| Apocalypse Expliquée 141. Pour manger des choses sacrifiées aux idoles et commettre scortation, signifie afin qu'ils soient imbus des maux et par conséquent de faux : on le voit par la signification de manger, en ce que c'est s'approprier et être consocié, Nos 2187, 2343, 3168, 5313, 5643, 8001, par conséquent aussi être imbu ; par la signification des choses sacrifiées aux idoles, c'est-à-dire qui ont été sanctifiées aux idoles, en ce que ce sont les maux de tout genre, ainsi qu'il va être expliqué ; et par la signification de commettre scortation, en ce que c'est falsifier les vrais, ainsi qu'il va être aussi expliqué. Que Biléam ait conseillé à Balak d'inviter les fils d'Israël aux sacrifices de ses dieux, on le voit par les explications données dans l'Article précédent, et par ces paroles, dans Moïse : « Israël s'établit à Schittim, où le peuple commença à commettre scortation avec les filles de Moab; car elles appelèrent le peuple aux sacrifices de leurs dieux ; et le peuple mangea, et il se prosterna devant leurs dieux ; surtout s'attacha le peuple à Baalpéor ; c'est pourquoi la colère de Jéhovah s'enflamma contre Israël, et il en fut tué d'Israël vingt-quatre mille. » Nomb., XXV. 1, 2, 3, 9 : — d'après les statuts par lesquels les sacrifices avaient été institués, il était dit que quelques parties des sacrifices, surtout des sacrifices eucharistiques, seraient brûlées sur l'Autel, et que d'autres seraient mangées dans le lieu saint ; les sacrifices eux-mêmes signifiaient le culte d'après l'amour et la foi, et les repas en commun signifiaient les appropriations de ce bien : que les sacrifices aient signifié toutes les choses du culte d'après le bien de l'amour et de la foi, on le voit, Nos 923, 6905, 8680, 8936, 10042; et que les repas en commun aient signifié l'appropriation de ce bien, on le voit, N° 10109. Puisque les repas en commun de choses sanctifiées à Jéhovah signifiaient l'appropriation du bien, il en résulte que les repas en commun de choses sacrifiées aux dieux des nations, et nommées idolothytes, signifiaient l'appropriation du mal. Que dans le sens spirituel commettre scortation signifie s'imbiber de faux, et aussi falsifier les vrais, c'est ce qu'on voit par un grand nombre de passages de la Parole; la même chose était signifiée par les scortations des fils d'Israël avec les filles de Moab; car, dans la Parole, tous les Historiques enveloppent des spirituels et les signifient, comme on peut le voir par les Explications sur la Genèse et sur l'Exode, sous le titre d' ARCANES CELESTES; et comme les repas en commun des fils d'Israël avec des choses sacrifiées aux idoles et leurs scortations avec les filles de Moab enveloppaient aussi de tels spirituels; car ils enveloppent ce qu'ils signifient, c'est pour cela qu'il fut ordonné de pendre les chefs du peuple devant Jéhovah, au soleil; et que Pinchas, fils d'Éléazar, transperça dans un lieu de débauche un homme d'Israël et une femme midianite, action pour laquelle il fut même béni; et c'est pour cela qu'il fut tué des Israélites jusqu'à vingt-quatre mille hommes, voir Nomb., XXV. 1 à 18; de tels châtiments et de telles plaies pour avoir seulement mangé des choses sacrifiées aux idoles, et avoir commis scortation avec des femmes d'une autre nation, n'auraient nullement pu être infligés d'après un ordre, si ces actions n'avaient enveloppé contre le Ciel et l'Église des abominations qui ne se montrent pas dans le sens littéral de la Parole, mais qui se manifestent seulement dans son sens spirituel ; ces abominations qu'elles enveloppaient consistaient en ce qu'ils profanaient en même temps les biens et les vrais de l'Église ; c'était, comme il a déjà été dit, l'appropriation du mal et du faux. Que les adultères et les scortations enveloppent de telles choses, cela est évident d'après un grand nombre de passages de la Parole, dans lesquels il en est parlé, et par lesquels on voit clairement que ces actions signifient les adultérations du bien et les falsifications du vrai ; ainsi dans les passages suivants ; dans Ézéchiel : « Jérusalem! Tu t'es confiée en ta beauté, et tu as commis scortation à cause de ta renommée, au point que tu as répandu tes scortations sur chaque passant. Tu as commis scortation avec les fils de l'Egypte tes voisins, grands de