Tu as quelque peu de noms aussi dans Sardes, qui n'ont point souillé leurs vêtements, signifie ceux qui mènent une vie morale d'origine spirituelle, en ce qu'ils appliquent aux usages de leur vie les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole : on le voit par la signification du nom, en ce qu'il est la qualité de l'état de la vie de l'homme, N° 148 ci-dessus, ici donc les noms signifient les hommes qui sont tels ; par la signification de l'Église dans Sardes, en ce que ce sont ceux qui mènent une vie morale mais non spirituelle, parce qu'ils estiment peu les connaissances du vrai et du bien tirées de la Parole, comme aussi ci-dessus, N° 182 ; mais ici il est entendu ceux qui mènent une vie morale d'origine spirituelle, car il est dit, gui n'ont point souillé leurs vêtements ; et par la signification des vêtements, en ce qu'ils sont les vrais scientifiques et les connaissances qui sont dans l'homme naturel, ainsi qu'il va être expliqué ; de là « ne point souiller ses vêtements » signifie vivre homme moral non pour soi-même et le monde, ce qui est seulement pour le corps et pour la vie du corps, mais pour le Seigneur et pour le Ciel, ce qui est pour l'âme et pour la vie de l'âme ; il est donc évident que par « tu as quelque peu de noms aussi dans Sardes, qui n'ont point souillé leurs vêtements, » sont signifiés ceux qui sont tels, à savoir, qui mènent une vie morale d'origine spirituelle, en ce qu'ils appliquent aux usages de leur vie les connaissants du vrai et du bien d'après la Parole. Mais, comme il en est peu qui sachent ce que c'est que mener une vie morale d'origine spirituelle, et ce que c'est qu'appliquer aux usages de sa vie les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole, cela va par conséquent être dit : L'homme vit d'une vie morale d'origine spirituelle, quand d'après la religion il vit de cette vie, ainsi, quand il pense, lorsque se présentent le mal, le non-sincère ou l'injuste, qu'il ne doit pas faire cela, parce que c'est contre les lois Divines ; cet homme s'abstenant de le faire à cause des lois Divines acquiert pour lui une vie spirituelle, et alors sa vie morale procède de cette vie, car par une telle pensée et une telle foi l'homme communique avec les Anges du ciel, et par la communication avec le Ciel est ouvert son homme interne spirituel, dont le mental est un mental supérieur tel que celui des Anges du ciel, et est par suite imbibé d'intelligence et de sagesse célestes ; de là on peut voir que mener une vie morale d'origine spirituelle, c'est vivre d'après la religion, et au dedans de l'Église d'après la Parole, car ceux qui mènent ainsi une vie morale sont élevés au-dessus de leur homme naturel, et par conséquent au-dessus de leur propre, et sont conduits par le Seigneur au moyen du Ciel ; c'est de là qu'ils ont la foi, la crainte de Dieu et la conscience, et aussi l'affection spirituelle du vrai, affection qui est celle des connaissances du vrai et du bien d'après la Parole, car ces connaissances sont pour eux les lois Divines selon lesquelles ils vivent : beaucoup de gentils vivent de cette vie morale, car ils pensent qu'ils ne doivent pas faire le mal, parce que c'est contraire à leur religion ; de là vient qu'il y en a un si grand nombre parmi eux qui sont sauvés. Au contraire, vivre d'une vie morale non par religion, mais seulement par la crainte de la loi dans le monde, et par la crainte de perdre réputation, honneur et profit, c'est mener une vie morale non d'origine spirituelle, mais d'origine naturelle ; de là il n'y a pour ceux-ci aucune communication avec le Ciel ; et comme ils pensent sans sincérité et injustement du prochain, quoiqu'ils parlent et agissent