| Apocalypse Expliquée 163. Voici, Moi, je la réduis au lit, signifie qu'ils sont abandonnés à leur homme naturel, et là à la doctrine des faux: on le voit par la signification du lit, en ce qu'il est l'homme naturel, et aussi la doctrine des faux, ainsi qu'il va être montré. Dans ce qui suit maintenant, il s'agit de ceux qui se laissent séduire par ceux qui sont dans la Doctrine des faux d'après le plaisir des amours de soi et du monde, lesquels sont ceux qui sont entendus par Izabel, comme il vient d'être dit : Ceux qui se laissent séduire ne sont pas comme ceux qui ont falsifié les vrais et adultéré les biens d'après le plaisir de ces amours, car ceux-ci ont vu les vrais et les ont appliqués à favoriser leurs plaisirs, et par conséquent les ont pervertis, eux sont ceux qui ne peuvent pas dans la suite se convertir aux vrais ni les reconnaître, et ce sont eux dont il a été parlé dans l'Article précédent, N° 162 ; mais ceux qui n'ont pas fait cela, et qui se sont laissé séduire par eux, n'ont pas ainsi fermé chez eux l'homme Interne ou spirituel, car ils n'ont point falsifié eux-mêmes les vrais, mais ils s'en rapportent à ceux qui ont falsifié, parce que les vrais falsifiés retentissent comme des vrais ; en effet, ils ne portent pas leur pensée au-delà de ceci, qu'il faut croire aux Chefs, parce qu'ils sont intelligents et sages, ainsi leur croyance dépend de la bouche du maître; tels sont la plupart des Chrétiens d'aujourd'hui, surtout ceux qui sont nés dans les terres où existe la religion Catholique-Romaine ; ce sont donc ceux-ci qui sont entendus par ceux qui commettent adultère avec Izabel dans le lit. Si le lit signifie la Doctrine des faux et en même temps l'homme naturel, c'est parce que la Doctrine des faux ne vient pas d'autre part que de l'homme naturel séparé d'avec l'homme spirituel ; et l'homme naturel séparé d'avec l'homme spirituel voit les choses mondaines dans la lumière, et les choses célestes dans un brouillard, par suite le faux au lieu du vrai et le mal au lieu du bien; et s'il voit le vrai, il le falsifie; et si c'est le bien, il l'adultère; le Ciel, en effet, influe par l'homme Spirituel ou Interne dans l'homme Naturel ou Externe, et non dans l'homme Naturel ou Externe immédiatement ; alors dans celui-ci influe immédiatement le monde ; et quand le monde naturel chez l'homme n'est pas gouverné par le monde spirituel, alors le lien a été rompu avec le Ciel; ce lien étant rompu, l'homme estime le monde tout, et le Ciel peu de chose ou rien ; et il estime sa personne tout, et Dieu peu de chose ou rien : quand l'homme Externe ou naturel est dans un tel état, il est dans les faux d'après les maux qui surgissent de l'amour de soi et du monde : c'est de là que le Lit, parce qu'il signifie l'homme naturel, signifie aussi la doctrine des faux. Si par le Lit est signifié l'homme naturel, c'est parce que l'homme naturel est étendu sous l'homme spirituel, et qu'ainsi l'homme couche en lui, et dans les choses qui y sont, comme dans son Lit. Que le Lit signifie l'homme Naturel et aussi les doctrinaux qui y sont, on peut le voir par les passages de la Parole où le Lit est nommé; par exemple, dans les suivants : Dans Amos : « De même que le berger arrache de la gueule du lion deux jarrets ou un bout d'oreille, de même seront arrachés les fils d'Israël qui habitent dans Samarie dans l'Angle du Lit et à l'extrémité de la Couche. » —III. 12;—le Lion signifie l'Église; ici, ceux qui y détruisent les biens et les vrais; les jarrets et le bout d'oreille sont les biens qui sont dans l'homme naturel, et par suite quelque chose de l’aperception du vrai; les fils d'Israël qui habitent dans Samarie sont ceux qui sont de l'Église; dans l'angle du lit et à l'extrémité de la couche, ce sont ceux qui sont dans un peu de lueur naturelle d'après le spirituel, et par suite dans quelques vrais. Dans le Même : « Malheur à ceux qui sont en sécurité dans Sion, et à ceux qui sont en confiance dans les