| Apocalypse Expliquée 140. C'est que tu en as là qui tiennent la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à jeter une occasion de chute devant les fils d'Israël, signifie ceux qui ont été illustrés quant à l'entendement et enseignent les vrais, mais néanmoins aiment à perdre par ruse ceux qui sont de l'Église : on le voit par les Historiques de la Parole sur Biléam et Balak, compris dans le sens spirituel ; ces historiques vont d'abord être rappelés : Biléam de Péthor en Mésopotamie était Prestigiateur, et fut en raison de cela appelé par Balak Roi de Moab pour maudire le peuple Israélite ; mais Jéhovah l'en empêcha, et lui accorda de parler prophétiquement ; toutefois, cependant, Biléam conseilla plus tard à Balak de perdre ce peuple par ruse, en le détournant du culte de Jéhovah pour le culte de Baalpéor : c'est donc de là que par Biléam sont entendus ceux qui ont été illustrés quant à l'entendement et enseignent les vrais, mais néanmoins aiment à perdre par ruse ceux qui sont de l'Église. Que Biléam ait été un prestigiateur, on le voit d'après ces passages dans Moïse : « Les anciens de Moab et les anciens de Midian s'en allèrent vers Biléam, ayant en leur main de quoi payer les prestiges. » — Nomb., XXII 7. — « Lorsque Biléam vit qu'il était bon aux yeux de Jéhovah de bénir Israël, il n'alla point comme les autres fois au-devant des divinations, » — Nomb., XXIV. 1. — Et dans Josué : « Biléam fils de Béor, prestigiateur, les fils d'Israël le tuèrent par l'épée sur ceux qu'ils avaient transpercés. » — XIII. 22. — Qu'il ait été appelé par Balak Roi de Moab pour maudire le peuple Israélite, on le voit, — Nomb., XXII. 5, 6, 16, 17. Deu-tér., XXIII. 4, 5 ; — mais que Jéhovah l'en ait empêché et lui ait accordé de parler prophétiquement, on le voit, —Nomb., XXII. 9, 10, 12, 20. XXIII. 5, 16; —quant aux paroles prophétiques qu'il prononça,—voir Nomb., XXIII. 7 à 15,18 à 24. XXIV. 5 à 9, 16 à 19, 20 à 24,—elles sont toutes des vrais, puisqu'il est dit que « Jéhovah mit la parole dans sa bouche, —Nomb., XXIII. 5, 12, 16. — Que plus tard il ait conseillé à Balak de perdre le peuple Israélite par ruse, en le détournant du culte de Jéhovah pour le culte de Baalpéor, cela est évident d'après ces passages dans Moïse : « Dans Schittim le peuple commença à commettre scortation avec les filles de Moab, et elles appelèrent le peuple aux sacrifices de leurs dieux; le peuple mangea et se prosterna devant leurs dieux, surtout il s'attacha à Baalpéor ; c'est pourquoi il en fut tué d'Israël vingt-quatre mille. » — Nomb., XXV. 1, 2, 3, 9, 18. — « ils tuèrent Biléam parmi les Midianites; et les fils d'Israël emmenèrent captives toutes les femmes des Midianites, parce que c'était par le conseil de Biléam qu'elles les avaient entraînés à la prévarication contre Jéhovah, pour le fait de Péor. » — Nomb., XXXI. 8, 9, 16. — Que par Biléam soient entendus ceux qui ont été illustrés quant à l'entendement et enseignent les vrais, cela résulte de ce qui vient d'être montré, car il prononça prophétiquement des vrais sur Israël et aussi sur le Seigneur ; qu'il en ait prononcé aussi sur le Seigneur, on le voit dans sa prophétie,—Nomb., XXIV. 17; —parler prophétiquement d'Israël, c'est, parler non du peuple Israélite, mais de l'Église du Seigneur qui est signifiée par Israël ; Biléam décrit lui-même en ces termes l'illustration de son entendement : « Parole de Biléam, fils de Béor, parole de l'homme dont les yeux sont ouverts; parole de celui qui entend les paroles de Dieu, de celui qui tombe et dont les yeux sont dévoilés. » — Nomb., XXIV. 3, 4, 15, 16. — Celui dont les yeux sont ouverts et celui dont les yeux sont dévoilés, c'est celui qui est illustré quant à l'entendement; car les yeux, dans la Parole, signifient l'entendement, voir Nos 2701, 4410, 4411, 4523 à 4534, 9051, 10569. Que par Biléam soient entendus en même temps ceux qui aiment par ruse à perdre les hommes de l'Église, c'est encore ce qu'on voit d'après ce qui a été montré ci-dessus ; et, en outre, quand il était monté sur son Anesse, il méditait continuellement de faire usage de prestiges pour perdre les fils d'Israël, et ne pouvant pas y parvenir par des malédictions, il conseilla à Balak de les perdre en les appelant aux sacrifices de ses dieux, et en leur faisant commettre scortation avec les filles de Moab ; les fils d'Israël, qu'il voulait perdre, signifient l'Église, puisque l'Église avait été instituée chez eux, voir, N°s 6426, 8805, 9340. Je vais expliquer ici en peu de mots l'arcane concernant l’anesse, sur laquelle Biléam était monté, qui se détourna trois fois du chemin à la vue d'un Ange avec une épée dégainée, et