chair, et tu as multiplié ta scortation. Tu as commis scortation avec les fils d'ASchur, parce que pour toi point de satiété; tu as commis scortation avec eux. Tu as multiplié ta scortation jusqu'à la terre du négoce, la Chaldée : Femme adultère! qui sous son mari reçoit les étrangers. Tous à leurs prostituées donnent un salaire; mais toi, tu as donné des salaires à tous tes amants, et tu les as rémunérés, afin qu'ils vinssent vers toi d'alentour pour tes scortations. C'est pourquoi, Prostituée! écoute la parole de Jéhovah. » — XVI. 15, 26, 28, 29, 32, 33, 35 et suiv. ; -qui ne peut voir qu'ici par les scortations il n'est pas entendu des scortations dans le sens commun naturel; en effet, il s'agit de l'Église, où tous les vrais de la Parole ont été falsifiés; c'est là ce qui est entendu par les scortations, car les scortations dans le sens spirituel, ou les scorlations spirituelles, ne sont autre chose que les falsifications du vrai ; là, Jérusalem est l'Église; les fils de l'Egypte, avec lesquels elle a commis scortation, sont les scientifiques et les connaissances de tout genre, appliqués de travers pour confirmer les faux ; les fils d'Aschur sont les raisonnements d'après ces scientifiques et ces connaissances; la terre du négoce, la Chaldée, est la profanation du vrai ; les salaires qu'elle a donnés à ses amants sont les ostentations des faux ; cette Église, d'après l'adultération du bien par les falsifications du vrai, est nommée femme adultère sous son mari. Dans le Même : « Deux femmes, filles d'une même mère, ont commis scortation en Egypte ; dans leur adolescence elles ont commis scortation. L'une a commis scortation sous Moi, et elle a aimé ses amants les Assyriens ses voisins; elle a mis ses scortations sur eux; toutefois, à ses scortations en Egypte elle n'a point renoncé. L'autre a corrompu son amour plus que celle-là, et ses scortations plus que les scortations de sa sœur; elle a ajouté à ses scortations, elle a aimé les Chaldéens; et sont venus vers elle les fils de Babel au lit de ses amours, et ils l'ont souillée par leur scortation. » — XXIII. 2, 3, 5, 6, 7,11, 14, 16, 17 et suiv. —D'après chaque expression il est évident que par les scortations, ici, il est entendu pareillement des scortations spirituelles; les deux femmes, filles d'une même mère, sont les deux Églises Israélite et Juive; les scortations avec les Égyptiens, les Assyriens et les Chaldéens, ont ici les mêmes significations que dans le passage précédent; le lit des amours avec les fils de Babel est la profanation du bien. Dans Jérémie : « Tu as commis scortation avec beaucoup de compagnons; tu as profané la terre par tes scortations et par ta malice. N'as-tu pas vu ce qu'a fait la perverse Israël? elle s'en est allée sur toute montagne élevée et sous tout arbre verdoyant; et tu y commettais scortation : la perfide Jehudah aussi s'en est allée et a commis scortation, au point que par la voix de sa scortation elle a profané la terre; elle a commis adultère avec la pierre et avec le bois. » —III. 1, 2,6, 8, 9. — Israël est l'Église qui est dans le vrai, et Jehudah l'Église qui est dans le bien, car Israël et Jehudah ont représenté ces deux Églises ; les falsifications du vrai sont signifiées par les scortations d'Israël, et les adultérations du bien par les scortations de Jehudah; s'en aller sur toute montagne élevée et sous tout arbre verdoyant et commettre scortation, c'est rechercher toutes les connaissances du bien et du vrai, même d'après la Parole, et les falsifier; commettre adultère avec la pierre et avec le bois, c'est pervertir et profaner tout vrai et tout bien : la pierre signifie le vrai, et le bois signifie le bien. Dans le Même : « Courez par les rues de Jérusalem, et cherchez dans ses places, si vous trouverez un homme, s'il en est un qui fasse le jugement, qui cherche la vérité; lorsque je les eus rassasiés, ils ont commis scortation, et à la maison de la prostituée ils sont venus enfouie. » — V, 1, 7; — courir par les rues et chercher dans les places de Jérusalem, c'est voir et faire un examen dans les doctrinaux de cette Église, car Jérusalem est l'Église, et les rues et les places sont les doctrinaux ; « si vous trouverez un homme, s'il en est un qui fasse le jugement, qui cherche la vérité, » c'est s'il y a là quelque