autrement, en conséquence chez eux est fermé l'homme Interne spirituel, et il n'y a d'ouvert que l'homme Interne naturel, et par l'ouverture de celui-ci ils sont dans la lumière du monde, mais non dans la lumière du Ciel ; c'est pour cela aussi que de tels hommes en eux-mêmes estiment peu les choses Divines et célestes, et qu'il en est quelques-uns qui les nient, et qui croient que la nature et le monde sont tout. Maintenant, d'après ces explications, on peut voir ce que c'est que mener une vie morale d'origine spirituelle, et ce que c'est que mener une vie morale d'origine naturelle; mais ce sujet a été exposé dans une plus grande lumière dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, voir Nos 528 à 535. A l'égard de ceux qui mènent une vie morale seulement d'origine naturelle, il est dit qu'ils souillent leurs vêtements, car par les vêtements il est entendu ce qui est au dehors de l'homme même et le couvre, par conséquent son homme naturel avec les choses qui y sont, c'est-à-dire, les scientifiques et les connaissances ; celles-ci, lorsqu'elles proviennent de la Parole, sont souillées par cela qu'ils les apprend et les tient seulement en vue de la réputation afin de passer pour érudit et savant, ou afin d'arriver par là aux honneurs et d'acquérir des richesses, et ce n'est que pour ces fins qu'il les cultive ; ainsi les connaissances d'après la Parole sont polluées et corrompues par les amours de soi et du monde, car elles habitent avec les maux et les faux qui jaillissent de ces amours comme de leurs propres sources. Il a été dit ci-dessus que l'homme devient spirituel par les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole, appliquées aux usages de la vie ; mais pourquoi l'homme devient-il spirituel par celles qui sont tirées de la Parole, et non par les autres? c'est ce qui va être dit maintenant : Toutes les choses qui sont dans la Parole sont Divines, et elles sont Divines, parce qu'elles ont en elles-mêmes un sens spirituel, et que par ce sens elles communiquent avec le Ciel et avec les Anges qui y sont; lors donc que l'homme a des connaissances d'après la Parole et les applique à la vie, il communique par elles avec le Ciel, et par cette communication il devient spirituel, car l'homme devient spirituel par cela qu'il est avec les Anges du Ciel dans de semblables vrais, ou dans des correspondants ; il est dit dans des correspondants, parce que toutes les choses en général et en particulier, qui sont dans le sens littéral de la Parole, sont des correspondances, car elles correspondent aux vrais qui sont chez les Anges : au contraire, les connaissances tirées des autres Livres, qui donnent et confirment de diverses manières les Doctrinaux de l'Église, n'établissent point de communication avec le Ciel, si ce n'est par les connaissances tirées de la Parole et renfermées dans ces Livres ; celles-ci communiquent si elles sont sainement entendues, et si elles sont appliquées non à la foi seule mais à la vie : qu'il en soit ainsi, c'est ce que chacun peut savoir par cela que la Parole est en elle-même Divine, et que ce qui est Divin en soi, peut devenir Divin chez l'homme, si l'homme l'applique à la vie : par devenir Divin chez l'homme il est entendu que le Seigneur peut avoir sa demeure chez lui, — Jean, XIV. 24 ; — ainsi, habiter chez l'homme dans ce qui appartient à Lui Seigneur; que le Seigneur habite chez l'homme et chez l'ange dans ce qui Lui appartient, et non dans leur propre, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 12 ; et le Seigneur habite dans ce qui Lui appartient, quand il est chez l'homme dans les choses qui viennent de la Parole, car le Seigneur est la Parole, — Jean, I. 1, 2, 