| Apocalypse Expliquée 1175. Et ils jetèrent de la poussière sur leurs têtes, et ils criaient, pleurant et gémissant, signifie la confession que par la vie selon la religiosité et sa doctrine ils ont été damnés : on le voit par la signification de jeter de la poussière sur la tête, en ce que c'est le deuil, parce qu'ils ont été damnés ; que ce soit à cause de la vie selon celle religiosité et sa doctrine, c'en est la conséquence ; et par la signification de crier, pleurant et gémissant, en ce que c'est la douleur de ce que par la vie selon la religiosité et sa doctrine ils ont été damnés, car crier se réfère à la doctrine, et pleurer et être dans le deuil signifient la douleur d'âme et de cœur, comme ci-dessus, N° 1164. Que jeter de la poussière sur les têtes, ce soit le deuil à cause de la damnation, c'est parce que par la poussière est signifié ce qui a été damné, et par la tête l'homme lui-même. Si la poussière signifie ce qui a été damné, c'est parce que les enfers sont en dedans et les Cieux au-dessus, et que des enfers est perpétuellement exhalé le faux d'après le mal ; par suite la poussière sur eux signifie ce qui a été damné; sur ce sujet, voir aussi ci-dessus, N° 742 : à cause de cette signification de la poussière, il a été reçu dans les Églises représentatives de jeter de la poussière sur sa tête, quand on avait fait un mal et qu'on faisait pénitence, car par là la pénitence était attestée. Qu'il en soit ainsi, ou peut le voir par les passages suivants ; dans Ézéchiel : « Ils crieront amèrement, et ils feront monter de la poussière sur leurs têtes, dans la cendre ils se rouleront. » — XXVII. 30 ; — par faire monter de la poussière sur leurs têtes est signifié le deuil à cause de la damnation, et par se rouler dans la cendre est signifié un deuil encore plus profond ; car la cendre signifie ce qui a été damné, parce que le feu dont elle provient signifie l'amour infernal. Dans les Lamentations : « Ils sont assis à terre, ils se taisent, les anciens de la fille de Sion; ils ont fait monter de la poussière sur leur tête; elles ont fait descendre à terre leur tête, les vierges de Jérusalem. » — II. 10 ; — par de telles choses étaient représentés la douleur et le deuil à cause des maux et des faux, dont ils devaient faire pénitence, par conséquent la confession qu'ils étaient damnés; la fille de Sion signifie l'Église, et les vierges de Jérusalem signifient les vrais de la doctrine ; s'asseoir à terre et se taire signifie la douleur du mental (animus); faire monter de la poussière sur les têtes signifie la confession qu'ils étaient damnés ; et faire descendre à terre la tête signifie la confession qu'ils sont dans l'enfer. Dans Job : « Les amis de Job déchirèrent chacun leur tunique, et répandirent de la poussière sur leurs têtes vers le Ciel. » — II. 12 ; — par répandre de la poussière sur les têtes vers le Ciel est signifié le deuil à cause de Job, qui parut comme damné ; le deuil pour la damnation du mal est signifié par la poussière sur la tête ; et par déchirer la tunique est signifié le deuil pour la damnation du faux. Semblable chose est signifiée par « se rouler dans la poussière, » Mich. I. 10. — Que la pénitence ait été représentée par là, on le voit dans Job : « Je fais pénitence sur la poussière et sur la cendre. » — XLII. 6. - Comme la poussière signifiait la damnation, c'est pour cela qu'il a été dit au serpent : « Sur ton ventre tu marcheras, et poussière tu mangeras tous les jours de ta vie. » — Gen. III. 14; — par le serpent est signifié le mal infernal chez ceux qui pervertissent les vrais de la Parole, et par là trompent avec astuce et fourberie : pareillement dans Ésaïe : «Du serpent la poussière (sera) le pain. » LXV. 25. — D'après ces explications, il est évident que la poussière est ce qui a été damné, et que jeter de la poussière sur la tête, c'est attester la damnation. — Continuation : Ces préliminaires étant posés, il sera dit maintenant ce que c'est que l'affection; et ensuite, pourquoi le Seigneur conduit l'homme par les affections