montagnes de Samarie, à ceux qui couchent sur des lits d'ivoire, et s'étendent sur leurs couches, et qui mangent des agneaux du troupeau, et des veaux du milieu de l'engrais; qui inventent pour eux des instruments de chant, qui boivent à larges coupes de vin, et s'oignent avec les prémices des huiles, et sur la fracture de Joseph ne sont point affectés de douleur. » —VI. 1, 4, 5,6 ;—ceux qui sont en confiance dans les montagnes de Samarie sont ceux qui se confient en eux-mêmes, et tirent de la propre intelligence les doctrines; Samarie est l'Église spirituelle pervertie; les lits d'ivoire sont les illusions des sens, sur lesquelles est fondée la doctrine; s'étendre sur les couches, c'est par suite confirmer et multiplier les faux; manger des agneaux du troupeau, des veaux du milieu de l'engrais, boire à larges coupes le vin, et s'oindre avec les prémices des huiles, c'est rapporter, appliquer et falsifier les vrais et les biens de la Parole d'après le sens de sa lettre ; ne point être affecté de douleur sur la fracture de Joseph, c'est n'avoir aucun souci que l'Église spirituelle périsse, et que ses vrais soient enfreints : que Joseph dans le sens suprême signifie le Seigneur quant au Divin spirituel, dans le sens interne le Royaume spirituel du Seigneur, par conséquent aussi l'Église spirituelle, dans le sens externe la fructification du bien et la multiplication du vrai, on le voit, Nos 3969, 3971, 4669, 6417, 6526. Dans Moïse : « Les bénédictions de ton père l'emporteront sur les bénédictions de mes ancêtres; elles seront pour la tête de Joseph, et pour le sommet de la tête de l'élu de ses frères. » — Gen., XLIX. 26 ; — Joseph, comme il a été dit, est l'Église spirituelle du Seigneur ; le sommet de la tête de l'élu de ses frères, c'est le spirituel qui influe dans tous les vrais et dans tous les biens de cette Église; en effet, les douze fils d'Israël ou les douze Tribus signifient tous Les vrais et tous les biens de l'Église dans le complexe, voir Nos 3858, 3926, 4060, 6335. Dans Luc : « Je vous le dis : En cette nuit là, ils seront deux dans un même lit, l'un sera accepté, l'autre sera laissé; deux seront à moudre, l'une sera acceptée, l'autre sera laissée; deux seront dans le champ, l'un sera accepté, l'autre sera laissé.» —XVII. 34, 35, 36; — il s'agit de la consommation du siècle, qui est le dernier temps de l’Eglise quand vient le jugement ; être dans un même lit, c'est être dans la même doctrine de l'Église; les deux femmes qui sont à moudre sont ceux qui rassemblent et apprennent les choses servant à la foi ; les deux hommes dans le champ sont ceux qui dans l'Église s'appliquent les vrais et les biens ; que celles qui sont à moudre signifient ceux qui rassemblent et apprennent les choses servant à la foi, on le voit, N°s 4335, 7780, 9995 ; que le champ soit la réception du vrai et du bien, on le voit, Nos 368, 3310, 91 41, 9295. Dans Jean : « Jésus dit au malade qui était à la piscine de Bethesda : Lève-toi, prends ton lit et marche; et aussitôt l'homme fut guéri, et il prit son lit, et il marcha. Après ces choses, Jésus le trouva, et il lui dit : Vois, tu as été guéri, ne pèche plus, de peur que quelque chose de pire ne t’arrive. » — V. 2, 8 à 12, 14. — Et dans Marc : « Ils découvrirent le toit (du lieu) où Jésus était, et ils descendirent le Lit sur lequel le paralytique était étendu. Jésus dit : Qu'est-ce qui est le plus facile, de dire : Tes péchés te sont remis; ou de dire : Lève-toi, et emporte ton lit et marche? Alors il dit : Lève-toi, emporte ton lit et marche, et va dans ta maison : alors il se leva aussitôt, et emportant son lit, il sortit devant tous. » — II. à, 9, 12; — les paroles que le Seigneur a dites à ces malades, « lève-toi, emporte ton lit et marche, » signifient la doctrine et la vie selon la doctrine ; le lit est la doctrine, et marcher, c'est la vie; que marcher, ce soit vivre, on le voit ci-dessus, N° 97; et le malade signifie ceux qui ont transgressé