| Apocalypse Expliquée 1207. Et ils adorèrent Dieu assis sur le Trône, signifie l'adoration du Seigneur, à qui appartient toute puissance dans les Cieux et dans les terres : ou le voit par la signification d'adorer, en ce qu'ici c'est l'adoration d'après l'humiliation du cœur; et par la signification d'assis sur le trône, en ce que c'est à qui appartient la puissance dans les Cieux et dans les terres, car par le trône, lorsqu'il s'agit du Seigneur, il est entendu tout le Ciel, et aussi toute puissance dans le Ciel; s'il est entendu aussi toute puissance dans les terres, c'est parce que la puissance dans les Cieux ne peut pas être séparée de la puissance dans les terres ; en effet, le Monde spirituel, dans lequel sont les Cieux et les enfers, ne peut pas être séparé du Monde naturel; ainsi les Anges et les esprits ne peuvent pas être séparés des hommes, car ils sont consociés et conjoints; en effet, chaque homme, quant aux pensées de son entendement, et quant aux affections de sa volonté, est dans le Monde spirituel parmi les sociétés qui y sont, ainsi avec les Anges du Ciel d'une part, et avec les esprits de l'enfer d'une autre part; car l'homme, quant à ses pensées et à ses affections, est un esprit; c'est pourquoi aussi après sa mort, lorsqu'il devient esprit, il va dans les sociétés dans lesquelles il avait été dans le Monde, De là il est évident que le Seigneur, parce qu'il a la puissance dans les Cieux, a aussi la puissance dans les terres, et que l'une ne peut pas être séparée de l'autre. Que par Dieu, ici et ailleurs dans la Parole, il soit entendu le Seigneur, -c'est parce qu'au Seigneur appartient tout pouvoir dans les Cieux et dans les terres, comme Lui-Même l'enseigne dans la Parole; en effet, Seul il est Dieu. — Continuation : II. La nature en elle-même est morte, ayant été créée afin que par elle le spirituel soit revêtu de formes qui servent à l'usage, et afin qu'il soit terminé : la Nature et la Vie sont deux choses distinctes : la Nature commence à partir du soleil du Monde, et la Vie commence à partir du Soleil du Ciel. Le soleil du Monde est pur Feu, et le Soleil du Ciel est pur Amour ce qui procède du soleil qui est pur feu est appelé Nature et ce qui procède du Soleil qui est pur Amour est appelé Vie ce qui procède du pur feu est mort, mais ce qui procède du pur Amour est vivant : par là on voit clairement que la Nature en elle même est morte. Que la nature serve à revêtir le spirituel on le voit par les âmes des bêtes, qui sont des affections spirituelles en ce que les bêtes sont revêtues de choses matérielles qui sont dans le Monde; que leurs corps soient matériels, cela est notoire pareillement les corps des hommes. Si le spirituel peut être revêtu par le matériel, c'est parce que toutes les choses qui existent dans la nature du Monde, tant celles des atmosphères que' celles des eaux et des terres, toutes prises individuellement, sont des effets produits par le spirituel comme cause, et que les effets font un avec la cause, et concordent entièrement, selon cet axiome, que rien n'existe dans l'effet, qui ne soit dans la cause : mais il y a cette différence, que la cause est une force vive, parce qu'elle est spirituelle, tandis que l'effet qui en provient est une force morte, parce qu'il est naturel. C'est de là que, dans le Monde naturel, il existe des choses qui concordent entièrement avec celles qui sont dans le Monde spirituel, et qu'elles peuvent être convenablement conjointes. C'est donc de là qu'il est dit que la nature a été créée, afin que par elle le spirituel soit revêtu de formes qui servent à l'usage. Que la nature ait été créée, afin que le spirituel soit terminé en' elle c'est une conséquence de ce qui a été dit, que les choses du Monde spirituel sont des causes, et celles du Monde naturel des effets ; or, les effets sont les terminaisons : là où est un premier, il doit y avoir nécessairement un dernier, et comme dans le dernier coexiste tout intermédiaire à partir du premier, l'œuvre de la création dans les derniers est achevée. C'est pour cette fin que le Soleil du Monde a été créé, et par le Soleil la nature, et en dernier lieu le Globe terrestre, afin qu'il y ait là les matières dernières, dans lesquelles tout spirituel est terminé, et dans lesquelles la création subsiste : c'est aussi pour cette fin que l'œuvre de la création y persiste et dure continuellement, ce qui se fait par les générations des hommes et des animaux, et par les germinations des végétaux ; et pour celte fin que de là toutes choses reviennent au Premier de qui tout procède, ce qui se fait par l'homme. Que les intermédiaires coexistent dans les derniers, on le voit clairement par l'axiome, qu'il n'y a rien dans l'effet, qui ne soit dans la cause, ainsi par la continuité des causes et des effets depuis le Premier jusqu'au dernier.
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