| Apocalypse Expliquée 1216. Et comme une voix de tonnerres violents, signifie sa glorification d'après les biens de l'amour: on le voit par la signification de la voix, en ce qu'elle est la glorification du Seigneur, comme ci-dessus; et par la signification des tonnerres, en ce qu'ils sont les biens de l'amour qui retentissent, Nos 821, 855 ; de là les tonnerres violents sont tous les biens, lorsqu'ils retentissent chez les Anges. Dans le langage des hommes, il y a ensemble dans les voix deux choses, le son et son articulation ; le son appartient à l'affection de la volonté de l'homme, et l'articulation du son appartient à l'entendement de sa pensée : ces deux choses ont été conjointes dans le langage humain, et sont aussi discernées par l'ouïe, car par le son on connaît l'affection, et par les mots, qui sont les articulations du son, on connaît la pensée : cela étant naturel, l'homme y réfléchit peu, mais néanmoins il le sait quand il entend : cela est entendu chez les Anges et chez les esprits plus distinctement que chez les hommes, par la raison qu'ils sont spirituels, et que les spirituels pensent d'après l'affection, et par suite aussi parlent d'après elle, ceux qui sont dans le Royaume céleste, d'après l'affection du bien, et ceux qui sont dans le Royaume spirituel, d'après l'affection du vrai; de là vient qu'ils sont connus d'après le son ; le son du langage des Anges dans les supérieurs du Ciel est entendu en bas avec variation, car il augmente en avançant, de même qu'il arrive aussi dans le Monde, quand le son descend de haut ; le son des Anges spirituels est entendu comme le son des eaux tumultueuses, et le son des Anges célestes comme le son des tonnerres. Ce que signifient en outre les tonnerres, on le voit ci-dessus, Nos 273, 353, 498, 702, 704, 1014. — Continuation : II a été traité de l'Infinité et de l'Éternité, puis de la Providence et de la Toute-Puissance, qui appartiennent au Seigneur; maintenant il va être traité de la Toute-Présence et de la Toute-Science qui aussi Lui appartiennent. Que Dieu soit Tout-Présent, et qu'il soit Tout-Sachant, on le reconnaît dans toute religion ; c'est d'après cela qu'on prie Dieu d'écouter, de voir et d'être touché de compassion, ce que l'on ne ferait pas, si l'on ne croyait pas à sa Toute-Présence et à sa Toute-Science. Si l'on y croit, c'est d'après un influx du Ciel chez ceux qui ont de la religion, car d'après la religion même on ne met pas en question si Dieu existe, ni comment il existe. Mais puisque aujourd'hui, surtout dans le Monde Chrétien, les hommes naturels se sont multipliés, et que ceux-ci ne voient aucun des attributs de Dieu, et ne croient pas, à moins qu'ils ne voient, — s'ils disent qu'ils croient, c'est ou à cause de leurs fonctions, ou par une science aveugle, du par hypocrisie, — et que néanmoins ils peuvent voir, il est pour cette raison permis de traiter des choses qui sont de Dieu, d'après la lumière rationnelle et par conséquent d'après la vue rationnelle, afin qu'ils voient. Chaque homme, en effet, même celui qui est purement naturel et sensuel, a été doté d'un entendement qui peut être élevé dans la lumière du Ciel, et voir les spirituels, et môme les Divins, et aussi les saisir, mais seulement lorsqu'il les entend ou les lit, et ensuite d'après la mémoire il peut en parler, mais les penser en lui d'après lui-même, il ne le peut : la raison de cela, c'est que lorsqu'il entend et lit, l'entendement est séparé de sa propre volonté, et quand il en a été séparé, il est alors dans la lumière du Ciel; mais lorsqu'il pense en lui d'après lui-même, l'entendement est conjoint avec l'affection de sa volonté, et celle-ci le remplit, le relient et l'empêche de sortir. Mais néanmoins la chose en elle-même est telle, que chez ces hommes naturels qui sont dans l'affection du vrai et ne se sont point confirmés dans les faux, l'entendement peut être séparé de l'affection de la volonté et être ainsi élevé dans la lumière du Ciel, mais difficilement chez ceux qui ne sont pas dans l'affection du vrai, par la raison qu'ils ont rejeté les Divins, ou qu'ils se sont confirmés dans les faux ; chez ceux-ci il y a comme un voile ombreux entre la lumière spirituelle et la lumière naturelle; chez plusieurs cependant ce voile est transparent. Maintenant, puisque tout homme, même l'homme sensuel-corporel, lorsqu'il est adulte, jouit d'une telle faculté de comprendre, qu'il peut saisir les choses qui sont de Dieu, quand il les entend ou quand il les lit, et ensuite les retenir dans sa mémoire, et d'après cela en parler, les enseigner et les écrire, il est important que cet Ouvrage concernant les Attributs Divins soit continué comme il a été commencé. Ici donc il sera traité de la Divine Toute-Présence et de la Divine Toute-Science, afin que l'homme purement naturel ne les mette pas en doute jusqu'à les nier, par cela qu'il ne veut comprendre aucune chose Divine ni aucune chose spirituelle, en prétendant que cela n'est pas possible.
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