| Apocalypse Expliquée 1189. Et voix de fiancé et de fiancée ne sera plus entendue en toi, signifie nulle joie provenant de la conjonction du bien et du vrai : on le voit par la signification du fiancé, en ce que, dans le sens suprême, c'est le Seigneur; et par la signification de la fiancée, en ce que, dans ce sens, c'est l'Église; et comme le Seigneur influe chez l'homme d'après le Divin Bien du Divin Amour, et est conjoint à l'homme dans le Divin Vrai, de là par le fiancé et la fiancée il est entendu la conjonction du Seigneur avec l'Église, et aussi la conjonction du bien avec le vrai. Comme toute joie spirituelle vient de cette conjonction, il s'ensuit que par voix de fiancé et de fiancée il est signifié la joie qui en provient : il y a aussi pour les Anges toute sagesse et toute intelligence, et par suite joie et félicité d'après cette conjonction et selon celte conjonction. Puisque cela est signifié par la voix du fiancé et de la fiancée, voilà pourquoi la joie céleste dans la Parole, ailleurs aussi, est décrits par le fiancé et par la fiancée ; comme dans Jérémie : « Je ferai cesser parmi eux voix de joie et voix d'allégresse, voix de fiancé et voix de fiancée, voix de meule et lumière de lampe, » XXV. 10. — Dans le Même : « Voici, Moi, je ferai cesser de ce lieu-ci voix de joie et voix d'allégresse, voix de fiancé et voix de fiancée. » — XVI. 9. — Dans le Même : « Je ferai, cesser des villes de Jehudah, et des rues de Jérusalem, voix: de joie et voix d'allégresse, voix de fiancé et voix de fiancée. » —- VII. 34. — Dans Joël : « Que sorte le fiancé de sa chambre à coucher, et la fiancée de son cabinet. » — II. 16. — Dans Jérémie : « Encore sera entendue dans ce lieu-ci voix de joie et voix d'allégresse, voix de fiancé et voix de fiancée, (voix) de ceux qui disent : Confessez Jéhovah Sébaoth. » — XXXIII. 10, 11 ; — dans ces passages, voix de fiancé et de fiancée signifie la joie et l'allégresse d'après la conjonction du Seigneur avec l'Église, et par suite d'après la conjonction du bien et du vrai, car là il s'agit de l'état de l'Église, et il est aussi dit ouvertement la joie et l'allégresse, la joie d'après le bien et l'allégresse d'après le vrai. Pareillement dans Esaïe : « Je me réjouirai en Jéhovah, mon âme s'égaiera en mon Dieu ; comme le fiancé met une tiare, et comme la fiancée se pare de ses bijoux, » — LXI. 10; — mettre une tiare, c'est revêtir la sagesse, et se parer de bijoux, c'est de connaissances du vrai. Dans le Même : « Comme la joie du fiancé sur la fiancée, sur toi se réjouira ton Dieu. » — LXII. 5. — Que dans le sens suprême le Seigneur soit entendu par le fiancé, et l'Église par la fiancée, cela est évident dans les Évangélistes : « Les disciples de Jean firent des questions sur le jeûne; Jésus répondit : Tant qu'avec eux est le fiancé, ils ne peuvent, les fils des noces, jeûner; des jours viendront que leur sera enlevé le fiancé, alors ils jeûneront. » — Matth. IX. 15. Marc, II. 19, 20..Luc, V. 34, 35; — là, le Seigneur se nomme le fiancé, et il appelle les hommes de l'Église les fils des noces ; parjeuner.il est signifié être dans le deuil à cause du manque du vrai et du bien. Dans Matthieu : « Le Royaume des Cieux est semblable à dix vierges, qui, prenant leurs lampes, sortirent à la rencontre du fiancé. » — XXV. 1, 2 et suiv. ; là aussi, par le fiancé est entendu le Seigneur, et par les vierges est entendue l'Église, et par les lampes sont signifiés les vrais de la foi. Dans Jean : « Celui qui a la fiancée est fiancé; mais l'ami du fiancé, qui se tient debout et l'écoute, de joie se réjouit à cause de la voix du fiancé. » — III. 29; — Jean-Baptiste a dit ces choses du Seigneur, qui est entendu par le fiancé, et l'Église est entendue par la fiancée. Que l'Église soit entendue parla fiancée, on le voit par ces passages dans l'Apocalypse : « Je vis la ville sainte, Jérusalem nouvelle, parée comme une fiancée ornée pour son mari. » — XXI. 2 ; — par la nouvelle Jérusalem est entendue la nouvelle Église. Ailleurs : « Viens, je te montrerai la fiancée, de l'Agneau l'Épouse; et il me montra la ville, la sainte Jérusalem. » — XXI. 9,10: — et ailleurs : « Et l'esprit et la fiancée disent : Viens; et que qui entend dise : Viens. » — XXII. 17 ; — par l'esprit et la fiancée est signifiée l'Église quant au bien et quant au vrai, — Continuation : Comme l'amour de commander et l'amour des richesses règnent généralement dans l'Univers Chrétien, et que ces amours sont aujourd'hui si profondément enracinés, qu'on ignore absolument qu'ils séduisent, il importe donc qu'on sache quels sont ces amours. Ils séduisent tout homme qui ne fuit pas les maux comme péchés, car celui qui ne fuit pas ainsi les maux ne craint pas Dieu, aussi reste-t-il naturel ; et comme les propres amours de l'homme naturel sont l'amour de commander et l'amour des richesses, il s'ensuit que cet homme ne voit pas, avec une reconnaissance intérieure, quels sont chez lui ces amours; il ne le voit pas, s'il n'est pas réformé, et l'on n'est réformé que par un combat contre les maux ; on croit qu'on l'est par la foi, mais la foi de Dieu n'existe pas auparavant. Lorsque l'homme a été ainsi réformé, la Lumière influe du Seigneur par le Ciel, et lui donne l'affection et aussi la faculté de voir quels sont ces amours, et s'ils dominent chez lui ou s'ils servent, par conséquent s'ils sont au premier rang chez lui et font comme la tête, ou s'ils sont au second rang et font comme les pieds ; s'ils dominent et sont au premier rang, ils séduisent et deviennent des malédictions ; mais s'ils servent et sont au second rang, ils ne séduisent pas et deviennent des bénédictions. Je puis affirmer que tous ceux chez lesquels l'amour de commander est au premier rang sont intérieurement des diables. Cet amour est connu d'après son plaisir, car ce plaisir surpasse tout plaisir de la vie des hommes ; il est continuellement exhalé de l'enfer, et l'exhalaison apparaît comme le feu d'une grande fournaise, et embrase les cœurs des hommes que le Seigneur ne préserve pas ; le Seigneur préserve tous ceux qui sont réformés; le Seigneur néanmoins dirige les autres, mais dans l'enfer ; et seulement par les liens externes, qui sont les craintes pour les punitions de la loi, et pour la perte de la réputation, de l'honneur, du lucre, et des voluptés qui en proviennent ; puis aussi par les rémunérations dans le monde ; et il ne peut les retirer de l'Enfer, parce que l'amour de commander n'admet pas les liens internes, qui sont les craintes de Dieu, et les affections du bien et du vrai, par lesquelles le Seigneur dirige vers le Ciel et dans le Ciel tous ceux qui Le suivent.
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