| Apocalypse Expliquée 1085. Et d'exécuter une même sentence, signifie unanimement : on le voit par la signification d'exécuter une même sentence, en ce que c'est unanimement ; car lorsque par « il a été mis dans leurs cœurs d'exécuter la sentence de la prostituée, » il est signifié qu'ils se retireraient entièrement des choses profanes de la Babylonie, il s'ensuit que maintenant par exécuter une même sentence il est signifié l'unanimité en cela. Que ce soit l'unanimité en cela, on le voit par les Réformés qui ont été divisés en trois Églises, dont l'une a embrassé la doctrine de Luther, l'autre celle de Calvin, et la troisième celle de Mélanchton; mais néanmoins toutes trois elles se sont entièrement retirées des choses profanes de la Babylonie : c'est donc là ce qui est signifié ici par exécuter une même sentence; voir aussi ci-dessus, N° 1084. — Continuation sur la Parole : Puisque dans la Parole il y a trois sens, le naturel, le spirituel et le céleste, et que son sens naturel, qui est le sens de la lettre, est le contenant des deux autres sens, le spirituel et le céleste, il s'ensuit que le sens de la lettre de la Parole est la base de ces sens; et puisque les Anges des trois Cieux reçoivent leur sagesse du Seigneur par la Parole chez eux, et que leurs Paroles font un avec notre Parole par les correspondances, il s'ensuit encore que le sens de la lettre de notre Parole est la base, le soutien et raffermissement de la sagesse des Anges du Ciel : en effet, les Cieux subsistent sur le Genre Humain comme une maison sur son fondement; de là, la sagesse des Anges du Ciel subsiste pareillement sur la science, l'intelligence et la sagesse des hommes d'après le sens de la lettre de la Parole; car, ainsi qu'il a déjà été dit, c'est par le sens de la lettre de la Parole que se fait la communication et la conjonction avec les Cieux. C'est de là qu'il est arrivé, d'après la Divine Providence du Seigneur, que la Parole quant au sens de la lettre, depuis sa première révélation, n’a point été mutilée, pas même dans un mot ou une lettre, dans le texte original; car chaque mot est un soutien, et en quelque sorte aussi chaque lettre. On voit d'après cela combien il est profane de falsifier les vrais et d'adultérer les biens de la Parole, et combien il est infernal de nier ou d'infirmer sa sainteté; dès que l'homme de l'Église agit ainsi, le Ciel est fermé pour lui; le blasphème contre l'Esprit Saint, qui ne peut être remis, est l'action de ceux qui blasphèment la Parole en niant sa sainteté. Comme la Parole est la base des Cieux, et que la Nation Juive a entièrement falsifié et adultéré cette Parole par des traditions, et en appliquant le sens de sa lettre à ses propres amours, en conséquence, pour que les Cieux ne fussent pas eu danger, et pour que la sagesse des Anges n'y fût pas changée en folie, il a plu au Seigneur de descendre du Ciel, de revêtir l'Humain, et de devenir la Parole, comme on le voit dans Jean, — I. 14,— et ainsi de restaurer l'état du Ciel.
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