| Apocalypse Expliquée 1135. Cette ville forte, signifie qui s'était fortifiée par tant d'artifices abominables : on le voit par la signification de fort, quand il s'agit de sa doctrine et de sa religiosité, qui sont signifiées par la ville de Babylone, en ce que c'est qu'elles ont été fortifiées par des artifices, afin qu'elles ne fussent ni attaquées ni abattues; quels sont ces artifices, et qu'ils soient abominables, c'est ce qu'on voit ci-dessus, N° 1122 : que cependant ces artifices n'aient eu aucune force, puisque tous ceux qui sont tels ont péri au jour du Jugement dernier, c'est ce qui suit, car il est dit « parce qu'en une heure est venu ton jugement, » et que non-seulement les rois de la terre l'ont pleurée et ont gémi sur elle, mais aussi les marchands de la terre, et les pilotes des navires. Ailleurs aussi, dans la Parole, sont appelés forts ceux qui sont dans les maux et par suite dans les faux, et qui par des artifices s'étaient fortifiés contre les biens et les vrais de l'Église, ainsi ceux chez qui l'Église a été dévastée et qui ont dévasté l'Église chez les autres; par exemple, dans Joël : « Il est venu, le jour de Jéhovah, jour de ténèbres et d'obscurité; un peuple grand et fort, tel que comme lui il n'y en a point eu depuis le siècle; comme des héros ils courent, comme des hommes de guerre ils montent sur la muraille. » — II. 2, 7; — là aussi, il s'agit du Jugement dernier, qui est signifié par le jour de Jéhovah, par le jour de ténèbres et d'obscurité; ceux qui sont dans les faux du mal, et qui avaient fortifié leurs faux contre les vrais par des raisonnements et des falsifications de la Parole, sont signifiés par un peuple grand et fort; qu'ils raisonnent d'après les faux contre les vrais, et ainsi les attaquent, cela est signifié par « comme des héros ils courent, comme des hommes de guerre ils montent sur la muraille; » pareillement ailleurs. — Continuation sur la Foi Athanasienne, et sur le Seigneur : Puisque telle est la Toute-Puissance Divine, que c'est par la vie qui est Dieu, et non par lui-même, que l'homme peut penser et vouloir, et par suite parler et faire, on demande pourquoi tout homme n'est pas sauvé ; mais celui qui de là conclut que tout homme doit être sauvé, et que, s'il ne l'est pas, il n'est pas en faute, celui-là ignore les lois de l'ordre Divin à l'égard de la réformation et de la régénération, et par conséquent à l'égard de la salvation de l'homme : les Lois de cet ordre sont appelées Lois de la Providence Divine : le mental naturel ne peut les connaître, à moins qu'il n'ait été illustré; et comme l'homme ne les connaît pas, et qu'en conséquence il conclut sur la Divine Providence d'après ce qui arrive dans le Monde, ce qui le jette dans des illusions et de là dans des erreurs, dont il lui est ensuite difficile de se tirer, c'est pour cela que ces lois vont être dévoilées. Mais, avant qu'elles soient dévoilées, il importe qu'on sache que la Divine Providence opère dans chaque chose chez l'homme, et dans les très-singuliers de chaque chose pour son salut éternel, car le salut de l'homme a été la fin (le but) de la création du Ciel et de la Terre; car la fin (le but) a été de former du Genre Humain un Ciel dans lequel Dieu habiterait comme dans sa propre Maison ; aussi le Salut de l'homme est-il le tout dans toutes les choses de la Divine Providence. Toutefois, la Divine Providence marche si secrètement, que l'homme voit à peine la trace de ses pas, et cependant elle agit dans ses très-singuliers depuis son enfance jusqu'à sa vieillesse, et ensuite dans l'éternité; et dans chaque très-singulier, c'est l'éternel qu'elle considère. Comme en soi la Divine Sagesse n'est absolument que la lin, c'est pour cela que la Providence agit d'après la fin, dans la fin et pour la fin; la fin, c'est que l'homme devienne sagesse et devienne amour, et ainsi l'habitacle et l'image de la Vie Divine. Mais, comme le mental naturel, à moins qu'il n'ait été illustré, ne saisit pas pourquoi la Divine Providence, tandis qu'elle opère pour l'œuvre seule du salut, et dans les très-singuliers de la progression de la vie de l'homme, ne conduit pas tous les hommes au Ciel, lorsque cependant elle veut par amour les y conduire et que la toute-puissance lui appartient, c'est pour cela que dans ce qui va suivre seront ouvertes les Lois de l'ordre, qui sont les Lois de la Divine Providence, par lesquelles, comme je l'espère, le mental non encore illustré sera retiré de ses illusions, s'il veut en être retiré.
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