qui parla à Biléam : Quand Biléam était sur l'Anesse, il méditait continuellement des prestiges contre les fils d'Israël, il avait continuellement à l'esprit les présents dont il serait honoré ; c'est même ce qu'on voit par ces paroles : « Il n'alla point comme les autres fois au-devant des divinations. »— Nomb., XXIV. 1 ; — il était donc de cœur un prestigiateur ; lors donc qu'il pensait d'après soi, il ne pensait pas à autre chose ; dans le sens spirituel de la Parole, l'Anesse sur laquelle il était monté signifie l'intellectuel illustré ; c'est pour cela que monter sur une Anesse, ou sur une mule, était une marque, de la souveraine Judicature et de la Royauté, voir ci-dessus, N° 31, et dans les ARCANES CELESTES, Nos 2781, 5741, 9212; l'Ange avec l'épée dégainée signifie le Divin Vrai qui illustre et qui combat contre le faux, voir aussi ci-dessus, N° 131 ; par l'ânesse, qui se détourna trois fois du chemin, il est signifié que l'entendement illustré ne concordait pas avec la pensée du prestigiateur, ce qui est aussi entendu par les paroles que l'Ange dit à Biléam : « Voici, je suis sorti pour m'opposer à toi, parce que mauvais est ton chemin devant moi. » - Nomb., XXII. 32. — Le chemin, dans le sens spirituel de la Parole, signifie ce que l'homme pense d'après l'intention ; voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 479, 534, 590; et dans l'Opuscule du JUGEMENT DERNIER, N° 43; qu'il ait été détourné de la pensée et de l'intention de se servir de prestiges par la crainte de la mort, cela est évident d'après les paroles que l'Ange lui adressa : « Si l'Anesse ne se fût détournée de devant moi, certes A l'instant même je t'aurais tué. » — Nomb., XXII. 33. — Biléam crut entendre l'Anesse lui parler; toutefois, ce n'est pas elle qui parla, mais les paroles furent entendues comme prononcées par elle ; que ce soit ainsi, c'est ce qui m'a été montré très-souvent par vive expérience ; il m'a été donné d'entendre des chevaux qui semblaient parler, lorsque cependant les paroles étaient prononcées non par eux, mais comme par eux : cela arriva effectivement ainsi à Biléam, afin que cette histoire fût décrite avec ses détails dans la Parole, en vue du sens interne, dans lequel est décrite la manière dont le Seigneur défend ceux qui sont dans les vrais et les biens, afin qu'ils ne souffrent pas de dommage de la part de ceux qui parlent comme d'après l'illustration, et qui cependant ont la résolution et l'intention de séduire ; celui qui croit que Biléam aurait pu causer du dommage aux fils d'Israël par des prestiges se trompe beaucoup, car les prestiges n'auraient eu aucune force contre eux ; c'est aussi ce que Biléam lui-même avoue, en disant : «La divination n'a point de force contre Jacob, ni les prestiges contre Israël. » — Nomb., XXIII. 23. — Si Biléam a pu séduire ce peuple par ruse, ce fut parce que ce peuple était tel de cœur; ils adoraient Jéhovah seulement de bouche mais Baalpéor de cœur, et parce qu'ils étaient tels, cela fut par conséquent permis. En outre, il faut qu'on sache que l'homme peut être dans l'illustration quant à l'entendement, quoiqu'il soit dans le mal quant à la volonté; car la faculté intellectuelle a été séparée de la faculté volontaire chez tous ceux qui n'ont pas été régénérés; c'est seulement chez ceux qui ont été régénérés que ces deux facultés font un ; en effet, il appartient à l'entendement de savoir, de penser et de prononcer les vrais, mais il appartient à la volonté de vouloir les choses qui sont comprises, et de les faire d'après la volonté ou l'amour : la dissidence entre l'un et l'autre se manifeste clairement chez les mauvais esprits; quand ceux-ci sont tournés vers les bons esprits, ils comprennent même les vrais et ils les reconnaissent aussi, presque comme s'ils avaient été illustrés ; mais dès qu'ils se détournent des bons esprits, ils reviennent à l'amour de leur volonté, et ne voient rien du vrai; bien plus, ils nient les vrais qu'ils ont entendus; voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 153, 424, 455. Que l'entendement puisse être dans l'illustration, c'est ce qui a été accordé à l'homme pour la réformation; car dans la volonté de l'homme réside tout mal, tant celui dans lequel il naît, que celui dans lequel il s'introduit lui-même, et la volonté ne peut être corrigée, si l'homme ne sait et si par l'entendement il ne reconnaît les vrais et les biens, et aussi les faux et les maux; autrement, il ne peut avoir de l'aversion pour ceux-ci, ni aimer ceux-là. Voir au sujet de la volonté et de l'entendement plusieurs détails dans LA DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, Nos 28 à 35.
|