| Apocalypse Expliquée 1202. Et qu'il a vengé le sang de ses serviteurs (qu'elle a répandu) de sa main, signifie la délivrance de ceux qui sont par le Seigneur dans les Divins Vrais, par le rejet des Babyloniens ; on le voit par la signification de venger le sang (qu'elle a répandu) de sa main, en ce que c'est délivrer de ceux qui sont entendus par Babylone comme prostituée; et par la signification du sang des serviteurs, en ce que c'est la violence faite à ceux qui sont dans les vrais par le Seigneur; le sang est la violence faite, et les serviteurs sont ceux qui sont dans les vrais par le Seigneur ; que ceux-ci soient appelés serviteurs, on le voit ci-dessus, Nos 6, 409. — Continuation : II y a entre les hommes et les bêtes une différence comme entre la veille et le sommeil, et comme entre la lumière et l'ombre. L'homme est spirituel, et en même temps naturel ; la bête, au contraire, n'est pas spirituelle, mais elle est naturelle. Il y a dans l'Homme volonté et entendement; sa volonté est le réceptacle de la chaleur du Ciel, qui est l'amour, et son entendement est le réceptacle de la lumière du Ciel, qui est la sagesse ; dans les Bêtes, au contraire, il n'y a ni volonté ni entendement, mais au lieu de la volonté il y a l'affection, et au lieu de l'entendement la science. La volonté et l'entendement chez l'homme peuvent faire un, et peuvent aussi ne pas faire un, car l'homme peut penser d'après l'entendement ce qui n'appartient pas à sa volonté; il peut, en effet, penser ce qu'il ne veut pas, et aussi vice versa; chez la bête, au contraire, l'affection et la science font un, et elles ne peuvent pas être séparées; car ce qui appartient à son affection, elle le sait, et ce qui appartient à sa science, elle en est affectée; comme les deux facultés, qui sont appelées science et affection, ne peuvent être séparées chez la bête, c'est pour cela que la bête n'a pas pu détruire l'ordre de sa vie; de là vient qu'elle naît dans toute la science de son affection ; il en est autrement chez l'homme; les deux facultés de sa vie, qui sont appelées entendement et volonté, peuvent être séparées, ainsi qu'il a été dit ; c'est pourquoi il a pu, lui, détruire l'ordre de sa vie, en pensant en opposition avec sa volonté, et en voulant en opposition avec son entendement, et aussi par là il l'a détruit : de là vient qu'il naît dans une complète ignorance, afin que d'après elle il soit introduit dans l'ordre par les sciences, au moyen de l'entendement. L'ordre, dans lequel l'homme a été créé, est d'aimer Dieu par-dessus toutes choses, et le prochain comme soi-même; et l'état, dans lequel l'homme est venu, après qu'il eut détruit cet ordre, est de s'aimer par-dessus toutes choses, et d'aimer le monde comme soi-même. Comme il y a chez l'homme un mental spirituel, et que ce mental est au-dessus de son mental naturel, et comme son mental spirituel peut porter sa vue sur des choses qui appartiennent au Ciel et à l'Église, puis aussi sur celles qui appartiennent à la cité quant aux mœurs et aux lois, et que ces choses se réfèrent aux vrais et aux biens qui sont appelés spirituels, moraux et civils, et en outre aux vrais et aux biens naturels des sciences, et aux opposés de ces vrais et de ces biens, qui sont les faux et les maux, c'est pour cela que l'homme peut non-seulement penser analytiquement et tirer des conclusions sur les choses, mais encore recevoir l'influx du Seigneur par le Ciel, et devenir intelligent et sage ; aucune bête ne le peut; ce qu'elle sait, ce n'est pas par quelque entendement, mais c'est par la science de l'affection, qui est son âme. La science de l'affection existe dans tout spirituel, parce que le spirituel procédant du Seigneur comme Soleil est la Lumière unie à la Chaleur, ou bien la sagesse unie à l'amour, et parce que la science appartient à la sagesse, et l'affection à l'amour, dans le degré qui est appelé naturel. Puisque l'homme a un mental spirituel et en même temps un mental naturel, et que son mental spirituel est au-dessus de son mental naturel ; et puisque le mental spirituel est tel, qu'il peut contempler et aimer les vrais et les biens en tout degré, conjointement avec le mental naturel, et abstractivement de ce mental, il s'ensuit que les intérieurs de l'homme, qui appartiennent à l'un et à l'autre de ses mentais, peuvent être élevés par le Seigneur vers le Seigneur et être conjoints à lui ; de là vient que tout homme vit éternellement : il n'en est pas ainsi de la bête ; elle ne jouit d'aucun mental spirituel, mais elle a seulement un mental naturel ; c'est pourquoi ses intérieurs, qui appartiennent seulement à la science et à l'affection, ne peuvent ni être élevés par le Seigneur, ni être conjoints à Lui ; c'est pour cela qu'elle ne vit pas après la mort. La Bête, il est vrai, est conduite par un certain influx spirituel, qui tombe dans son âme ; mais comme son spirituel ne peut pas être élevé, il ne peut qu'être porté en bas, et examiner les choses qui appartiennent à son affection, lesquelles se réfèrent seulement à celles qui concernent la nutrition, l'habitation et la propagation, et d'après la science de son affection les connaître au moyen de la vue, de l'odorat et du goût. Comme d'après son mental spirituel l'homme peut penser rationnellement, c'est aussi pour cela qu'il peut parler, car parler appartient à la pensée d'après l'entendement qui peut voir les vrais dans la lumière spirituelle; au contraire, la bête qui n'a aucune pensée d'après l'entendement, mais qui a seulement la science d'après l'affection, ne peut que produire des sons, et varier le son de son affection selon ses appétits.
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