vrai ; « lorsque je les eus rassasiés, ils ont commis scortation, » c'est lorsque les vrais leur eurent été révélés, ils les ont falsifiés ; une Église qui est telle quant à la doctrine est la maison de la prostituée à laquelle ils viennent en foule. » Dans le Même : « Tes adultères, tes hennissements, l'infamie de ta scortation sur les collines dans le champ, j'ai vu les abominations; malheur à toi, Jérusalem! Ne seras-tu point nettoyée? » — XIII. 27. — Les hennissements sont les profanations du vrai, parce que le cheval signifie l'intellectuel où est le vrai ; les collines dans le champ sont les biens du vrai dans l'Église, lesquels ont été pervertis. Dans le Même : « Dans les prophètes de Jérusalem j'ai vu une obstination horrible à commettre adultère et à marcher dans le mensonge. » — XXIII. 14 — Dans le Même : « Ils ont fait une énormité en Israël, et ils ont commis adultère avec les épouses de leurs compagnons, et ils ont prononcé ma parole en mon Nom en mentant. » — XXIX. 23 ; — ici, commettre adultère, c'est évidemment pervertir les vrais; les prophètes signifient ceux qui enseignent les vrais d'après la Parole, car il est dit « à commettre adultère et à marcher dans le mensonge, » et « ils ont prononcé ma parole en mentant; » le mensonge, dans la Parole, signifie le faux. Dans Moïse : « Vos fils seront paissant dans le désert quarante ans; et ils porteront vos scortations jusqu’à ce que vos corps soient consumés dans le désert. » — Nomb., XIV. 33. — Que les fils d'Israël n'aient point porté les scortations et n'aient point été consumés dans le désert pour cela, mais qu'ils l'aient été pour avoir repoussé avec mépris les vrais célestes, on le voit en ce que cela leur a été dit, parce qu'ils n'avaient pas voulu entrer dans la terre de Canaan, mais voulaient retourner en Egypte; la terre de Canaan signifie le Ciel et l'Église avec ses vrais, et l'Egypte signifie ces vrais falsifiés et changés en magie. Dans Michée : « Toutes ses images taillées seront brisées, et tous ses salaires de prostitution seront brûlés au feu; et toutes ses idoles je mettrai en dévastation, car par un salaire de prostituée elle (les) a amassées ; c'est pourquoi, toujours en salaire de prostituée elles retourneront. »— I. 7;— les images taillées et les idoles signifient les faux qui proviennent de la propre intelligence; les salaires de prostitution sont les connaissances du vrai et du bien qu'ils ont appliquées aux faux et aux maux, et qu'ils ont ainsi perverties. Dans Hoschée : « Jéhovah dit à Hoschée : Prends-toi une femme de scortations et des enfants de scortations, car commettant scortation elle a commis scortation, la terre, en arrière de Jéhovah. » —I. 2 ;—par là il a été représenté quelle était l'Église, à savoir, que tout entière elle était dans les faux. Dans le Même : « Ils ont péché contre Moi, leur gloire en ignominie je changerai : ils ont commis scortation, parce que Jéhovah ils ont abandonné; la scortation, le vin et le moût se sont emparés du cœur; elles commettent scortation, vos filles; et vos brus commettent adultère. » — IV. 7, 10, 11, 13; — la scortation, le vin et le moût sont les vrais falsifiés, la scortation est la falsification elle-même, le vin est le faux intérieur, le moût est le faux extérieur; les filles qui commettent scortation sont les biens du vrai pervertis, les brus qui commettent adultère sont les maux conjoints aux faux qui proviennent des maux. Dans Ésaïe : « Il arrivera à la fin de soixante dix années, que Jéhovah visitera Tyr, en sorte qu'elle retourne à son salaire de prostitution ; et elle commettra scortation avec tous les Royaumes de la terre sur les faces de l'humus ; enfin deviendra son trafic, et son salaire de prostitution, sainteté à Jéhovah. » — XXIII. 