14 ; — « et les Paroles que Lui-Même a prononcées, c'est-à-dire, qui sont dans la Parole, sont esprit et vie. » — Jean, VI. 63, 68. XII. 50. —Si les Vêtements signifient les choses qui sont dans l'homme naturel, c'est-à-dire, les scientifiques vrais ou faux, ou les connaissances, c'est d'après le monde spirituel; car là, tous, quels qu'ils soient, apparaissent vêtus selon leur vie morale; ceux donc qui ont eu une vie morale d'origine spirituelle apparaissent couverts de vêtements d'un blanc resplendissant, comme de fin lin ; et ceux qui ont eu une vie morale d'origine seulement naturelle, apparaissent vêtus selon la qualité de cette vie, ceux qui l'ont souillée par des maux et par des faux apparaissent dans des vêtements sombres, sales, déchirés, et d'un aspect hideux ; voir, au sujet des vêtements des esprits, le TRAITE DU CIEL ET L'ENFER, Nos 177 à 182. C'est donc de là que les vêtements, dans la Parole, signifient les vrais d'après le bien, et dans le sens opposé, les faux d'après le mal, et les uns et les autres dans l'homme naturel, dans lequel les vrais et les faux sont appelés scientifiques et connaissances. Que les vêtements, dans la Parole, signifient les vrais ou les faux, on peut le voir clairement par les passages qui suivent ; dans Ésaïe : « Réveille-toi, réveille-toi, revêts-toi de ta force, Sion; revêts-toi de tes habits de parure, Jérusalem, parce que vers toi ne viendront plus l'inrirconcis et le souillé. » — LII. 1;—Sion, dans la Parole, signifie le Royaume Céleste du Seigneur, par conséquent aussi l'Église Céleste, et Jérusalem le Royaume spirituel et l'Église spirituelle ; ce que c'est que le Royaume Céleste, et ce que c'est que le Royaume spirituel, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 20 à 28 ; les Habits d'ornement que revêtira Jérusalem sont les Divins Vrais ; l'incirconcis et le souillé, qui ne viendront plus vers elle, désignent ceux qui sont dans les maux et dans les faux. Dans Ézéchiel : « Jérusalem, je te vêtis de broderie, je te chaussai de taisson, je te ceignis de fin lin, et je t'ornai d'ornements, et je mis des bracelets sur tes mains, et un collier sur ta gorge, et un pendant sur ton nez, et des boucles à tes oreilles, même une couronne d'ornement sur ta tête; ainsi tu fus couverte d'or et d'argent, et tes vêtements (étaient) fin lin, soie, et broderie; par là, belle tu devins extrêmement, et tu prospéras jusqu'à régner. Mais tu as pris de tes vêtements, et tu t'en es fait des hauts lieux bigarrés, afin de commettre scortation sur eux : tu as pris aussi tes vêtements de broderie, et tu en as couvert les images de mâle, avec lesquels tu as commis scortation. »— XVI. 10 à 14, 16, 17, 18; — ici est décrite l'Église telle qu'elle fut dès que le Seigneur l'eut instaurée; les Vêtements qui sont nommés sont les vrais d'après le bien ; la broderie est le vrai scientifique ; le fin lin et la soie sont les vrais d'origine céleste; les bracelets, le collier, le pendant, les boucles, la couronne, sont des insignes qui signifient des spirituels de divers genre; l'or et l'argent, dont elle était couverte, sont le bien de l'amour et le vrai de ce bien ; ensuite la même Église, lorsqu'elle fut pervertie, est décrite en ce que Jérusalem prit de ses vêtements, et s'en fit des hauts lieux bigarrés, ce qui signifie les vrais falsifiés; et en ce qu'elle prit ses vêtements de broderie et s'en fit des images de mâle, ce qui signifie qu'on appliqua les vérités du sens littéral de la Parole pour confirmer les faux jusqu'à l'apparence ; commettre scortation avec elles et sur eux, signifie composer de faux la doctrine et le culte ; que ce soit là commettre scortation, on le voit ci-dessus, Nos 