| Apocalypse Expliquée 1155. 1155. Et de chevaux, et de chariots, signifie le culte d'après les vrais et les biens qui sont d'origine rationnelle, culte qui a été profané : on le voit par la signification des chevaux, en ce qu'ils sont les intellectuels, Nos 355, 364, 372, 873, 381, 382, 575, 923, par conséquent aussi les vrais qui sont d'origine rationnelle, car les choses qui appartiennent à l'entendement appartiennent au vrai et appartiennent à la raison ; et par la signification des chariots, en ce qu'ils sont les biens d'origine rationnelle, parce qu'ils sont traînés par les chevaux, par lesquels sont signifiés les vrais de celte origine; car les chariots sont des espèces de chars, et par les chars sont signifiés les doctrinaux, voir N° 355, lesquels, quand ils sont entraînés par les vrais, comme les chars par les chevaux, sont des biens, car les doctrines enseignent les vrais, et aussi les biens : des choses semblables sont signifiées par les chariots dans Ésaïe : « Alors on amènera tous vos frères d'entre toutes les nations en offrande à Jéhovah, sur les chevaux, et sur le char, et sur les chariots couverts, et sur les mulets, et sur les dromadaires, à la montagne de ma sainteté, à Jérusalem. » — LXVI. 20; — par les chevaux, le char, les chariots couverts, les mulets et les dromadaires, dans le sens spirituel, sont entendues les choses qui appartiennent à la doctrine, et par suite à l'Église, car ceci a été dit de la Nouvelle Église qui devait être instaurée par le Seigneur; en effet, par les chevaux sont signifiés les intellectuels, par le char la doctrine, par les chariots couverts les doctrinaux du bien, par les mulets les rationnels, et par les dromadaires pareillement les rationnels quant au bien; par les frères qu'on amènera sont signifiés tous ceux qui sont dans le bien de la charité, et par Jérusalem montagne de sainteté est signifiée l'Église dans laquelle règne la charité. S'il est signifié ici ces choses profanées, c'est parce qu'elles appartiennent à Babylone, par laquelle est signifiée la profanation du vrai et du bien. — Continuation sur la Foi Athanasienne : Une sixième Loi de la Divine Providence est, Que l'homme soit réformé, non par des moyens externes, mais par des moyens internes; par des moyens externes, c'est par des miracles et des visions, et aussi par des craintes et des punitions; par des moyens internes, c'est par les vrais et les biens d'après la Parole et d'après la doctrine de l'Église, et par la vue tournée vers le Seigneur, car ces moyens entrent par le chemin interne, et éloignent les maux et les faux qui résident en dedans, tandis que les moyens externes entrent par le chemin externe, et n'éloignent ni les maux ni les faux, mais ils les enferment: néanmoins, l'homme est en outre réformé par des moyens externes, lorsqu'il a été réformé auparavant par des moyens internes. Cela est une conséquence des Lois précédentes, à savoir, de celles-ci : Que l'homme est réformé par le Libre et ne l'est pas sans le Libre; et que se contraindre soi-même, c'est d'après le Libre, mais non être contraint; et l'homme est contraint par les miracles et par les visions, et aussi par les craintes et par les punitions; mais par les miracles et par les visions est contraint l'externe de son esprit, qui consiste à penser et à vouloir; et par les craintes et les punitions est contraint l'externe de son corps, qui consiste à parler et à faire. L'externe du corps peut être contraint, parce que l'homme, malgré cette contrainte, pense et veut librement; mais l'externe de son esprit, qui consiste à penser et à vouloir, ne doit pas être contraint, car ainsi périt son Libre interne, par lequel il doit être réformé. Si l'homme pouvait être réformé par les miracles et par les visions, tous les hommes sur le Globe entier seraient réformés; c'est pourquoi la sainte Loi de la Divine Providence est, que le Libre interne ne soit jamais violé; car par là le Seigneur entre vers l'homme jusque dans l'Enfer où il est, et par là il le lui fait parcourir; et ensuite, s'il veut Le suivre, il l'en retire et l'introduit dans le Ciel, et là il l'attire de plus en plus près vers Lui : ainsi, et non autrement, l'homme est relire du Libre infernal, qui, considéré en soi, est le servile, parce qu'il vient de l'Enfer; et il est introduit dans le Libre céleste, qui, considéré en soi, est le Libre même, et devient par degrés plus grand et enfin très-grand, parce qu'il procède du Seigneur, qui veut que l'homme ne soit nullement contraint : tel est le chemin de la Réformation de l'homme; mais ce chemin, les miracles et les visions le ferment. Le Libre de l'esprit de l'homme n'est non plus jamais violé en raison aussi de cette fin, que son mal tant héréditaire qu'actuel puisse être éloigné, ce qui arrive quant l'homme se contraint lui-même, comme il a été dit plus haut; ces maux sont éloignés par le Seigneur, qui inspire à l'homme l'affection du vrai d'après laquelle se forme son intelligence, et l'affection du bien par laquelle se forme son amour; autant l'homme est dans ces affections, autant il se contraint lui-même pour résister aux maux et aux faux : ce chemin de la Réformation, les miracles et les visions le ferment aussi, car ils persuadent et contraignent de croire, et par conséquent tiennent les pensées comme enchaînées dans une prison; de là, le Libre étant enlevé, on ne peut plus par l'intérieur éloigner les maux, car rien du mal ne peut être éloigné, si ce n'est par l'intérieur; ainsi restent renfermés les maux, qui, par le Libre infernal qu'ils aiment, agissent continuellement contre ces vrais et ces biens que les miracles et les visions avaient imprimés; et enfin ils les dissipent, appelant opérations intérieures de la nature les miracles, délires fantastiques les visions, et illusions et risées les vrais et les biens; car les maux renfermés n'agissent pas autrement dans les externes qui les renferment. Toutefois, lorsque l'homme pense seulement avec légèreté, il peut croire que les miracles et les visions, quoiqu'ils persuadant, n'enlèvent pas cependant le Libre de penser; néanmoins ils l'enlèvent chez ceux qui ne sont pas réformés, mais ils ne l'enlèvent point chez ceux qui sont réformés; car chez ceux-ci ils ne renferment pas les maux, tandis qu'ils les renferment chez ceux-là.
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