et non par les pensées; et enfin, que l'homme ne peut être sauvé autrement. Ce que c'est que l'affection. Par l'affection il est entendu la même chose que par l'amour; mais l'amour est comme une source, et les affections sont comme les ruisseaux qui en dérivent, par conséquent aussi elles en sont les continuations. L'amour comme source est dans la volonté de l'homme; les affections, qui en sont les ruisseaux, coulent par continuité dans l'Entendement; et là, au moyen de la lumière qui procède des vrais, elles produisent les pensées, absolument comme les vapeurs de la chaleur produisent les germinations dans un Jardin au moyeu des rayons de la lumière; l'amour aussi dans son origine est la chaleur du Ciel, les vrais dans leur origine sont les rayons de la lumière du Ciel, et les pensées sont les germinations qui résultent de leur mariage. D'un tel mariage procèdent toutes les sociétés du Ciel, qui sont innombrables, lesquelles dans leur essence sont des affections ; car elles procèdent de la chaleur qui est l'amour, et de la sagesse qui est la lumière, chaleur et lumière qui procèdent du Seigneur comme Soleil; par suite, ces sociétés, selon que la chaleur y a été unie à la lumière, et que la lumière y a été unie à la chaleur, sont des affections du bien et du vrai; de là viennent les pensées de tous dans ces sociétés. D'après cela, il est évident que les sociétés du Ciel ne sont pas des pensées, mais qu'elles sont des affections, et qu'ainsi, être conduit par ces sociétés, c'est être conduit par les affections, ou qu'être conduit par les affections, c'est être conduit par les sociétés; c'est pourquoi, dans ce qui va suivre, au lieu des sociétés il sera dit les affections. Maintenant, il sera dit pourquoi le Seigneur conduit l'homme par les affections, et non par les pensées. Lorsque le Seigneur conduit l'homme par les affections, celui-ci peut être conduit selon toutes les lois de la Divine Providence; mais non, si c'était par les pensées : les affections ne se manifestent point devant l'homme, mais les pensées se manifestent; puis aussi, les affections produisent les pensées, mais les pensées ne produisent point les affections; il semble qu'elles les produisent, mais c'est une illusion; et puisque les affections produisent les pensées, elles produisent aussi toutes les choses de l'homme, parce qu'elles sont sa vie. Cela est même connu dans le Monde : Si tu tiens un homme dans son affection, tu le tiens en chaîné, et tu le conduis où tu veux, et alors une seule raison en vaut mille: mais si tu ne liens pas l'homme dans raisons ne valent rien, car l'affection qui ne concorde pas, ou les pervertit, ou les rejette, ou les étouffe. 11 en serait de même si le Seigneur conduisait l'homme par les pensées immédiatement, et non par les affections. De plus, quand l'homme est conduit par le Seigneur au moyen des affections, il lui semble qu'il pense par lui-même librement, et qu'il parle et aussi agit par lui-même librement. De là vient donc que le Seigneur n'instruit pas l'homme immédiatement, mais qu'il l'instruit médiatement par la Parole, par les doctrines et les prédications d'après la Parole, par les entretiens et les communications avec les autres, car par ces moyens l'homme pense librement comme par lui-même. L'homme ne peut être sauvé autrement. Cela résulte, tant de ce qui a été dit sur les lois de la Divine Providence, que de ce que les pensées ne produisent pas les affections chez l'homme ; en effet, si l'homme connaissait toutes les choses de la Parole et toutes celles des doctrines, jusqu'aux arcanes de la sagesse qui sont connus des Anges, et qu'il les pensât et les proclamât, mais que ses affections fussent des convoitises du mal, toujours est-il qu'il ne pourrait pas être retiré de l'Enfer par le Seigneur. De là il est évident que si l'homme était instruit par le Ciel au moyen d'un Influx dans ses pensées, ce serait comme si on jetait de la semence dans un chemin, ou dans l'eau, ou sur la neige, ou dans le feu.
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