144, 161. Que Jérusalem soit l'Église où est la vraie doctrine, on le voit, Nos 402, 3654, 9166 ; voir aussi, que la broderie est le scientifique, N° 9688 ; que le fin lin est le vrai d'origine céleste, Nos 5319, 9469 ; que les bracelets sont les vrais et les biens de l'Église, Nos 3103, 3405; que le collier est le représentatif de la conjonction des intérieurs et des extérieurs, N° 5320; que les pendants et les boucles sont les représentatifs de la perception et de l'obéissance, N° 4551 ; que la couronne est la sagesse, N° 126 ci-dessus; que l'or est le bien de l'amour, N°s 1551, 1552, 5658, 6914, 6917, 9510, 9874, 9881 ; que l'argent est le vrai d'après ce bien, Nos 1551, 1552, 2954, 5658; que les hauts lieux bigarrés sont les vrais falsifiés, Nos 796, 4005 ; que le mâle est le vrai, N°s 749, 2046, 4005, 7838 ; d'où les images de mâle sont les apparences du vrai. Dans le Même : « Le fin lin en broderie d'Egypte fut ce que tu déployais; l'hyacinthe et la pourpre des îles d'Elishah furent ta couverture : la Syrie fut ta commerçante en pourpre, et broderie et fin lin, avec chrysoprase; Dédan fut ta commerçante en vêtements de liberté pour le char ; Aschur et Kilmad en ballots d'hyacinthe et de broderie, et en trésors de vêtements précieux. »— XXVII. 7, 16, 20, 23, 24 ; — là, il s'agit de Tyr et de son commerce; par Tyr sont entendues les connaissances du vrai et du bien ; commercer et faire le négoce, c'est acquérir pour soi ces connaissances et les communiquer ; par la pourpre et l'hyacinthe il est signifié l'amour céleste du bien et du vrai ; par l'Egypte, le scientifique de l'homme naturel ; par la broderie d'Egypte, la même chose ; par la Syrie, l'Église quant aux connaissances du vrai et du bien ; par Aschur, le rationnel de cette Église; par Dédan, ceux qui sont dans les connaissances des célestes ; de là on peut voir que par le commerce de Tyr, dont il est question dans tout ce Chapitre, il n'est pas entendu un commerce, mais que par toutes ces marchandises, en général et en particulier, sont entendus les spirituels qu'on doit acquérir, dont ou doit se pénétrer, et qu'on doit communiquer. Que Tyr signifie les connaissances du vrai et du bien, on le voit, N° 1201; voir aussi que l'Egypte signifie le scientifique de l'homme naturel, Nos 1164, 1165,1186,1462, 5700,5702, 6015,6651,6679, 6682, 6683, 6692, 7296, 9340, 9391 ; la Syrie, l'Église quant aux connaissances du vrai et du bien, Nos 1232, 1234, 3664, 3680, 4112 ; Dédan, ceux qui sont dans les connaissances des célestes, Nos 3240, 3241; Aschur, le rationnel qui en provient, Nos 119, 1186; la Pourpre, l'amour céleste du bien, N° 9467; l'Hyacinthe, l'amour céleste du vrai, Nos 9466, 9687, 9833; pareillement la Chrysoprase, N° 9868 ; ce que signifient le Fin Lin et la Broderie, on vient de le voir ci-dessus. Dans David : « Toute glorieuse la fille de Roi en dedans, et de tissus d'or son vêtement ; en broderies elle sera amenée au Roi. » — Ps. XLV. 14, 15 ; — par la Fille de Roi est signifiée l'affection spirituelle du vrai, et par suite l'Église composée de ceux qui sont dans cette affection ; le Roi signifie le Seigneur quant au Divin Vrai ; et le vêtement de tissus d'or l'intelligence et la sagesse d'après ce vrai ; les broderies dans lesquelles elle sera amenée au Roi sont les connaissances du vrai. Que la Fille signifie l'affection du vrai et par suite l'Église, on le voit, Nos 2362, 2623, 3373, 3963, 4257, 6729, 6775, 6779, 8649, 9055, 9807; que le Roi signifie le Seigneur quant au Divin Vrai, on le voit ci-dessus, N° 31. Dans le second livre de Samuel : « Filles d'Israël, pleurez sur Saül, qui vous revêtait d'écarlate dans les délices, et mettait un ornement