et péché; c'est pour cela que le Seigneur a dit au malade près de la piscine de Bethesda, « voici, tu as été guéri, ne pèche plus, de peur que quelque chose de pire ne l'arrivé ; » et au paralytique descendu dans son lit par le toit, « qu'est-ce qui est le plus facile, de dire : Tes péchés te sont remis; ou de dire : Lève-toi, emporte ton lit et marche? » Ceux qui n'ont aucune connaissance du sens interne de la Parole peuvent croire que les paroles que le Seigneur a prononcées n'enveloppent rien de plus que ce qui se présente dans le sens de la lettre; mais toujours est-il que chacun des mots que le Seigneur a prononcés contient un sens spirituel, car le Seigneur a parlé d'après le Divin, et ainsi devant le Ciel en même temps que devant le monde; voir N°s 2533, 4637, 4807, 9048, 9063, 9086,10126. Le Lit de Og, Roi de Baschan, est décrit ainsi dans Moïse : « Og le Roi de Baschan seulement fut laissé d'entre les restes des Réphaïm; voici, son lit, lit de fer, n'est-il pas dans Rabbath des fils d'Ammon? de neuf coudées sa longueur, et de quatre coudées sa largeur en coudée d'homme. » — Deutér., III. 11; — là est décrit le lit de Og, parce qu'il était d'entre les restes des Réphaïm, et parce qu'il était Roi de Baschan; en effet, les Réphaïm signifiaient ceux qui étaient plus que les autres dans l'amour de soi et par suite extrêmement naturels, et dans les faux de tout genre d'après la persuasion de leur excellence au-dessus des autres, voir N°s 581, 1268, 1271,4673, 7686; et Baschan signifiait l'Externe de l'Église, par conséquent le naturel, car Baschan était au-delà de la terre de Chanaan où se trouvait l'Église ; c'est pour cela que son Lit a été décrit, et il ne l'aurait pas été, si de telles choses n'eussent pas été signifiées par Og; car tout ce qui est rapporté dans la Parole, même dans la Parole historique, a une signification quant à chaque mot ; de là vient que dans toutes et dans chacune de ces choses la Parole est spirituelle, par conséquent Divine depuis les intimes jusqu'aux derniers ; de là vient encore qu'il a aussi été rapporté que le Lit était de fer, et se trouvait dans Rabbath des fils d'Ammon, et que sa longueur était de neuf coudées, et sa largeur de quatre en coudée d'homme; car le fer signifie le Naturel, voir plus loin, N° 176; Rabbath d'Ammon signifie les falsifications du vrai, voir dans les ARCANES CELESTES, N° 2468; et la longueur de neuf coudées et la largeur de quatre en coudée d'homme, signifie la conjonction du mal et du faux ; d'après cela on peut voir quelle est la Parole en son sein. Comme le Lit signifie la doctrine, c'est pour cela que parmi les statuts de l'Église chez les fils d'Israël, il y avait celui-ci : « Que tout lit, sur lequel couche celui qui est affecté d'écoulement, sera souillé; et que l'homme qui aura touché le lit de celui-là lavera ses vêtements, et se lavera dans les eaux. » — Lévit., XV. 4. 5 ; — celui qui est affecté d'écoulement signifie ceux qui sont dans l'amour naturel séparé de l'amour spirituel ; laver ses vêtements et se laver dans les eaux, signifie la purification par les vrais de la foi ; voir DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N°s 202 à 209. Parce que Jacob, dans la Parole, signifie l'Église externe, laquelle est chez ceux qui sont dans la lumière naturelle, et qui vivent d'une vie morale d'après l'obéissance à la foi, quoique ce ne soit pas d'après une affection interne, c'est pour cela que lorsqu'il est paré de Jacob, il apparait dans le Monde spirituel, en haut sur la droite, comme un homme couché dans un lit; c'est de là que, dans la Parole, lorsqu'il était mourant, il est dit de lui : « Quand Jacob eut achevé d'ordonner à ses fils, il retira ses pieds sur son lit, et il expira, » — Gén., XL1X. 33 ; — il est dit qu'il retira ses pieds sur le lit, parce que les pieds aussi signifient le naturel, voir Nos 2162, 3147, 3761, 3986, 4280, 4938 à 4952.
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