| Apocalypse Expliquée 1198. Le salut et la gloire et l'honneur et la puissance au Seigneur notre Dieu, signifie parce que du Seigneur vient la vie éternelle par le Divin Vrai et le Divin Bien d'après sa Divine Toute-Puissance : on le voit par la signification du salut, en ce qu'il est la vie éternelle; par la signification de la gloire et de l'honneur, en ce que c'est le Divin Vrai et le Divin Bien du Seigneur, Nos 288, 345; par la signification de la puissance, quand il s'agit du Seigneur, en ce que c'est la Toute-Puissance; et comme le Seigneur dans la Parole est appelé Jéhovah et Seigneur d'après le Divin Bien, et Dieu d'après le Divin Vrai, et que c'est ce Bien et ce Vrai qui sont signifiés par l'honneur et la gloire, c'est pour cela qu'il est dit Seigneur notre Dieu. Dans le sens de la lettre, il est dit le salut, la gloire, l'honneur, la puissance, d'une manière distincte; mais dans le sens spirituel, ces choses sont conjointes en un seul sens, qui est, que du Seigneur vient la vie éternelle par le Divin Vrai et le Divin Bien d'après la Divine Toute-Puissance ; de même dans un grand nombre de passages ailleurs dans la Parole : parfois ce sont de simples noms de pays et de villes qui sont donnés, et qui, dans le sens de la lettre, paraissent distincts; mais, dans le sens spirituel, il en est formé un seul sens continu. — Continuation : Les signes particuliers qui attestent la même chose sont encore en plus grand nombre et plus saillants; chez certaines espèces d'animaux, ces signes sont tels, que l'homme sensuel, qui ne pense que dans la matière, compare les choses qui sont chez les bêtes avec celles qui sont chez les hommes, et conclut, d'après une folle intelligence, que les états de la vie sont semblables, même après la mort, en disant que si lui-même vit, les bêtes vivent, ou que si les bêtes meurent, lui meurt aussi. Les signes qui sont des attestations, et qui néanmoins rendent insensé l'homme sensuel, sont que, chez certains animaux, on voit pareillement de la prudence et de la sagacité, un amour connubial, de l'amitié et presque de la charité, de la droiture et de la bienveillance, en un mot, de la moralité, comme chez les hommes; soit, par exemple, les chiens; par un penchant inné en eux, qui ressemble à de l'ingéniosité, ils savent faire une garde fidèle ; par la transpiration de l'affection de leur maître, ils connaissent, pour ainsi dire, ses volontés; ils découvrent où il est en apercevant ses vestiges et ses vêtements; ils connaissent les plages et les parcourent pour regagner la maison, même par des chemins perdus et au milieu d'épaisses forêts; ils font en outre beaucoup d'autres choses semblables, d'après lesquelles l'homme sensuel juge que le chien aussi a de la science, de l'intelligence et de la sagesse; ce qui ne doit pas étonner, puisque c'est à la nature qu'il attribue de telles choses chez le chien et aussi chez lui-même : l'homme spirituel en juge autrement; il voit que c'est quelque chose de spirituel qui dirige, et que ce spirituel est uni au naturel. Les signes particuliers consistent aussi en ce que les oiseaux savent construire des nids, y pondre des œufs, les couver, en extraire les petits, et ensuite, par un amour qui est le storge, leur procurer de la chaleur sous leurs ailes et de la nourriture avec leur bec, jusqu'à ce qu'ils soient couverts de plumes et qu'ils puissent voler, quand aussi par eux-mêmes ils sont dans toute la science de leurs parents par le spirituel qui pour eux est l'âme, science d'après laquelle ils pourvoient à eux-mêmes. Les signes particuliers sont encore tous ceux que renferment les œufs; dans l'œuf est caché le rudiment du nouvel oiseau, et autour de ce rudiment sont tous les éléments qui servent à former le fœtus, depuis les principes dans la tête jusqu'au plein entrelacement de toutes les parties du corps ; est-ce qu'il peut être pourvu à une telle chose par la nature? car c'est là non-seulement être produit, mais encore être créé, et la nature ne crée pas : qu'est-ce que la nature a de commun avec la vie, si ce n'est que la vie est revêtue par la nature, et qu'elle sort et se présente dans une forme comme animal ? Au nombre des signes particuliers, qui attestent la même chose, sont aussi les vermisseaux qui se nourrissent d'herbes; lorsqu'ils doivent subir leur métamorphose, ces vermisseaux s'entourent comme d'un utérus pour renaître; ils s'y changent en nymphes et en chrysallides, et après que le travail est achevé et que le temps est venu, ils se changent en de beaux insectes ailés, et s'élancent dans l'air comme dans leur ciel; là, ils folâtrent, femelle et mâle, comme épouse et époux ; ils se nourrissent de fleurs odoriférantes et pondent des œufs, pourvoyant ainsi à ce que leur espèce vive après eux : l'homme spirituel voit que c'est une imitation de la renaissance de l'homme et un représentatif de sa résurrection, et par conséquent un spirituel. On découvre des signes encore plus saillants chez les abeilles, chez qui le gouvernement a la forme des gouvernements chez les hommes ; elles se construisent, selon les règles de l'art, de petites demeures de cire, jointes l'une à l'autre, avec des passages commodes pour les communications, et elles y serrent le miel qu'elles tirent des fleurs ; elles se donnent une souveraine, de laquelle, comme d'une mère commune, doit venir la progéniture; celle-ci habite, au-dessus de son peuple, au milieu d'abeilles satellites, qui la suivent quand elle doit pondre, et derrière eux vient la foule pêle-mêle ; elle va ainsi de cellule en cellule, et dans chacune elle dépose un petit œuf, en continuant jusqu'à ce que sa matrice ait été vidée, et alors elle retourne à sa demeure ; et cela est recommencé plusieurs fois ; comme ses satellites, qui sont appelés faux-bourdons, ne remplissent d'autre usage que d'être en si grand nombre au service d'une seule souveraine, et de lui inspirer peut-être quelque amour, et ne font aucun travail, ils sont jugés inutiles; et en raison de cela, et de peur qu'ils ne prennent et ne consomment les richesses et les travaux des autres, ils sont tirés dehors, et les ailes leur sont arrachées ; ainsi leur société se trouve purgée de fainéants; et enfin plus tard, quand la nouvelle lignée a grandi, un bruit général, qui se fait entendre comme le murmure des ruisseaux, commande aux jeunes abeilles de sortir, de se chercher des demeures, et de se fournir d'aliments; alors elles sortent, se rassemblent en essaim, et établissent un gouvernement semblable dans une nouvelle ruche : ces choses et plusieurs autres, que les observateurs ont vues et publiées dans des écrits, ne diffèrent pas du gouvernement que l'intelligence et la sagesse humaines ont institué et réglé, selon les lois de la justice et du jugement, dans les royaumes et dans les républiques; et enfin, de même que les hommes, comme si elles savaient que l'hiver doit venir, elles amassent des vivres pour ne pas mourir de faim pendant cette saison. Qui peut nier que ces choses soient spirituelles par origine? De semblables choses peuvent-elles donc venir d'une autre origine? Tous ces signes sont pour moi des arguments et des preuves de l'influx du spirituel dans les choses naturelles, et je suis très-étonné qu'ils puissent être des arguments et des preuves de l'opération seule de la nature, comme ils le sont pour plusieurs que la propre intelligence a rendu insensés.
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