d'or sur votre vêtement. » — I. 24 ; — ces paroles sont dans la lamentation de David sur Saül, à laquelle il donna ce titre : Enseignement aux fils de Jehudah pour l'arc, — ibid. Vers. 18; — par l'arc est signifié le vrai qui combat contre le faux, Nos 2686, 2709 ; par Saül là, comme Roi, est signifié ce Vrai ; par les fils de Jehudah sont signifiés ceux qui sont dans les vrais d'après le bien ; revêtir les filles d'Israël d'écarlate, et mettre un ornement d'or sur leur vêtement, c'est départir l'intelligence et la sagesse à ceux qui sont dans l'affection spirituelle du vrai. Dans Matthieu : « Le Roi, étant entré pour voir ceux qui étaient à table, aperçut là un homme non vêtu d'un habit de noces; et il lui dit : Ami, comment es-tu entré ici n'ayant point un habit de noces ; celui-ci resta muet; alors le Roi dit : Liez-lui pieds et mains, et jetez-le dans les ténèbres de dehors. » — XXII. 11,12,13; — l'habit de noces signifie l'intelligence de l'homme spirituel, laquelle consiste en connaissances du vrai et du bien ; celui qui n'est pas vêtu de l'habit de noces signifie l'hypocrite qui par une vie morale simule une vie spirituelle, tandis que cependant elle est purement naturelle ; lui lier pieds et mains, c'est le priver des connaissances tirées de la Parole, par lesquelles il a contrefait l'homme spirituel; le jeter dans les ténèbres de dehors, c'est parmi ceux qui sont dans les faux d'après le mal; les ténèbres de dehors sont les faux d'après le mal. Dans Séphanie : « Je ferai la visite sur les princes, et sur les fils du Roi, et sur tous ceux qui sont vêtus de vêtements d'étranger. » — I. 8 ; — les princes et les fils du Roi signifient ceux qui sont dans les vrais, et dans le sens opposé, comme ici, ceux qui sont dans les faux ; ceux-ci sont dits vêtus de vêtements d'étranger, parce que le vêtement signifie le faux, et l'étranger ceux qui sont hors de l'Église et ne reconnaissent pas les vrais de l'Église. Dans Matthieu : « Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous en habits de brebis, mais qui au dedans sont des loups ravissants. »— VII. 15 ; — les faux prophètes en habits de brebis, qui au dedans sont des loups ravissants, sont ceux qui enseignent les faux comme s'ils étaient des vrais, et mènent en apparence une vie morale ; mais en eux-mêmes, quand c'est d'après leur esprit, ils ne pensent qu'à eux et au monde, et s'appliquent à priver de vrais tous les autres. Dans Jean : « Jésus dit à Pierre : Lorsque tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu marchais où tu voulais, mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne veux pas. »— XXI. 18 ; — ce que signifient ces paroles dans le sens spirituel, on le voit ci-dessus, N° 9 ; à savoir, que par Pierre il est entendu la foi de l'Église ; par Pierre, lorsqu'il était plus jeune, qu'il se ceignait lui-même et marchait où il voulait, la foi de l'Église dans le commencement, quand on est dans le bien de la charité, en ce qu'alors on pense aux vrais de l'Église d'après l'homme spirituel, et que penser de la sorte, c'est penser d'après son esprit, ainsi d'après l'affection spirituelle du vrai, ce qui est penser d'après le libre ; mais par Pierre, lorsqu'il sera vieux, qu'il étendra les mains et qu'un autre le ceindra, il est entendu la foi de l'Église dans sa fin, quand la foi sera privée de la charité, en ce qu'alors on pensera aux vrais de l'Église nullement d'après soi-même, mais d'après d'autres, ainsi seulement d'après la doctrine et non d'après la Parole, ce qui est respectivement le servile ; car croire ce qu'un autre dit, c'est le servile, tandis que croire ce qu'on pense soi-même d'après la Parole, c'est le libre, selon les paroles du Seigneur, dans Jean : « Si vous demeurez en ma Parole, véritablement mes disciples vous serez, et vous connaîtrez la vérité, et la vérité libres vous fera. » — VIII. 31, 32. — Dans Luc : « Personne ne met un morceau d'habit neuf à un vieil habit; autrement, ce neuf déchirera le vieux, et au vieux ne convient point le morceau du neuf. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin nouveau rompra les outres, et il se répandra, et les outres seront perdues. » — V. 36,37, 38. Matth. IX. 16, 17. Marc, II. 21,22 ; — comme le Vêtement signifie le vrai, c'est pour cela que le Seigneur compare les vrais de l'Église précédente, qui était une Église représentative des spirituels, à un morceau d'habit vieux, et les vrais de l'Église Nouvelle, qui étaient les vrais spirituels eux-mêmes, à un morceau d'habit neuf : il les a pareillement comparés à des outres de vin, parce que le vin signifie pareillement le vrai, et que les outres sont les connaissances qui contiennent les vrais ; que le vin, dans la Parole, signifie le vrai, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 219. D'après ces explications, on peut voir maintenant ce qui est signifié ailleurs dans la Parole par les vêtements, car ils y sont très-souvent nommés; par exemple dans les passages suivants; dans l'Apocalypse : « Sur les trônes étaient assis vingt-quatre Anciens revêtus de vêtements blancs. »— IV. 4. — Ailleurs : « Les armées de Celui qui était assis sur le cheval blanc Le suivaient, vêtues d'un fin lin blanc et net. »—Apoc. XIX. 14.— Ailleurs : « Ceux qui se tenaient devant le Trône, en présence de l'Agneau, étaient revêtus de robes blanches.» Apoc. VII. 9. — Ailleurs : « Les sept Anges sortis du Temple étaient vêtus d'un lin net et éclatant. » — Apoc. XV. 6.- Ailleurs : «A chacun de ceux qui étaient sous l'autel il fut donné des robes blanches. »—Apoc. VI. 11. —Ailleurs : « Achète de l'or et des vêtements blancs. »— Apoc. III. 18.—Dans Ezéchiel : « Que son pain il donne à celui qui a faim, et que celui qui est nu il couvre d'un vêtement. » — XVIII. 16 ; — donner du pain à celui qui a faim, signifie dans le sens spirituel instruire d'après le bien de la charité ceux qui désirent les vrais ; couvrir d'un vêtement celui qui est nu, signifie instruire pareillement ceux qui ne sont pas dans les vrais. Dans le Même : « Les ennemis te dépouilleront de tes vêtements, et ils prendront les vases de ton ornement. » — XXIII. 26.—Dans Zacharie : «Jéhoschuah était vêtu d'habits souillés, et il se tenait ainsi devant l'Ange, qui dit à ceux qui se tenaient devant lui : Otez les habits souillés de dessus lui; et il dit : J'ai fait passer de dessus toi ton iniquité, en te revêtant d'habits de rechange. » — III, 3, 4, 5. — Dans les Lamentations : « Ils ont erré aveugles dans les rues, ils ont été souillés de sang ; les choses qu'ils ne peuvent (toucher), ils les touchent de leurs vêtements. » — IV. 14- — D'après la signification des vêtements, on peut voir ce qui est entendu par plusieurs statuts chez les fils d'Israël ; par exemple : « Qu'ils ne devaient point se vêtir d'habits de tissu mélangé (de laine et de lin). » — Lév. XIX. 19. Deutér. XXII. 11 ; — « que la femme ne devait point porter des effets d'homme, ni l'homme se vêtir d'habits de femme. » — Deutér. XXII. 5 ;- «qu'ils devaient laver leurs habits pour être purifiés et par suite sanctifiés. »—Exod. XIX. 14. Lévit. XI. 28, 40. XIV. 8, 9. Nomb. XIX. 11 à 22, et ailleurs; — « que dans le deuil pour la prévarication contre les Divins vrais, ils devaient se dépouiller de leurs vêtements, et se couvrir d'un sac. » —Ésaïe, XV. 3. XXII. 12. XXXVII. 1, 2. Jérém. IV. 8. VI. 26. XLVIII. 37. XLIX. 3. Lament. II. 10. Ézéch. XXVII. 