| Apocalypse Expliquée 1144. Et de soie, et d'écarlate, signifie les vrais et les biens d'origine spirituelle profanés : on le voit par la signification de la soie, en ce que c'est le vrai d'origine spirituelle, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de l'écarlate, en ce que c'est le bien d'origine spirituelle, N° 1142; ce bien coïncide avec le vrai d'origine céleste, c'est pourquoi celui-ci est aussi signifié dans la Parole par l'écarlate; mais ici par la soie et par l'écarlate sont signifiés ces vrais et ces biens profanés par Babylone, et ils ont été profanés par cela que les Babyloniens ont perverti l'amour spirituel, qui est l'amour à l'égard du prochain ; car ceux qui sont dans un amour de soi, tel qu'est celui dans lequel sont les Babyloniens, ne peuvent en aucune manière aimer le prochain; s'ils l'aiment, c'est en vue d'eux-mêmes, ainsi la fin est toujours l'homme lui-même, et l'amour du prochain est le moyen, et la fin n'aime le moyen qu'en tant qu'il lui est utile, et s'il ne lui est pas utile, elle le rejette; c'est même ce qu'on voit clairement par chacune de leurs œuvres. L'amour du prochain dans le sens spirituel est l'amour des usages, et quand les usages sont en vue de soi-même, ce n'est point alors l'amour des usages, mais c'est l'amour de soi. Que la soie signifie le vrai d'origine spirituelle, on peut le voir par ce passage, dans Ézéchiel,— XVI. 10, 13, —qui vient d'être expliqué, N° 1143. Si la soie signifie le vrai d'origine spirituelle, c'est d'après son brillant, car dans la soie il y a le brillant de la lumière, et la lumière signifie le Divin Vrai, qui aussi est appelé Divin Spirituel. — Continuation sur la Foi Athanasienne : II a été dit que l'amour de soi et l'amour du monde sont l'Enfer; maintenant, il sera dit d'où viennent ces amours. L'homme a été créé pour s'aimer lui-même et aimer le monde, pour aimer le prochain et le Ciel, et pour aimer le Seigneur; de là vient que l'homme, lorsqu'il naît, s'aime d'abord lui-même et aime le monde ; qu'ensuite, en tant qu'il devient sage, il aime le prochain et le Ciel, et qu'en tant qu'il devient plus sage, il aime le Seigneur : lorsqu'il est tel, il est dans l'Ordre Divin, et est conduit en actualité par le Seigneur, et en apparence par lui-même; mais autant il ne devient pas sage, autant il reste dans le premier degré, qui consiste à s'aimer et à aimer le monde; et, s'il aime le prochain, le Ciel et le Seigneur, c'est en vue de lui-même devant le Monde : si absolument il ne devient pas sage, alors il s'aime seul et il aime le monde pour soi-même et pareillement le prochain ; et, quant au Ciel et au Seigneur, ou il a du mépris pour eux, ou il les nie, ou il les a en haine, sinon de bouche, du moins de cœur. Telles sont les origines de l'amour de soi et de l'amour du monde, et comme ces amours sont l'Enfer, on voit clairement d'où provient l'Enfer. Lorsque l'homme est devenu l'Enfer, il est comme un arbre coupé, ou comme un arbre dont les fruits sont mauvais : il est aussi comme une terre sablonneuse, dans laquelle aucune semence ne peut prendre racine, ou comme une terre dans laquelle croissent l'épine qui pique et l'ortie qui brûle. Lorsque l'homme est devenu l'Enfer, les intérieurs ou les supérieurs de son mental ont été fermés, et les extérieurs ou les inférieurs ont été ouverts : et comme l'amour de soi détermine vers soi et plonge dans le corps toutes les choses de la pensée et de la volonté, il en résulte qu'il renverse et retourne les extérieurs du mental, qui ont, comme il vient d'être dit, été ouverts; de là vient que ces extérieurs penchent, tendent et sont portés en bas, c'est-à-dire, vers l'Enfer. Mais comme l'homme a toujours la faculté de penser, de vouloir, de parler et de faire, faculté qui ne lui est jamais enlevée, car il est né homme, c'est pour cela que, parce qu'il est renversé, et ne reçoit plus du Ciel aucun bien ni aucun vrai, mais reçoit seulement de l'Enfer le mal et le faux, il se procure, pour s'élever toujours au-dessus des autres, une lueur par les confirmations du mal d'après les faux, et du faux d'après le mal; il croit que c'est une lueur rationnelle, lorsque cependant c'est une lueur infernale, chimérique en elle-même, par laquelle la vue pour lut devient comme la vision d'un songe dans la nuit, ou devient pour lui une fantaisie délirante, d'après laquelle il lui semble que les choses qui existent n'existent pas, et que celles qui n'existent pas existent. Mais cela sera plus clairement compris par la comparaison de l'homme Ange avec l'homme diable.
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