| Apocalypse Expliquée 1201. Qui a corrompu la terre par sa scortation, signifie par lesquels ont été falsifiés tous les vrais de l'Église, et en ont été adultérés tous les biens : on le voit par la signification de la terre, en ce qu'elle est l'Église ; et par la signification de la corrompre par la scortation, en ce que c'est en falsifier tous les vrais, et en adultérer tous les biens, Nos 141, 161, 1083, 1130 ; que les vrais aient été falsifiés, on le voit en ce qu'ils ne tiennent aucun compte de la Parole, et qu'ils tirent de leur propre de nouveaux statuts, de nouveaux jugements et de nouveaux préceptes, dont la plupart regardent comme fin la domination sur l'Église et sur le Ciel, toutes choses qui sont des vrais falsifiés ; que les biens de l'Église aient aussi été adultérés, cela résulte évidemment de ce qu'ils disent saintes et appellent bonnes œuvres toutes les choses qu'ils donnent à leurs monastères et à leurs idoles, et aussi au siège pontifical, et par là cependant ils dépouillent les maisons, et privent les veuves et les orphelins de leurs facultés, et ils font cela quoiqu'ils habitent au milieu de trésors, et que leur revenu soit plus que suffisant; et, de plus, ils font méritoires de telles œuvres, et plusieurs autres semblables. — Continuation : Ces préliminaires étant posés, il sera dit ce que c'est que l'Ame des bêtes : L'Ame des bêtes, considérée en elle-même, est spirituelle; en effet, l'affection, quelle qu'elle soit, bonne ou mauvaise, est spirituelle, car elle est une dérivation de quelque amour, et tire son origine de la lumière et de la chaleur qui procèdent du Seigneur comme Soleil, et tout ce qui en procède est spirituel. Que les mauvaises affections, qui sont appelées convoitises, eu viennent aussi, cela est évident d'après ce qui a été dit précédemment sur les mauvais amours et par suite sur les folles cupidités des génies et des esprits infernaux. Les bêtes et les animaux sauvages, dont les âmes sont de semblables affections mauvaises, n'ont pas-été créés dès le commencement; tels sont les rats, les serpents venimeux, les crocodiles, les basilics, les vipères, et autres semblables, et aussi les divers insectes nuisibles; mais ils ont eu leur origine avec l'Enfer, dans les étangs, les marais, les eaux infectes et fétides, et dans les lieux où sont des effluves cadavéreuses, stercoreuses et urineuses, avec lesquelles communiquent les mauvais amours des sociétés infernales : qu'il y ait communication avec de telles choses, il m'a été donné de le savoir par expérience : il y a même dans tout spirituel une force plastique partout où des exhalaisons homogènes se présentent dans la nature, et il y a dans tout spirituel une force propagatrice, car il forme non-seulement les organes des sens et des mouvements, mais encore les organes de la prolification par les utérus ou par les œufs. Mais dès le commencement il n'y eut de créé que les bêtes utiles et propres, dont les âmes sont des affections bonnes. Toutefois, il faut qu'on sache que les âmes des bêtes ne sont pas spirituelles dans ce degré où le sont les âmes des hommes, mais elles sont spirituelles dans un degré inférieur ; en effet, il y a des degrés pour les choses spirituelles ; et les affections du degré inférieur, bien que considérées d'après leur origine elles soient spirituelles, doivent néanmoins être appelées naturelles; on doit les appeler ainsi, parce qu'elles sont semblables aux affections de l'homme naturel. Il y a dans l'homme trois degrés d'affections naturelles, pareillement chez les bêtes; dans le degré infime sont les insectes de divers genres, dans un degré supérieur sont les oiseaux du ciel, et dans un degré encore plus élevé sont les bêtes de la terre, qui ont été créées dès le commencement.
|