31. Amos, VIII. 10. Jonas, III. 5, 6, 8 ; — et «qu'ils déchiraient leurs habits.»-Esaïe, XXXVII. 1 ; — et ailleurs. D'après cette signification, on peut savoir aussi ce qui est signifié en ce que « les disciples mirent leurs vêtements sur l'ânesse et sur l'ânon, lorsque le Seigneur allait à Jérusalem; » et en ce que « le peuple étendait alors ses vêtements par le chemin. » — Matth. XXI. 7, 8, 9. Marc, XI. 7, 8. Luc, XIX. 35, 36; — voir ci-dessus, N° 31. Si les vêtements signifient les vrais, cela résulte de cette origine, que la Lumière du Ciel est le Divin Vrai qui procède du Seigneur comme Soleil, et que tout ce qui existe dans les Cieux y existe d'après cette Lumière, pareillement aussi les Vêtements, dont les Anges apparaissent revêtus ; de là vient « que le vêtement des Anges qui se tenaient près du sépulcre du Seigneur était blanc comme de la neige. » — Matth. XXVIII. 3 ; — et « que leurs habits étaient resplendissants. » — Luc, XXIV. 4. — Que les habits, dont les Anges apparaissent revêtus, correspondent à leur intelligence, et que leur intelligence soit selon la réception du Divin Vrai qui procède du Seigneur, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L’ENFER, Nos 177 à 182 ; voir aussi, que le Divin Vrai qui procède du Seigneur est la Lumière dans le Ciel, même Traité, N°s 126 à 135. De là on peut voir ce qui est signifié par les habits, lorsqu'il s'agit du Seigneur, à savoir, que c'est le Divin Vrai procédant de Lui ; et comme c'est le Divin Vrai, c'est aussi la Parole, car la Parole est le Divin Vrai procédant du Seigneur dans les terres et dans les Cieux : c'est là ce qui a été représenté par les Habits du Seigneur quand il fut transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean ; il en est parlé ainsi dans les Évangélistes : « Quand Jésus fut transfiguré, sa face resplendit comme le Soleil, et ses Vêtements devinrent comme la Lumière, »— Matth. XVII. 2; -et « d'une blancheur resplendissante. » — Luc, IX. 29 ; — et « resplendissants, blancs comme de la neige, tels qu'un foulon sur la terre ne peut blanchir. » — Marc, IX. 3. — On lit la même chose de l'Ancien des jours, dans Daniel : «L'Ancien des jours s'assit, et son Vêtement était comme de la neige blanc. »-VII. 9 ; — l'Ancien des jours est le Seigneur de toute éternité. Parce que la Lumière est le Divin Vrai, et que ce vrai est signifié par les vêtements, lorsqu'il s'agit du Seigneur, c'est pour cela qu'il est dit dans David : « Jéhovah s'enveloppe de Lumière comme d'un Vêtement. » — Psaum. CIV. 2. — D'après cela on peut voir ce qui est signifié ailleurs dans la Parole par les Habits du Seigneur ; par exemple, dans David : «Il a oint de myrrhe, d'aloès et de casse tous tes habits. » — Ps. XLV. 9 ; — là, il s'agit du Seigneur. Dans Moïse : « Il a lavé dans le vin son vêtement, et dans le sang des raisins son manteau. » — Gen. XLIX. 11 ;- il s'agit aussi du Seigneur ; le vin et le sang des raisins signifient le Divin Vrai. Comme les Habits du Seigneur signifiaient le Divin Vrai, c'est encore pour cela que « ceux qui touchèrent le bord de son Vêtement furent guéris. » — Matth. IX. 20, 21. Marc, V. 27, 28, 30. VI. 56. Luc, VIII. 44. Dans Ésaïe : « Qui est celui-ci qui vient d'Édom, les habits teints, de Bosrah; celui-ci, honorable dans son Vêtement? Pourquoi rouge en ton vêtement, et tes habits comme (ceux) d'un fouleur au pressoir? De là a été répandue leur victoire sur mes habits, et tout mon Vêtement j'ai souillé. » — LXIII. 