17, 18; — Tyr, dans la Parole, est l'Église quant aux connaissances du vrai et du bien ; le salaire de prostitution signifie ces mêmes connaissances appliquées aux maux et aux faux en pervertissant; son trafic est l'ostentation de ces connaissances ; commettre scortation avec tous les royaumes de la terre, c'est avec tous les vrais de l'Église en général et en particulier; si le trafic et le salaire de prostitution doivent être une sainteté à Jéhovah, c'est parce qu'ils signifient les connaissances du vrai et du bien appliquées par eux aux faux et aux maux, et parce que l'homme par ces connaissances considérées en elles-mêmes peut acquérir de la sagesse, car les connaissances sont des moyens de devenir sage et sont aussi des moyens de devenir insensé; elles sont des moyens de devenir insensé quand elles sont falsifiées par des applications aux maux et aux faux ; la même chose est signifiée, quand il est dit de se faire des amis par le mammon de l'injustice, — Luc, XVI. 9; — et quand il est ordonné d'emprunter aux Égyptiens de l'or, de l'argent et des vêtements, et de les leur enlever, — Exod., III. 22. XII. 35, 36; — par les Égyptiens, en effet, sont signifiés les scientifiques de tout genre, dont ils se sont servis pour falsifier les vrais. Dans Moïse : « Je retrancherai l'âme qui se tourne vers les pythons et vers les devins, pour commettre scortation après eux. » —Lé vit., XX. 5, 6. — Dans Ésaïe : « Il entre dans la paix, celui-là qui marche dans la droiture; mais vous, approchez ici, fils de la devineresse, semence d'adultère, et qui a commis scortation.» — LVII. 3. — Dans Nahum : « Malheur à la ville de sangs, tout entière dans le mensonge ! cavalier faisant lever, et éclat d'épée, et éclair de lance, et multitude de transpercés; à cause de la multitude des scortations de la débauchée, maîtresse de prestiges, qui vendait les nations par ses scortations. » — III. 1, 3, l\. — Dans Moïse : « Garde-toi de traiter alliance avec les habitants de la terre, de peur que tes fils et leurs filles ne commettent scortation après leurs dieux. » — Exod., XXXIV. 16. -- Dans le Même : « Afin que vous vous souveniez de tous les préceptes de Jéhovah, et que vous les fassiez, et que vous ne soyez pas à la piste après votre cœur et après vos yeux, après lesquels vous avez coutume de commettre scortation. »— Nomb., XV. 39. —Dans l'Apocalypse : « Babylone du vin de fureur de sa scortation a abreuvé toutes les nations. » — XIV. 8. — « L'Ange dit: Je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les eaux abondantes, avec laquelle ont commis scortation les rois de la terre. » — XVII. 1, 2. —« Babylone du vin de fureur de sa scortation a abreuvé toutes les nations, et les rois de la terre avec elles ont commis scortation. » — XVIII. 3. — « Il a jugé la grande prostituée qui a corrompu la terre par sa scortation. » — XIX. 2 ; — que dans ces passages par les scortations il soit entendu les falsifications du vrai, cela est évident. Comme les scortations et les adultères signifient de telles choses, et signifient aussi les mêmes choses dans le Ciel, c'est pour cela que dans l'Église Israélite, qui était une Église Représentative dans laquelle toute chose avait une signification, il fut ordonné, « qu'il n'y eût point de prostituée ni de scortateur en Israël. »— Deutér., XXIII. 18; —« que l'homme qui aurait commis adultère avec l'épouse d'un homme, et qui aurait commis adultère avec l'épouse de son compagnon, serait mis à mort. » — Lévit., XX. 10; — « que le salaire de prostitution ne serait point apporté dans la maison de Jéhovah, pour aucun vœu. » — Deutér., XXIII. 19 ; — « que les fils d'Aharon ne prendraient point pour épouse une prostituée, ni une femme répudiée par son mari; que le grand-prêtre prendrait pour épouse une vierge; que si la fille d'un prêtre s'était profanée, en commettant scortation, elle serait brûlée au feu. » —Lévit., XXI. 7, 9, 13, 14; — outre plusieurs autres ordonnances. Que les scortations et les adultères enveloppent de telles choses, c'est ce qui est devenu certain pour moi par un grand nombre d'expériences dans l'autre vie ; les sphères, provenant des esprits qui avaient été tels, manifestaient ces choses; d'après la présence des esprits qui ont confirmé chez eux les faux et ont appliqué les vrais tirés du sens littéral de la Parole pour les confirmer, la sphère de scortation exhale des choses abominables : à tous les degrés prohibés, dont il est parlé dans le Lévitique, — XX. 11 à 21, — correspondent de telles sphères, avec différence selon l'application des vrais aux faux, et selon la conjonction des faux avec les maux, surtout avec les maux qui surgissent de l'amour de soi; voir au sujet de ces sphères plusieurs détails dans le Traité du ciel et de l'enfer, Nos 384, 385, 386.
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