| Apocalypse Expliquée 1176. Disant : Malheur! malheur! cette ville grande, dans laquelle s'étaient enrichis de ses choses précieuses tous ceux gui avaient les navires sur la mer, signifie la lamentation sur la doctrine et sur la religiosité d'après lesquelles avaient fait du gain tous ceux qui les avaient confirmées par les raisonnements provenant de l'homme naturel : on le voit par la signification de malheur! malheur! en ce que c'est la lamentation, N° 1165 ; par la signification de la ville grande, en ce que c'est la doctrine et la religiosité, N° 1134 ; par la signification de s'enrichir de ses choses précieuses, en ce que c'est faire du gain par elles ; et par la signification d'avoir les navires sur la mer, en ce que c'est les confirmer par les raisonnements provenant de l'homme naturel ; par ceux qui ont les navires sur la mer sont signifiées les mêmes choses que par le pilote, quiconque sur les mers réside, les matelots, et ceux qui trafiquent sur la mer, pris ensemble, ci-dessus, Vers. 17; que par eux soient signifiés tous ceux qui ont cru être dans la sagesse, dans l'intelligence el dans la science, et ont confirmé les faux de la doctrine et de la religiosité par les raisonnements provenant de l'homme naturel, on le voit ci-dessus, N° 1170. — Continuation : Puisque la Divine Providence agit dans les affections qui appartiennent à l'amour et par suite à la volonté de l'homme, et qu'elle le conduit dans son affection, et de cette affection dans une autre affection voisine et alliée, au moyen du libre, et ainsi d'une manière non perceptible, de sorte que l'homme ne sait en rien comment elle agit, et sait même à peine s'il y a une Divine Providence, il en résulte que plusieurs la nient et se confirment contre elle; ils tirent leurs confirmations de diverses choses qui arrivent et qui existent ; par exemple, de ce que les méchants réussissent dans leurs artifices et leurs fourberies, de ce que l'impiété règne, de ce qu'il y a un Enfer, de ce que l'entendement est dans l'obscurité au sujet des choses spirituelles, et de ce qu'il en est résulté tant d'hérésies, et que chacune, appuyée sur un seul Point principal, se répand dans des assemblées et dans des nations, et y demeure, comme le Catholicisme-Romain, le Luthéranisme, le Calvinisme, le Mélanchtonisme, le Moravianisme, l'Arianisme, le Socinianisme, le Quakérisme, l'Enthousiasme, même le Judaïsme, et aussi en elles le Naturalisme et l'Athéisme; et, hors de l'Europe, dans plusieurs royaumes, le Mahométisme, comme aussi le Gentilisme, où il y a différents cultes, et où, en quelques endroits, il n'y en a aucun. Tous ceux qui portent leurs pensées sur ces faits, sans que ce soit d'après la Divine Vérité, disent dans leur cœur qu'il n'y a pas de Divine Providence, et ceux qui hésitent affirment qu'il y en a une, mais qu'elle est seulement universelle. Quand les uns et les autres entendent dire que la Divine Providence est dans les très-singuliers de la vie des hommes, alors, ou ils n'y font pas attention, ou ils y font attention; ceux qui n'y font pas attention rejettent cela derrière leur dos, et s'en vont; ceux qui y font attention sont comme ceux qui s'en vont, et cependant ils retournent la face, et regardent seulement s'il y a là quelque chose; et quand ils voient, ils disent en eux-mêmes : « On le dit;» quelques-uns d'eux aussi l'affirment de bouche mais non de cœur. Maintenant, comme il importe de dissiper cet aveuglement qui provient de l'ignorance, ou cette obscurité due à l'absence de la lumière, il sera donné à voir : I. Que le Seigneur n'enseigne immédiatement personne, mais qu'il instruit médiatement par les choses qui, chez l'homme, viennent par l'ouïe et par la vue. II. Que le Seigneur cependant pourvoit à ce que l'homme puisse être réformé et sauvé par ces choses, que par suite il fait choses de sa religion. III. Que le Seigneur pourvoit pour chaque nation à un moyen universel de salut.
|