1,2, 3 ; — ceci a aussi été dit du Seigneur; les vêtements ici signifient la Parole, qui est, ainsi qu'il vient d'être dit, le Divin Vrai procédant du Seigneur dans les terres et dans les cieux ; la violence faite au Divin Vrai ou à la Parole par ceux qui étaient alors de l'Église, est décrite, en ce qu'il est rouge en son vêtement comme celui d'un fouleur au pressoir, et en ce que la victoire a été répandue sur ses habits, et qu'il a souillé "tout son vêtement. Dans l'Apocalypse : « Celui qui était monté, sur le Cheval blanc était revêtu d'un vêtement teint de sang, et son Nom est appelé la Parole de Dieu. »— XIX. 13 ;—ici, il est dit clairement que celui qui était sur le Cheval blanc était appelé la Parole de Dieu ; il est évident que c'est le Seigneur, car aussitôt après il est dit de Lui : « Il a sur son Vêtement et sur sa cuisse (ce) Nom écrit : Roi des rois et Seigneur des seigneurs. » — Vers. 16 ; — c'est donc la Parole dans la lettre, qui est signifiée par le vêtement teint de sang, puisque c'est à elle, et non à la Parole dans le sens spirituel, que la violence a été faite ; il n'a pas pu être fait violence au sens spirituel, parce qu'on ne savait rien de ce sens. Que la violence ait été faite à la Parole dans le sens de la lettre, et non à la Parole dans le sens spirituel, c'est encore ce qui est signifié par les Habits du Seigneur qui ont été divisés par les soldats, tandis que sa Tunique ne l'a pas été ; il en est parlé ainsi dans Jean : « Les soldats prirent ses vêtements, et ils firent quatre parts, à chaque soldat une part, et la Tunique; or la Tunique était sans couture, depuis le haut tissue partout. Ils se dirent donc les uns aux autres : Ne là divisons point, mais tirons au sort à qui elle sera. Les soldats donc firent ces choses. »— XIX. 23, 24;— et dans David : « Ils ont divisé mes habits, et sur mon vêtement ils ont jeté le sort. » — Ps. XXII. 19 ; — par les Habits du Seigneur qu'ils ont divisés est signifiée la Parole dans la lettre, et par sa Tunique la Parole dans le sens spirituel ; par les soldats sont signifiés ceux qui sont de l'Église, lesquels devaient combattre pour le Divin Vrai, aussi est-il dit « les soldats donc firent ces choses ; »que la Tunique signifie le Divin Vrai ou la Parole dans le sens spirituel, on le voit, N°s 9826, 9942 ; que les Soldats signifient ceux qui sont de l'Église et qui devaient combattre pour le Divin Vrai, on le voit ci-dessus, N° 64 f., où ce passage est expliqué plus complètement. Il faut qu'on sache que toutes les circonstances, rapportées dans les Évangélistes sur la Passion du Seigneur, enveloppent et signifient la manière dont l'Église d'alors, qui était chez les Juifs, avait traité le Divin Vrai, par conséquent la Parole, car la Parole était chez eux le Divin Vrai, et le Seigneur était la Parole, parce qu'il est le Divin Vrai, — Jean, I. 1, 2, 14; —mais ce n'est que d'après le sens interne qu'on peut savoir ce qu'enveloppe et signifie chacune de ces circonstances ; pour le moment, il est seulement fait mention de ce que signifiaient les Vêtements du Seigneur, parce qu'il s'agit ici de la signification des Vêtements, à savoir, qu'ils signifient les vrais ; et, lorsqu'il est parlé du Seigneur, le Divin Vrai. Les Vêtements d'Aharon et de ses fils ont aussi signifié la même chose que les Vêtements du Seigneur, parce que Aharon et ses fils ont représenté le Seigneur quant au Divin Bien, et que leurs Vêtements Le représentaient quant au Divin Vrai ; mais ceci a été expliqué et montré, voir dans les ARCANES CELESTES, par exemple ; que Aharon a représenté le Seigneur quant au Divin Bien, Nos 9806, 9966, 10017 : ce que signifiait chacun de leurs vêtements, à savoir, le Pectoral, l'Éphod, le Manteau, la Tunique brodée, le Turban, le Baudrier, on le voit Nos 9814, 9823, 9824,9825, 9826, 9827, 9828 et suiv.
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